La bande dessinée et ses guides

15 mars 2006 39 commentaires
  • Face à plus de 3.000 nouveautés paraissant chaque année, elles-mêmes en concurrence avec le fonds des classiques de la BD qui se compte en milliers de références, il est nécessaire d'opérer des lectures transversales et structurantes de ce corpus pour tenter d'y voir clair. Rapide état des lieux.
La bande dessinée et ses guides
Trésors de la bande dessinée - BDM
Par Michel Béra - Michel Denni et Philippe Mellot — Editions de l’Amateur

Depuis les années 1960, le catalogue des ouvrages de référence sur la bande dessinée a été quadrillé par des « spécialistes » de la BD, une caste autoproclamée qui a vu défiler, depuis quarante ans, de véritables savants (Pierre Couperie, Francis Lacassin, Thierry Groensteen, Jean-Paul Jennequin...) et des vulgarisateurs plus ou moins brillants, voire ses imposteurs. Aujourd’hui, « la littérature de la bande dessinée » pour reprendre l’expression que Claude Moliterni a popularisée dès 1975, a son corpus de référence qui s’est plus ou moins stabilisé et quelques ouvrages, comme le BDM - Trésors de la Bande dessinée de Michel Béra, Michel Denni et Philippe Mellot (Editions de l’Amateur), le Larousse de la Bande dessinée de Patrick Gaumer, voire l’analyse de Thierry Groensteen Systèmes de la Bande dessinée (PUF) ou encore le périodique Le Collectionneur de Bandes dessinées sont autant de références incontournables et sérieuses pour les chercheurs.

De nos jours, avec un moteur de recherche correctement utilisé, on trouve une grande quantité d’informations sur le Net. Cet article n’ayant aucune prétention encyclopédique, nous vous renvoyons cependant à deux liens d’une grande richesse : un Mini-précis de la bande dessinée publié par La Cinquième Couche (un excellent éditeur de BD alternatif dont on ne vous parle pas assez, hélas), une très bonne analyse du médium de la bande dessinée pourvue d’une solide bibliographie, dont on écartera les références à Harry Morgan (vous comprendrez plus loin) et surtout le site BD oubliées.com, une base de donnée très complète sur les journaux de bande dessinées publiés dans l’après-guerre qui vous garantira quelques bons moments de nostalgie.

BD Guide par Claude Moliterni (dir.)
Omnibus

De tout cela, évidemment, il faut tirer le bon grain de l’ivraie. Par exemple, un certain nombre d’ouvrages comme Le BD Guide de Claude Moliterni et son équipe, Le Dictionnaire de la Bande Dessinée d’Henri Filippini (Bordas) ou par exemple le Que Sais-Je ? sur la bande dessinée d’Annie Baron-Carvais (PUF) constituent, certes, des apports utiles à la connaissance du médium. Mais les deux premiers recèlent des erreurs qui sont maintenues d’une édition à l’autre et que nous avons eues parfois l’occasion de relever dans ces pages. Ces ouvrages qui prétendent à la connaissance sans cependant y appliquer la rigueur essentielle, nécessaire si l’on veut qu’elle s’établisse sur des bases solides, manquent à leur objectif, même s’il faut reconnaître qu’ils sont le produit d’un travail honnête et qu’on y trouve bon nombre d’informations de première main. Quant au Que Sais-je ? qui constituait une bonne référence en 1985, il se trouve dépassé et mal remis à niveau depuis 1994.

Une mentalité déplorable

Principes des littératures dessinées
par Harry Morgan - Editions de l’An 2

Une telle bibliographie nécessitait une bonne synthèse. Elle reste à faire malgré la publication d’un ouvrage, Le Petit Critique illustré par Harry Morgan et Manuel Hirtz (PLG), qui tente d’entreprendre ce travail. Malheureusement, si sa méthodologie se veut sérieuse, elle est complètement discréditée par une propension pontifiante à distribuer des bons et des mauvais points, sans rigueur, ni justice, les auteurs s’empressant de dénigrer des travaux sincères sous les prétextes les plus futiles et somme toute très peu honnêtes. Il y a, dans ce « guide », une mentalité déplorable qui consiste à essayer de faire passer à la trappe des chercheurs qui travaillent dans ce domaine depuis plusieurs décennies, une attitude qui se résume par un « pousse-toi là que je m’y mette » moralement critiquable. L’ouvrage d’Harry Morgan, Principes de la Littérature dessinée (Editions de l’An 2) est de la même eau : suffisant et méprisant pour le lecteur (les citations en anglais ne sont régulièrement pas traduites, l’auteur multiplie les références savantes complaisantes sans volonté de synthèse ni de vulgarisation,... J’en passe), il écorne un peu facilement les idoles de la critique littéraire sous les prétextes les plus puérils (Ce Roland Barthes qui parle de BD, mais qu’est-ce qu’il y connaît, le malheureux ?) ou les plus arbitraires (l’auteur a décidé que les lectures structuralistes et sémiologiques de la BD, certes datées, n’avaient plus le droit d’exister). L’un et l’autre de ces deux ouvrages ne méritent certainement pas de constituer des « références ».

La dérive d’une génération

Cette déplorable mentalité pollue jusqu’aux créateurs contemporains. On a l’impression que se crée une espèce de club de « spécialistes » aigris qui n’accepte pas que le corpus de la connaissance de la BD soit ouvert, évolutif et que, finalement comme pour n’importe quel médium, chacun a le droit de s’en saisir et de confronter son analyse à celle des autres. Il est regrettable qu’une réflexion sur la BD comme Plate-bandes de Jean-Christophe Menu soit entachée de règlements de comptes nauséabonds, au profit d’une croisade sans discernement ni intelligence contre ce que l’auteur pense être ses « ennemis » : Bandes dessinées Magazine, Futuropolis, la critique spécialisée en BD, et autres manifestations du « grand capital ». Cela passe par des rappels historiques amnésiques (comme le dit Menu lui-même en sachant de quoi il parle : « la mémoire est facile à manipuler ») que seuls quelques gogos de moins de trente ans peuvent avaler, et puis, comme chez Morgan, un mépris affiché pour tous ceux qui ne feraient pas partie du club. Jean-Christophe Menu parle d’ « âge d’or révolu », prend la pose du rebelle « avec ses comptes à la poste », prétend s’approprier de la marque « bande dessinée d’auteur » et ajoute, assez comiquement, « la tartufferie a assez duré ».

Eprouvette N°1
L’Association

Eh bien, oui, elle a assez duré. Menu est le dernier qualifié pour accuser ses détracteurs de « révisionnisme », alors que les préfaces de David B. disparaissent peu à peu des albums de Marjane Satrapi, comme les opposants de Staline des photos officielles du Parti Communiste de l’URSS. Dans sans sa prose, Menu a une interprétation très personnelle, on peut même dire unique, de l’histoire de la bande dessinée et de la relation historique de l’aventure de son propre groupe. Dans la foulée, il discrédite par avance les chercheurs qui pourraient s’y pencher en toute indépendance. Ceci sans compter les grossièretés qu’il déverse sur tous ceux qu’il a identifiés comme ses boucs émissaires. La manœuvre est trop grossière pour qu’on la laisse passer.

On retrouve le même esprit, comme la signature d’Harry Morgan [1], dans la nouvelle revue de L’Association, L’éprouvette. Cela n’a rien d’étonnant. Menu tente de rassembler ses troupes, comme Innocent III, ce grand humaniste, combattant l’hérésie.

Idem, chez Lewis Trondheim, profitant de sa tribune de Président des Grands Prix, pour relayer la croisade contre "les journalistes-qui-n’y-connaissent-rien" et Michel-Edouard Leclerc. Dommage pour celui qui est sans doute l’un des meilleurs raconteurs d’histoires de sa génération.

