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Angoulême 2024 : Olivier Ledroit : « Requiem revient en force ! »

Par Charles-Louis Detournay le 26 janvier 2024                      Lien  
Après avoir réédité les onze tomes de la série, Glénat publie prochainement la suite inédite de "Requiem Chevalier Vampire" la saga d'Olivier Ledroit et de Pat Mills. Pour sceller ce retour, une exposition dédiée à la série prend place pendant le FIBD d'Angoulême. L'occasion également pour Olivier Ledroit de décerner le premier prix de son association "BD et Autisme" en exposant les lauréats, tous atteints du syndrome d'Asperger.

Pour les lecteurs qui ne connaissent pas Requiem, Chevalier vampire, précisons qu’onze tomes ont été publiés chez Nickel Productions avant la récente réédition chez Glénat…

Oui. Il s’agissait de la maison d’édition que nous avions fondée avec Pat Mills et Jacques Collin. Nous n’avons pas survécu aux conséquences de la crise de 2008. Je suis parti chez Glénat, avec Wika et Le Troisième Œil. Mon éditeur Benoît Cousin était demandeur pour que l’on reprenne la série. Et finalement, la diffusion d’un documentaire sur Requiem a relancé la série auprès de tout un nouveau public.

Angoulême 2024 : Olivier Ledroit : « Requiem revient en force ! »

L’exposition à la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Vous avez réédité les onze premiers tomes et vous préparez une suite...

Oui, avec Pat, on était partis pour faire beaucoup d’autres tomes de Requiem. Or nous voulons maintenant finir, sinon ça nous projetait beaucoup trop loin dans l’avenir. De plus, comme Requiem est une série qui a une prise sur l’actualité, il fallait revoir des éléments, car le monde a changé depuis 15 ans.

Du coup, notre scénario trouve une conclusion aux axes principaux de l’histoire. On était partis en un petit peu en roue libre, à développer notre univers, comme on le ferait dans un magazine. Là, on est revenus à quelque chose de plus structuré, bouclé en deux tomes : le douzième sort le 24 avril et le tome 13 normalement pour 2025. Par la suite, on pourrait continuer la série, mais plutôt sous la forme de one-shots. Pat est plus âgé que moi et il ne veut pas s’engager dans des cycles au long cours.

Ce grand retour s’accompagne d’une exposition à Angoulême.

Dans la Chambre du Commerce et d’Industrie, l’espace de 100 m² se veut plus immersif par rapport aux précédentes expos qui s’y étaient tenues précédemment. Il y a une bande-son et des éclairages un peu particuliers, le tout couvert par une scénographie vraiment dans l’ambiance de Requiem. Une moitié de l’exposition est une rétrospective avec des cases et des pages issues des premiers tomes. On voit également six couvertures de la nouvelle édition, de très grands formats qui font 100 x 150 cm, pleins de détails. Et la seconde moitié se focalise sur le tome 12. Il y a des objets, des sculptures, des vitrines avec des carnets de croquis et des storyboards, ainsi que plein d’autres surprises.

Vous organisez également un concours ouvert à vos lecteurs ?

Les vingt-cinq premières ou premiers qui arriveront déguisés en vampire à mes séances de dédicaces recevront une sérigraphie. J’aimerais renouer avec ce qu’on faisait précédemment avec Requiem, lorsqu’on dédicaçait dans des bars de nuit, Métal ou gothique comme le Black Dog, en nocturne de 23h à 3h00 du matin.

C’était des soirées réservées aux vrais vampires, qui portent des dents en porcelaine, avec des éléments de cosplay, c’était très marrant. Je veux donc récompenser ceux qui viendront avec des dents et du maquillage. Cela fait partie du trip de Requiem, qui est un peu underground. J’aime aussi beaucoup le cosplay. J’aimerais d’ailleurs acheter des costumes de cosplay, car je pense qu’ils seront un jour exposés dans des musées. De vrais artistes travaillent dans ce domaine : c’est une culture populaire en devenir dans nos contrées.



