L’Affaire Siné : le soufflé retombe

9 août 2008 31 commentaires
  • C’était le charivari de l’été : tout l’Internet mais aussi les plus lambrissés des salons germano-pratins bruissaient de « L’Affaire Siné ». Antisémite ? Pas antisémite ? Les éditorialistes les plus fameux se sont laissés emporter à des règlements de compte quasi zoologiques. Mais de quoi parlait-t-on ? D’un limogeage abrupt, de liberté de la presse ou d’autre chose ?

« On tuera la presse comme on tue un peuple, en lui donnant la liberté  ». L’axiome est d’Honoré de Balzac [1]. Dans ce qu’il convient bien d’appeler « L’Affaire Siné », il était d’abord question de liberté. Celle de pouvoir dire ce qu’on veut, y compris ce qui dérange.

Cette liberté n’avait pas manqué, et c’est ce peut-être qui était à l’origine du problème, donnant raison à Balzac. Dans « Siné sème sa zone », l’enragé limogé avait une liberté totale. Le dessinateur aux états de service que l’on sait était une icône ; il était devenu intouchable. Comme Wolinski, comme Cavanna, comme Cabu, comme Willem. De notoriété publique, Val détestait les éditos de Siné. Il n’ était pas le seul au sein de son journal. Mais bon, on ne touchait pas au Nom. Siné était représentatif d’une certaine gauche et d’un humour qui faisait métier de la démesure, comme il l’écrivit lui-même [2]. Siné défendu par ses dévots, un comble, non ?

L'Affaire Siné : le soufflé retombe
Philippe Val, directeur de "Charlie Hebdo"
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Avertissement sans frais

On a beaucoup glosé sur le fait que Val n’avait pas lu le papier de Siné avant qu’il ne soit publié. C’est curieux de la part d’un directeur de publication n’a-t-on pas manqué de souligner. Mais nous, chez ActuaBD.com, cela ne nous a pas surpris. En effet, il y a deux ans, nous interrogions Val sur un événement qui nous avait semblé à l’époque une curiosité : Joann Sfar, éphémère éditorialiste chez Charlie Hebdo (il avait, comme Siné, sa colonne intitulée « Mon cahier d’éveil), avait eu l’outrecuidance de critiquer un dessin de Willem décrivant Sharon ordonnant à Abbas, caricaturé en chien, d’attaquer des terroristes ceinturés de bombes (février 2005) [3]. Cela n’avait pas plu à l’auteur du Chat du rabbin et il l’avait écrit dans sa chronique. Bob Siné, pro-palestinien patenté et ami de Willem, monta au créneau pour souffleter le jeune impertinent. C’était plutôt mesuré, mais inhabituel : il est rare que les collaborateurs d’une feuille satirique se dézinguent à coup d’éditoriaux dans le même journal. Nous n’avions pas manqué de rapporter l’anecdote à nos lecteurs.

Dans son interview publiée sur ActuaBD (9 juillet 2006) , Val s’en expliquait, parlait de la « diversité » des opinions dans son journal : « Je ne suis absolument pas d’accord avec Siné. Sur des tas de points. C’est encore le cas cette semaine. Mais voilà, tant que cela ne pose pas tellement de problèmes, tant que je ne dois pas aller devant les tribunaux pour quelque chose dont j’aurais honte, je laisse filer... Ma limite, elle est là. » Les règles étaient donc clairement fixées par le directeur de publication, rappelons-le, personnellement et pénalement responsable de ce qui se publie dans son journal.

Siné a sciemment provoqué Val à plusieurs reprises. Sans réaction de sa part. Il se fait que cette fois, Val a décidé de ne plus laisser faire. Que Siné se soit exclu (version Val) ou qu’il ait été « viré comme un malpropre (et sans indemnité) » par un chef d’entreprise qui a agi « comme tout bon patron qui se respecte », Val ne fait qu’appliquer l’axiome de Balzac. Cette liberté devenait chaque jour plus ingérable.

On peut discuter de la forme de l’éviction. Cavanna, comme Charb, ont regretté que ce soit passé aussi mal. Ils sont persuadés que si l’on avait fait ce qu’il fallait <i a priori , Siné aurait accepté une modification (là, c’est le secrétaire de rédaction qui a merdé) ; au pire, a posteriori, un texte de « clarification » aurait arrangé tout le monde. Mais le conflit d’ego entre les deux hommes en a décidé autrement. Et à partir de là, tout s’est compliqué.

Bob Siné
Photo : D. Pasamonik (L’AgenceBD)

Siné est-il antisémite ?

Car parlons maintenant du fond. Siné est-il antisémite ? Mais bien sûr que non ! Charb résuma bien d’ailleurs la position de chacun dans Charlie : ils n’auraient pas vécu pendant 16 ans aux côtés d’un antisémite. Et d’ailleurs, ce n’est pas le propos de Val. Que disait-il pour justifier l’éviction de Siné ? Il disait que la saillie sur Jean Sarkozy pouvait être interprétée «  comme faisant le lien entre la conversion au judaïsme et la réussite sociale  » et à propos de la tenue générale de l’article (qui se termine quand même par un interpellant : « Moi, honnêtement, entre une musulmane en tchador et une juive rasée, mon choix est fait  »), il considère que ses propos n’étaient « ni acceptable[s], ni défendable[s] devant un tribunal » [4], ce qui est clairement la position d’un directeur de publication pénalement responsable du contenu de son journal.

Où Val disait-il que Siné est antisémite ? Nulle part. Qui alors a dit que Siné était antisémite ? Claude Askolovitch sur les ondes de RTL ? Pas davantage. Il parlait dans son intervention d’un « article antisémite dans un journal qui ne l’est pas  ». Il exprimait son opinion sur un article qu’il jugeait, lui, antisémite. On a souvent avancé, prenant exemple de la réaction d’Askolovitch, que l’indignation face à l’expression de l’antisémitisme était « systématiquement » le fait des juifs, stigmatisant de leur part une hystérie, sinon une paranoïa ; que Siné avait quelques semaines auparavant malmené des Musulmans et que pour eux –deux poids, deux mesures- aucune indignation ne s’était exprimée.