On ne va pas s’appesantir sur cette volonté de nourrir une polémique sans intérêt autre que de faire de la pub pour sa chapelle. Il suffit de lire les pages que Menu consacre, dans L’Eprouvette, à ses tentatives de manipuler la rédaction d’ActuaBD suite à un éditorial que nous y avions publié, lesquelles ont piteusement échoué, pour comprendre à quel niveau d’honnêteté intellectuelle se situe son auteur. Il est probable que le présent article nous vaudra quelques insultes supplémentaires. Menu tentera alors de les faire passer pour une nouvelle expression de son incommensurable et divin talent.

Un guide de la BD pour la jeunesse

Heureusement, pendant ce temps-là, l’histoire continue. Le corpus de référence de la BD vient de s’enrichir de quelques nouveautés ces dernières semaines.

Henri Filippini, vulgarisateur de la BD de la première heure et que nous avons plus souvent rudoyé qu’à son tour pour son manque de rigueur dans certains de ses travaux, vient de publier ces jours-ci chez Bordas, un ouvrage qui nous semble utile au néophyte.

En effet, l’un des segments les plus importants et des plus éminemment porteurs de la promotion de la BD est évidemment celui de la BD pour la jeunesse. De nos jours, il y a une vraie demande de la part des parents et des éducateurs d’ouvrages qui permettent simplement de s’y retrouver dans une production foisonnante, non seulement en quantité, mais aussi par la multiplicité et la variété des thèmes, dans un secteur en plein bouleversement, surtout depuis le succès retentissant, ces dernières années, des mangas.

Guide de la BD jeunesse par Henri Filippini
Bordas

Filippini reprend dans son historique les quelques éléments nécessaires pour situer ses choix. Il s’en suit une typologie des genres qui vaut ce qu’elle vaut et une « bédéthèque idéale » de la BD jeunesse. On retrouve dans ce livre très bien fait les défauts habituels de Filippini : une reprise sans esprit critique ni synthèse d’une histoire de la BD qui ne tient pas compte de l’évolution historiographique récente et des analyses souvent brouillonnes. Deux exemples : le chapitre « les Franco-belges » ne comporte que des Belges et un Suisse et pas un seul Français, ou encore, dans la partie historique, un paragraphe intitulé « Le manga à l’assaut des banlieues » mentionne le succès des mangas « dans les quartiers populaires », ce qui nous semble non seulement faux, mais encore insuffisamment étayé. Certaines notices aussi, comme souvent chez cet auteur, sont marquées au sceau de la partialité. Ainsi, Le Petit Spirou est qualifié de « vulgaire » à cause de ses allusions à la sexualité, tandis que Titeuf qui est sur le même segment d’âge et qui parle aussi librement de ces questions, n’est pas même signalé sur ce point. Doit-on y voir un effet de ce que Titeuf, comme Henri Filippini, sont publiés chez Glénat ? Allez savoir...

Mais bien, ce sont des points qui sautent surtout aux yeux des spécialistes. On retiendra de cet ouvrage qui se veut « grand public » qu’il opère plutôt un bon choix synoptique [2] et que son usage pratique le rend agréable à utiliser. On oubliera cependant les notices conclusives, par trop conservatrices dans leur interprétation.

Les mangas pour les nuls

"Le Manga" par Ferrand et Langevin
Les Essentiels de Milan

Tout sur l’univers du manga pour moins que le prix d’un manga. Tel est le programme de deux petits livres sortis récemment « Le Manga » de Stéphane Ferrand et Sébastien Langevin (Les Essentiels de Milan, 5,5€) et « Les Mangas » de Fabien Tillon (Nouveau Monse, Septentrion, 3€).

Nos trois auteurs ont toute légitimité pour parler de ce sujet : ce sont des spécialistes de BD reconnus, les deux premiers avaient collaboré notamment au magazine de l’animation Animeland et ont été rédacteurs en chef du magazine Le Virus Manga ; le troisième collabore à Phosphore et à BoDoï. Mais leurs approches sont radicalement différentes.

Le Manga se veut structurant, faisant une typologie du genre : un court historique, qui sont les éditeurs français ?, la définition du courant et sa segmentation en différents genres ; enfin, un balisage orienté vers les grands auteurs du secteur. Une initiation impeccable pour le néophyte.

"Les Mangas" par Fabien Tillon
Nouveau Monde, Septentrion

Les Mangas opère une réflexion sur le manga en tant que genre et sur les valeurs qu’il véhicule. Moins pédagogique, il en arpente les contours d’un point de vue historique, esthétique, sociologique, idéologique et thématique. L’initiation n’en est pas moins intéressante, d’autant que ce volume, contrairement à l’autre, est en couleurs et moins cher.

Ces deux ouvrages ne s’adressent simplement pas au même type de lecteur. On peut presque dire que le premier, sorte de « manga pour les nuls », s’intéresse à eux pour leur valeur d’usage, tandis que le second s’appesantit plutôt sur leur valeur de rêve.

« Pour un neuvième art... »

« Pour un Neuvième Art, la bande dessinée » était le titre d’un ouvrage de Francis Lacassin fort bien écrit et publié en 1971 dans la collection 10/18. Il passait en revue, avec pertinence et talent, les grands noms du premier « âge d’or » de la bande dessinée. Lacassin payait là son tribut aux histoires en images de son enfance avant de se consacrer à l’étude du roman populaire. Le terme de « Neuvième Art » a probablement été inventé, en référence au cinéma, par Morris (oui, le dessinateur) & Vankeer dans une rubrique d’érudition sur la BD, publiée de 1964 à 1967 dans l’hebdomadaire grand public pour la jeunesse Spirou et dont le titre, prophétique, était « 9ème Art, le Musée de la Bande dessinée ».

Neuvième Art N°12
Editions de l’An 2 / Musée de la BD

C’est pourquoi sans doute, le Musée de la Bande dessinée d’Angoulême a intitulé sa revue Neuvième Art dont la douzième livraison [3] sort ces jours-ci dans un format « graphic-novel », comme pour mieux souligner la prééminence de cette forme sur l’ancienne forme de la BD en France et en Belgique, le format A4. Nous avons eu (trop) rarement l’occasion de dire tout le bien que nous pensions de cette revue dirigée par Thierry Groensteen [4]. Son érudition, son ouverture, sa curiosité sont un vrai plaisir pour l’amateur de BD qui a envie de s’intéresser à l’analyse et à l’histoire de la BD, son sommaire en témoigne : Wolinski, Métal Hurlant, le Noir dans la BD, Charles Burns, Edmond Baudoin, Richard McGuire, la BD animalière...

Comme vous pouvez le voir, la BD est une passion très partagée qui n’est pas prête de s’éteindre.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

[1Celui-ci va sans doute m’inscrire sur la liste de ses ennemis sur son site. Cette petite clique a des réflexes paranoïdes...

[2Pour une fois, contrairement à son Dictionnaire de la BD, l’auteur n’a pas oublié les mangas, ce qui était un peu ridicule

[3N°12, janvier 2006, coédition entre les Editions de l’An 2 et le CNBDI.

[4Historien et spécialiste de la BD, fondateur du Musée de la Bande Dessinée d’Angoulême, Thierry Groensteen est actuellement éditeur de l’An 2. NDLR.

 
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39 Messages :
  • 5e couche
    15 mars 2006 12:26, par MégaNe

    on peut savoir ce qui vous a empêché d’en parler jusqu’ici ? peut-être trop occupé à encenser les derniers navets de soleil ?

    La Cinquième Couche (un excellent éditeur de BD alternatif dont on ne vous parle pas assez, hélas)

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    • Répondu le 24 mars 2006 à  10:40 :

      Mégane a écrit : "peut-être trop occupé à encenser les derniers navets de soleil".

