BD d’Asie

Dorohedoro : le point final !

Le dernier « Dorohedoro » est arrivé ! Point final de la grande aventure absurde et cruelle de Q Hayashida, Caiman affronte « Hole » dans une titanesque bataille de gourmets afin de sauver ses amis. Un dénouement à l'image d'une série qui nous aura émerveillé et terrifié durant plus de quinze ans !

Voilà, Dorohedoro c’est terminé ! Un nom étrange pour un titre qui l’aura été tout autant, lorgnant du côté de l’Underground par ses personnages et ses situations sombres et grotesques, où l’ensemble était le plus souvent gouverné par une logique absurde, en partie à cause de l’omniprésence de la mort et de la violence.

Publié au Japon de 2000 à 2018 chez l’éditeur Shôgakukan, et en France de 2003 à 2019 par Soleil Manga, c’est donc une série étalée sur deux décennies qui s’achève avec ce vingt-troisième tome, épais comme deux et qui aurait donc pu donner un vingt-quatrième. Une histoire éditoriale française un peu compliquée d’ailleurs, aux premières années difficiles, sauvée par une base de lecteurs très motivés qui acceptèrent un prix élevé pour permettre au titre de se poursuivre.

Après le très long et compliqué arc narratif du « Grand Magasin », le tome précédent avait fait office de transition vers la confrontation de notre duo de héros contre « Hole », l’entité vengeresse née des millions de morts provoquées par les mages.

Dorohedoro : le point final !
DOROHEDORO © 2002 Q HAYASHIDA / SHOGAKUKAN

Nous avions laissé Caiman, seul, contraint de conclure un pacte avec les anciens diables pour devenir ce qu’il déteste le plus : un mage ! La première partie de cet ultime tome est ainsi dédiée au combat de Caiman, désormais doté des pouvoirs d’un mage, contre Hole ! Et le moins que nous puissions dire, c’est que Q Hayashida s’en donne à cœur joie avec la magie de notre héros, la magie des gyozas ! Délicieux !

Une bataille sous le signe de l’absurde comme toujours, mais qui n’en est pas moins violente et intense. Les transformations successives d’Hole assurent le côté gore et dérangeant de ce moment. Parallèlement à ce grand affrontement final, nous suivons les péripéties de la En Family, tentant de survivre après avoir été dévorée par Hole, ainsi que celles de la jeune Citron qui cherche à refermer la porte ouverte par Hole et responsable de la pluie « mortelle » qui frappe le monde des Mages.

Ces deux sous-intrigues finissent par rejoindre celle de la bataille de Caiman qui, grâce à leur aide, pourfend pour de bon Hole et ramène la paix dans les deux mondes. Un acte final aussi simple que réussi qui rassemble donc le casting de la série, du moins ceux encore en état de se battre, pour un moment collégial.

DOROHEDORO © 2002 Q HAYASHIDA / SHOGAKUKAN

La fin du tome, et de la série, prend ensuite la forme d’un épilogue où chacun retrouve plus ou moins son train-train quotidien, à la différence fondamentale que les mages et les habitants de Hole ont appris à se respecter, et que les premiers ont désormais arrêté d’utiliser les seconds comme cobayes. De ce fait certains doivent tout de même recycler leurs activités, mais on peut faire confiance à leur esprit tordu pour trouver de nouveaux business.

Une fin en quelque sorte « pépère », à l’image d’un titre qui, en dépit de la complexité de son scénario et de la densité de personnages, a toujours distillé une certaine « ambiance tranquille », où personne ne se prend finalement la tête plus que ça, et où chacun s’intéresse surtout à faire tourner sa petite affaire : Nikaido et son restaurant de gyozas, En et son organisation plus ou moins mafieuse, les membres du restaurant de tourtes, les Yeux en Croix et leurs petits boulots, le Doc et sa clinique, les diables et leur entreprise... de diables ?

Bref une page se referme sur cet étrange récit qui nous aura passionné des années durant grâce à un sens du mystère et du burlesque unique, des personnages « badass » via des pouvoirs souvent complètement absurdes, avec ses mages portant des masques tous plus bizarres les uns les autres, sa journée annuelle de zombies et tout un tas de choses de non-sens qui ont fait de Dorohedoro une incroyable aventure à suivre.

DOROHEDORO © 2002 Q HAYASHIDA / SHOGAKUKAN

(par Guillaume Boutet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

🛒 Acheter


Code EAN : 9782302076587


Dans la rubrique BD d’Asie
Derniers commentaires
Agenda BD août 2022
Du 25 août au 23 septembre (...)
du 25/08/2022 au 23/09/2022
Exposition-vente virtuelle - Romain Baudy - à la galerie Comic Art Factory (Bruxelles)
Festival
du 27/08/2022 au 28/08/2022
11e Festival BD "De Bulles en Bulles" (Hotton, Belgique)
Salon
du 27/08/2022 au 28/08/2022
BD Plage à Sète (Hérault)
Agenda BD septembre 2022
Du 8 au 24 septembre 2022,
du 8/09/2022 au 24/09/2022
Exposition-vente - Antonio Cossu - à la galerie Comic Art Factory (Bruxelles)
Exposition
du 10/09/2022 au 17/09/2022
Exposition Pascal Graffica à Strasbourg
Exposition
du 15/09/2022 au 1er/10/2022
Expo - Coco : dessins félins et autres bestioles (Paris)
Dedicace
du 21/09/2022 au 21/09/2022
Séance de dédicace avec Libon et Julien Solé
Exposition
du 22/09/2022 au 8/10/2022
Exposition "Ana & l’Entremonde" de Cy.
Salon
du 24/09/2022 au 25/09/2022
Salon "La BD prend l’air", 23e édition
Festival
du 24/09/2022 au 25/09/2022
8e Festival BD de Sainte-Livrade-sur-Lot
Festival
du 24/09/2022 au 25/09/2022
1er Salon de la BD Jeunesse à Paris 15
Agenda BD octobre 2022
Exposition
du 5/10/2022 au 5/10/2022
GIBERT dédicace : Ruben del Rincon
Festival
du 5/10/2022 au 16/10/2022
Festival Caribulles à Baie Mahault (Guadeloupe)
Du 6 au 22 octobre 2022, (...)
du 6/10/2022 au 22/10/2022
Exposition-vente - Laurent Bidot - à la Galerie de la Bande Dessinée (Bruxelles)
Exposition
du 14/10/2022 au 16/11/2022
Rencontre avec Elene Usdin
Salon
du 15/10/2022 au 16/10/2022
Fête de la BD de Jeumont
Du 27 octobre au 12 novembre
du 27/10/2022 au 12/11/2022
Exposition-vente - Benjamin Benéteau - à la galerie de la Bande Dessinée (Bruxelles)
Agenda BD novembre 2022
Du 17 novembre au 3 décembre
du 17/11/2022 au 3/12/2022
Exposition-vente - Hugues Labiano - à la Galerie de La Bande Dessinée (Bruxelles)
Newsletter ActuaBD