Ces deux arguments avancés, on en tire cette conclusion : dans notre monde d’aujourd’hui, mité par le « politiquement correct », on ne peut plus rien dire. Et voici comment un limogeage voué aux Tribunal des Prud’hommes devient une Cause Nationale !

Le N°63 de Charlie Hebdo : Si Charlie n’est pas malade, il a en tout cas la fièvre.
Dessin de Reiser

Pétition de principe

Il est pourtant normal que n’importe quelle personne qui se sent offensée, quelle qu’elle soit et pour quelque cause que ce soit, même une mauvaise, exprime son haut le cœur. C’est cela, la liberté d’expression. Posons cette question : où sont les Musulmans qui ont manifesté contre les écrits de Siné d’il y a quelques semaines, bien avant l’affaire Sarkozy-Darty ? Nulle part. Le silence des uns devrait entraîner celui des autres ? Or, tout le monde gueule : le jeune Sarkozy s’est exprimé, Brice Hortefeux a fusillé les associations de défense des immigrés clandestins, Bernard Tapie et le Modem se sont envoyés des revers liftés, les Chinois organisateurs des JO et les mecs de Reporter sans frontière se sont castagnés pied à pied,… Pourquoi les Musulmans offensés –et qui ont parfaitement le droit de l’être- n’ont-il pas gueulé ? Peut-être parce que, comme Philippe Val, ils ne lisaient plus Siné depuis longtemps et qu’il leur a manqué un Askolovitch pour les réveiller…

La pétition de soutien à Siné évita d’ailleurs bien de désigner ceux qui auraient traité Siné d’antisémite (il y en a eu sans doute, finalement). Elle mentionnait en extrait la phrase moquant l’opportuniste « mécréant » de Jean Sarkozy en omettant la finale de l’article, un peu moins glorieuse il est vrai, sur le même thème anticlérical. La pétition affirmait que la dite phrase, prétendu prétexte à l’éviction de Siné, n’était pas antisémite. Elle sollicita le public à exprimer son soutien à Siné.

En ce qui me concerne, dans cette phrase en particulier, je ne vois pas non plus l’intention antisémite. Nos pétitionnaires au soutien de Siné, qui sont aujourd’hui plus de 12.000, pouvaient signer en toute bonne foi, leur sens de la justice ne risquait pas d’être pris en défaut. Mais la pétition de principe qui consisterait à absoudre l’article dans son entier en oubliant son ambiguïté générale, grief fait par Val à Siné, n’était pas pour autant convaincante.

Le N°37 de Hara Kiri Hebdo
Dessin de Gébé

Force doit rester à la loi

En effet, le contentieux entre Val et Siné ne portait pas sur le seul caractère antisémite de la phrase sarkozienne. Il portait :

1/ sur le fait qu’il y avait un risque de procès, non pas pour antisémitisme, mais pour diffamation, l’annonce de la conversion de Jean Sarkozy au judaïsme s’étant avérée fausse si l’on en croit une déclaration de l’intéressé à L’Optimum et qu’importe si cette rumeur aurait été préalablement colportée par le président de la LICRA lui-même. Il semble bien que l’entourage de Jean Sarkozy se soit montré menaçant et que Val allait se trouver devant le tribunal pour une cause dont «  il aurait honte  ». Rappelons que dans un précédent procès du ministre Dutreuil contre Charlie à cause d’un dessin de Charb qui le représentait en SS, l’hebdomadaire satirique avait perdu [5]. La loi encadre strictement ce type de délit.

2/ sur le fait que le contexte de l’article (lien des juifs avec l’argent et surtout sa conclusion ambiguë sur la musulmane voilée et la juive rasée) méritait de lever toute ambiguïté par une déclaration, ce que Siné à refusé de faire.

Que Val se sépare de Siné, finalement, c’était logique. L’hostilité entre les deux hommes était patente. Siné n’a pas été censuré puisque –et c’est bien là le problème- son article est paru. Dans n’importe quel journal, l’équipe est tenue d’en accepter la ligne directrice. Il existe même dans la pratique journalistique ce que l’on appelle une « clause de conscience » qui permet à un journaliste de se barrer quand il considère que les opinions de son journal ne sont pas conformes à sa conscience. Si Siné ne l’a pas fait depuis toutes ces années, c’est qu’il avait de bonnes raisons.

Les vraies causes de l’Affaire Siné

Reste cet incroyable feuilleton de l’été qui est en train de retomber comme un soufflé pour cause d’actualité olympique. On peut en retenir quelques faits marquants :

- Elle a permis le déchaînement, notamment dans les forums Internet, d’une agressivité d’une démesure sans précédent contre un seul homme qui est resté pour le coup, et pendant plusieurs jours, un homme seul. Plantu a caricaturé Val en gauleiter. Il avait réservé jusqu’ici cette allusion graphique à Le Pen. On a ressorti de part et d’autre les vieilles casseroles trouées : une soirée de beuverie de Siné sur une radio libre en 1982 qui lui avait valu d’être condamné pour « incitation à la haine raciale » et dont il s’était lui-même excusé en achetant des placards dans Le Monde : « J’ai eu l’occasion d’entendre 6 mois environ après l’émission, témoigna Siné dans sa lettre à la LICRA , les cheveux m’en sont dressés sur la tête ! Il m’était difficile d’admettre que c’était bien moi qui avait déraillé à ce point là.  ». On voit bien là que Siné n’est pas antisémite. N’empêche, tous les modérateurs de forum ont eu du boulot ces derniers jours. Les posts supprimés se comptaient par centaines. Sur notre propre forum on recevait des messages du genre « Si vous ne me publiez pas, c’est que vous êtes sionistes !  » Ben voyons. On a pu alors mesurer à quel point la « passion antisémite », attisée par le contexte proche-oriental, n’était pas éteinte.