      De mon côté, je viens de balayer rapidement les chroniques d’album du site depuis le debut de l’année. Résultat : sur 90 albums chroniqués, seul 3 albums Soleil. Mégane, vous en avez pas marre de raconter n’importe quoi ? Ou peut-être qu’avec un pseudo comme le votre vous roulez pour quelqu’un...

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  • 9e Art
    15 mars 2006 12:28, par MégaNe

    même réflexion pour 9e art :

    Nous avons eu (trop) rarement l’occasion de dire tout le bien que nous pensions de cette revue

    pourquoi trop rarement ? qu’est-ce qui vous en empêche ?

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 15 mars 2006 à  12:56 :

      Pourquoi nous parlons trop peu de ces éditeurs ?

      1/ ActuaBD.com est un site dont tous les collaborateurs sont bénévoles. cela n’a rien de glorieux, le Festival d’Angoulême repose aussi sur des bénévoles. Donc, notre production se fait au gré de notre disponibilité, de nos rencontres, de nos envies. On peut presque dire : par hasard.

      2/ On en parle. La Cinquième Couche et ses auteurs ont déjà fait l’objet de plusieurs articles sur ce site. Pour 9ème Art, l’occasion et le temps nous a manqué. C’est fait.

      3/ Contrairement à votre remarque très méprisante, Soleil publie de temps à autre de très bons livres. ActuaBD ne peut pas parler de tout ce qui sort (c’est impossible dans notre configuration actuelle), mais nous avons la volonté de n’exclure personne. Il nous est arrivé de chroniquer L’Association ou Trondheim. Quant à Soleil ou Glénat, par exemple, mais pas seulement : Flluide Glacial, Albin Michel, Le Seuil, Gallimard... Ils sont sous-représentés, et on le regrette.

      4/ Les opinions des rédacteurs sur ce site sont diverses et parfois opposées. Il est des BD qui ne m’intéressent pas mais qui intéresseront d’autres rédacteurs. ActuaBD n’est pas un bloc, c’est une équipe qui essaye de faire un boulot honnête.

      5/ ActuaBD est un site gratuit. Nous n’avons aucune obligation contractuelle avec nos lecteurs. Ils y viennent parce qu’ils y trouvent leur intérêt. Avec 100.000 lecteurs uniques par mois et une mailing-list de 24.000 abonnés, il faut croire que nous répondons à un besoin. Ceux qui aiment notre esprit et qui veulent rejoindre notre équipe sont les bienvenus. Tous les genres de BD méritent qu’on en parle.

      Et puis, je vous retourne la question : qu’avez-vous fait VOUS pour La Cinquième Couche et Neuvième Art ?

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      • Répondu par MégaNe le 15 mars 2006 à  13:29 :

        moi ? eh bien, je suis régulièrement leur travail et j’achète leurs publications, je parle de leur travail autour de moi etc. c’est ce que je peux faire comme lectrice, non ?
        vous, vous êtes critique, c’est une posture bien différente...

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    • Répondu par Onc’ Kouyentungsteen le 17 mars 2006 à  10:51 :

      La précédente édition de 9ème art date d’octobre 2004. A publication rare, commentaires rares. Logique.

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  • > La bande dessinée et ses guides
    15 mars 2006 13:44, par liliane

    Aaaaaaaah didier, didier !...
    Toujours à chercher des noises...
    Tu l’aimes pas le menu, hein ?
    On dirait une querelle d’écolier, vous êtes charmant tous les 2 en culottes courtes....

    @+

    Lil.

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 15 mars 2006 à  13:58 :

      Erreur : Je n’ai rien contre Menu, ni contre l’Association. Je ne partage pas le monde entre mes amis et mes ennemis. Menu a ses opinions, j’ai les miennes. Souffrez que je les exprime.

      Mais il est vrai que je n’aime pas ses manières et que je le fais savoir, alors que les dizaines de personnes qu’il agresse dans ses écrits encaissent sans broncher et en se taisant. Les mêmes me croisent dans les salons en disant "Ah, bravo, bravo !" Que ne s’expriment-ils pas eux-mêmes, cela fera moins règlement de compte, en effet.

      Considérer, comme vous le faites, que tout ceci est une dispute d’écoliers, dénote que

      1/ Vous considérez que ce que Menu raconte est sans intérêt. Ce n’est pas mon opinion.

      2/ Vous n’avez pas d’arguments à opposer dans le débat qui nous occupe.

      Facile, tout ça.

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  • fan of the clique
    15 mars 2006 13:47, par cliqueman

    salut mec
    la petite clique comme tu dis produit des choses passionnantes ;
    menu est un grand, il passera à la postérité, lui, comme auteur et comme éditeur !
    quant à morgan il fait un vrai boulot critique et intellectuel sur la bande dessinée,lui !
    un fan de la clique

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  • contradiction
    15 mars 2006 13:56, par MegaNe

    vous dites ceci :

    On retrouve dans ce livre très bien fait les défauts habituels de Filippini : une reprise sans esprit critique ni synthèse d’une histoire de la BD qui ne tient pas compte de l’évolution historiographique récente et des analyses souvent brouillonnes.

    alors à quoi s’en tenir ? livre bien fait mais merdique ? je suis plus là... un livre avec tant de défauts ne me semble pas bien fait... mais tout juste bon à mettre à la poubelle !

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 15 mars 2006 à  14:07 :

      Un livre bien fait peut avoir des défauts ; il n’y a pas de livre parfait. Je n’ai jamais dit qu’il était merdique. J’ai dit au contraire que ces défauts n’apparaissaient qu’aux yeux du spécialiste.

      On dirait que cela vous embête quand une critique est nuancée.

      Ce livre n’est ni génial, ni merdique. Mais il a le mérite d’exister. Et je vous le prédis : Morgan en dira du mal. Il est comme vous : sans nuance.

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      • Répondu par MegaNe le 15 mars 2006 à  14:16 :

        Je ne critique pas la nuance, toujours appréciable (et harry morgan que j’ai découvert récemment me semble précisément capable de nuance) mais la contradiction, qui détruit nombre de vos phrases... à trop vouloir ménager la chèvre et le chou...

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        • Répondu par Didier Pasamonik le 15 mars 2006 à  14:38 :

          Vous cherchiez une contradiction avec l’exemple du livre de Filippini qui est quelqu’un que j’aime bien, dont je respecte le travail, et que j’embrasse, au cas où il lirait ces lignes.

          Mauvaise pioche, donc : il ne s’agit pas d’une contradiction, mais d’une nuance. J’ajoute que je n’ai pas la science infuse et que ma position vous poussera peut-être à vous faire une opinion par vous-même.

          Cela dit, on l’aura compris : vous n’appréciez pas le traitement que j’ai pu faire à Harry Morgan, et là sans vraiment de nuance, j’en conviens (je ne vais pas écrire une thèse de troisième cycle sur un ouvrage qui me semble davantage obscurcir et tronquer la connaissance de la BD que l’éclairer).

          Le procédé réthorique consiste alors à tenter de discréditer le contradicteur.

          On me l’a déjà fait, ce coup-là, c’est pourquoi je n’irai pas plus loin... dans la contradiction.

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          • Répondu par MegaNe le 15 mars 2006 à  14:46 :

            j’arrête là la discussion moi aussi, j’ai pris note de vos réponses...

            mais svp arrêtez d’écorcher menu qu’on est nombreux à apprécier et voyez-le simplement comme un auteur parmi d’autres... et un éditeur parmi d’autres ;

            les querelles de personnes n’apportent rien aux lecteurs/lectrices que nous sommes !

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            • Répondu par Didier Pasamonik le 15 mars 2006 à  15:21 :

              Donc, parce que Menu a beaucoup de fans, il n’est pas criticable ? Il n’y a aucune raison à cela. Au contraire, plus son audience est grande (ce dont je doute), plus ce type d’idées et ce genre d’attitude doivent être combattus.

