Angoulême 2014 : Professeur Cyclope annonce un partenariat papier avec Casterman

31 janvier 2014 6 commentaires
  • Près d’un an après son lancement, la revue « Professeur Cyclope » annonce un partenariat avec les éditions Casterman, en plus du concours d’Arte Editions, co-producteur du périodique numérique. L’objectif : publier des adaptations papier de récits parus sous forme numérique.

En mars 2013, le lancement de la revue Professeur Cyclope annonçait le début d’une petite révolution numérique. Mais au delà des défis technologiques et des innovations techno-narratives, la question d’une déclinaison en livre s’est immédiatement posée, comme le rappelle Gwen de Bonneval, directeur éditorial de Professeur Cyclope : «  Il faut d’abord bien préciser que la revue est numérique et qu’elle le restera. En revanche, certains récits peuvent bénéficier d’une autre vie sur un support plus classique : le papier. Créer un label papier « Professeur Cyclope » est une volonté que nous avons depuis le début et nous sommes ravis que ce projet puisse aussi voir le jour, en complément du magazine. » Après avoir discuté avec plusieurs éditeurs, la rédaction du mensuel à choisi de s’associer avec Casterman. Un choix raisonné : « Casterman a tout simplement été l’éditeur qui s’est montré le plus en phase avec notre projet. Nous nous retrouvons sur l’envie de créer des liens entre le papier et le numérique, ainsi que de réaliser des œuvres fortes, singulières et accessibles. Arte, qui nous suit depuis le début pour ces mêmes raisons, a naturellement souhaité continuer l’aventure en co-éditant le label via Arte éditions. » Quatre albums sont annoncés pour 2014 : « Le Sourire de Rose » de Sacha Goerg et Iba de Pierre Maurel en mai ; « Les Pénates » d’Alexandre Franc et Vincent Sorel, et « Le Teckel » d’Hervé Bourhis en septembre.

Angoulême 2014 : Professeur Cyclope annonce un partenariat papier avec Casterman
"Le Teckel" d’Hervé Bourhis, l’un des quatre premiers titres du label papier "Professeur Cyclope", fer de lance de la Rentrée Casterman

Cette transposition de certaines bandes dessinées nativement numériques vers le papier pose bon nombre de questions. On peut se demander s’il s’agira finalement des même oeuvres que celles que l’on a pu lire dans leur version électronique et quel sera la part de recréation. L’adaptation nécessite du travail comme le précise Gwen de Bonneval : « Prenons l’exemple de l’histoire de Sacha Goerg, « Le Sourire de Rose ». Elle a été réalisée avant tout pour une lecture sur écran... En changeant de support, il s’agit évidemment de repenser le récit, d’en faire une adaptation pertinente afin d’en préserver toute la force et toute la saveur. C’est en quelque sorte une nouvelle œuvre, oui. Tout au moins une nouvelle approche et une nouvelle expérience pour le lecteur... Mais aussi pour l’auteur, qui doit penser deux fois son récit ! Nous pensons que la lecture « en livre » offrira un autre regard et un intérêt renouvelé pour l’histoire. Nous ne voulions tout de même pas priver tous ceux qui « aiment l’odeur du papier » du talent de Sacha ! »

Le numéro 10 de la revue,
paru en janvier 2014

Après une année 2013 pleine de promesse, est-ce que le marché des revues numériques a véritablement éclôt ? On pourrait en douter... « La Revue dessinée », dont le lancement a été un grand succès, a finalement basculé son énergie vers sa version papier, la version tablette ne subsistant que comme un "bonus". Le projet « Spirou.Z » des éditions Dupuis est toujours dans les limbes. Face à cet état de fait, l’équipe rédactionnelle de Professeur Cyclope se montre patiente :
« Notre estimée collègue « La Revue dessinée » est avant tout portée vers la BD du réel et du reportage... Nous sommes plus axés sur la fiction et les nouvelles narrations. Nous n’avons pas les mêmes objectifs, il est normal que nous ne fassions pas les mêmes choix ! Nous avons créé Professeur Cyclope en sachant que la route serait longue, parce que nous défrichons un peu sur tous les plans. Ca demande beaucoup d’énergie, mais explorer la « Terra incognita », c’est aussi ça qui est excitant. Si les auteurs n’empruntent pas ces nouveaux chemins, qui le fera à leur place ? Et surtout comment ? Au bout d’un an, nous constatons que si le marché n’est pas encore tout à fait mûr, celui-ci mûrira à mesure que les créations de qualité spécifiquement pensé pour les écrans fleuriront. Il faut plus de revues « nativement numériques » de qualité, et et pour différents types de publics. »

L’équipe de Professeur Cyclope
De gauche à droite : Cyril Pedrosa, Gwen de Bonneval, Annaïg Plassard, Brüno, Fabien Vehlmann et Hervé Tanquerelle

