Alix Garin et Mathias Vincent : « Au-delà de l’Alzheimer, "Ne m’oublie pas" parle des relations intergénérationnelles. »

2 février 2021 53
  • Alors que Le Lombard a décroché le Prix Révélation au FIBD d’Angoulême avec Maurane Mazard, la maison bruxelloise continue de recruter de jeunes talents en publiant le premier album d’une autre jeune autrice, Alix Garin, chapeautée par un nouvel arrivé au sein de l’équipe éditoriale : Mathias Vincent. Interview croisée à l’occasion de la sortie de « Ne m’oublie pas », un album inoubliable.

Alix Garin et Mathias Vincent : « Au-delà de l'Alzheimer, "Ne m'oublie pas" parle des relations intergénérationnelles. »Alix Garin, avant d’aborder les questions concernant votre premier album, pourriez-vous nous expliquer ce qui vous a attiré dans la bande dessinée ?

Alix Garin : La BD est une vocation depuis la prime enfance. Mon goût pour le dessin s’est révélé très jeune. Lorsque j’avais cinq ans, une amie de ma mère m’a dessiné six cases en gaufrier sur une feuille, en me disant : « Toi qui aimes bien dessiner, tu peux raconter une histoire dans ces cases ». Là est née ma grande passion pour la bande dessinée, et je me suis jamais arrêtée depuis lors, c’était comme une évidence. J’ai fait mes classes à l’école Saint-Luc à Liège où j’ai été bombardée d’influences, ce qui n’a fait que confirmer mon désir de raconter en bande dessinée.

Vous étiez donc dès le départ douée pour dessiner. Encore fallait-il avoir des choses à raconter, à transmettre aux autres par ce biais ?

AG : C’est venu en même temps que le dessin. Déjà enfant, je racontais mes propres histoires, certes à ma mesure de l’époque. Je me suis par la suite lancée dans des concours, et j’ai remporté le Prix Jeunes Talents du Festival de Saint-Malo, ce qui m’a mis le pied à l’étrier. En recevant mon prix, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup d’auteurs et d’éditeurs à Quai des Bulles, relations que j’ai entretenues par la suite. Cela m’a permis d’envoyer mes premiers projets, qui ont été refusés, mais cela m’a aidé à entretenir des contacts et de m’ouvrir les portes.

Est-ce donc en envoyant votre projet au Lombard que Ne m’oublie pas a débuté ?

AG : Non, pas du tout. Un jour, j’ai reçu une invitation Facebook et en voyant le profil de l’expéditeur, je m’aperçois qu’il s’agit d’un éditeur du Lombard, ce qui ne se refuse pas ! Dans l’heure, je reçois un message, dans lequel Mathias expliquait avoir beaucoup apprécié mes planches réalisées pour le concours de Saint-Malo, et qu’il était ouvert à lire mes éventuels projets d’albums. Et j’étais justement aux prémices du scénario de Ne m’oublie pas, j’envoie donc le pitch, et Mathias a semble-t-il eu directement un coup de cœur pour mon projet.

Mathias, rappelons tout d’abord que vous avez été secrétaire de rédaction au Journal de Spirou avant d’entrer dans l’équipe éditoriale du Lombard...

Mathias Vincent : Oui, après une dizaine d’années « chez Spirou » (comme on a dit à Marcinelle), j’avais fait un peu le tour de ce que je pouvais apporter au journal, et Le Lombard m’a complètement séduit avec son projet. Là où Dupuis voulait faire la BD de demain, Le Lombard désirait plutôt révolutionner la BD actuelle. À l’initiative de Gauthier Van Meerbeeck, ils voulaient lancer les nouveaux héros dans la mouture des grandes figures tutélaires publiées précédemment par la maison d’édition bruxelloise, avec en parallèle une diminution du nombre d’albums publiés pour mieux accompagner les nouveaux titres sélectionnés.

Ainsi, Le Lombard est passé à 75 titres annuels, soit une réduction environ de moitié en cinq ans. Avec cette philosophie : éditer moins d’albums pour mieux les défendre et leur offrir une vraie chance d’exister parmi les 5500 parutions annuelles. De plus, Gauthier a eu la gentillesse de ne pas m’enfermer dans un domaine particulier. Par exemple, cette année, je vais éditer du roman graphique, de la jeunesse, de l’ado-adulte, etc. Car Le Lombard reste une maison généraliste : on fait de tout, pour tous les publics, ce qui ne signifie pas que l’on fasse non plus n’importe quoi. L’idée était de reconstruire un catalogue dans les différentes branches.