              Je n’ai aucune animosité personnelle contre Menu. Il n’est rien pour moi et je ne représente rien, ni personne. Je n’émarge d’aucune maison d’édition (pour l’instant...). Je suis totalement libre de mon discours, comme n’importe quel fan de base, et je crois que cela se voit.

              Je m’insurge contre tout discours qui vise à l’exclusion. C’est le cas du discours de Menu, un discours réactionnaire qui tente de préserver une conception de la BD qui a quinze ans et qui est aujourd’hui dépassée.

              Quand on lit Plates Bandes, qui se veut un livre d’opinion, il y a surtout du mépris pour ce qui se ferait en dehors de la sphère d’influence de l’Association (voir sa sortie sur les "Carabas, Cycliste, Cafetière, Boîtes à Bulles", page 31, comme par hasard tous des jeunes éditeurs. Idem pour la renaissance de Futuropolis).

              Depuis, heureusement, il y a des centaines de choses passionnantes qui se sont faites, en France, partout dans le monde, qui bénéficient d’une plus grande ouverture d’esprit et de plus de générosité.

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  • pkoi dommage ?
    15 mars 2006 14:05

    PKOI DOMMAGE ? IL SAIT CE QUIL DIT TRONDHEIM FAUT PAS LE SOULER C TOUT !

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  • > La bande dessinée et ses guides
    15 mars 2006 21:07, par Levieux Trondarbre

    Alimenter une polémique avec le sieur MENU ne me semble pas la meilleure solution. Au contraire, c’est ce qu’il attend !
    Cela l’alimente et renforce d’autant sa suffisance, son nombrilisme et sa prétention. Mieux vaudrait l’ignorer...

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  • > La bande dessinée et ses guides
    15 mars 2006 21:24, par Gusseuh

    Ne portant pas moi-même JCMenu dans mon coeur (la lecture en diagonale de son "Plates-Bandes" m’a laissé un gout étrange en bouche), j’ai tendance à être plutôt d’accord avec vos petites piques assez justifiées.
    Le problème étant que, finalement, ça ne me semble pas avoir grand rapport avec le sujet de cet article, très intéressant au demeurant ;)
    Et en matière de guide sur le manga, il convient de citer l’excellent (bien que perfectible, mais rien n’est parfait) Guide Phenix du Manga, édité par Asuka, et dont le rédactionnel est assuré par l’équipe de feu-Virus Manga et Anime Land (entre autre)...
    Bonne continuation, et dommage que ça vire un peu au règlement de comptes (assez puérils, je trouve) du côté des commentaires... M’enfin, quand on se sent attaqué, on répond, c’est le jeu :)

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 16 mars 2006 à  08:55 :

      Le sujet de l’article porte, il faut lire le chapeau, sur les références structurantes qui permettent à tout un chacun d’appréhender la production de la bande dessinée dans son ensemble.

      Ces références prennent aussi bien la forme de dictionnaires, que de précis, de guides pratiques, ou de revues spécialisées.

      On peut d’ailleurs lire le mot "guide" du titre aussi bien dans un sens restrictif -comme le celui de mon ami Filippini- qu’ironique dans les cas de MM. Morgan et Menu.

      Il est paradoxal de voir ces auteurs qui écrivent à longueur de pages "il n’y a pas de critique BD" supportent aussi mal qu’on les critique. Cela correspond bien à d’un état d’esprit.

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  • > La bande dessinée et ses guides
    16 mars 2006 11:21, par Emmanuel THEBAUD (Manu temj)

    Monsieur Pasamonik,

    Personne ne conteste votre droit à affirmer vos positions, ni à plaider pour une bande dessinée populaire, détachée de certaines prétentions intellectuelles qui - de tout évidence - vous paraissent viser à côté de la cible. De même, vous faites votre travail de journaliste d’opinion en critiquant comme vous le faites certains ouvrages plutôt que d’autres.

    Pour autant, il me semble que vous vous laissez griser par vos conflits (fussent-ils simplement intellectuels) avec la mouvance "Association", autant qu’avec certains internautes, eux-mêmes assez proche de cette vision de la bande dessinée.

    Tout en exprimant vos opinions et vos doutes sur certains points de vues, ne serait-il pas possible d’abandonner vous-même ce style vindicatif (et parfois méprisant, au moins autant que peuvent l’être ceux de Menu ou de Morgan, je vous le concède et l’affirme), et permettre au lecteur, de faire la part des choses et de définir sa position ?

    Quand vous affirmez que le point de vue de JC Menu est daté "vieux de 15 ans", pourquoi ne pas vous fendre d’un argumentaire, plutôt que botter en touche comme s’il s’agissait d ‘une évidence ? Quand vous affirmez que Morgan se trompe quand il pointe l’absence de critique BD francophone, pourquoi ne pas démontrer le contraire à l’aune de votre grande connaissance de la situation critique et de l’édition « indépendante » des années 70 et 80 notamment ?

    Voilà qui nous intéresserait, nous autres, lecteurs et amateurs de bande dessinée, qui avons grandi dans les années 80 avec les rares ouvrages d’alors, signés Filippini, Sadoul ou Moliterni, plutôt consacrés à l’histoire de la discipline, sans esprit critique particulier et parfois avec de monumentales erreurs. Puis avons reçu avec intérêt ces nouveaux discours critiques de Menu, Morgan, Groensteen ou Smolderen autant que les travaux d’analyse de Mc Cloud, Peeters et Will Eisner.

    Et maintenant ? Toute une mouvance de la critique/presse/analyse Bd nous affirme que les parangons de la bande dessinée indépendante se trompent, que l’Eprouvette est un torchon bobo, que la bande dessinée doit rester sur ses racines populaires et rejeter cette tendance à l’intellectualisation (dont les responsables de la 5ème couche sont d’ailleurs de fervents défenseur, comme quoi...)... Oui, peut-être, mais les seuls audibles à ce sujet doivent-ils rester M-E Leclerc ou M. Boudjellal, que leur statut d’acteurs économiques décrédibilise complètement ?
    Où sont vos articles sur ce sujet qui ne soient pas de simples soufflets énervés à la face de l’autre camp ou soutiens à ces responsables éditoriaux ou financiers dont la parole est si facile à mettre en doute ? Où sont les références dans votre article à des ouvrages critiques qui mériteraient le détour (vous ne citez que des catalogues historiques, ou des condensés sur le manga) ? N’y a-t-il que 9ème art qui recueille vos suffrages ?

    Monsieur Pasamonik, vous aussi, astreignez vous à moins de suffisance et faites nous profiter de véritables analyses. Je vous assure alors que nous autres trentenaires, qui n’avons pas eu la chance de connaître la grande époque de l’émergence de la culture BD des années 60 à 80, nous saurons construire notre propre discours de passionnés et faire la part des choses. Souffrez alors que, peut-être, il sera différent du votre, mais au moins pourrons-nous en débattre plus sereinement, pourquoi pas dans les forums, qui gagneraient en ce moment à être le lieu de véritables débats sur ce sujet.

    Qu’on en finisse de cette pitoyable guerre des tranchée entre critiques !

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  • > La bande dessinée et ses guides
    16 mars 2006 12:59, par Didier Pasamonik

    A Emmanuel Thebaud alias Manu Temj,

    C’est un peu comique de se faire reprocher de me faire "griser pas mes conflits" par un recordman de France des polémiques dans les forums. Je vous ai lu me descendre en flammes dans l’affaire Beineix et dans d’autres. Je raconte cela car nos lecteurs ne vous connaissent pas. Qu’ils sachent donc que vous faites partie de ces internautes qui ne m’aiment pas.

