Tiburce Oger ("Gorn / Les Chevaliers d’Émeraude") : « J’ai toujours une envie folle de partager mes histoires »

6 janvier 2020 2 commentaires
  • Tiburce Oger reste aujourd'hui un dessinateur relativement discret même s'il avait su se faire remarquer à ses débuts en 1992 lors de la parution de sa série phare "Gorn" alors éditée chez Vents d'Ouest. Depuis "Gorn", "Éliette", "Éloïse" et "Dame Gorge", le dessinateur a laissé ses premiers personnages pour continuer à démontrer son talent de dessinateur à travers d'autres univers comme le western, quitte à s'allier avec d'autres auteurs.

En ce début d’année, il nous revient en mémoire les superbes décors enneigés de Gorn et leurs châteaux aux allures démesurées. Certaines grandes vignettes étaient empreintes d’une certaine forme de poésie d’où émanait une grande sensibilité. L’originalité des dessins et des cadrages attirait forcément le regard du lecteur, avec un intérêt allant parfois même au delà de l’histoire ou des différents thèmes qui tenaient à cœur à l’auteur. Rencontre.

Gorn est peut-être le premier héros de BD à mourir dès les premières pages ?

Oui. Gorn est né d’un projet précédent qui avait pour thème le retour au foyer du fantôme d’un officier confédéré à la fin de la Guerre de Sécession. À l’époque, on me disait partout que le western, c’était fini. J’ai repris alors ce thème de base pour le transposer dans un univers qui me plaisait aussi et qui devenait à la mode à cette époque : l’Heroic Fantasy. Je préfère d’ailleurs finalement l’univers médiéval fantastique car il est plus romantique. C’est moins "gros muscles" et "caleçons panthère" que « Connard le barbant », revenu en force ces derniers temps. Les légendes arthuriennes sont davantage dans mes références à moi.

Faire mourir Gorn dès le début me permettait de montrer ses origines mais aussi d’entrer assez rapidement dans le vif du sujet. Un format plus long m’aurait permis de développer plus en avant la mort du héros mais le format de 46 pages n’autorise pas à prendre son temps. Je voulais traiter de la mort, de la perte d’un proche, de ceux qui restent. Gorn est une histoire d’amour maudite. Je crois que le film Ghost est sorti un an après mon premier album, le thème était similaire. Comme quoi, les mêmes idées flottent dans l’air à toutes les périodes !

Tiburce Oger ("Gorn / Les Chevaliers d'Émeraude") : « J'ai toujours une envie folle de partager mes histoires »

Comment êtes-vous arrivé à la BD ?

J’ai toujours rêvé de faire de la bande dessinée mon métier. En 1988, j’étais aux Beaux-Arts d’Angoulême en section BD et je travaillais en même temps à IDDH, une boite de dessins animés. Je préparais des projets BD en parallèle et j’essuyais des refus, comme tous les copains : " Pas prêt, pas dans l’esprit de nos collections", etc.

En 1990 ou 1991, j’ai eu le prix « Alph’art Avenir » au festival d’Angoulême. Le prix ouvrait alors les portes des maisons d’édition et offrait un joli chèque de La Poste. Laurent Galmot, directeur de collection chez Vents d’Ouest, me contacta alors pour savoir ce que j’avais comme projet. Je travaillais déjà sur Gorn, Delcourt m’avait refusé le projet western mais suivait quand même mon travail. La plupart des copains des Beaux-Arts commençaient à signer ou étaient sur le point de le faire chez lui. Mais les éditions Vents d’Ouest ont finalement été plus rapides.

En 1992 est sorti mon premier album, rempli d’erreurs mais représentant quand même tout ce dont j’avais rêvé ! J’avais enfin le métier que je voulais faire ! Un luxe pour tellement de gens. La même année naissait ma deuxième fille, j’étais parti alors pour être pas mal occupé ! (Rires)

Le tout premier tome de Gorn est un peu à part, sur un ton plus léger. Dès le second tome, la série se veut plus sombre, plus adulte...

Quand j’ai fait ce premier album, je sortais de trois ans d’animation avec des productions comme Denver le Dinosaure, Les Tortues Ninjas ou Lucky Luke etc. J’avais une influence humoristique et jeunesse et cela s’est retrouvé dans l’album. J’ai trouvé mes marques avec le deuxième et un style plus sombre pour la série est apparu alors.