Dès votre arrivée, vous vous êtes donc mis en prospection ?

MV : En effet. Bien entendu, la plupart des d’auteurs que j’ai contactés étaient déjà sous contrat et m’ont dit qu’ils penseraient à moi dans le futur. Dans le même temps, j’ai recherché de jeunes talents, car je suis persuadé qu’il faut pouvoir leur donner leur chance, et je pense que l’album d’Alix démontre l’intérêt de cette démarche.

Comment avez-vous découvert le travail d’Alix ? Lors du Festival de Saint-Malo ?

MV : Non, via les réseaux sociaux, et les pages d’Alix m’ont immédiatement impressionné, car en deux pages, elle était parvenue à raconter une histoire, ce qui n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Je viens du Journal de Spirou et je sais que raconter avec un vrai contenu en deux pages reste compliqué : le temps de poser le décor et d’introduire les personnages, et on arrive déjà à la fin de l’histoire. Or, Alix était non seulement parvenue à relever ce défi, mais en plus, il y avait déjà un univers posé assez impressionnant pour son âge. Je m’étais donc dit que ce serait magnifique, si elle était capable de maintenir son style et sa maturité, de les transposer dans un récit au long cours.

Mathias Vincent et Alix Garin, une collaboration fructueuse
Photo : Charles-Louis Detournay.

D’où votre motivation à lui demander si elle avait des projets. Comment se sont déroulés vos premiers contacts ?

MV : Après de premiers échanges, nous nous sommes vus à Saint-Malo, ce qui était une vraie richesse à notre époque où les rencontres se font exclusivement à distance à cause de la pandémie. Suite à cette prise de contact, j’étais persuadé que nous pouvions faire de belles choses ensemble. Pour son premier récit, je m’attendais à ce qu’il faille beaucoup travailler avec elle pour éclaircir l’histoire, dégager des éléments forts, etc. En réalité, cela a été tout le contraire : dès la première lecture du scénario, elle avait réussi à poser tous les éléments nécessaires pour dégager l’émotion du récit. Elle possède cette faculté à appliquer naturellement les éléments qui apportent crédibilité et empathie envers les personnages. Bien sûr, nous nous sommes posés de petites questions pour affiner certains points, mais un travail en profondeur n’a pas été nécessaire.

Parlons donc de cet album. Vous y abordez ce que vous aviez ressenti comme petite-fille face à votre grand-mère, un propos assez universel ?

AG : Ma grand-mère, avec qui j’avais noué une relation très forte, a été atteinte de la maladie d’Alzheimer. Je l’ai vue décliner, et cela a été douloureux de constater cette dégradation cognitive et physique, jusqu’à l’arrivée en maison de retraite, qui est à mes yeux une épreuve insoutenable. Je ressentais le besoin de le verbaliser. La thématique m’est donc venue tout à fait naturellement, même si je l’ai inclus dans un propos entièrement fictionnel. Mais le ressenti des émotions était bien le mien.

Mathias, en tant qu’éditeur, aviez-vous perçu l’universalité du propos ?

MV : Je dois avouer que je n’étais absolument pas objectif, car je venais de perdre ma grand-mère, qui avait également souffert d’Alzheimer pendant quelques années. Je me suis donc dit que si l’histoire me touchait personnellement dès le premier pitch, elle ferait vibrer la corde sensible des lecteurs. Par la suite, je me suis rendu compte en le développant, que Ne m’oublie pas dépasse le stade de cette maladie, pour traiter de la relation entre les générations et de la transmission familiale.

Là est une des grandes forces du récit : cette relation intergénérationnelle où vous évoquez la difficulté que l’on a parfois à communiquer avec nos propres parents, ce qui renforce l’importance des grands-parents, qui peuvent malheureusement parfois disparaître à un moment où cette relation si riche prend toute sa force…

AG : Répartir le récit sur trois générations de femmes était essentiel à mes yeux, et surtout que la grand-mère constitue paradoxalement le lien entre la mère et la fille et permette à mon héroïne Clémence de prendre du recul par rapport à la relation avec sa mère.