    Votre avis, qui en douterait ?, n’est pas objectif et en plus il est insultant, une marque de fabrique d’une certaine clique défenderesse des gens que j’ai eu le malheur de critiquer, tout en reconnaissant leur valeur par ailleurs. D’ailleurs, sachez que le prochain du même accabit passera à la trappe et tant pis pour ceux qui ont la conception de la démocratie de M. Jean-Louis Gauthey, c’est à dire une liberté d’expression sans contradiction (les lecteurs de la revue de l’Association comprendront l’allusion).

    Vous me faites endosser des opinions qui ne sont pas les miennes, par exemple, lorsque je critique les propos de MM. Menu et Trondheim (dans des registres différents, mais cela vous ne le notez pas), je me ne reconnais pas comme un "ennemi de l’Association", ainsi que vous semblez me décrire. Je suis très factuel, au contraire, j’ouvre les guillemets même. Je ne vois pas où se trouve cette " mouvance de la critique/presse/analyse Bd nous
    affirme que les parangons de la bande dessinée indépendante se trompent". Je pense que la critique dont vous parlez n’existe que dans votre imagination. Je peux vous aligner des dizaines de noms de critiques honnêtes, intelligents, très gros lecteurs (bien plus que moi !) qui jamais ne vous diront que L’Association se trompe. Mais que Menu ou Trondheim ont des propos agressifs, qu’il déconnent, ça oui, j’en connais, et beaucoup.

    Vous exigez que je fasse un procès en bonne et due forme de ouvrages que je critique. C’est une demande exhorbitante parce que 1/ Elle me coûterait trop de temps et que ces ouvrages là n’en valent pas la peine ; 2/ Elle produirait un effet contraire à celui attendu : on pourrait interprêter cette démarche comme un acharnement alors que sur les centaines d’articles que j’écris chaque année, je ne mentionne vos petits camarades que relativement rarement, et seulement dans le cadre d’une actualité qu’ils ont d’ailleurs très souvent eux-même sollicitée (Ils se complaisent dans la polémique, ces gens-là). Il ne vous a sans doute pas échappé que je n’ai pas réagi à Plates Bandes, un bouquin nauséabond mais qui, si j’en lis le forum de la Maison des Auteurs, recueille un consensus mou de la part des auteurs de BD.

    Vous êtes de la génération des lecteurs de l’Association. Je ne dénie pas votre sincérité. Mais, oui, derrière vous, il y a une génération manga, une génération Soleil, une génération Ego comme X, une génération Cinquième Couche... Et comme ActuaBD se veut ouverte à toutes les BD...

    Par conséquent, non contentes d’être vaseuses, vos interprétations sont marquées du sceau de la partialité. Soyons gentils : de vos limites.

    Il m’étonne que vous n’ayez pas perçu que mes propos étaient volontairement polémiques, d’ailleurs plutôt moins que certaines dérives lexicales de la prose et des propos de qui-vous-savez. Croyez-le ou non : c’est par souci de clarté. Je pense que le lecteur est assez grand pour se faire son opinion par lui-même -il aura souvent compris que je n’aime pas tel ou tel auteur- et souvent, je le laisse dans l’indécision. J’exprime, effectivement, mon opinion.

    Contrairement à ce que vous dites, je ne suis pas méprisant, certainement pas autant que les contempteurs d’une certaine BD "commerciale" : je considère que TOUTE BD est respectable (oui, toute : Les Blondes, Trondheim, Beineix, Vandermeulen, Beigbeider,...), sauf bien évidemment les BD dont l’expression est un délit (juridiquement parlant). Je rejette les discours excluants ou réducteurs. Je combats ceux qui veulent réduire la BD à une "BD d’auteur" comme si les auteurs de BD commerciale n’en étaient pas.

    Enfin, je suis un peu surpris par le manque de cohérence et d’unité de l’ensemble des créateurs de BD, ceux que Menu, se souvenant sans doute de Raymond Barre, quelle belle référence, appelle "le Microcosme" : pas d’organisation syndicale, pas d’objectifs politiques. Je m’étonne du peu de soutien dont jouit Maëster et cette Maison des Auteurs dont la fonction me paraît essentielle. Il y a cela aussi dans mes propos sur Menu : la dénonciation de ce qui est une manoeuvre non pas corporatiste, mais d’un club, une génération, une catégorie d’auteurs. Un jour, je vous raconterai la rencontre entre L’Association, Cornélius, et d’autres avec une représentante du ministère venue pour les aider : elle est ressortie avec du goudrons et des plumes. Ce sont des attitudes scandaleuses, nuisibles à la profession.

    Ne croyez pas, cher Manu, que je vous fasse une fleur en répondant longuement à votre post insultant. Je tenais à vous répondre pour mieux m’expliquer auprès de nos lecteurs.

    Le débat n’ira pas plus loin : Nous ne reproduirons pas ici les dérives que l’on peut lire dans certains forums (vous savez lesquels). Il vaut mieux que nous consacrions notre temps à ce qui nous fait plaisir.

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    • Répondu par Emmanuel THEBAUD le 16 mars 2006 à  15:30 :

      Cher Didier,

      Sans donner une éternelle suite à ce débat, puisque ce n’est pas le lieu, mais en tenant compte du ton de votre fort véhémente réponse, je vais tout de même vous apporter moi-même, dût-elle pour clôturer cet échange de point de vue.

      Que vos lecteurs et vous même sachent que je ne suis pas particulièrement solidaire d’une quelconque corporation des internautes et qu’en aucun cas - si je fréquente très régulièrement certains forums - je ne peux être considéré comme un "champion du monde de la polémique". Nous avons eu une forte opposition il y a plus d’un an sur le "dossier Beinex". Vous le pointez, mais il se trouve que c’est le seul dossier "polémique" sur lequel je suis réellement intervenu et j’ai reconnu alors m’être laissé emporter.

      Je regrette que votre réponse se focalise sur ce point, ma référence à mon pseudonyme internet n’ayant été ajoutée que par pur soucis de transparence vis à vis de vous et - du moins l’espérais-je - d’honnêteté et d’ouverture...

      J’ai pu me tromper en pensant que vos propres différents avec certains internautes sur certains sujets étaient pour quelque chose dans le ton justement polémique de votre article. Puisque celà semble être le cas, merci d’avoir apporté cette précision. Je n’y reviendrai plus ni ici ni ailleurs.

      Je ne suis pas non plus de la "génération association", pas plus que de la "génération manga" ou de la "génération soleil". Ce ne sont pas "mes amis", je ne souscris pas entièrement à leur propos. Vous êtes vous-même réducteur en me dotant de ce statut. Que ce soit écrit.

      Je suis en revanche très intéressé par la seconde partie de votre réponse et votre vision pluraliste de la bande dessinée qui - contrairement à ce que vous semblez croire à mon propos - est aussi la mienne. C’est la raison pour laquelle j’aimerais pouvoir trouver un appareil de critique et d’analyse (voire simplement un espace de discussion), qui fasse le pendant de la vision "sécessioniste" et vindicative qui s’exprime actuellement dans une lutte sans doute artificielle entre une "bande dessinée d’auteur" et une "bande dessinée populaire".

      Je n’ai qu’un désir, c’est pouvoir discuter librement (et posément) avec vous (ou d’autres) de leur vision de la bande dessinée. Je ne pense pas être le seul et jusqu’à présent, cet espace de dialogue n’existe toujours pas.

      Mon intervention, un peu trop longue et sans doute un rien trop agressive (ce n’était pas ma volonté, mais si j’en juge par le ton de votre réponse, c’est le cas), n’était qu’un appel à justement un peu moins de polémique (ton que vous revendiquez) et un peu plus de discussion ou d’avis de fond, avec les amateurs. Les sites internet tels que celui-ci se veulent le lieu d’échange entre des professionnels tels que vous (qui ont d’autres occasions de débattre entre eux de ces questions et n’en ont pas besoin pour lancer les polémiques internes) et des amateurs tels que moi.

