Une épatante aventure de Jules - T5 : La Question du père - par Emile Bravo - Dargaud

11 juin 2006 2 commentaires
  • Dessinée dans un style ligne claire, cette série se destine aux jeunes... et moins jeunes. Elle mêle aventure, SF et humour burlesque. Adolescent doux rêveur, fan de Star Wars et du jeu vidéo Starfighter, Jules doit faire face à des parents archaïques et surtout à une terreur de petit frère. Heureusement pour lui, ses épatantes aventures le propulsent bien loin d'eux et embarquent le lecteur dans un questionnement amusé et réfléchi sur les sciences.

On ne rigole pas dans une école catholique ! Pour avoir séché un cours de gym, Jules et son copain Joris sont envoyés en Bretagne faire un stage intensif de voile afin de les remettre dans le droit chemin. Jules est plutôt content de s’éloigner du berceau familial : son frère l’énerve toujours autant et ses parents n’arrêtent pas de se disputer. D’ailleurs son père est-il vraiment son père ?...

Cinquième épisode très dense pour Jules : entre une partie de chasse catastrophique, une expédition en mer désastreuse et un sauvetage extra-terrestre, le pétillant garçon s’interroge, et nous avec, sur la génétique et sur les diverses religions. Émile Bravo s’amuse à mêler avec humour aventure épique et réflexions sur l’identité et la spiritualité. L’air de rien, l’auteur distille des principes didactiques sur la philosophie ou les sciences. [1]

"Je mets en scène des personnages complexes qui, un jour disent oui, et l’autre non. Jules fait l’expérience que le monde des adultes n’est absolument pas parfait. Dans ce monde, l’enfant est obligé de se plonger alors qu’il faut le remettre en question. Pour vivre en société, il faut être conscient, oublier le côté égoïste et tribal. On vit dans un monde capitaliste où la notion de profit est mise en avant. Il faut en changer. Mais je dis tout ça dans la joie et la bonne humeur, parce que malgré tout ça ce serait trop triste de passer sa vie nos vies à nous lamenter !" déclare Émile Bravo dans une interview accordée au Journal l’Humanité

Dans La Question du père, le lecteur appréciera de nouveau la saveur des dialogues et le côté cocasse des situations et des personnages. Le Père Antoine, jeune curé complètement loufoque, est particulièrement croustillant. Avec sa guitare, il égaille les planches de tubes du Top 50 et sa verve compense le développement un peu longuet de la séquence en mer.

Réussissant à captiver et amuser le lecteur de tout âge, Jules s’affirme, album après album, comme l’une des très bonnes séries tout public de la bande dessinée contemporaine.

(par Laurent Boileau)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Lire la chronique du tome 3

Commander ce livre sur Internet

[1Une exposition a d’ailleurs été organisée à la Cité des Sciences à Paris du 4 avril au 4 juin.

 
Participez à la discussion
2 Messages :
  • Cette série est très bien. Cependant, la question du père donne une image peu reluisante des religions. Un lecteur un peu jeune ou influençable pourrait se construire une image fausse de ce que sont les religions. En effet, certains éléments rapportés (les écoles catholiques trop sévères, le prêtre fanatique...) peuvent être vrai dans certains cas, en réalité cela ne s’applique pas à tout le monde mais à certaines personnes. De plus, l’auteur "parodie" un fait divers dans ce prêtre qui emmène ces enfants vers la tempête. Dans ce fait divers, le bateau a chaviré et les scouts et le prêtre sont morts. Cela avait fait beaucoup de bruit et avait entraîné une vague d’anticléricalisme en France. J’aura attendu un peu plus d’objectivité de la part de l’auteur. A coté de cela, la BD reste drôle et le dessin très bien. Je conseille vivement les autres tome de la série, plus objectifs, plus drôles, et aux histoires épatantes. A partir de 11/12 ans. (La série fait beaucoup réfléchir et s’adapte bien aux adolescents).

    Répondre à ce message

    • Répondu par Polo le 1er mars 2014 à  16:05 :

      V’là autre chose... Depuis quand un auteur doit-il faire preuve d’"objectivité" ?

      Répondre à ce message