Le graphisme du premier tome évoluait aussi très vite, presque de page en page. On retrouve ce genre d’évolution dans les premiers albums de nombreux dessinateurs. Et puis ensuite, le style se cale et évolue alors plus lentement, au fil des décennies. J’ai eu du mal à feuilleter mes premiers albums pendant longtemps. Aujourd’hui, je les regarde avec plus de nostalgie et d’indulgence. Et je sais aussi que mon travail actuel me fera certainement sursauter dans dix ou vingt ans. (Rires)

Gorn a été publié dès 1992, en plein boom de l’Heroic Fantasy. Cela vous a-t-il obligé à tenter de vous démarquer ?

Je pense que le boom de l’Heroïc Fantasy a plutôt eu lieu la décennie suivante avec Lanfeust et toutes ces autres séries parues chez Soleil et Delcourt. Les ventes de ma série ont décollé plutôt à partir du tome quatre : la FNAC et les libraires BD avaient mis cet album en coup de cœur.

J’ai toujours essayé de me démarquer de l’esprit de l’Heroïc Fantasy à la manière américaine, avec de gros dragons et des guerriers bien musclés en caleçon-léopard... (Rires) mais je pense que cela a plutôt desservi les ventes en réalité. Certains, bien connus, ont joué à fond la carte de la BD pour ados avec des blagues potaches et des petites culottes : bref, tout ce que moi je fuis !

J’ai dirigé ma série vers une histoire plutôt sombre, traitant de la mort, des trahisons, du péril imminent d’une invasion sans précédent venant des terres du nord.... Tiens, c’est marrant : cela me fait penser à une série récente à succès sur les écrans...

L’importance des personnages féminins est aussi flagrante dans Gorn, le héros-fantôme s’effaçant dans les mémoires laissait ainsi place à l’elfe Éloïse, à sa propre fille Maëlle, à Éliette son amour perdu et même à Dame Gorge, la femme sans peur. Il y a aussi l’importance des thèmes traités : le combat pour la liberté, celle des hommes et des idées, l’intégrisme religieux quel qu’il soit, la pédophilie... En bref, les sentiments prenaient presque le pas sur les événements.

Vous surprenez et régalez aussi vos lecteurs avec de grandes et magnifiques vignettes dans les planches !

Les grandes cases, les plongées vertigineuses ou contre-plongées, viennent sûrement de mes débuts dans l’animation. J’ai commencé le métier par le dessin des décors, ceux-ci étaient parfois gigantesques quand il s’agissait de panoramiques. Nous tracions les perspectives par terre, les points de fuite étaient des punaises à l’envers scotchées au sol et de grands tasseaux nous servaient de règles pour tracer les traits.

Les pleines pages ont pour origine mon amour pour les illustrations dans mes lectures d’enfance. Les Jules Verne, les livres de Gustave Doré, les Tout l’univers avec ces dessins fabuleux sur L’Odyssée... Je voulais que la bande dessinée sorte des petites cases, explose dans de grandes scènes. (Rires) Mais il y a d’autres d’autres dessinateurs que moi qui font ça aussi très bien !!!

Un autre aspect surprenant, ce sont aussi ces châteaux magnifiques aux architectures parfois improbables !

Les structures trop droites, trop réalistes m’ennuient profondément. L’architecture moderne également ! Nous habitons avec mon épouse une vieille ferme du XVIe siècle, avec ses murs de guingois. En dessin, je laisse donc les lignes se tordre, créer leur propre vie en fonction des cadrages et de l’émotion que je veux donner. Le dessin peut tout permettre ! Et puisque je torture le physique de mes personnages, pourquoi épargner les décors dans lesquels ils évoluent ?

Justement, d’où vous vient cette manière de dessiner qu’on pourrait qualifier d’assez atypique ?

J’ai toujours essayé de dessiner différemment de ce que faisaient mes idoles : Hermann, Fred Harman, Giraud, Morris, Pratt, Cromwell et Riff’rebs... et tant d’autres que j’admire même actuellement ! J’ai essayé de représenter ma vision du monde et des hommes. Tantôt sombre, tantôt décalée. Mais l’anatomie, comme la perspective et la lumière sont les bases du dessin. Je ne pense pas que l’on puisse totalement s’en affranchir si on veut raconter des histoires dessinées et rester clair dans son propos. Ce serait comme s’affranchir des règles grammaticales, ce n’est pas totalement possible. (Rires)

Certains de vos personnages dans Gorn semblent porter les mêmes prénoms que des membres de votre famille. Ou peut-être l’inverse ?

