Dorohedoro : le point final !

24 juin 2019 0 commentaire
  • Le dernier « Dorohedoro » est arrivé ! Point final de la grande aventure absurde et cruelle de Q Hayashida, Caiman affronte « Hole » dans une titanesque bataille de gourmets afin de sauver ses amis. Un dénouement à l'image d'une série qui nous aura émerveillé et terrifié durant plus de quinze ans !

Voilà, Dorohedoro c’est terminé ! Un nom étrange pour un titre qui l’aura été tout autant, lorgnant du côté de l’Underground par ses personnages et ses situations sombres et grotesques, où l’ensemble était le plus souvent gouverné par une logique absurde, en partie à cause de l’omniprésence de la mort et de la violence.

Publié au Japon de 2000 à 2018 chez l’éditeur Shôgakukan, et en France de 2003 à 2019 par Soleil Manga, c’est donc une série étalée sur deux décennies qui s’achève avec ce vingt-troisième tome, épais comme deux et qui aurait donc pu donner un vingt-quatrième. Une histoire éditoriale française un peu compliquée d’ailleurs, aux premières années difficiles, sauvée par une base de lecteurs très motivés qui acceptèrent un prix élevé pour permettre au titre de se poursuivre.

Après le très long et compliqué arc narratif du « Grand Magasin », le tome précédent avait fait office de transition vers la confrontation de notre duo de héros contre « Hole », l’entité vengeresse née des millions de morts provoquées par les mages.

Dorohedoro : le point final !
DOROHEDORO © 2002 Q HAYASHIDA / SHOGAKUKAN

Nous avions laissé Caiman, seul, contraint de conclure un pacte avec les anciens diables pour devenir ce qu’il déteste le plus : un mage ! La première partie de cet ultime tome est ainsi dédiée au combat de Caiman, désormais doté des pouvoirs d’un mage, contre Hole ! Et le moins que nous puissions dire, c’est que Q Hayashida s’en donne à cœur joie avec la magie de notre héros, la magie des gyozas ! Délicieux !

Une bataille sous le signe de l’absurde comme toujours, mais qui n’en est pas moins violente et intense. Les transformations successives d’Hole assurent le côté gore et dérangeant de ce moment. Parallèlement à ce grand affrontement final, nous suivons les péripéties de la En Family, tentant de survivre après avoir été dévorée par Hole, ainsi que celles de la jeune Citron qui cherche à refermer la porte ouverte par Hole et responsable de la pluie « mortelle » qui frappe le monde des Mages.

Ces deux sous-intrigues finissent par rejoindre celle de la bataille de Caiman qui, grâce à leur aide, pourfend pour de bon Hole et ramène la paix dans les deux mondes. Un acte final aussi simple que réussi qui rassemble donc le casting de la série, du moins ceux encore en état de se battre, pour un moment collégial.

DOROHEDORO © 2002 Q HAYASHIDA / SHOGAKUKAN

La fin du tome, et de la série, prend ensuite la forme d’un épilogue où chacun retrouve plus ou moins son train-train quotidien, à la différence fondamentale que les mages et les habitants de Hole ont appris à se respecter, et que les premiers ont désormais arrêté d’utiliser les seconds comme cobayes. De ce fait certains doivent tout de même recycler leurs activités, mais on peut faire confiance à leur esprit tordu pour trouver de nouveaux business.

Une fin en quelque sorte « pépère », à l’image d’un titre qui, en dépit de la complexité de son scénario et de la densité de personnages, a toujours distillé une certaine « ambiance tranquille », où personne ne se prend finalement la tête plus que ça, et où chacun s’intéresse surtout à faire tourner sa petite affaire : Nikaido et son restaurant de gyozas, En et son organisation plus ou moins mafieuse, les membres du restaurant de tourtes, les Yeux en Croix et leurs petits boulots, le Doc et sa clinique, les diables et leur entreprise... de diables ?

Bref une page se referme sur cet étrange récit qui nous aura passionné des années durant grâce à un sens du mystère et du burlesque unique, des personnages « badass » via des pouvoirs souvent complètement absurdes, avec ses mages portant des masques tous plus bizarres les uns les autres, sa journée annuelle de zombies et tout un tas de choses de non-sens qui ont fait de Dorohedoro une incroyable aventure à suivre.

DOROHEDORO © 2002 Q HAYASHIDA / SHOGAKUKAN

(par Guillaume Boutet)

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Dorohedoro T. 23. Par Q. Hayashida. Traduction Sylvain Chollet. Soleil Manga, collection "seinen". Sortie le 19 juin 2019. 354 pages. 19,99 euros.

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Dorohedoro sur ActuaBD :
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