De manière générale, je pense qu’à l’adolescence, on prend beaucoup de distance avec nos parents. On est parfois en colère, une colère qu’on catalyse souvent sur nos parents, alors qu’ils ne le méritent pas, mais on ne s’en rend compte que par la suite. Alors on les pardonne, tout en se pardonnant également. J’étais justement dans cette démarche en écrivant Ne m’oublie pas, et je voulais aussi évoquer ce passage à l’âge adulte qu’est le pardon à ses parents et de réapprendre à les aimer d’une nouvelle manière. On devient alors une nouvelle personne, une nouvelle version de nous-mêmes.

Pour autant, il fallait pouvoir sortir du lieu clos et convenu de la maison de retraite. Comment vous est venue l’idée de ce road trip, avec ces éléments extérieurs qui vont alimenter le récit et les émotions des personnages ?

AG : Je ne me suis pas dit que je voulais les sortir de leur contexte pour amener l’histoire car, depuis le début, le récit est celui de ce voyage. Et surtout, kidnapper la grand-mère, une idée que j’ai eu des centaines de fois dans mon propre vécu, et que je n’ai bien entendu jamais mis en pratique. D’où l’intérêt de la fiction : on peut inventer des récits qu’on n’oserait jamais vivre soi-même. Par les flashback, je voulais intégrer la nostalgie de l’enfance dans le schéma mental de Clémence, afin qu’elle parvienne à sortir de sa chrysalide et outrepasser cela.

La fiction doit servir selon moi à évoquer des émotions, des sentiments et des sensations auprès du lecteur, qui sont parfois très subtils, au point qu’on a du mal à les verbaliser soi-même. Et quand la fiction nous propose de mettre le doigt dessus, on s’identifie en se disant : « Voilà ce que je ressens. » Lorsque cela se déclenche, je trouve que la fiction devient alors absolument fantastique et c’est exactement ce que j’ai envie de réaliser avec la bande dessinée : mettre en exergue ces petites choses qui nous identifient et qu’on ne parvient pas toujours à exprimer.

Cela se perçoit particulièrement dans votre album pendant « la scène de la rambarde » : votre héroïne se rend compte elle-même qu’elle mûrit. S’occuper de quelqu’un d’autre lui permet de prendre conscience d’elle-même. Sa passion du théâtre l’aide à répondre à ses propres questions. C’est finalement cette part d’authenticité que vous désirez glisser dans vos livres ?

AG : Tout à fait, ce travail est aussi complètement cathartique, et je pense que cette sincérité-là élève le récit à un propos paradoxalement universel. « Paradoxalement » car je traite d’émotions hyper-personnelles. Or, nous ressentons tous les mêmes choses sans forcément le savoir. Plus on est précis dans le traitement de l’émotion, plus les autres vont parvenir s’identifier. Si le propos reste trop vague ou généraliste, le récit se vide de son sens et le lecteur n’accroche pas à ce qui est raconté.


Mathias, c’est la sincérité et le niveau d’émotion qui vous ont d’emblée touché dans le synopsis qu’elle vous a apporté ?

MV : Je ne doutais pas qu’Alix détenait l’émotion nécessaire, encore fallait-il trouver le moyen graphique et narratif de l’exprimer. Or, à son âge et sur un premier album, elle a fait preuve d’une surprenante maîtrise, signe d’une grande maturité.

Vous avez longtemps travaillé sur des récits plus courts dans le Journal de Spirou. C’était ici votre première pour un récit plus long. J’imagine que la manière de travailler est différente ?

MV : Ce n’est effectivement pas du tout la même mécanique. Le Journal Spirou se réalisait en permanence dans l’urgence, car il faut remplir 52 pages chaque semaine. Pour Ne m’oublie pas qui fait deux cents pages, il y a eu deux ans de travail. J’ai donc appris, en même temps qu’Alix, à construire un récit dans la patience. Nous avons surtout eu l’avantage de nous baser sur un scénario complètement rédigé, avant d’attaquer la suite de la réalisation. Nous sommes restés en permanence dans le partage, on a énormément échangé, et à chaque mise en ligne, nous avons eu l’occasion de peser le pour et le contre de chaque parti pris, pour rester au service de son livre.