En fait, il me fallait des prénoms qui aient une sonorité ancienne, pour une histoire à connotation moyenâgeuse. Cela me permettait alors aussi de rendre hommage aux femmes de ma vie. Pour la petite histoire, il faut savoir que Dame Gorge elle-même avait eu une vie propre avant les albums de Gorn. Elle était au départ le personnage de mon épouse dans le jeu de rôle Donjons & Dragons. J’ai donc gardé l’esprit de ce personnage haut en couleurs et elle est ainsi devenue un personnage-phare de ma série.

Concernant Eloïse (l’elfe adoptée par Gorn), des voisins ayant lu un article sur les albums BD de Gorn, me dirent un jour à propos de mes propres filles : « Ha, mais on ne savait pas qu’Éloïse avait été adoptée... » (Rires) Mais non ! Les véritables Éloïse et Maëlle sont bien nos filles biologiques !

Les membres de votre famille participent-ils à l’écriture ou à votre travail ?

Non, non, je suis seul à l’écriture ! Mais peut-être que ma vie personnelle, mes colères, mes angoisses de la vie peuvent avoir influencé mes scenarii. Mon épouse Éliette m’aide énormément en faisant le drawing-gum sur mes planches afin que je fasse les couleurs. Et elle réalise aussi la plupart du lettrage de mes albums en effet...

Avez-vous un personnage préféré dans votre série « Gorn » ?

Je n’avais pas de personnages préférés dans Gorn, ils avaient tous un rôle à jouer. Ceci dit, les personnages féminins forts me plaisaient beaucoup. Il y avait aussi des personnages de second plan que j’aimais bien comme Ferbrel le troubadour par exemple. Traiter cet escroc me plaisait beaucoup... avec son côté humain malgré tout et ce que cela comporte comme défauts. Oui, ça m’amusait ! (Rires)

Auriez-vous un album préféré dans « Gorn » ou des regrets après coup ?

C’est vrai que la narration du tome 4 était trop dense mais le nombre de planches n’était pas extensible à l’époque. Les éditeurs étaient encore un peu rigides dans leurs formats et dans leurs collections. Je pense que de tous, mon préféré est le tome dix.

J’étais revenu à la série après une petite pause avec La Piste des ombres, mon premier western, pour lequel j’étais passé à un format raisin pour les planches, c’est-à-dire 50 par 65 cm (soit le double de mes précédents albums). J’ai alors gardé ce grand format de réalisation pour le Gorn 10... et pour tous mes autres albums depuis ! Cet album, « Les Yeux de brume », est pour moi le plus beau de la série, tant au niveau du romantisme qu’au niveau de mon dessin. Et le dessin de la couverture était une grande huile sur toile !

Vous être donc aussi un grand amateur de Western ?

En fait, j’ai toujours rêvé de faire du western ! J’ai baigné toute mon enfance dans le milieu équestre et j’avais dévoré les albums de Blueberry, Comanche et autres... J’avais réussi à faire une pause dans mon travail pour pouvoir démarrer La Piste des ombres avant de poursuivre à nouveau avec Gorn. Des changements dans l’équipe éditoriale n’ont pas permis la réalisation de la fin de ce premier western mais j’ai quand même pu faire Buffalo Runner quinze ans plus tard et aujourd’hui, c’est au tour de Ghost Kid.

Avant cela, il y a eu aussi une surprise avec le développement d’une série parallèle sur le personnage de Dame Gorge !

Oui, je voulais développer des histoires pour un lectorat plus jeune. Le personnage de Dame Gorge incarnait pour moi la femme forte, moderne, ne se laissant pas marcher sur les pieds. Son don était comme un clin d’œil à la Castafiore avec son pouvoir de tout détruire uniquement grâce à sa voix très désagréable. (Rires)
Mais je n’avais vraiment pas le temps de dessiner cette série parallèle. Et c’est donc un petit jeune, Christian Paty, qui a pris le pinceau. Je lui fournissais les story-boards et il essayait de coller un tant soit peu à mon style. Nous nous sommes vraiment bien entendus, c’est quelqu’un d’adorable. Il a ensuite volé de ses propres ailes et ça lui a bien réussi je pense.

