Sfar retire ses propos et la SGDL sa plainte en justice

9 juillet 2020 14 commentaires
  • Joann Sfar est revenu sur ses propos outranciers vis-à-vis de la Société des Gens de Lettre (SGDL) et celle-ci a dès lors retiré sa plainte en diffamation.

Rappelons les faits. Le 23 mai dernier, sur l’antenne de France Inter, le président d’honneur de la Ligue des Auteurs professionnels avait déclaré : «  Il y a des organismes comme la Société des Gens de Lettres qui sont censés représenter les auteurs [...]. Ils touchent parfois d’énormes sommes d’argent qui ne vont pas aux auteurs. [...] On nous a promis qu’on aurait droit à ceci, à cela. Les sommes ont été allouées aux organismes dont je viens de parler, qui sont censés les redistribuer aux auteurs et qui ne redistribuent rien du tout. »

La SGDL, se sentant diffamée, avait décidé de porter plainte. Nous n’avions pas manqué de signalé le caractère excessif de ces propos et, dans nos pages toujours, l’écrivain et essayiste Yves frémion, membre de l’équipe d’ActuaBD, y était allé de sa Lettre ouverte à Joann Sfar. Il est vrai que depuis le 10 avril, la SGDL n’a pas manqué de le rappeler, l’institution a distribué plus de 1 200 aides pour un montant de 1,2 M€.

Dans un communiqué commun publié lundi, Joann Sfar qui, entretemps, avait nuancé sa déclaration, est revenu sur ses propos, déclarant « qu’il n’a jamais eu l’intention de mettre en cause ni la probité, ni la gestion de la SGDL, ni en aucune manière laisser entendre que des actes constitutifs de détournement ou de rétention d’agent public auraient été commis par cette association ». Il admet que ses propos « ont pu, par leur formulation, heurter les représentants, les salariés et les auteurs membres de la SGDL et porter, fût-ce involontairement, atteinte à la réputation de cette institution.  »

Sfar retire ses propos et la SGDL sa plainte en justice

Dès lors, prenant acte, «  par souci d’apaisement », la SGDL a renoncé aux poursuites dans un communiqué commun. C’était du bon sens. Plutôt que de nourrir inutilement les plaideurs avec les cotisations de leurs membres, il vallait mieux que ces institutions se concentrent sur les seules choses qui vaillent : la relance de l’activité et la protection des auteurs alors qu’une nouvelle ministre, Roselyne Bachelot, vient d’arriver aux manettes et que les négociations sur le statut des auteurs sont aujourd’hui à l’ordre du jour.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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LIRE AUSSI :

- SGDL / Joann Sfar : au-delà de la polémique (26 mai 2020)
- YVES FRÉMION : Lettre ouverte à Joann Sfar (28 mai 2020)

Photo médaillon - Ligue des auteurs professionnels. Capture d’écran. DR.
Photo header : Dargaud / Rita Scaglia

 
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14 Messages :
  • Le "et qui ne redistribuent rien du tout. était excessif, mais le fond reste exact. Très peu d’auteurs ont pu bénéficier du Fonds de soutien CNL-SGDL, moi-même qui suis auteur et sans aucun revenu depuis le début du confinement, ma demande d’aide d’urgence au Fonds de soutien CNL-SGDL a été retoquée. Comme par ailleurs je n’ai droit ni aux indemnités chômage ni au RSA, je me retrouve actuellement sans aucun revenu, et Dieu sait quand les éditeurs vont à nouveau signer des contrats...

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    • Répondu le 10 juillet à  15:51 :

      Que vous n’ayez pas droit au chomage c’est normal vous n’etes pas dans le régime général. Pour le rsa si vous n’y avez pas droit c’est que vos ressources ne vous permettes pas de l’obtenir ou qu evous n’avez pas fait le necessairepour l’obtenir. le dossier est tres complexe à monter (RDv avec une assistante sociale, inscription à pole emploi avec un projet de recherche d’emploi, papiers administratifs à fournir. c’est loin d’etre facile comme certains pourraient nous le faire croire).

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      • Répondu le 10 juillet à  20:49 :

        Vous trouvez normal qu’un travailleur qui se retrouve sans aucun revenu du fait du confinement et de ses conséquences n’ait droit à aucune aide de solidarité nationale ?