AG : Cette collaboration est resté très spontanée. Quand on travaille le nez dans ses pages, c’est presque impossible de prendre du recul ; il faut donc bénéficier de ce regard extérieur car il ne peut être que positif. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses dans ce type de cas, seulement un ressenti authentique. Bien entendu, il faut s’appuyer sur ses propres certitudes, mais en règle générale, les remarques ne peuvent apporter que des éléments positifs au livre, il faut absolument les prendre en compte. La collaboration reste la meilleure manière d’élaborer un récit aussi long, aussi ambitieux, car on ne peut pas prétendre réaliser un chantier aussi pharaonique uniquement seule, dans son coin.

Écrire la totalité du récit avant d’attaquer le dessin, était-ce une façon de maintenir votre émotion en continu ?

AG : Les intentions du récit sont venues naturellement, mais écrire le scénario reste une étape délicate et primordiale. Il y a beaucoup de questions auxquelles il faut apporter des réponses, et il faut que cela soit bien ficelé, car finalement, c’est le scénario qui caractérise une bonne bande dessinée. C’est toujours plus agréable si le dessin est beau, mais je trouve que cela reste secondaire. Pour moi, il y a aujourd’hui beaucoup de belles bandes dessinées qui paraissent, mais dont le scénario n’est pas toujours à la hauteur. C’est peut-être pour cela que j’aime segmenter les étapes : je ressens le besoin de tout écrire et de le valider à la virgule près, avant d’entamer le découpage de bout en bout et m’assurer que le récit reste fluide. Enfin, je peux dessiner et mettre en couleurs. Je pense que les étapes du scénario et du storyboard doivent selon moi être très cadrées avant d’entamer la réalisation pure et dure.

Une grande partie de la réussite de votre premier album tient selon moi à son rythme. Vous parvenez à faire varier les émotions et les intensités pour ne jamais laisser de temps mort et maintenir l’attention du lecteur…

MV : Le risque dans ce type de récit réside dans son « ventre mou » : entre l’élément déclencheur du début et la fin que l’on devine, il y a deux cents pages qu’il faut gérer au mieux. Il fallait éviter un faux rythme qui allait nuire à l’atmosphère. Alix a eu l’intelligence de faire rebondir l’intrigue dans différents sens, pour accélérer et ralentir le tempo, à l’exemple de la voiture de ce roadtrip, amplifié par une réflexion graphique qui joue avec ces effets de vitesse.

Comment dessinez-vous Alix ? Entièrement en numérique ?

AG : Je réalise le storyboard sur papier, dans de toutes petites cases, afin de bien visualiser les planches, puis je le transpose en numérique, car il me sert de crayonnés. Par la suite, je ne travaille qu’à la tablette, car je me suis rendue compte à l’école à quel point j’étais cadenassé par le fait de devoir tout recommencer lorsqu’on réalise une erreur sur le papier. Cette prudence m’empêchait d’expérimenter de nouvelles choses. Les outils numériques m’ont permis de progresser à grands pas en testant mes dessins sans avoir peur de les rater. J’ai donc été totalement séduite par ce médium, qui me permet aujourd’hui de travailler relativement vite tout en assurant un niveau constant. Avec deux cents pages, il faut tout de même avancer à un certain rythme pour rester rentable.

Beaucoup de choses se sont produites pendant ces deux années : je suis passée du statut d’étudiante à celui de femme active. J’ai senti comment psychologiquement j’avais quitté l’adolescence, en me sentant apaisée, et me disant : « C’est ça, la vraie vie ! », un sentiment très positif, même si j’ai le sentiment que je ne vis plus aussi intensément que pendant l’adolescence où l’on baigne dans l’hypersensibilité. La mélancolie et la tristesse viendraient presque à me manquer…

Mathias, avez-vous aussi appris des choses avec ce premier projet que vous avez porté du début à la fin ?