      J’ignore si vous mettrez cette réponse en ligne. J’espère juste que vous y aurez accès (comme vous avez accès à mon e-mail qui vous est ouvert). Je ne me ressens pas comme votre ennemi, pas plus que vous ne pensez être l’ennemi de l’Association.
      Vous pointez mes "limites". En matière de bande dessinée, je n’attend qu’une chose d’un spécialiste tel que vous, c’est de me permettre de les repousser.

      S’il vous plaît.

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      • Répondu par Didier Pasamonik le 16 mars 2006 à  16:39 :

        Cher Emmanuel,

        Je ne vous connais pas et vous ne me connaissez pas. Je préfère effectivement le ton plus modéré qui est le vôtre maintenant, ne fut-ce que parce qu’il est plus audible.

        Je suis ouvert à la discussion et elle m’intéresse quand elle ne se résume pas à un échange d’invectives et d’attaques personnelles.

        Je me souvenais effectivement de nos échanges et j’ai fait comme beaucoup d’autres : je me suis enfui du forum en question (BDParadisio.com, qui a été longtemps pour moi une référence et qui reste un outil formidable) en raison de la faiblesse des arguments qui y étaient échangés et du côté, oui, grégaire des oppositions qui se liguent contre de pauvres internautes (ou artistes : Beineix, Begbeider... Enfin, eux, ne sont pas pauvres) qui ne demandaient pas d’être rudoyés d’une telle façon. Donc, oui, j’avais de vous une image négative. Je souhaite qu’il y ait méprise.

        Par ailleurs, je conviens que l’internet permet des emballements que l’on peut parfois regretter, d’autant que, sous cette forme nouvelle que sont les forums, les écrits restent.

        En revanche, je ne peux pas souscrire à la demande qui est la vôtre, à savoir de supprimer tout ton polémique. Parce que le débat en vaut la peine (on parle de l’avenir de ce moyen d’expression) et qu’il y a effectivement polémique (voyez les échanges dans l’affaire Dupuis/média : les auteurs sont inquiets de l’avenir et c’est au coeur de cette histoire).

        Ensuite, parce que vous semblez faire abstraction des agressions verbales qui m’ont adressées personnellement MM. Menu et Capron, insultes qu’ils ont reproduites dans leur revue, laquelle prend délibérément le ton polémique.

        Parce qu’il suffit de lire les propos de Trondheim et ceux de Harry Morgan pour constater qu’ils sont sur la même longueur d’onde et que leur lexique est celui de l’agression sous la forme de la dérision plus ou moins drôle.

        Dès lors, non, il n’y a pas lieu d’être mesuré.

        PS. Si vous voulez m’envoyer un courriel perso, il suffit de cliquer sur ma signature.

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        • Répondu par Emmanuel THEBAUD le 16 mars 2006 à  17:34 :

          Didier,

          Vous adoptez un ton polémique pour répondre dites-vous aux invectives de JC Menu ou d’autres à votre encontre. Certes, c’est naturel et certainement justifié, mais comme vous le dites, les sujets sont d’importance et j’ai l’impression que ces vains échanges d’amabilités ne contribuent guère à les éclaircir.

          Le marché hyperproductif actuel de la bande dessinée est-il en danger d’implosion ?

          Les impératifs économiques nuisent-ils à la créativité des auteurs ? Ce danger est-il plus présent aujourd’hui que par le passé ?

          Les éditeurs indépendants qui contribuent pour beaucoup à l’émergence et la visibilité d’auteurs moins rentables économiquement sont-ils mis en danger par les phénomènes naturels de "récupération" de leur travail par les grandes maisons ? Ce phénomène de récupération est-il nouveau ? Le fonctionnement actuel du marché le rend-il plus dangereux pour les plus petits acteurs économiques qu’il ne l’était pas le passé ?

          La situation qui a mené à la disparition de certains "petits" éditeurs par le passé (vous êtes je crois bien placé pour parler de cette situation) avait-elle à voir avec celle d’aujourd’hui ?

          Le marketing est-il en train de tuer un pan entier de la création en bande dessinée ?

          Où se situe l’avenir de la bande dessinée ? Où sont les véritables émergences créatives actuelles ? Quelle sera réellement l’influence des mangas dans 15 ans ?

          Doit-on souhaiter une rupture entre une bande dessinée très populaire, répondant aux attentes d’un large public et une bande dessinée très intellectuelle résolument tournée vers les "élites" culturelle ? Les auteurs-éditeurs qui souhaiteraient suivre cette deuxième voie sont-ils réellement pénalisés par l’image "facile, enfantine" de la bande dessinée grand public ?

          Au delà des affirmations militantes et des chiffres de vente, les sujets de discussion brûlants sont très nombreux. Parlons-en ! Parlez-en ! Plus !

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          • Répondu par Didier Pasamonik le 16 mars 2006 à  17:44 :

            Cher Emmanuel,

            Vous êtes conscient que les questions que vous posez, et qui sont pertinentes (vous feriez un excellent journaliste BD), constituent, pour chacune d’elle, matière à un article avec, à la clé, une petite enquête.

            Si je vous réponds là -et notre "forum" (qui n’en est pas un) n’est pas très pratique pour cela, mes réponses seront noyées dans la masse des interventions polémiques autour des différents sujets développés ici.

            Je vous propose d’y répondre par une série d’articles que je distillerai dans les semaines à venir, si le temps qui m’est imparti me le permet.

            Bravo pour votre passion.

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  • respectabilité
    16 mars 2006 13:45, par éToNNé

    toute bd même nulle et faisant honte au genre vous parait digne de respect alors ? la bd machiste, vulgaire et sexiste des blondes ? l’adaptation de bigard en bande dessinée ?

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 16 mars 2006 à  14:43 :

      toute bd même nulle et faisant honte au genre vous parait digne de respect alors ? la bd machiste, vulgaire et sexiste des blondes ? l’adaptation de bigard en bande dessinée ?

      Mais OUI ! On peut ne pas aimer, les trouver moralement inacceptables et les trouver dignes de respect.

      Pour deux raisons au moins :

      - Il y a derrière cela des auteurs, qui ne méritent certainement pas le prix Pulitzer, mais qui ont fait leur boulot honnêtement. Ils ont réalisé là un travail de commande, comme ils le feraient pour une réalisation publicitaire.

      - Leur succès est important et cela fait vivre la filière du livre : imprimeur, éditeur, libraires, auteurs.

      Et puis, les acheteurs de ce genre de livre ne risquent pas de se perdre dans le rayon des BD alternatives... Ce sont des produits très clairs. Où est le problème, donc ?

      Rejeter cette BD est une vision malthusianiste de la BD, incohérente et néfaste.

      La collection Harlequin n’a jamais empêché la vente des oeuvres de Camus ou de Jérôme Charyn. On pourrait même postuler le contraire.

      Ce n’est pas une posture : c’est tout simplement logique.

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      • Répondu par éToNNé le 16 mars 2006 à  15:12 :

        pas d’accord avec vous sur ce point ;
        reportez-vous à l’article de l. imperato dans l’éprouvette n°1 ;
        l’ensemble du circuit éditorial va crever de ça, la surproduction de mauvaise qualité, la rotation acélérée etc.

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        • Répondu par Didier Pasamonik le 16 mars 2006 à  16:51 :

          D’abord, il faut lire, ce n’est pas un article de Latino Imparato. C’est une interview de Latino par Menu. Et il a raison, le Menu, de s’adresser à un professionnel de la distribution.