- L’utilisation de la dénonciation de l’antisémitisme pour fustiger le « politiquement correct » qui interdirait de tout dire faute d’être marqué d’infâmie. On exagère, nous dit-on, on ne peut plus rien dire (sous entendu contre les juifs). C’est oublier que ces règles ont été mises en place par la société elle-même au gré de sa sensibilité au problème. Des éditeurs de BD publient des blagues sur les Blondes, sur les Juifs, sur les Algériens, sur les Corses, sur les Belges [6], sans que cela n’ait entraîné le moindre procès. Le combat contre la censure est un vrai combat, qui se passe devant les tribunaux, pas dans les salons, ni sur Internet, et qui a ses martyrs : De Honoré Daumier à Maurice Girodias, d’Éric Losfeld à Jean-Jacques Pauvert ou au Professeur Choron…
Elle est là la cause de Siné ? On voit bien que non, sinon le combat –nous sommes dans un État de droit- se passerait devant les tribunaux. Or, jusqu’à présent, mais peut-être aura-t-on des surprises, seul Siné est à ce jour le plaignant, sur la base d’un chef d’accusation un peu glissant contre Askolovitch [7], et contre X, pour menaces de mort proférées à l’encontre du dessinateur .

Cette approche biaisée est étonnante. Pourquoi n’attaque-t-on pas franchement les responsables ? Il est vrai que le « politiquement correct » est particulièrement castrateur pour les gens « qui ont des couilles ». Il ne date pourtant pas d’hier.

Le N°88 de Charlie Hebdo
Dessin de Gébé

Ainsi, René Goscinny dans Pilote percevait déjà en 1972, ce racisme affecté de correction politique et qui, bien avant la loi Gayssot, avait déjà du mal à s’exprimer. Dans un article titré « Je ne suis pas raciste, mais…  » [8], il écrivait :

« Il n’y a pratiquement plus, à part quelques dingues, de gens qui avouent ouvertement être racistes et ne pas aimer ceux qui n’ont pas exactement les mêmes origines que celles de leur proche famille.
Cela ne veut pas dire, hélas, qu’il n’y a plus de racistes, bien au contraire, mais ils sont prudents et ne révèlent leurs sentiments que par des formules sournoisement amicales. Par exemple :
— Quelques-uns de mes meilleurs amis sont juifs…
— C’est terrible la façon dont on traite les Nord-africains ; ce sont des êtres humains, après tout.
— Les faire voyager dans ces conditions, c’est monstrueux ; ce sont des nègres, mais tout de même !
— La couleur de la peau m’importe peu : noir, jaune, rouge ou juif, je n’y fais pas attention.
— J’admire les Juifs : ils sont rusés, et surtout, très intelligents.
[…] »

-  L’utilisation de cette affaire pour régler des comptes qui ne la concernent que peu : La controverse de Bernard- Henri Lévy contre Alain Badiou avec la courroie de transmission intellectuelle de Pierre Assouline en est un exemple. Combien de personnes ont-elles capté que le titre de l’article de BHL défendant Philippe Val : « De quoi Siné est-il le nom ? » était une allusion directe à un ouvrage d’Alain Badiou intitulé « De quoi Sarkozy est-il le nom ? » [9], un pamphlet où les Socialistes ralliés au gouvernement Sarkozy sont traités de « rats », Sarkozy d’« homme aux rats » et Ségolène Royal de « tocarde ». BHL brisait là une lance dans un débat idéologique entre les gauches, sans doute salutaire et nécessaire à sa recomposition mais qui, amalgamée à l’Affaire Siné, la dénature. Peut-être était-ce de la part de BHL, un tant soit peu calculé : Charlie Hebdo devenant ainsi le Hernani du Café de Flore.

Bref, l’Affaire Siné restera davantage dans les mémoires pour ses effets que pour sa cause. Avec les Jeux Olympiques de Pékin, les Sinéphiles vont faire place aux Sinophiles, les vieux maoïstes aux Chinois communistes bien d’aujourd’hui, dans un pays où les Siné locaux n’existent pas et où les responsables politiques trouvent normal que les journalistes soient un peu bridés. Delfeil de Ton peut se rassurer : en France, on peut encore parler des Chinois avec humour.


Pour faire pendant à notre article, ActuaBD vous livre deux vidéos où Siné donne sa version des faits à Rue89.com :


Interview Sine 2
envoyé par rue89

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon : Siné par D. Pasamonik (L’Agence BD)

Lire aussi : Siné s’exclut de Charlie Hebdo

Lire aussi : Sine massacre… Philippe Val

Lire aussi : Affaire Siné : SOS Racisme se range aux côtés de Philippe Val et de Charlie Hebdo

Lire aussi : Siné contre Charlie Hebdo : Un résumé de l’affaire

[1Honoré de Balzac, Monographie de la presse parisienne, Ed. Mille et Une nuits, p. 9.

[2Lettre à la LICRA, le 22 septembre 1984.

[3Charlie Hebdo N°661 du 16/02/2005.

[4Charlie Hebdo, 16 juillet 2008.

[5Val raconte cela dans la même interview publiée sur notre site.

[6Bientôt, peut-être, deviendront-elles obsolètes. Remplacera-t-on le mot « belge » par « wallon » ou « bruxellois » ? Pas sûr que ce soit aussi drôle…

[7Siné l’aurait assigné pour diffamation.

[8René Goscinny, « Je ne suis pas raciste, mais… », Dargaud, Pilote, n° 674, Paris, 5 octobre 1972.

[9De quoi Sarkozy est-il le nom ? Circonstances, 4, éditions Lignes, janvier 2008.

 
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31 Messages :
  • L’Affaire Siné : le soufflé retombe
    9 août 2008 14:15, par Originus

    "Un soufflé qui retombe" ?!

    Malheur ! Dire ça c’est une incitation à ce que ça recommence boudiou d’boudiou !

    Bon c’était il est vrai tout de même divertissant et agréable -pour moi en tout cas- d’avoir une occasion de jeter quelques crottes de nez au visage de ce cuistre de Val.

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  • Dans les causes, parlez vous de l ’affaire Clearstream ?

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 9 août 2008 à  14:47 :

      La vraie cause de l’éviction de Siné, c’est donc l’affaire Clearstream, et elle seule ?