MV : C’était bien entendu une découverte également de mon côté. J’ai évidemment appris plein de choses, avec tous les rouages, du début jusqu’à aujourd’hui, et ce n’est bien entendu pas fini, car nous allons assurer les promotions et suivre les ventes. Encore de beaux moments en perspective ! Et d’autres albums qui suivent avec notamment Nottingham ou encore Le Tambour de la Moskova par Simon Spruyt

Quant à vous, Alix, après avoir porté aussi longtemps votre album, j’imagine que vous ressentez une sorte de baby blues… ou plutôt de BD blues ?

AG : Oui, je suis en plein BD blues. (rires) J’ai besoin de me retrouver car je ressens un peu l’angoisse de la page blanche pour la première fois. Voir l’enthousiasme que suscite l’album me réjouit bien entendu, mais me fait un peu peur dans le même temps car je ne veux pas décevoir par la suite. J’ai la chance de travailler sur le côté, ce qui me permet de ne pas dépendre financièrement de la bande dessinée. Je vais donc me laisser le temps pour trouver un nouveau projet qui me tienne vraiment à cœur, qui me transporte, pour remettre dans le bain. Même si je resterai dans la même veine, à savoir le roman graphique qui explore les émotions, les sentiments et la nature humaine.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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- La remise des prix à Quai des Bulles en 2017, dont le Prix Jeunes Talents d’Alix Garin
- Lire une précédente interview de Mathias Vincent, alors qu’il travaillait encore au Journal de Spirou avec Florence Mixhel : « Groom sera publié à raison de deux numéros par an : une rétrospective en fin d’année, et un sujet de société pour la rentrée »

Photos : Charles-Louis Detournay.

 
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53 Messages :
  • Les dessins me font penser à des croquis (style layout avec markers pour la couleur) pour un storybaord pour un dessin animé. Un peu comme si on avait publié un découpage avec de la couleur dessus. Après tout, çà quoi bon s’embêter à pousser plus loin si cette pauvreté de l’image suffit au lecteur.

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    • Répondu le 4 février à  08:12 :

      Avec en plus la chance d’avoir une autrice qui travaille à côté, c’est le Graal des éditeurs, un trait lâché, un forfait lâché, des auteurices qui ne verront pas la couleur de leurs droits d’auteurs et des livres à 25/30 euros qui n’alimentent que la chaîne du livre - éditeurs-libraires-diffuseurs. C’est ça l’avenir de la bd. Quel super modèle ultralibéral basé sur l’inégalité et les sourires de façades.

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      • Répondu le 4 février à  09:07 :

        Le bouquin est peut-être bon, vous ne l’avez pas lu. Le dessin lâché et épuré a toujours existé. Si on suit votre raisonnement, Sempé, Quino, Schulz, Feiffer, Reiser, Bretecher et tant d’autres ne valent rien.

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        • Répondu par Milles Sabords le 4 février à  09:32 :

          Il ne faut pas exagérer dans les comparaisons : laissons déjà cette jeune autrice démontrer son talent avant de l’encenser. Son style de dessin est à la mode et il n’y a rien de plus puéril qu’une mode. C’est l’éditeur qu’il faut blâmer de publier ce "dossier d’étudiante aux beaux arts". Je suis persuadé qu’elle peut faire mieux. Mais puisque les éditeurs veulent du rapide, de l’esbroufe intellectuelle avec trois bulles qui se battent en duel et en oublie le fond, le travail sur le graphisme, il appauvrissent la BD.

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          • Répondu le 4 février à  10:11 :

            Pourquoi l’encenser mais pourquoi aussi s’acharner sur elle à ce point ? Il y a 2000 fois pire dans le genre. Il faut éduquer un peu votre œil. Ce n’est pas parce qu’un dessin est épuré qu’il ne vaut rien. J’imagine que vous préférez l’hyper-réalisme. Accuser une dessinatrice d’appauvrir la bd sur un premier album, c’est vraiment n’importe quoi. Sévérité excessive et déplacée.

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            • Répondu par Milles Sabords le 4 février à  12:58 :

              Vous imaginez mal, surtout si vous vous fiez à mon pseudo. J’aime tous les styles du moment que l’on "remette cent fois son ouvrage sur le métier". Il y a trop d’albums pour lancer comme ça, sur le marché, toutes sortes "d’expériences éditoriales" en espérant décrocher la timbale. Ce n’est pas parce-que le sujet de cette autrice est "plein" de sens, que l’éditeur doit en faire un "vide" graphique et narratif. Continuez à exercer votre œil...