Acquérir et exposer des costumes de cosplay est une des missions de l’association que vous avez créée. Comment avez-vous eu l’idée de relier le fantastique au soutien aux personnes atteintes du spectre autistique ?

J’ai réuni deux projets que j’avais en tête depuis longtemps. Tout d’abord, l’aspect muséal, parce que j’ai des amis qui tiennent un musée de l’art visionnaire à Rochefort Il s’agit de Patrice "Pit" Hubert, le sculpteur qui expose au sein de l’expo Requiem. J’en parlais aussi avec un autre peintre qui aimerait fonder un musée de l’art visionnaire à Carnac, et pour ma part, ce serait à Belle-Île-en-mer. Ainsi, nous pourrions créer un pôle afin d’inviter des artistes.

Et je me suis dit que par la même occasion, ce serait bien de promouvoir le travail réalisé par des Asperger. Mon fils est Asperger et je vois comment il fonctionne. Puis ma fille qui fait des études en en école d’art, a pas mal de copains qui sont dans le spectre autistique. Souvent c’est des personnes assez brillantes. Mais leur syndrome fait qu’ils sont malgré tout handicapés, ce qui représente un frein professionnel. Ils ont besoin d’un petit coup de pouce lié à leur problème relationnel. Ils ressentent des difficultés à comprendre correctement leurs interlocuteurs.

Qu’avez-vous prévu de mettre en place avec votre association ?

Je pense qu’on organiser des réunions avec des parents de jeunes Asperger, pour que les membres de l’association qui sont aussi du spectre autistique et qui ont réussi, puissent l’expliquer et aider les plus petits. On voudrait aussi réaliser une expo dans un restaurant associatif tenu par des handicapés. Ce sera l’occasion d’organiser un débat, parce que tous les parents de d’Asperger ont aependant priori les mêmes angoisses. Car rencontrer des Asperger de 30 ans qui commencent à percer, s’apparente à un bel espoir pour des familles. Ce ne sont pas des événements de grande envergure, mais ça me plaît de le faire à mon humble niveau. Nous ne sommes qu’une toute petite structure et Angoulême est la vitrine rêvée pour en parler.

Vous remettez un prix de votre association ce samedi lors du festival.

Nous avons effectivement ouvert un concours aux personnes atteintes du spectre autistique. Le thème de cette première année est les vampires, en lieu avec l’exposition en cours à la Chambre du Commerce et d’Industrie. C’était notre manière de promouvoir le travail des Aspeger, de les aider à se faire connaître. Ce n’est pas facile pour tous de faire le déplacement, mais Juliette Blanchot viendra recevoir son premier prix, et Hélène Le Dauphin, également lauréate, sera aussi présente.

Raconter une histoire en une seule planche reste une gageure, mais nous voulons surtout montrer qu’il n’y a pas de différence entre leur travail et ceux qui ne sont pas atteints du même syndrome.

Est-ce que les gagnants sont déjà des professionnels ?

Trois d’entre eux le sont. Le talentueux Vincent Jolivelle est encore étudiant aux beaux-arts. Quant au dernier, Samuel Vincent, il réalise de la bande dessinée à compte d’auteur qu’il vend dans son food truck, en même temps que ses crêpes. Bien sûr, cela m’a plu car il a un profil assez atypique. Toutes les planches des lauréats sont présentes dans l’exposition Requiem et j’invite tous les festivaliers à venir les admirer.

Propos recueillis par Charles-Louis Detournay.

Les lauréats du concours :

Le premier prix va à Juliette Blanchot
Le deuxième prix va à Coline Clerbois
par Hélène Le Dauphin (troisième prix)
par Samuel Vincent
par Ambre Bétrix

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN :

Exposition Requiem Chevalier Vampire à la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Photo d’Olivier Ledroit et de l’exposition : Charles-Louis Detournay.

Glénat ✏️ Olivier Ledroit à partir de 13 ans Fantastique Angoulême 2024
 
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