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      • Répondu le 9 août 2008 à  15:19 :

        Non vous avez raison, mais l’affaire clearstream est quand même d’une certaine importance, enfin il me semble...Val tue Denis Robert dans son édito,et on apprend ensuite que l’avocat de Charlie et de clearstream sont une seule et même personne. Curieux. Evidement on peut se dire, ethique du droit,séparation des affaires etc...bien sur, mais il est légitime de se demander si il n’y a pas connivence.
        Pour ma part je suis trop au courant de certaines techniques de pression (ça n’engage que moi) telles que la mise sur écoute,la filature,combriolages et menaces téléphoniques (parfois tres subtiles), dans des affaires ultérieures,pour ne pas me mefier de clearstream, et donc de son avocat.Je ne parle pas de faits,mais bien de méfiance, et je peux me tromper, n’ayant pas de preuves.
        C’est la logique de Siné également, qui trouve malsain qu’un journal libertaire soit défendu par l’avocat en question. Et qui s’étonne comme moi,que Val profite de son pouvoir pour lyncher Denis Robert dans les colonnes de son propre journal...Comme ça, comme un cheuveux sur la soupe.
        (On notera au passage que val n’a visiblement pas lu les livres de Robert, et n’est pas au courant des procés gagnés par celui ci... Donc oui,pour moi, l’affaire Clearstream a son importance, parcequ’elle ajoute une tension de plus entre Val et Siné. Celui ci ne supportant pas de voir son patron assasiner le travail d’un journaliste qui paye cher son travail journalistique et ne supportant pas non plus de voir ce même journaliste insulté comme il l’a eté par un éditorialiste peu au courant de l’affaire en question.
        Il y a bien sur d’autres causes et votre article ne manque pas de les souligner. Mais pour moi l’affaire clearstream a quand meme son importance.

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 9 août 2008 à  18:39 :

          l’affaire clearstream est quand même d’une certaine importance, enfin il me semble...

          Mon article s’interroge sur les causes de l’Affaire Siné, c’est-à-dire ce charivari parisien qui va bien au-delà de l’histoire d’un mec qui se fait virer par son patron. L’argument Clearstream a été avancé par Siné pour expliquer son éviction. Puis, il a été utilisé pour compromettre Val : son avocat bosse pour Clearstream (ce que les lecteurs d’ActuaBD savent déjà depuis mai 2006 et là, on feint de l’apprendre). Mais en aucun cas il explique l’ampleur de l’indignation qui a suivi qui me semble tenir aux raisons que j’énonce.

          C’est la logique de Siné également, qui trouve malsain qu’un journal libertaire soit défendu par l’avocat en question.

          L’avocat en question a fichu des dérouillées à des tas de groupes de pression qui voulaient la peau de Charlie. Un avocat, ce n’est jamais qu’un plombier du droit (il sera content de lire ça, tiens) qui est aux ordres d’un commanditaire. Quant à Charlie libertaire, ça reste à prouver. Certains de ses auteurs, oui. Mais le journal, c’est à voir.

          Et qui s’étonne comme moi,que Val profite de son pouvoir pour lyncher Denis Robert dans les colonnes de son propre journal...

          Charlie est un journal d’opinion. Qu’il ait raison ou non, Val n’a fait qu’exprimer la sienne.

          Donc oui,pour moi, l’affaire Clearstream a son importance, parcequ’elle ajoute une tension de plus entre Val et Siné.

          Dans la vidéo, Siné explique que c’est de plus longue date, et bien plus général que ça.

          Il y a bien sur d’autres causes et votre article ne manque pas de les souligner. Mais pour moi l’affaire clearstream a quand meme son importance.

          Je ne dis pas que vous avez tort, mais je ne crois pas qu’il y ait pour cette affaire Clearstream (1 ou 2) un vrai mouvement d’opinion.
          Clearstream est une affaire imbitable pour le quidam et il y a quelques jours encore, Le Monde publiait l’interview d’un des responsables de cette firme qui disait qu’elle n’avait rien à se reprocher et qu’un jugement récent en France confortait cette affirmation.

          Je crois plutôt que le vrai mouvement qui est derrière cette affaire c’est la peur des gens de ne plus pouvoir s’exprimer comme ils l’entendent. Là est le phénomène.

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          • Répondu le 9 août 2008 à  19:37 :

            Je me suis un peu étalé juste pour expliquer pourquoi je pensais que l’affaire clearstream avait un rôle. Néanmoins je suis tout à fait d’accord avec vous quand vous dites que ça n’est pas la cause essentielle et/ou que ça remonte à plus loin.
            Juste pour info,le papier du monde souléve des contreverses, le blog de yan lindingre (fluide) donne son point de vu sur le nombre de procés gagnés par Denis Robert et sur ceux gagnés par clearstream.Il semblerai que le Monde a lui aussi un avis un peu partial...!
            En tout cas j’ai bien aimé la façon dont actua bd a traité cette affaire, avec une volonté claire d’objectivité sans jamais atiser les tensions.

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    • Répondu le 9 août 2008 à  16:34 :

      Ma conclusion sur ce long feuilleton estival durant lequel Je me suis bien gardé de prendre partie pour Val ou Siné, persuadé qu’il ne s’agissait dans le fond que d’un simple conflit d’égos.
      Par contre, je me dois de dire que j’ai été depuis le début de l’affaire, fort irrité par le partie pris flagrant des articles de Mr Pasamonik qui lui, n’a pas hésité à prendre clairement partie...
      Ce n’est pas du travail de journaliste ça !

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      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 9 août 2008 à  18:41 :

        Par contre, je me dois de dire que j’ai été depuis le début de l’affaire, fort irrité par le partie pris flagrant des articles de Mr Pasamonik qui lui, n’a pas hésité à prendre clairement partie... Ce n’est pas du travail de journaliste ça !

        Vous ne savez manifestement pas ce qu’est un travail de journaliste.