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              • Répondu le 4 février à  13:35 :

                Remettre 100 fois son ouvrage sur le métier, ça peut donner des résultats laborieux et très mauvais. Clairement on n’est pas chez les disciples de Jacques Martin ici. Tous les styles ont le droit d’exister. Il faut encourager les jeunes auteurs.

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                • Répondu par kyle william le 4 février à  13:49 :

                  C’est vrai que la détestation du roman graphique vire au truc un peu réac. La vérité c’est qu’il y a autant de daubes en romans graphiques que dans les vieux albums à l’a papa. Ici, la planche avec la voiture est bien composée et pleine de mouvement. Rien que ça, c’est pas donné à tout le monde.

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                  • Répondu le 4 février à  17:04 :

                    Oui, et tout ça, c’est juste une question de style et de goûts. Certains aiment les dessins poussés et réalistes, d’autres aiment les dessins épurés et nerveux, ça ne veut pas dire pour autant que certains ont meilleur goût que d’autres, ça c’est autre chose.

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                    • Répondu par l’auteur du premier commentaire le 4 février à  17:49 :

                      Vous détournez la question. Chacun ses goûts sauf que c’est la contrainte économique qui décide de ce fameux goût. Ce n’est pas un choix artistique désintéressé.

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                • Répondu par Milles Sabords le 4 février à  17:54 :

                  Tant mieux si on préfère acheter des esquisses, ça fera déjà des lecteurs. Il est vrai que LES NUISIBLES - Futuro, GRAMERCY PARK - Gallimard, les très réussi LA CHUTE - Futuro, ou les BELLEVILLE STORY - Dargaud, m’attirent plus... et ce ne sont pas des bd à la papa !

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              • Répondu par maitre Capello le 4 février à  20:33 :

                Vous imaginez mal, surtout si vous vous fiez à mon pseudo.

                Moi, en me fiant à votre pseudo j’imagine que vous avez un gros problème d’orthographe.

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                • Répondu par Milles Sabords le 5 février à  08:27 :

                  Si c’est tout ce que vous avez à relever, sauf des sujets de BD, feu "Maître Capello" ne vous a rien demandé.

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                  • Répondu par Sergio Salma le 6 février à  13:17 :

                    Une faute à Capelo là je dis non monsieur
                    Milles Sabords !

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                    • Répondu par Milles Sabords le 8 février à  07:32 :

                      Il y a plus grave dans la vie Monsieur Salma... comme le statut des auteurs BD.

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                      • Répondu le 8 février à  11:35 :

                        Mais un auteur qui fait des tas de fautes d’orthographe, ça ne fait quand même pas très professionnel.

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                        • Répondu par Milles Sabords le 8 février à  13:31 :

                          Je ne suis pas auteur... quelle drôle d’idée ! Certes, je fait le tour des festivals, je connais beaucoup d’auteurs, je suis passionné de bd, mais de là à être auteur... Quant aux fautes, vous en avez plein les messages d’internautes sur ce site, vous n’avez pas fini d’en chercher. Et les albums ? Malgré le travail de correction des éditeurs, ce n’est pas ce qui manque dans les albums.

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    • Répondu le 4 février à  08:54 :

      C’est un parti pris.

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      • Répondu par l’auteur du premier commentaire le 4 février à  14:46 :

        Celui de la facilité.

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        • Répondu le 4 février à  15:48 :

          Moi je vois des maladresses, celles d’un premier album. Pas vraiment des facilités. Ça tient du story board en effet. Si c’est au service du sujet, je ne vois pas le problème.

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          • Répondu par l’auteur du premier commentaire le 4 février à  16:22 :

            Ce n’est pas parce que vous ne voyez pas le problème qu’il y en a pas.

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            • Répondu le 4 février à  17:28 :

              J’ai dit si ça convient au sujet il n’y en a pas.

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          • Répondu par l’auteur du premier commentaire le 4 février à  17:08 :

            Le problème : est-ce le sujet qui détermine ce parti pris graphique ou la contrainte économique ?
            Si c’est la contrainte surtout économique, il me semble que c’est dommage.