        L’aide d’urgence au Fonds de soutien CNL-SGDL était pourtant destinée à ce genre de situation, mais avec des conditions tellement peu adaptées à la spécificité du métier d’auteur que bien peu d’entre eux ont pu en bénéficier, ce qui était d’ailleurs le sens du propos de Joann Sfar, qu’il en soit remercié même si pour l’instant ça ne change rien financièrement pour ceux qui se retrouve dans la m...

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        • Répondu le 11 juillet à  06:55 :

          le chomage partiel, une aide de l’état pour les entreprises pour perte du chiffre d’affaire ont été mises en place pour aider le travailleur et les petites entreprises.
          Vous parlez de l’aide du cnl, apparement vous ne cochez pas les cases.
          Je ne pense pas que le CNL aide des auteurs qui n’avaient pas de projet à réaliser pendant cette période. De plus, vu que le dessinateur travaille chez lui cela ne l’a pas empêché de dessiner ou de créer avec le confinement.
          Ceux qui bloquent sur la situation des auteurs sont les éditeurs.
          Ceci dit si votre situation est critique vous avez droit au revenu de solidarité active sinon vous travailler sur un projet qui devra retenir l’attention des éditeurs.
          Bon courage pour la suite.

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          • Répondu le 11 juillet à  07:19 :

            Mais je ne suis pas auteur moi.

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            • Répondu le 11 juillet à  08:55 :

              Dans ce cas une assistante sociale ou un assistant sociale pourra vous venir en aide.

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              • Répondu le 15 juillet à  10:00 :

                Je ne sais pas exactement à qui vous répondez, mais je ne suis pas auteur et pas du tout dans le besoin.

                Les auteurs n’ont pas vocation à être des assistés, mais à être justement rémunérés de leur travail, c’est là tout leur combat. Actuellement les auteurs ont moins de droits que tous les autres travailleurs en France, c’est anormal. Les conséquences de la situation ne rend cette injustice sociale que plus visible, ce sont les seuls qui n’ont droit à rien.

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                • Répondu par Fred le 15 juillet à  15:05 :

                  Les conséquences de la situation ne rend cette injustice sociale que plus visible, ce sont les seuls qui n’ont droit à rien.

                  C’est encore le cas un peu plus : En contradiction avec les engagements du président de la République, un amendement du gouvernement a supprimé la réduction de cotisations sociales aux artistes auteurs les plus précaires !
                  https://www.actualitte.com/article/...

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                • Répondu le 15 juillet à  15:31 :

                  "ce sont les seuls qui n’ont droit à rien"
                  C’est faux, ils ont droit aux aides sociales comme tous citoyens francais.
                  Après à eux de mieux négocier leur contrat avec les éditeurs pour lequels ils travaillent.

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  • Sait-on si un auteur de bande dessinée a pu bénéficier de l’aide de la SGDL ? On peut avoir l’impression que cette controverse ne concerne pas du tout la BD. Avez-vous cette info, M. Pasamonik ?

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    • Répondu le 10 juillet à  09:31 :

      Il doit bien y en avoir quelques uns histoire de justifier le truc, mais personnellement je n’en connais pas.

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      • Répondu par Erik A. le 15 juillet à  15:33 :

        Oui il y en a, et c’est mon cas.

        Un dossier toujours un peu contraignant à remplir avec principalement les deux derniers avis d’imposition et une déclaration de revenus 2019 avec un rib, sous forme de pdf mais une fois envoyé le lundi, validé en commission le vendredi, l’aide sous forme de virement est arrivée cinq jours après, montant accordé (j’ignore leur calcul d’attribution par contre...) d’un peu plus de la moitié de leur plafond prévu pour mars et avril.

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  • Sfar s’est dégonflé. Ce n’est pas très glorieux.
    Il "n’a jamais eu l’intention de mettre en cause ni la probité, ni la gestion de la SGDL". Non, pas du tout, il a juste affirmé qu’elle ne redistribuait "rien du tout".
    Il a de la chance que la SGDL retire sa plainte en échange de son humiliation publique.

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    • Répondu le 15 juillet à  10:03 :

      "dégonflé", "humiliation publique", et puis quoi encore ? Vous rêvez des genoux vous ! Sfar a dit ce qu’il avait à dire, ça a été très bien entendu, il était parfaitement dans son rôle.

      et à y bien regarder, c’est la SDGL qui en reculant a évité de se ridiculiser plus avant. Un société de défense des auteurs qui attaque un auteur, ça la fout mal.

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