        Répondre à ce message

  • Merci pour ce texte, qui est le meilleur que j’ai lu depuis le début de l’affaire.
    Je la suis passionément, étant un vieux lecteur (de trente ans) de charlie hebdo. Ca va parfois jusqu’à l’écoeurement.Alors, je me réfugie dans la littérature pour me détacher de la violence verbale ambiante.J’aimais autant Val que Siné (bien que plus proche des idées de Val), et ca me rend triste. Mais ainsi va la vie !
    Votre texte est salutaire car il pousse très loin l’analyse, en essayant d’être objectif.
    Merci, car je m’y suis retrouvé !

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  • Même si internet s’est illustré par sa haine et son potentiel de violence, on peut dire aussi que sans internet cette affaire n’aurai peut être pas existée. Grâce à internet, Val n’a pas eu tout le boulevard qu’il esperait pour agir à sa guise et Siné a pu être defendu (par des gens responsables loins des insultes et de la haine bien evidement)
    Aprés que Siné ou Val aient raison ou tort c’est autre chose...

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    • Répondu par lanjingling le 10 août 2008 à  19:53 :

      Peut-etre ne lisez-vous pas Charlie Hebdo regulierement ?
      Dans le numero de la semaine ou Sine est parti/a ete vire (choisissez l’option qui vous conviendra), Sine a ete defendu dans les colonnes meme de Charlie respectivement dans trois articles signes Charb , Pollack et Cavanna ; Val ne peut donc agir chez Charlie en maitre chez lui , comme vous semblez le dire , dans l’ignorance complete du fonctionnement de ce journal .
      Par contre , nombre de reaction defendant Sine sur internet etaient tres mal informees et assez hysteriques dans leur ton , defendant a mon sens bien mal celui-meme qu’elle voulaient defendre.

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  • L’Affaire Siné : le soufflé retombe
    9 août 2008 20:18, par Liliah

    A propos de musulmans qui auraient pu être blessés ,il est dit :
    "Le silence des uns devrait-il entraîner le silence des autres ?"
    "Ils n’ont pas eu leur Askolovitch"

    1/Sincèrement ,serait-ce souhaitable qu’’ils l’aient ?

    2/Terrible idée que celle d’affecter un Torquemada particulier !
    A chacun le SIEN, SON bout de droit en ligne de mire et que le plus fort gagne ! Gare à ceux qui s’assoupissent !!
    Hier on a entendu le Torquemada Y défendre les Y , demain on verra le Torquemeda Z défendre les Z, mais...Y l’a coiffé au poteau..etc ! Ca va être joyeux la presse de demain !!

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  • L’Affaire Siné : le soufflé retombe
    9 août 2008 21:21, par Sinéphile

    Vous avez complètement zappé la face immergée de l’iceberg et les analyses très pertinentes du conflit avec les neocons.

    Tiens cela me donne envie de faire un soufflé !

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  • Didier souffle sur les braises
    9 août 2008 21:29, par LC

    Je n’aime pas tellement être traité de "dévot". J’ai signé la pétition en faveur de mon collègue Siné, cela mérite-t-il vos insultes ?
    On est bien là dans le retournement des valeurs, on veut faire passer un anti-raciste militant pour un antisémite, ses défenseurs anti-cléricaux pour des dévots, comme face aux extrémistes religieux les laïcs sont traités de laïcards intégristes, vous êtes bien dans le sens du vent monsieur Pasamonik, celui où on reçoit les malodorantes effluves pour y méler les siennes.

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  • L’Affaire Siné : le soufflé retombe
    9 août 2008 22:42, par Quidam

    M. Pasamonik, il y a beaucoup de choses à dire sur Clearstream et ce n’est certainement pas parce que, je vous cite, " il y a quelques jours encore, Le Monde publiait l’interview d’un des responsables de cette firme qui disait qu’elle n’avait rien à se reprocher et qu’un jugement récent en France confortait cette affirmation" que l’affaire est entendue (d’autant que Denis Robert a gagné les 9/10e des procès qui lui ont été intentés par Clearstream) !

    En revanche, je vous suivrais plus volontiers lorsque vous évoquez le "contexte proche-oriental". Curieusement peu évoqué, du moins explicitement, dans la presse. Je pense même que l’affaire Siné est pour une bonne part un effet du conflit israélo-palestinien.

    Ce conflit, qui dure depuis soixante ans, a progressivement envahi et pourri l’ensemble ou presque des relations internationales, comme les métastases d’un cancer. Sur le plan intérieur français, il a considérablement raidi les comportements dans un sens communautaire, et pas seulement dans les banlieues, comme on ne cesse de le proclamer, mais aussi chez les intellectuels, dont les médiatiques BHL & C°, passés du maoïsme au soutien à Israël (quand ce n’est pas au néo-conservatisme) avec une aisance déconcertante, dans la mesure où ils restent imperturbablement très médiatiques et continuent à nous faire la leçon.

    L’antisémitisme est peu à peu devenu un terme galvaudé. Toute critique d’Israël est devenue suspecte, la critique du sionisme systématiquement assimilée à de l’antisémitisme. Il y a eu des attaques proprement scandaleuses, comme celle contre Edgar Morin, pour n’en citer qu’une.
    Alors, dans l’affaire Siné, je crois que c’est un peu de tout cela qui a explosé. Ce fut la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Cette fois, les "gens", la base, les internautes, se sont retournés contre les éternels donneurs de leçons de pensée correcte du moment.

    L’affaire Siné a maintenant largement dépassé la personne Siné. Et sur ce plan, le soufflet n’est pas près de retomber. En tout cas, les choses ne pourront plus être comme avant.

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  • le soufflé c’est bon
    10 août 2008 02:15, par Bernard Joubert

    Pour ceux qui aiment manger du soufflé (miam !) et continuer de rire à la déculottée prise par Val depuis un mois (c’est sûr que c’est long de se faire battre ses petites fesses en public pendant tout ce temps), je signale, ce qui a rapport avec la bande dessinée, que le Nouvel Observateur propose toujours "Un dessin par jour pour Siné" à consulter sur bibliobs.nouvelobs.com/un-dessin-par-jour-pour-sine

    Encore une tranche de soufflé retombé par Willem, Barros, Malingrëy ou Lindingre ? Oh oui ! Oh oui ! Ça se mange sans faim ! Et une citation de Balzac pour finir ? Ah non, merci, là j’ai les dents du fond qui baignent.