Avec le tome 8, on a cru à la fin des aventures de Gorn mais vous y êtes revenu !

J’avais en effet apporté une fin provisoire au tome huit car je souhaitais démarrer La Piste des ombres. Mais après quelques années les lecteurs de Gorn commençaient à me réclamer la suite. J’ai alors essayé de traiter les tomes suivants de façon différente : le numéro 9 restait au petit format demi-raisin, tandis que les tomes 10 et 11 étaient dessinés au double, 65 par 50 cm.

Je voulais aussi clore certains sujets de la série comme l’invasion des Yeux rouges, les derniers Elfes ou encore l’amour d’Éliette et de Gorn... À cette époque, la saga du Seigneur des anneaux avait démarré au cinéma et les lecteurs dévoraient alors les titres d’Heroïc Fantasy.

Et puis vous savez, c’est très difficile de quitter une série qui vous a fait débuter dans le métier, celle à laquelle on doit tout ! J’ai encore le souvenir des premières émotions : celles qu’on a en découvrant son album en vitrine de librairie, en étalage d’une FNAC ou dans un article de presse. Mais j’ai quand même fait attention en reprenant Gorn, je ne voulais pas me moquer des lecteurs en sortant le énième tome, Gorn fait du ski ou encore Gorn contre Fantômette... (Rires)

Dans le tome 4 de Gorn, un chantage truculent permet à Dame Gorge de réintégrer son corps alors que Gorn reste un fantôme. C’est intrigant ?

Dans ce tome, Dame Gorge, prisonnière en enfer, réussit en effet son chantage car elle est l’envoyée du Dieu de la guerre mais qu’en partie ! Gorn le maudit et Éliette, quant à eux, ne bénéficient pas de cette protection du dieu de la guerre. Vous savez, se jouer des dieux, ce n’est pas facile. Moi j’essaie tous les jours ! ( Rires )

Comment s’organise votre travail plus précisément ?

Scénario en main, je commence par faire un découpage page par page, case par case. Puis, je griffonne un croquis de l’agencement des cases, de chaque page. Je trace alors toutes les cases des planches sur un papier aquarelle, format raisin. Cela me permet de visualiser chaque image avant de la dessiner. Je coupe en deux si cela est possible les planches pour pouvoir dessiner plus facilement les cases du haut. Je crayonne au crayon 2b tout l’album, ce qui me permet de me focaliser exclusivement sur la narration et les cadrages. Cela me prend plusieurs mois.

Je reprends ensuite depuis le début toutes les pages que je corrige, en ayant un regard neuf. Puis je commence l’encrage au pinceau et à l’encre de chine. Les bulles sont tracées à part sur calques ou encrées directement sur les pages selon les albums. Mon épouse Éliette place le drawing-gum sur les contours des cases pour les protéger et sur les personnages et sur les éléments à masquer lors de la mise en couleur des fonds. C’est un travail extrêmement méticuleux et ingrat puisqu’il faut ensuite enlever ce masque translucide à la gomme pour poser le reste des couleurs.

J’utilise principalement des encres de couleur, de la javel et des gouaches. Si mon style a évolué au fil des ans (et au fil des différents livres : jeunesse ou plus adulte), ma méthode a assez peu changé finalement, si ce n’est l’adoption du grand format, il y a une vingtaine d’années. Cela me donne plus d’espace pour les décors, les charges de cavalerie etc.

Relisez-vous vos anciens albums ?

Je relis rarement mes albums, je les feuillette parfois. J’espère toujours progresser en dessin, au niveau des couleurs, de la narration, du découpage et et de mise en scène... C’est ce qui me fait toujours aimer ce métier. Je reste tout de même mon premier lecteur mais en tant qu’auteur, mon regard est forcément faussé.

Êtes-vous quelqu’un de romantique, doux, esthète, utopiste, rêveur, anxieux ?

(Rires) Je pense être un peu tout cela... Hélas ou heureusement, je ne sais pas.

Comment en êtes-vous arrivé à adapter Les Chevaliers d’Émeraude en BD ?