          Mais Latino est le diffuseur de l’Association, n’attendez pas à ce qu’il théorise à la gloire de multinationales. Ses arguments ont de la valeur (putain, je me rends compte que je viens même d’écrire que Menu a raison !) Deux choix de société sont (principalement) en présence dans la BD.

          Le débat n’est dans pas le match Pasamonik/Menu. Il est actuellement à Marcinelle.

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    • Répondu par Condoleezo le 16 mars 2006 à  14:58 :

      Bon, Il est parti bouder.
      Tiens, pour ma part je suis un fervent admirateur de La Clique ( quelle formule ! Ce nom restera, c’est très adéquat) et un lecteur régulier des inepties que l’on trouve sur internet. Elles ont une fraicheur qu’on serait bien en peine de dénicher dans la presse écrite, trop relue et controlée pour laisser passer tant d’humanité bien suante.

      L’excellent Menu a besoin de Didier Pasamonik pour avancer dans son oeuvre d’agitateur et d’éditeur hors-norme car il adore la polémique et l’utilise comme un genre de super-carburant.
      Et Pasamonik trouve en Menu un épouvantail qui lui fait retrouver une verve et un sens critique qui le ragaillardissent et qu’on aimerait d’ailleurs-attention perfidie-retrouver dans les articles qu’il consacre à Soleil et à Futuropolis. Deux aussi bons ennemis c’est aussi agréable à regarder qu’un petit couple d’amoureux.
      Bon voilà, je vais peut-être me faire traiter d’insulteur, mais tans pis. Pour une fois qu’on rigole.
      Au fait, le point Godwin, ça marche aussi avec Staline ?

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      • Répondu par Didier Pasamonik le 16 mars 2006 à  16:44 :

        Vous vous croyez sans doute malin en nous renvoyant dos à dos. C’est confortable, cela évite de penser. Vous faites comme cet internaute qui réduit nos échanges à des gamineries.

        Vous êtes méprisant pour Menu qui a raison de mettre ces questions sur la place publique, même si ses réponses sont à côté de la plaque et bien trop agressives et vulgaires pour qu’elles soient perçues avec la clarté nécessaire. Il y a pire : Menu ne propose rien, si ce n’est de sauver, si c’est possible, sa boutique et ses comptes à la poste, en débinant tous les éditeurs qui viennent à sa suite et qui sont susceptible de lui brouter de l’herbe.

        "L’éprouvette", c’est de la critique de boutiquier.

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  • votre guide
    18 mars 2006 02:12, par bédéphile

    bonjour m. pasamonik,
    avez-vous vous même écrit un guide ? si oui pouvez vous donner les références ? et si non l’envisagez-vous ? merci

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 19 mars 2006 à  00:39 :

      Non je n’ai pas écrit de Petit Critique Illustré etnon, je n’envisage pas de le faire.

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  • > La bande dessinée et ses guides
    18 mars 2006 19:47, par Gabriel U.

    Bonjour,

    Je vous trouve très injuste envers le "Petit critique illustré". Je n’ai pas de peine à comprendre votre animosité envers Jean-Christophe Menu, car effectivement les débats auxquels vous avez pu être mêlés l’un et l’autre sur Internet ou ailleurs ont souvent méchamment dérapé et peu fait honneur à vos adversaires. Mais je trouve assez injustifié l’amalgame que vous faites entre lui et Morgan, et par extension l’opprobre jeté sur son guide des ouvrages consacrés à la bande-dessinée, qui n’est d’ailleurs pas dû à lui seul mais aussi à un autre auteur, Manuel Hirtz.

    Je trouve au contraire cet ouvrage très réussi : plaisant à lire, on peut à la fois le parcourir d’une traite et ainsi acquérir une vision assez complète me semble-t-il de l’histoire des idées et des pratiques dans la littérature secondaire sur la bande-dessinée depuis 50 ans, et s’en servir comme d’une référence pour avoir une brève description et un avis sur un titre particulier (même si l’index semble avoir quelques lacunes : ironiquement, les deux livres écrits par Menu sur la BD (Plate-Bande et son mémoire de maîtrise) sont chroniqués mais son nom ne figure pas dans l’index des auteurs !).

    Pour chaque livre chroniqué, on a droit d’une part à une description factuelle du contenu et d’autre part à un avis, qui peut parfois être assez cruel mais est toujours argumenté : indication de lacunes, erreurs manifestes, critique de l’argumentation ou des outils théoriques employés. Dans ce derniers cas, on peut ne pas être d’accord avec les arguments du chroniqueur, mais il s’agit d’éléments tangibles qu’on peut juger sur pièce et éventuellement vérifer par soi-même dans les textes. On a parfois droit à de courtes citations ciblées, qui pourraient certes être utilisées pour ridiculiser un auteur à bon compte, mais m’ont plutôt semblé servir ici à donner une idée du "ton" général de l’ouvrage chroniqué.

    Par ailleurs, à part peut-être pour Filipini (mais vous reconnaissez vous-même ses lacunes) ou Moliterni qui se font régulièrement malmener, je n’ai pas eu une impression d’acharnement sur des auteurs particuliers : la critique se fait toujours par rapport à un texte plutôt qu’une personne, comme en témoigne par exemple le traitement différencié des ouvrages de Serge Tisseron. Les auteurs ont évidemment certains parti-pris, inévitables quand on décide de donner vréitablement un avis sur un livre, mais ils ne s’en cachent pas, les argumentent, et parviennent à mon avis dans l’ensemble à fournir des présentations scrupuleuses et équilibrées. Indépendamment de l’avis sur la valeur intrinsèque des ouvrages, le lecteur est par ailleurs informé de leur importance historique et de leur fortune critique, et ceux qui sont distingués appartiennent à toutes les époques et peuvent être écrits tant par des fans obscurs mais scrupuleux que des universitaires fameux.

    On peut ne pas aimer le ton parfois narquois des auteurs (mais, encore une fois, les critiques sont presque toujours étayées) et lui trouver quelques défauts, mais je trouve mensonger de dire qu’il s’agit d’un livre de combat obscurci par la mauvaise foi et indigne du statut de référence. Et en tout cas, si celui de Moliterni trouve grâce à vos yeux bien que vous en critiquiez une bonne part du rédactionnel (reste le choix de livres), on ne voit pas pourquoi le petit critique, qui n’a pas de rival quant à l’exhaustivité dans le domaine francophone, devrait quant à lui être voué aux gémonies.

    Votre argument selon lequel il est malvenu de critiquer des auteurs "sincères" et actifs dans le champ depuis longtemps ne me paraît pas non plus très judicieux : avec le temps, des théories peuvent effectivement mal vieillir et se révèler moins fécondes que prévues, de nouveaux chercheurs exploiter des sources inédites qui remettent en cause des visions précédentes de l’histoire (les critiques de Morgan et Hirtz tiennent d’ailleurs compte des limitations auxquelles étaient soumis par la force des choses certains auteurs, et c’est l’un des intérêts du livre de montrer cette profondeur historique dans l’étude de la BD). Par ailleurs, on sait bien que la sincérité et les bonnes intentions ne garantissent malheureusement pas la qualité d’une oeuvre, artistique comme de critique ou d’érudition.

    Je me demande si votre réaction ne renvoie pas à une époque militante où tout soutien à la cause de la BD paraissait bienvenu vu le faible nombre de ses défenseurs et le mépris général dans lequel elle était confinée. Depuis, le regard des médias a quand même bien changé et la bande dessinée a gagné de nouveaux lecteurs, dont un plus grand nombre peut-être est à même de s’intéresser et de tenir un discours élaboré sur la BD que par le passé. Peut-être alors qu’une des manières d’améliorer l’image de la BD aujourd’hui est de faciliter la recherche en débroussaillant le maquis des publications anciennes et de valoriser spécifiquement les publications récentes les plus sérieuses.