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  • L’Affaire Siné : le soufflé retombe
    10 août 2008 14:11, par pomponette

    Avez-vous des informations sur "les retombées de vente "de Charlie Hebdo ?

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  • Vous avez dit bizarre
    10 août 2008 20:35

    la conclusion de BHL :

    "Je ne pense pas qu’on en ait "trop fait" sur cette affaire Siné. Aussi minuscule qu’elle semble, c’est une de ces "sécrétions du temps" dont Michel Foucault disait qu’elles n’ont pas leur pareil pour refléter, condenser, télescoper, l’esprit et le malaise d’une époque."

    c’est pas tout à fait du règlement de compte ça... si ?

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  • L’Affaire Siné : le soufflé retombe
    10 août 2008 23:05, par gaston

    Vous écrivez :

    "Elle a permis le déchaînement, notamment dans les forums Internet, d’une agressivité d’une démesure sans précédent contre un seul homme qui est resté pour le coup, et pendant plusieurs jours, un homme seul. "

    Un homme seul, soutenu par :

    un article dans le Nouvelobs et une intervention à RTL de C. Askolovitch ;

    deux articles de Laurent Joffrin dans Libération ;

    un éditorial dans le Figaro et une chronique (de géopolitique !) sur France-Culture (radio de service public) par A. Adler ;

    dans Le Monde : un article de BHL, un article des "pablistes" , et ce texte des 20 avec notamment 3 poids lourds de la gauche plurielle ;

    un communiqué du ministère de la Culture ;

    la Licra et SOS Racisme.

    Donc l’homme seul, il est quand même bien entouré...

    Le problème avec Internet, c’est que c’est le bas peuple qui s’exprime, c’est d’un vulgaire...

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    • Répondu par Bernard Joubert le 11 août 2008 à  03:15 :

      Gaston, vous allez vexer actuabd à compter ce site pour des nèfles. Ajoutez à votre liste (peut-être entre BHL et le ministère de la Culture) : et cinq articles de Didier Pasamonik.

      Ça a son poids, mince !

      (Non ?)

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      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 11 août 2008 à  08:04 :

        Que peu, mon cher Bernard, par rapport aux centaines d’articles sur le sujet.

        Si je comprends bien, cher Bernard, on se fait traiter d’anti-Siné comme on se fait traiter d’antisémite aujourd’hui ?

        Je n’ai plus qu’à attendre de ta part le mot "nazi" ?

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        • Répondu par Bernard Joubert le 11 août 2008 à  16:23 :

          "Nazi" ? Non, non, Didier, quelle idée saugrenue. Pour te qualifier, je dirais que tu agis comme un Didier Pasamonik, ce qui peut être perçu comme une insulte ou un éloge (ou rien du tout, éventuellement), selon le récepteur.

          Ah si, quand même, je maintiens, comme je te l’avais écrit hors actuabd, que ton "Siné s’exclut de Charlie hebdo", Siné "a préféré quitter le journal" et autres "ils regrettent (sa) décision de quitter le journal", dans tes premiers articles, me rappelaient le traitement de l’information dans la Pravda soviétique. Mais disant cela, je ne te traite pas de Joseph Staline. Tu es juste, comment dire ?, une sorte de Didier Pasamonik, voilà, c’est le mot que je cherchais.

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          • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 11 août 2008 à  21:14 :

            Cher Bernard Joubert (tu permets que je te traites de Bernard Joubert ?),

            Ah si, quand même, je maintiens, comme je te l’avais écrit hors actuabd, que ton "Siné s’exclut de Charlie hebdo", Siné "a préféré quitter le journal" et autres "ils regrettent (sa) décision de quitter le journal", dans tes premiers articles, me rappelaient le traitement de l’information dans la Pravda soviétique.

            Je pense que tu fais une lecture biaisée de mon article. Au moment où j’écris cet article, je n’ai sous les yeux que le numéro de Charlie avec les articles de Val et de la rédaction, que je rapporte fidèlement en citant mes sources. Je n’ai aucune raison de contester les faits qui me sont exposés puisque je les rapporte, tels que les articles de Val et de l’équipe de Charlie l’écrivent. Je n’ai aucune raison de croire qu’ils mentent.

            Ensuite, Siné annonce après coup que ce n’est pas la vérité, qu’il a été "viré", ce que je n’ai pas de raison de mettre en cause non plus. Mon deuxième article (écrit moins d’une heure après le précédent) mentionne le démenti de Siné.

            Là dessus, TU as décidé (sur quelle base ? Sur quelle preuve ? Sur quels faits objectifs ?) que la version de Siné était plus crédible que celle de Val. C’est ton point de vue. Moi je n’en sais rien. Si Siné au moins faisait une procédure contre Charlie pour licenciement abusif, au moins on saurait quelque chose. Mais non, pas d’assignation aux Prud’Hommes en vue. Ca ne plaide pas en sa faveur.

            Donc, je n’ai pas de raison de croire en une version plutôt qu’une autre et non, ActuaBD n’est pas l’organe du parti de Val comme tu veux bien le laisser croire. En revanche, avec les éléments dont nous disposons (et notamment les interviews et les articles faits il y a deux ans), nous avons un éclairage inédit sur l’affaire.

            En outre, comme je te l’ai dit dans nos échanges, j’ai toujours été révolté par les attaques en masse contre un seul homme, surtout avec le déferlement de boue auquel on assiste dans ces cas-là. Naguère Beineix, Uderzo et Astérix, aujourd’hui Val. C’est comme cela, je me méfie des chasses à l’homme, de la fureur de la foule, de la colère tout court, surtout dans le contexte de cette affaire où l’on sent bien que la controverse entre Siné et Val dépasse largement le cadre d’une dispute entre deux hommes.