Pour Les Chevaliers... , je travaillais alors chez Casterman avec Vincent Perez sur La Forêt, d’après un projet de film de Vincent. Anne Robillard avait vu mes dessins et avait demandé si je pouvais travailler sur Les Chevaliers d’Émeraude, série que je ne connaissais pas mais mes filles, si !

L’année suivante, j’acceptai par curiosité de travailler sur le premier tome, nous nous étions rencontrés Anne et moi au Salon du Livre de Paris en 2010 et nous avions bien sympathisé. Après quelques changements au fil des tomes, notamment l’éditeur Michel Lafon qui reprenait l’intégralité de l’édition, il y a eu cinq tomes. Le premier a eu une mise en place de 90 000 exemplaires et nous avons pratiquement atteint ce chiffre en ventes depuis 2011. Mais j’ai désiré réécrire pour moi, après avoir passé dix ans à travailler pour d’autres. Je ressentais trop de frustration à ne pas raconter mes propres histoires. Et puis il y avait l’histoire de la déportation de mon grand-père maternel à Dachau qu’il acceptait enfin de raconter.

Quels sont vos projets actuels ? Un retour au western, donc ?

Je travaille sur un one shot en western chez Grand Angle. Je suis dans mon élément, le sujet de prédilection pour le gamin que j’étais et qui découvrait Comanche, Blueberry, Jonathan Cartland, Les Tuniques bleues il y a 40 ans déjà ! J’espère qu’il plaira aux lecteurs. C’est, je pense, mon plus bel album ! (Rires)

Comment vous projetez-vous dans votre métier pour l’avenir ?

J’espère faire ce métier le plus longtemps possible. J’ai toujours une envie folle de partager mes histoires, mes émotions, mes passions à travers mes images. C’est toujours une histoire passionnelle entre celui qui crée quelque chose et celui qui le reçoit.

Voulez-vous en profiter pour rajouter quelque chose ?

Ce que j’aimerais rajouter à cette interview, c’est qu’il est de plus en plus difficile de vivre de sa passion dans un monde guidé par le rendement et le profit immédiat. Les jeunes qui ont un désir de création (auteurs, acteurs, danseurs, circassiens...), n’ont toujours pas, en ce début de XXIe siècle, d’aide ni de reconnaissance de ce qu’ils apportent encore à notre humanité : le rêve, la contestation, l’amour...

Quant aux plus vieux, si certains s’en sortent relativement bien (succès ou concessions oblige), je connais malheureusement des auteurs, pour ne parler que de ma branche, qui ont jeté l’éponge ! Non par manque de passion, mais par épuisement financier et découragement. De nombreux éditeurs font ce qu’ils peuvent pour aider leurs auteurs, j’en connais, mais le contexte actuel, la surproduction et le coût de la vie ont raison du rêve de beaucoup.

Propos recueillis par Jean-Sébastien Chabannes
http://pabd.free.fr/ACTUABD.HTM

(par Jean-Sébastien CHABANNES)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

D’autres articles concernant Tiburce Oger :
- Sa collaboration avec Vincent Pérez dans La Forêt.
- Deux vies avec Didier Eberoni
- L’Auberge du Bout du Monde avec Olivier Prugne

- Black Sands avec Mathieu Contis
- Ma Guerre, de La Rochelle à Dachau, hommage à son grand-père maternel rescapé des camps nazis

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2 Messages :
  • "Mon épouse Éliette m’aide énormément en faisant le drawing-gum sur mes planches afin que je fasse les couleurs."

    et un peu plus loin…

    "Mon épouse Éliette place le drawing-gum sur les contours des cases pour les protéger et sur les personnages et sur les éléments à masquer lors de la mise en couleur des fonds. C’est un travail extrêmement méticuleux et ingrat puisqu’il faut ensuite enlever ce masque translucide à la gomme pour poser le reste des couleurs."

    Le secret de fabrication que dévoile cette interview est que son épouse Éliette place le drawing-gum.

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  • Merci pour cette belle entrevue.
    J’ai eu le plaisir de voir des planches originales de Gorn qui sont à couper le souffle (beaucoup de perte au niveau des couleurs entre la planche originale et sa version imprimée).
    Comme petit secret de fabrication (pour les amateurs de techniques traditionnelles) : les fantômes sont dessinés sur du papier calque (au crayon si ma mémoire est bonne) puis collés sur la planche.
    J’ignore si ce travail de découpe est aussi à attribuer à la femme de M Oger.

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