Shimba Ra Da, T 1 à 3 - Par Eri Oka et Makoto Shiozuka - Tonkam

6 mars 2013 3
  • Série complète en trois volumes, {Shimba Ra Da} présente un univers postapocalyptique: les continents submergés, il ne reste plus que des îles éparses sur le vaste océan. Cause du désastre, les "Ra Da" - des géants végétaux pilotés par de rares élus - sont encore l'enjeu de guerres sanglantes.

Sur l’île des Origines, totalement coupée du reste du monde, Baron n’aspire qu’à prendre le large. Mais avant, il veut atteindre le sommet de l’arbre gigantesque autour duquel s’organise la vie des habitants de l’île. Débarque un jour Shimba, jeune prince du royaume de Joua, en guerre avec la République de Dog Olg. Celle-ci a fait des Ra Da les instruments d’une politique de conquête de l’ensemble de la planète, et Shimba compte découvrir au sommet de l’arbre un Ra Da légendaire susceptible de sauver son peuple.

Shimba Ra Da se présente comme la combinaison de deux sources d’inspiration principales. La première concerne la part "mécha" du titre : les personnages deviennent des pilotes qui s’affrontent par le biais de robots, dont la particularité est cependant d’être végétaux et non métalliques. Les combats de robots à l’épée évoquent Les Visions d’Escaflowne tandis que la dimension psychologique du lien entre le pilote et le robot, et les risques de démence qui lui sont associés, rappellent davantage Evangelion.

A côté de cela, le monde présenté fait écho à certains univers associés à Miyazaki : celui de Nadia et le secret de l’eau bleue, pour l’univers marin, et celui de Nausicaä de la Vallée du vent pour ces géants, parfois en décomposition, à l’origine de la catastrophe écologique qui a bouleversé le monde. Avec de tels patronages, presque affichés, il ne faut pas décevoir.

Shimba Ra Da, T 1 à 3 - Par Eri Oka et Makoto Shiozuka - Tonkam

Shimba Ra Da possèdent de réelles qualités en dehors même de son univers alléchant. Le graphisme de Makoto Shiozuka est plaisant, les affrontements des Ra Da assez impressionnants, et l’intrigue avance efficacement dans le premier volume, tenant le lecteur en haleine. Par la suite, la dimension politique se veut mature, complexe, potentiellement intéressante, orientant le titre vers le seinen malgré une action et des héros pourtant très typés shonen.

Malheureusement, cette dynamique positive peine à dépasser ce seuil inaugural. Les deux autres - et derniers - volumes perdent ce rythme soutenu et percutant, pour s’engluer dans des péripéties trop longues. Les développements cèdent en outre parfois à la facilité, avec des situations et personnages caricaturaux.

La série s’arrête donc brutalement au tome 3, alors que Baron entame à peine sa quête, et qu’on n’en saura guère plus sur cette guerre entre Joua et Dog Olg, sur les mystères des Ra Da et de leur pilotes. On éprouve une réelle frustration car malgré ses défauts de narration, la trame globale était prometteuse, l’univers attractif et l’idée de robots végétaux originale. Surtout, il était agréable de découvrir un titre offrant la mise en scène de combats de géants. Dommage donc, mais le titre demeure un divertissement sympathique.

Shimba Ra Da, T 1 à 3 - Par Eri Oka et Makoto Shiozuka

(par Aurélien Pigeat)

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3 Messages :
  • Au sujet des univers de Miyazaki associés : je pense qu’il y a une coquille dans le texte. Au lieu de Nadia et le secret de l’eau bleue (de Hideaki Anno), n’est-ce pas plutôt Conan le Fils du Futur ?

    En tout cas dommage que cette série ait été annulée car l’idée de mechas végétaux était sympa !

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    • Répondu par Aurélien PIGEAT le 9 mars 2013 à  18:28 :

      Non non : pas de coquille ! Par contre un oubli évident, certes, et peut-être une erreur !

      Les éléments marins, la figure androgyne de Shimba (on se demande s’il ne s’agit pas d’une fille à plusieurs reprises) m’ont évoqué Nadia. Et il me semble - mais je me trompe peut-être - que le projet de Nadia avait été initié par Miyazaki avant d’être abandonné, puis déterré par Anno qui se l’est approprié. C’est pourquoi j’ai utilisé cette formule alambiquée - maladroite ? - des "univers associés à Miyazaki" pour ne pas dire "univers de Miyazaki".

      Par contre, c’est vrai que j’ai complètement manqué la référence à Conan qui semble effectivement bien plus évidente rétrospectivement ! Manque de familiarité avec cette série, d’attachement aussi, surtout par rapport à Nadia ! En tout cas, cette référence valide fortement l’inspiration Miyazaki pour Shimba Ra Da : merci de l’avoir signalée !

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      • Répondu par ange bleu le 9 mars 2013 à  23:04 :

        Effectivement concernant Nadia, le concept de base est un ancien projet TV de Miyazaki qu’Anno (à travers Gainax) a repris. Je comprends mieux la formule (et elle peut porter à confusion effectivement).

        En tout cas à la lecture de cette présentation, c’est bien Conan qui s’est imposé à mon imagination ^_^

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