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  • Professeur d’histoire économique je ne suis que trop conscient des retournements des valeurs.
    On taxe siné d’antisémite, et du coup les défenseurs de la saine économie de marché se donnent des airs de Bons.
    Ne faut il pas oublier que c’est précisement la sphére liberale qui avant 1939 place et finance le parti d’Adolf Hitler ?
    Trop d’exemples d’industries ,de journaux, d’éditeurs allemands qui n’ont aucuns scrupules à organiser, à épauler l’homme qui va organiser le terrible génocide.
    Pour moi, la licra et les juifs devraient surtout se méfier de Val et de son soutien à une sphére , qui elle, pour le coup, a démontré dans des faits tres precis, comment kapital et valeurs "libérales" pouvaient parfaitement danser avec la forme politique la plus dure et la plus cruelle...
    Jouer avec l’antisemitisme de Siné c’est une chose grave qui mérite de s’arrêter un peu sur le rôle exact de la finance et de l’indistrie dans son aide à Hitler, et de ce point de vu, la campagne AntiSiné est plus que dégoutante, elle masque l’histoire, elle insulte la Résistance, elle trompe...
    Et certains internautes conscients que les donneurs de leçons sont loins d’être si clairs, utilisent le net pour s’exprimer, parfois avec vulgarité et violence, c’est bien dommage.
    Pour ma part, je préfere ne plus acheter ni Charlie, ni les livres de ces INTELLECTUELS (comme si dans la pétition prosiné il n’y avait que des analphabetes...) fini Vargas et Sfar,(dommage, j’hésite là) . Mais j’aime trop l’histoire et les faits, les faits, pour ne pas agir à mon petit niveau...

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  • L’Affaire Siné : le soufflé retombe
    11 août 2008 23:56, par Rosse

    Pour mettre un grain de sel (sable ?) dans la machinerie complexe de cette affaire... Il y a des années de cela je collaborais avec Choron. Il n’était déjà plus gérant des éditions du Square, mais toujours propriétaire du titre "Charlie Hebdo".

    Un soir -évènement pressenti depuis longtemps- débarqua dans les locaux de Grodada (oui, c’était le magazine que ne faisions à l’époque) Val et Gébé. Je pressentais une réunion historique et outre-passant mes droits décidais de m’incruster. Choron avait pris en renfort J.M Gourio.

    Val avait les financiers, alors la conversation alla directement sur le contrôle de la rédaction -que Val et Choron revendiquaient. Il était bien entendu hors de question que le Prof’ laisse Val à la tête de la rédaction. Avec ces mots : " Je vais pas laisser un animateur de noces et banquets à la tête de Charlie-Hebdo". Et Gébé de contrer : "Choron, tu veux faire de nous des légendes et des statues de bronzes mais on a besoin de bouffer"

    Le résultat de cette soirée ? Vous l’avez devant les yeux.

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  • L’Affaire Siné : le soufflé retombe
    12 août 2008 17:34, par babouse

    Je soutiens D. Robert d’autant plus que j’ai lu ses excellentes enquêtes.
    Le fait que Charlie ait le même avocat que Clearstream me choque également profondément.
    Je ne partage aucunement les propos de Val vis à vis de D. Robert et suis assez souvent en désaccord avec lui.
    Ceci étant dit, je reconnais à Val la capacité qu’il a eut et a toujours (nanananèèreuuuu) de faire vivre un canard qui a le même nom qu’un autre canard crevé faute de lecteurs et si il se fait des couilles en or avec ben tant mieux pour lui, le seul truc qui me fait chier c’est que je ne suis pas à sa place.
    De là à espérer le suicide de Val et la mort de Charlie, là nan, sans moi.
    J’ai un peu de mal à voir le rapport avec la liberté d’expression là.
    Tout ça sent un peu la vieille rancune accumulée au fond de la bouteille et le prétexte d’une supposée “affaire Siné” pour se lacher.
    Sans même savoir ce qui s’y passe, on flingue à tout va les Charb, Luz et compagnie et tant pis si, pour certains, on a encore le gout de leur fion sur le bout de la langue.
    On nous ressort la vieille rengaine du Choron-comment-qu’il-était-bien en opposition au grand-excécrable-Val mais bon, personne n’a obligé non plus Siné à bosser à Charlie je pense, quant à ce que Siné pensait encore il ya peu du vieux Charlie-Choron, je vous fais un léger copier/coller de ses propos :
    « J’ai pris Hara-Kiri en marche. Je n’étais pas là au début. C’est Reiser qui m’a tanné pour que j’y aille. Je ne sais pas pourquoi, je n’étais pas très chaud pour y aller. Je trouvais que ce n’était pas assez politique et que ça déconnait trop. Et je trouvais que ce n’était pas assez de gauche. J’avais sûrement tort. C’est Reiser qui m’a dit, de toute façon on te foutra la paix. Moi je me méfiais un peu, je les trouvais un peu écolos, peace and love. Ce n’était pas mon truc. D’ailleurs la première fois, j’ai fait un papier sur le Portugal, et crac, Cavanna m’a censuré, parce qu’il trouvait que c’était un appel au meurtre. Parce que j’avais dû dire qu’il fallait flinguer les flics, la police portugaise, le PID, etc. Finalement, je lui ai dit, si tu me censures, je ne viens plus… c’est mon premier et dernier essai. Donc il ne m’avait pas censuré, mais il avait rajouté en surimpression rouge l’inscription « je ne suis pas d’accord avec Siné » (…)
    Hara-Kiri, je lui faisais un reproche, c’était vulgaire surtout. Moi, il y a des trucs qui me choquaient, mais c’était mon éthique. Quand il y a des gros dégueulis sur les pages, je faisais, orrfff ! ! ! J’étais pas choqué moralement, mais c’étaient mes yeux qui ne s’habituaient pas…des grosses bites, des colombins, cette culture de la merde… ça me faisait pas trop rire et je trouvais ça dégeulasse (…) Choron, il déconnait. Il était surréaliste… enfin il était plus prêt des entarteurs, de ces mecs-là, mais pas politique. La politique, tout le monde s’en foutait. Wolinski n’en avait rien à branler. Les autres non plus ne parlent pas politique finalement. Cavanna non plus… Choron était plutôt réac à la limite (…)
    Même Reiser était parfois limite beauf. La famille Oboulot… Il se foutait de la gueule des prolos. C’est surtout les prolos qui étaient sa cible, pas tellement les bourges. Moi, je ne me sentais pas beaucoup d’affinités avec eux, sauf que je partageais certains de leurs points de vue. »
    J’ai signé la pétition pour soutenir Siné car pour moi il n’y a aucun soucis, sa rubrique incriminée n’est PAS antisémite( ambigüe oui mais pas antisémite), je n’ai pas signé une pétition pour flinguer Val ou Charlie.
    Si c’est le cas, autant me jarter de la liste des signataires hein.
    En arriver à en faire une affaire d’état, faut vraiment se faire chier la couille pour confondre ce petit conflit entre un employé et son boss avec une atteinte à la liberté d’expression : encore hier, un pote m’a appelé pour soutenir un postier syndiqué de Marseille qui vient de se faire jeter aprés avoir ouvert sa gueule , lui ne dessine et n’écrit nulle part, on ne risque pas de voir son blaze ni sur internet ni dans le nouvel obs , y’aura pas de grands débats pour défendre sa gueule et appeler à faire crever ce qui reste de la poste. Et ce n’est qu’un exemple, j’en ai une tonne sous le bras !
    Des dessineux vidés salement j’en connais aussi un pacson, surtout des grandes gueles qui comme Siné semaient leur zone mais sans avoir la même renommée médiatique, des prolos du pinceau qui ont pour la plupart bien vite pigé que les soutiens de “collègues” étaient aussi rares qu’un 13° mois pour un pigiste (” collègue” : terme amusant dans un milieu où tout le monde soit se bouffe la trogne, soit ferme sa gueule au grès de ses petits intérêts du moment).
    Alors bon, perso, l’ “atteinte à la liberté d’expression” du siècle commence personnellement à me sortir par les yeux !
    Si t’ajoute à ça le mélange des genres entre vieille haine et le jeu de celui qui pisse le plus loin , je me dis qu’y a des xanax qui se perdent !
    Franchement, si je devais espérer le suicide d’un mec , c’est pas à Val que je penserais en premier, houla !
    Allez, on s’embrasse tous et pis on fait l’amour avec nos queues circoncises ou non.
    Babouse.