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            • Répondu le 4 février à  17:32 :

              Ça vous n’en saurez rien. De Vinci aurait peut-être chiadé davantage l’arrière-plan de la Joconde s’il avait eu le temps et moins de contraintes économiques.

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              • Répondu par l’auteur du premier commentaire le 4 février à  17:47 :

                Je ne vois pas le rapport.
                Ce que je devine, c’est que la condition économique contrait le parti pris graphique. Si ce service minimum suffit, les éditeurs en sont les principaux bénéficiaires.

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              • Répondu par l’auteur du premier commentaire le 4 février à  18:40 :

                Quoique… si, il y a un rapport. Da Vinci parvient à peindre une émotion. Mais est-ce qu’avec un dessin niveau storyboard, ça suffit pour dessiner une émotion comme le regard de quelqu’un qui a Alzheimer. Le sujet est une chose, mais il ne suffit pas, son traitement (le style) est tout aussi important, voire plus. La bande dessinée est aussi un art. Pas seulement un moyen de communication. Transmettre n’est pas seulement communiquer, non ?

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                • Répondu par Milles Sabords le 5 février à  16:25 :

                  C’est typiquement le style de travail que l’on trouve sur des plaquettes de com’ en grande surfaces, dans les pharmacies, dans les magazines féminins, etc... ça n’a rien de dévalorisant puisque les éditeurs signent de plus en plus d’auteurs et autrices venus de l’illustration. Cela donne ce genre de bd "inachevée". C’est un nouveau choix de niche pour certains publics. Je préfère largement plus l’investissement sur "Gramercy Park" ou "Ailefroide". Mais comme je l’ai dit, elle a un beau style, peut mieux faire que du "Bambo - Grand Angle - sans décors". Par contre, chez le Lombard, c’est la chute depuis quelques années. Tout comme Casterman qui se prend de plus en plus pour une maison d’édition Littéraire.

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                  • Répondu le 5 février à  19:28 :

                    Salut. Que reproches-tu à Casterman ? Je crois que la diffusion reste moyenne mais apparemment c’est un éditeur qui paye correctement les dessinateurs.

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                    • Répondu par Milles Sabords le 6 février à  07:39 :

                      Ce n’est pas un reproche, c’est un constat sur le fond plus que sur la forme.

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                      • Répondu par Milles Sabords le 6 février à  09:37 :

                        J’ajoute : parce-que le fond ça n’est plus de la bd mais des "récits illustrés" pour Télérama. Et je ne suis pas plus fan que ça du style Jacques Martin pour couper court à toute attaque de classicisme.

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                        • Répondu le 6 février à  10:24 :

                          Pas compris de quoi vous parlez. Télérama ne publie pas de récits illustrés et n’accorde qu’une place minuscule à la bd.

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                    • Répondu le 6 février à  09:00 :

                      "Je crois que la diffusion reste moyenne"

                      Flammarion diffusion n’est pas une bande d’amateurs. Jetez un œil à leur site pour vous faire une petite idée de la puissance de la machine :
                      http://www.flammarion-diffusion.fr/

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                      • Répondu le 6 février à  09:23 :

                        Ça ne les empêche pas de merder. Il n’y a pas si longtemps ils étaient incapables de mettre en place un premier album. Et ils ont coulé Fluide Glacial avant le rachat par Bamboo.

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                        • Répondu le 6 février à  12:44 :

                          Proposez-leur vos talents puisque vous avez l’air d’être expert en logistique. Ils seront ravis.

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                          • Répondu le 8 février à  20:32 :

                            Merci bien. Je ne suis pas expert mais je les ai vus à l’œuvre sur mes livres.

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                  • Répondu le 5 février à  19:57 :

                    Il y a des tas d’illustrateurs sur la planète bien meilleurs et bien plus inventifs que la plupart des dessinateurs de bandes dessinées français, belges ou suisses. En revanche, oui, les illustrateurs de pub pour plaquettes publicitaires pour pharmacies, c’est exactement ça !