On se souviendra que l’objectif de la première année du journal était de dépasser la barre symbolique des 1000 et s’approcher des 1500 abonnés (soit le nombre de lecteurs qu’avait fidélisé la BDNovella de Thomas Cadène, « Les Autres Gens »). Le cap semble atteint et Gwen de Bonneval détaille les motifs de satisfaction à l’heure du bilan anniversaire : « Professeur Cyclope se porte plutôt bien avec ses 1000 abonnés. La plupart d’entre eux ont joué le jeu en choisissant de s’engager pour un an. Ils suivent l’évolution du magazine, ses rendez-vous, ses surprises... Les abonnements sont en croissance régulière et nous espérons avoir fidélisé nos lecteurs de la première heure afin qu’ils repartent pour un an -au moins- avec nous. À l’aube de cette deuxième année c’est l’un des enjeux majeurs. Pour durer, Professeur Cyclope doit continuer de se faire connaître auprès d’un plus large public. La version gratuite de notre co-producteur Arte est un très bel exemple pour toucher de nouveaux lecteurs, et nous sommes heureux de pouvoir rendre accessible une grande partie des contenus de notre magazine par ce biais. Par ailleurs, l’un des motifs de satisfaction les plus importants à ce jour est l’implication des auteurs dans le magazine et la qualité de leurs projets. Nous sommes terriblement heureux d’avoir eu l’occasion de les publier, et d’avoir pu les rémunérer correctement sur un support qui peine à trouver son modèle économique. Les projets et les auteurs à venir, quant à eux, sont tout aussi excitants ! Sur le volet technologique, notre web application fonctionne bien sur de très nombreux supports. Nous sommes aujourd’hui en mesure de proposer des applications pour télécharger le magazine et le lire hors ligne, sur tablettes et ordinateurs. C’était une évolution nécessaire, qui a pris plus de temps que nous l’aurions souhaité, mais c’est chose faite maintenant. » Voilà qui vient corriger le principal grief formulé par les lecteurs de la première heure.

Une exposition inédite a lieu
durant le Festival d’Angoulême

Ce week-end, l’équipe de Professeur Cyclope sera présente au Festival d’Angoulême, avant de fêter son premier anniversaire en mars lors du Festival Pulp. Et c’est en mai que l’on pourra découvrir en librairie les premiers livres du label Professeur Cyclope, édités par Casterman et Arte Editions.

Propos recueillis par Morgan Di Salvia

(par Morgan Di Salvia)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photos et illustrations (c) Silicomix

Professeur Cyclope à Angoulême.

Trois tables rondes à la salle Odéon du théâtre d’Angoulême.

Vendredi 31 janvier de 15h à 16h30 : Narrations numériques : haute couture ou prêt-à-porter ?

Samedi 1er février de 15h à 16h30 : Professeur Cyclope Show

Dimanche 2 février 13h45 à 15h15 : Quel modèle économique ?

Une exposition au Théâtre d’Angoulême (niveau -1).

Stand N46. Bulle du Nouveau Monde.

VOIR EN LIGNE : le site de la revue

 
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6 Messages :
  • Une fois de plus, aucune surprise.
    D’une aventure numérique se targuant d’une indépendance, d’une autonomie ,on revient manger dans la main de l’éditeur... C’était le cas "des autres gens" également.
    Quel intérêt ???

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    • Répondu par Oncle Francois le 31 janvier 2014 à  12:59 :

      Un intéret expérimental peut-être : des auteurs s’imaginent que le net est l’avenir du livre, alors ils y investissent temps et énergie. Mais à part le blog gratuit d’humour, quel avenir pour le payant ? Si c’est pour avoir 1000 ou 1500 abonnés,quel intéret ? Par contre, le contenu s’il est intéressant peut servir à des éditeurs en mal d’idées. Donc on revient effectivement à la case départ...que de temps perdu...

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    • Répondu par loic d le 31 janvier 2014 à  14:26 :

      Raconter une histoire, c’est un fond et une forme.
      Nous sommes d’accord.

      Mais, il est parfaitement envisageable de jouer avec cela... Comme, par exemple, ne pas changer le fond mais changer la forme. A l’époque du trans-média, ce serait étrange de penser autrement.

      Le changement de forme (livre papier) oblige une réflexion sur le système de diffusion.
      Diffuser un livre papier et diffuser un livre numérique ne sont pas les mêmes choses.
      Casterman a plus de chance de pouvoir assurer une meilleure commercialisation aux ouvrages qu’un jeune éditeur indépendant. La force de diff-distri est incomparable entre les deux types de structures.

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      • Répondu par lebon le 31 janvier 2014 à  22:17 :

        Depuis le début ce « professeur cyclope » est un hymne à l’ennui expérimental et à la laideur graphique et comme ça ne suffisait pas, bientôt la double peine, la version papier. Qui durera trois numéros.

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        • Répondu le 1er février 2014 à  09:42 :

          Il n’a jamais été question de publier une version papier de la revue mais bien d’éditer des albums issus de la revue...genre Tyler Cross.

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        • Répondu par Cyril Pedrosa le 5 février 2014 à  14:35 :

          Cher Lebon,

          Soyez rassuré, il n’y aura pas de version papier du magazine.

          Seuls certains titres créés et publiés dans Professeur Cyclope, sous forme de feuilletons, à commencer par les très beaux "Sourire de Rose" de Sacha Goerg et "Iba" de Pierre Maurel, vont être édités en livre par Casterman et ARTE éditions.

          Tout ceci est assez bien expliqué dans l’article, que je vous conseille de lire, à l’occasion.

          Sinon, faut-il répondre aux insultes que vous adressez au travail des auteurs que nous publions dans le magazine ?
          Oh, non, en fait je crois que c’est inutile.

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