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  • Vive Val !
    12 août 2008 18:03, par babouse

    Honnêtement nanar je t’aime beaucoup et t’apprécie bien fort mais là je dois dire que j’en suis plus à soutenir Val que Siné !
    Ses propos sur la vidéo de rue89 ( "je suis anti-israel"), ses amitiés avec Dieudo, Soral, etc...vraiment, ça crée tout de même une forte ambiguité !
    Et puis ce lynchage de Val m’écoeure au plus haut point !
    Je ne suis pas toujours d’accord avec Val mais parfois, comme lors des fameuses caricatures, je suis bien content qu’il soit là.
    Au moins avec Val, sans déc, on peut discuter et, quoi qu’on puisse lui reprocher à tort ou à raison, il est bien loin d’être le dernier des cons décrit un peu partout plus ou moins anonymement.
    On va jusqu’à enfoncer Charb sans même savoir ce qui a pu se passer ni avoir pris la peine de l’écouter 30 secondes.
    On va même jusqu’à imaginer créer un canard spécial "anti-Val", jamais rien entendu de plus con, faut vraiment avoir que dalle à dire !
    Je n’ai rien à gagner en disant ça mais l’espèce d’idôlatrie du Choron en parallèle de cette affaire me fait tout autant marrer qu’elle me colle la chiasse.
    Quant à dire que Siné est un "vrai anar", à mon humble avis, on ne doit pas avoir vraiment la même conception du terme ni les mêmes lectures mais bon, ça fait mode de crier au "tous pourris" et de chier sur tout, un p’tit côté soit rebelle, soit beauf de comptoir selon le spectateur.
    J’ai signé la pétition de soutien à Siné car au début je ne voyais dans cette histoire qu’une sorte de licenciement abusif.
    Maintenant, avec tout ce que ça a pu drainer de merde, de haines, de rancoeur et de faux-jetonnerie mon plus grand souhait et de voir mon blaze retiré de cette liste des autoproclamés derniers chevaliers blancs de la presse et de l’humour.
    PS : en plus , pour m’enfoncer encore un coup, j’apprécie Finkelkraut ! Ha !

    Babouse.

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    • Répondu par Rosse le 14 août 2008 à  01:12 :

      Désolé Babouse si ce post vous ennuie. Ce n’était pas le propos. Juste de témoigner d’un passage de pouvoir dont j’ai été un témoin plus curieux qu’impliqué. Il me semblait s’inscrire dans le thème de ce forum.

      La lutte de pouvoir et de contrôle sur une rédaction était déjà bien présente cette soirée. Peut-être en voyons nous les avatars aujourd’hui ?

      Une idolâtrerie de Choron ? Vu ce qu’il me doit encore comme pognon après sa mort c’est vraiment se prendre par les bretelles pour sauter le ruisseau !

      Quand à vos problèmes intestinaux (viscéraux ?), je m’excuse de fait de vous avoir occasionné cette gêne.

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  • Siné, sans regret
    13 août 2008 09:25

    Bon article de David Martin-Castelneau dans Causeur : Siné, sans regret

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    • Répondu par Babouse le 13 août 2008 à  11:34 :

      Article nauséeux avec autant d’amalgames que chez les "pro-Siné" et qui plus est d’un anti-communisme bon teint qui fleure bon la France d’antan et le Lys versaillais.

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  • Cabu, Val et Malka, par Delfeil de Ton
    13 août 2008 15:35, par Bernard Joubert

    Article du jour dans le Nouvel Observateur, par celui qui créa Charlie mensuel, en 1969, et fut de la création des deux Charlie hebdo, en 1970 et 1992, Delfeil de Ton : bibliobs.nouvelobs.com/2008/08/13/cabu-et-val-duettistes

    Des infos de première main. Du factuel, pas de la glose.

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