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                    • Répondu par autrice bd le 11 février à  07:09 :

                      Bien sûr qu’il y a énormément de personnes très douées dans l’illustration. Mais on ne fait pas de la BD comme on fait de l’illustration et inversement. Et la BD n’est pas qu’une simple suite d’illustrations. C’est là tout le problème des maisons d’éditions, on veut faire rentrer un rond dans un carré. Même si certaines personnes issues de l’illustration s’en sortent bien dans la BD et inversement aussi. Mais tout ceci reste marginal. Cette jeune autrice est à l’image du bouleversement actuel dans l’édition : des gens qui se bombardent spécialistes de la BD veulent imposer leurs vues (leurs goûts), sans attendre la maturité BD des gens qu’ils publient.

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  • Je ne dis pas que cette autrice n’a pas de talent, elle en a, je suis seulement déçu qu’elle ne s’arrête qu’à ce qui ressemble à une première étape. Elle est capable de pousser ses images plus loin. Mais voilà, il lui faudrait plus de temps et donc, plus d’argent. Je faisais part de ma frustration. Mais si cette étape suffit à la majorité des lecteurs, à quoi bon s’embêter.

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    • Répondu le 4 février à  15:43 :

      A quoi bon pousser des images plus loin si le message est passé ?

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      • Répondu par l’auteur du premier commentaire le 4 février à  16:19 :

        Le fameux message…

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        • Répondu le 4 février à  17:30 :

          Il me semble à moi qu’il y a un vrai sujet là.

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          • Répondu par l’auteur du premier commentaire le 4 février à  17:43 :

            Et ce "vrai sujet" suffit pour que le dessin pauvre ?

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            • Répondu le 4 février à  18:59 :

              Pas compris. Ce débat est une perte de temps. Chacun ses goûts. C’est un premier album, cette dessinatrice n’a rien fait de bien grave. Que vous n’aimiez pas importe peu, c’est votre droit.

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              • Répondu par l’auteur du premier commentaire le 5 février à  12:32 :

                Désolé, mais je ne crois pas être aussi définitif et catégorique que vous.

                Ce n’est pas une question de goût (j’aime/j’aime pas) mais de langage : un dessin niveau storyboard est-il suffisant pour transmettre des émotions ?
                Pas seulement utiliser le dessin comme véhicule narratif pour transporter des dialogues (communiquer) mais le dessin pour transmettre des sentiments.La couverture de ce roman-graphique est réussie et en phase avec l’actualité. Mais j’ai feuilleté les premières pages et eu du mal à entrer dans le récit. Est-ce parce que l’angle de développement du sujet ne me semble pas crédible ou parce que le dessin n’est pas assez creusé ? Je l’ignore et ça m’intrigue. Je ne suis pas critique professionnel.

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                • Répondu le 5 février à  14:13 :

                  Ça n’existe pas les critiques professionnels. Vous n’êtes pas rentré dans cet ouvrage. Vous ne ferez donc pas partie de son lectorat.

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                  • Répondu par l’auteur du premier commentaire le 5 février à  15:30 :

                    Peut-être que je ne comprends pas cet ouvrage et mon point de vue changera. La critique sert à ça aussi.

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            • Répondu par Milles Sabords le 4 février à  20:28 :

              Certes, Alix Garin (ses parents lisaient du Jacques Martin ?) ne brille pas par son travail sur cet album (sa séquence de la voiture c’est juste des travaux classique en animation Kyle, pas de quoi grimper au rideau) même si elle a un joli coup de crayon. Mais c’est aussi ce que recherche les éditeurs, des dessins faussement ratés.

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              • Répondu le 5 février à  08:00 :

                Je crois que personne n’a grimpé aux rideaux. Ah bon les éditeurs cherchent des dessins faussement ratés ? Vous en savez des trucs.

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                • Répondu par Milles Sabords le 5 février à  16:11 :

                  Et oui, j’en sais des trucs...

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                  • Répondu le 5 février à  19:27 :

                    Ooh merci de nous faire part de votre science alors. Vous êtes sûrement introduit chez tous les éditeurs.

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                    • Répondu par Milles Sabords le 6 février à  07:37 :

                      Révéler mes sources ne changera pas la face du métier.

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                      • Répondu le 6 février à  14:21 :

                        On ne vous demande pas de changer la face du métier. Mais vous êtes si péremptoire qu’on suppose que vous devez traîner chez les éditeurs.

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                        • Répondu par Milles Sabords le 6 février à  17:08 :

                          Je n’ai jamais prétendu le faire cher éditeur...

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