Nävis - T2 : Girodouss - par Morvan & Munuera - Delcourt

8 septembre 2005 0 commentaire
  • Toujours espiègle et bondissante, Nävis est en pleine forme ! {Girodouss} renforce l'identité propre de cette série dérivée de l'univers de {Sillage}. Avec cet album, Morvan et Munuera confirment, une fois de plus, leur complicité narrative.

La vie semble sourire à la jeune et insouciante Nävis. Houyo est un compagnon de jeu idéal et Nsob, le robot, une nounou parfaite. Une séance de coiffure improvisée est l’occasion de commencer à se poser des questions sur la gent féminine. De fil en aiguille, Nävis s’interroge : comment naissent les bébés ? Pas question pour Nsob d’y répondre de but en blanc. La jeune fille va devoir découvrir les mystères de la vie par elle-même. C’est à ce moment-là qu’elle rencontre Girodouss, une Nhondinn, charmante mais dangereuse créature, qui pourrait bien l’aider à comprendre ce qu’est l’amour.

Une nouvelle fois, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que l’on retrouve le trait de Jose-Luis Munuera. Girodouss est un véritable régal graphique : postures, attitudes, bestiaire, mouvements, angles, tout cela est très fluide et présente à lui seul suffisamment d’intérêt pour donner du plaisir à la lecture. Manifestement, l’univers de Nävis est fait sur mesure pour le dessinateur espagnol.
Certaines scènes sont irrésistibles : la séance coiffure (pages 4 et 5), les courses-poursuites (pages 27 et 34). Très expressif, drôle, le graphisme de Munuera fonctionne à merveille. C’est un dessin animé digne de Tex Avery qui se déroule sous les yeux du lecteur. Rien d’étonnant à ce que la société d’animation Futurikom ait signé un contrat avec les auteurs pour une adaptation pour le petit écran.
Les couleurs de Christian Lerolle vivifient les prouesses graphiques de Munuera. Basées principalement sur de simples aplats, elles participent activement à la fluidité de la narration.

L’histoire, quant à elle, s’adresse plutôt à un jeune public.
"Avec Nävis, je souhaitais faire un récit très "premier degré" et plus "cartoon". Une histoire basée beaucoup plus sur l’émotion que sur la réflexion", déclare le scénariste Jean-David Morvan dans une interview accordée à Nicolas Anspach. "Girodouss contient plus de personnages, plus de dialogues. L’intrigue est plus complexe. On a un peu perdu le côté intuitif du premier album. Ce récit est basé sur un cas de conscience."

Celui d’éveiller ou non, une enfant aux mystères de l’amour et de la vie. Pourtant le ton reste léger et faussement naïf. Morvan parsème son récit de notes sensibles qui n’hésitent pas à verser dans l’humour. Plein de bon sens et évitant de trop sombrer dans la leçon de morale, le scénariste offre aux jeunes lecteurs quelques pistes de réflexion sur la vie et les relations amoureuses.
Dans Nävis, la jeune héroïne démontre cette aptitude à n’en faire qu’à sa tête avec un grand cœur. Ce trait de caractère se retrouve bien évidemment dans les albums dessinés par Philippe Buchet. Par contre, à la différence des Chroniques de Sillage, "l’autonomie" de la série est clairement revendiquée.
Un seul regret : le principe de l’animalangue. Difficile d’écouter Houyo parler sans penser au personnage de Star Wars Yoda...

En deux tomes, la série s’affiche déjà comme une réussite. De plus, la capacité des deux auteurs à travailler rapidement devrait permettre un rendez-vous annuel. Pour notre plus grand bonheur.

(par Laurent Boileau)

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