    Ce n’est probablement pas la seule, et des ouvrages plus grand public ont certainement aussi leur place. Mais on ne voit pas pourquoi ils ne bénéficieraient pas eux aussi de cet effort pour tirer la littérature secondaire sérieuse sur la BD vers le haut.

    Meilleures salutations et merci pour vos contributions à ce site.

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 19 mars 2006 à  00:34 :

      Cher Gabriel,

      Je voudrais d’abord dire à nos lecteurs tout le crédit que je porte à vos remarques, toujours très mesurées et pertinentes.

      Je vais répondre brièvement à votre post dont l’analyse est extrêmement valable : vos arguments portent.

      Je vais donner deux angles à ma réponse.

      1/ Quant au corpus

      Il se fait que la plupart des ouvrages mentionnés dans le corpus analysé dans Le Petit Critique Illustré, je les ai lus ou parcourus (en trente ans, j’ai eu le temps de le faire). Et donc, sans que j’ai à m’appesantir sur une analyse de cet ouvrage, entrée par entrée, je peux vous dire que certaines de ces notices sont parfaitement injustes, pour ne pas dire dégueulasses. Pas tellement pour l’analyse, dont je reconnais globalement l’objectivité, mais parce qu’aucun des livres n’est contextualisé.

      Un exemple : il est facile de critiquer la plupart des ouvrages datant d’avant 1985 car quasi AUCUN d’entre eux ne mentionne les mangas, alors que c’est déjà la première industrie mondiale de la bande dessinée. Or, le Petit Critique, comme il ne contextualise pas, tire donc la conclusion que ces livres sont mauvais. Pour les avoir lus à l’époque, je peux vous dire qu’on était bien contents de les avoir, ces ouvrages. Le Blanchard de chez Marabout Université, avec toutes ses lacunes, a été une excellente introduction à la BD, en 1968. Donc, les exécutions sommaires en fin de notice, effectivement, elles m’énervent.

      Le Petit Critique profite abusivement de son caractère (relativement) exhaustif et surtout de sa primo-exclusivité pour régler des comptes pas nets avec une ligne critique hautement critiquable. Cette impression est renforcée par le pendant de cet inventaire, le Principe des Littératures dessinées dont vous savez désormais ce que je pense. C’est un livre prétentieux et bancal qui tente de théoriser la ligne critique du Petit Critique. Les auteurs s’y sont cru. Mais leur vison de la BD est fermée et pontifiante, alors que l’on attend d’un livre comme celui-là d’être ouvert et fertile. C’est tout le sens de mon intervention.

      2/ Quant à mon analyse

      Mais j’admets volontiers que j’ai appliqué à MM. Morgan et Hirtz les méthodes qu’ils ont appliqué aux centaines d’ouvrages mentionnés dans leur guide.

      "Malheur à l’homme d’un seul livre !" disait Saint-Augustin (il parlait de la Bible). Vite, vite, d’autres guides comme ceux-là plus ouverts et plus objectifs.

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      • Répondu par Gabriel U le 19 mars 2006 à  17:24 :

        Cher Didider,

        Je suis étonné que vous citiez précisément l’ouvrage de Gérard Blanchard, car sa notice dans le Petit critique est justement l’une de celles qui m’a paru les plus pondérées, contextualisées et élogieuses (pour ce qui concerne les ouvrages anciens en tout cas) : on y indique l’effort de documentation de l’auteur et la justesse de ses jugements malgré les limites inévitables de ses connaissances à l’époque, l’originalité de son analyse (ce sont plutôt ses suiveurs qui sont critiqués), et on regrette la concision de l’ouvrage qui ne permet pas de déployer toute la richesse de certaines idées qui y sont esquissées (enfin si j’ai bien lu). Ca m’a plutôt donné envie de redécouvrir ce livre.

        Pour ce qui est des "Principes des littératures dessinées", ils sont encore dans ma pile de livres à lire (à votre crédit, je dois avouer qu’ils y traînent depuis quelques temps déjà) et je ne hasarderai donc pas de jugement à leur propos. Je connais malgré tout un peu la prose de Morgan par des articles dans des revues ou les écrits diffusés sur son site, et je trouve que l’ écho des opinions parfois tranchées qu’il défend ne dépasse pas les limites de l’acceptable dans le Petit critique. Un reproche assez lancinant qui s’y trouve est celui de l’ignorance par les chercheurs français de l’état de la recherche aux Etats-Unis : peut-être ce reproche est-il plus facile à faire aujourd’hui qu’il y a vingt ou trente ans, mais il ne me paraît pas non plus tout à fait injustifié, et mérite à mon sens d’être signalé au lecteur contemporain. On sent bien des réticences à l’égard de la critique psychanalytique ou structuraliste (il s’en explique d’ailleurs brièvement dans certaines notices), mais cela n’empêche pas un jugement sans mépris des livres de Fresnaut-Deruelle ou de Groensteen par exemple.

        Ceci dit, vous avez effectivement une bien meilleure vue d’ensemble que moi de ce corpus, et je ne peux que juger sur les quelques livres que j’ai pu avoir la chance de feuilleter ou de lire. Je peux seulement dire que je n’ai pas été frappé par un traitement injuste sur ces quelques exemples, et que j’ai l’impression que les "classiques" au moins sont tous mis en évidence, avec un angle critique qui donne justement envie de s’y reconfronter si on les connaît déjà ou qui peut enrichir la lecture en attirant l’attention sur certains points si on s’y attaque pour la première fois.

        En fin de compte, nous nous trouverions probablement d’accord d’inviter à utiliser ce guide avec une bonne dose de sens critique. C’est aussi l’appel que font les auteurs au lecteur dans leur préface ; j’ai pour ma part tendance à n’y pas voir trop d’hypocrisie.

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  • guide critique
    18 mars 2006 20:11, par reynaud

    entièrement d’accord avec gabriel u.

    un livre excellent, de référence, qui permet de ne pas acheter n’importe quoi ;

    et j’ai pu vérifier que les auteurs avaient à peu près toujours raison...

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  • > La bande dessinée et ses guides
    22 mars 2006 22:30, par Didier Pasamonik

    Gabriel,

    Je vais répondre à vos demandes. Laissez-moi quelques jours. Avec tout ce qui se passe, je suis un peu débordé.

    Bien à vous,

    DP

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  • Au sujet de Principes des littératures dessinées
    23 mars 2006 17:09, par Baptiste Roullin, lecteur

    Je me permets d’intervenir sur un point qui n’a je crois pas été évoqué, ou alors pas assez précisement à mon goût. Il concerne la critique de l’ouvrage de Harry Morgan par monsieur Pasamonik. Ayant lu Principes des littératures, je n’y ai vu contrairement à lui aucune mentalité déplorable quant aux théories existantes mais bien au contraire le projet de dresser un bilan : étudier ce qui s’est fait et garder le plus pertinent. Morgan respecte à mon sens pleinement son programme et donne à chacune des théories qu’il critique (positivement ou négativement) toutes ses chances en ne la caricaturant pas. Je trouve monsieur Pasamonik particulièrement injuste à propos du structuralisme : rien d’arbitraire ni de puéril chez Morgan puisque son refus de ces théories est motivé par une argumentation répétée page après page (qui me parait d’ailleurs assez pertinente, mais on n’est pas là pour causer triangle du signe et chaine structurale :)).

    Par ailleurs, il est vrai que Principes des littératures dessinées n’est clairement pas un ouvrage de vulgarisation. Pour autant, il ne me parait pas obscurcir le paysage théorique mais le débrousailler. Cet important travail est effectivement laborieux et indigeste, mais cela tient à sa nature. La digestion de cinquante ans de pensée ne va pas sans quelques lourdeurs d’estomac.

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