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Bruce J. Hawker, la série marine de William Vance, trouve un repreneur

  • Nous apprenons que Bruce J. Hawker, héros corsaire du XIXe siècle, s’apprête à retrouver un second souffle, après un septième album publié en 1996 par le duo Vance et Duchâteau. Le scénario du huitième opus sera assuré par Christophe Bec ("Sanctuaire" et "Carthago" aux Humanoïdes associés, "Prométhée" chez Soleil…) et le dessin par Carlos Puerta ("Adamson" chez Delcourt, "Maudis sois-tu" chez Ankama, "Baron rouge" chez Zéphyr…).

Il semblait incroyable que Bruce J. Hawker, la série-phare du dessinateur William Vance chez Le Lombard, reprenne un jour les flots. Lui qui s’était fait connaître au dessin des blockbusters Bruno Brazil, XIII et Marshal Blueberry confiait apprécier énormément Bruce J. Hawker, mais n’avait jamais eu l’occasion d’en scénariser, comme il le souhaitait, un huitième tome.

Emporté par la maladie d’Alzheimer en 2018, Vance laissait derrière lui une saga mythique commencée en 1979, d’abord seul puis reléguant le scénario à André-Paul Duchâteau pour se consacrer au dessin. La mort de ce dernier en 2020 laissait croire à la fin définitive de la saga du corsaire anglais.

Des premières rumeurs faisaient cependant état d’une reprise de la série par le beau-frère de Vance, le dessinateur Felicísimo Coria, sur un nouveau cycle intitulé « Signal 314 », sans que rien ne se concrétise. Finalement, la détermination des enfants et héritiers de Vance, Patricia et Eric Van Cutsem, soutenus par l’éditeur du Lombard Gauthier Van Meerbeeck, auront eu raison de l’interruption prématurée de la série. Un nouveau tome sous forme de diptyque, intitulé « L’Œil du marais » et « La Croix de Ross », devrait bientôt voir le jour.

On ne peut que souhaiter le meilleur à ce nouveau départ, confié aux mains expertes de Christophe Bec, vétéran des bandes dessinées d’exploration et fan avoué de la série d’origine.

(par Auxence DELION)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon : © Christophe Bec et Carlos Puerta / Le Lombard

 
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23 Messages :
  • le dessin est basé sur des photos ? on dirait vu le réalisme des plis des vêtements.

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    • Répondu le 2 août à  14:10 :

      Non. La grande majorité des dessinateurs réalistes utilisent la photo, mais ce n’est pas spécialement le cas de Carlos Puerta, qui a plutôt un style rappelant les grands illustrateurs du XIXe siècle.

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      • Répondu par Milles Sabords le 2 août à  15:40 :

        C’est évident qu’il travaille d’après photo, voir, de modèle vivant, comme pas mal de dessinateurs réalistes. Cela n’enlève rien à son talent. Dommage que le choix de l’éditeur s’est plus porté sur un style "pictural" plutôt que "tracé", ce qui permettait de rester dans l’esprit du travail de Vance et ses fabuleux n&b aux jeux de lumières subtils.

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        • Répondu le 2 août à  17:04 :

          Non c’est pas si évident que ça en ce qui le concerne. Il a pu se nourrir de dessin de modèle vivant autrefois et recracher tout sans documentation. Beaucoup de grands dessinateurs réalistes en sont capables avec l’expérience acquise.

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          • Répondu le 3 août à  07:03 :

            Évidemment qu’il utilise la photo ! La mémoire humaine est trop synthétique pour retenir autant d’informations visuelles et les recracher avec l’exactitude d’un cliché photographique.

            Je parie que si vous visionnez "Les révoltés du Bounty", "Le Bounty" ou des films du genre, vous trouverez exactement les photos qui ont servi à produire l’image illustrant cet article.

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            • Répondu le 3 août à  08:21 :

              Vous confondez. C’est l’album « Capitaine Bligh » sorti chez Robinson cette année qui est entièrement basé sur des photos, notamment celles des films sur la Bounty. Dans le cas de cette reprise de Bruce J. Hawker, il faudrait voir plus d’images pour en juger. L’image ci-dessus ne ressemble pas à une photo.

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          • Répondu par Milles Sabords le 3 août à  07:42 :

            La mémoire est une chose, la retranscription une autre. On ne peut pas tout emmagasiner très précisément dans son esprit. C’est aussi pour cela que Gillon s’inspirait de photos pour alimenter son imaginaire, comme Giraud d’ailleurs (voir documentaires sur Youtube). Il en est sûrement de même pour Puerta et c’est tout à fait normal. Peu importe la méthode, le génie créatif reste intact.

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            • Répondu le 3 août à  08:17 :

              D’un côté certains estiment qu’un vrai dessinateur réaliste n’a pas besoin de photos, ce qui est faux. De l’autre côté, certains généralisent en disant que tous les dessinateurs réalistes utilisent des photos constamment, ce qui est faux aussi.

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            • Répondu le 3 août à  08:19 :

              Bien sûr qu’il n’est pas interdit d’utiliser la photo et des modèles. Mais croire qu’un cerveau humain peut avoir une mémoire photographique absolue, c’est naïf. Nous sommes des être de langage(s), et le dessin est un de nos langages. Le propre d’un langage est de pouvoir retranscrire le réel ou plutôt, l’impression que nous nous faisons d’une réalité par séquençage. C’est-à-dire que nous choisissons des éléments pour reconstituer un tout, donner l’impression du vivant. Notre mémoire est sélective comme nos langages sont sélectifs. Comme pour écrire, nous utilisons des lettres pour former des mots et des phrases. Pour dessiner, c’est pareil, nous assemblons des éléments simples, symboliques et abstraits. À partir de ces éléments simples, les combinaisons sont infinies mais nous ne pouvons pas tout retenir parce que nous devons choisir ce que nous voulons exprimer. Un cliché photographique saisit sans réfléchir tout ce que la lumière lui permet d’attraper. Même si le photographe est brillant, il ne décide pas de la totalité des détails d’une image alors que le dessinateur, décide de chaque petits détails. Si un photographe retouche son image, il procédera un peu comme un peintre ou un dessinateur. Il cherchera à contrôler, redéfinir, penser chacun des détails.
              Et donc, la force du dessin, est de pouvoir exprimer autre chose que le réalisme photographique. Un dessin a cette dimension immédiatement abstraite qui existe dans l’écriture. Pouvoir dire une émotion, un sentiment, une impression. Pas seulement reconstruire un instant de réalité qui n’a jamais existé. Le dessin réaliste en bande dessinée me touche moins que le dessin de Charles M. Schulz parce qu’à force de détails, il s’écarte de ce qui est l’essence de la bande dessinée : un langage.
              J’ai horreur du dessin réaliste en bande dessinée parce qu’il ne m’enseigne rien du réel à part de l’anecdote formelle.

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            • Répondu le 3 août à  08:21 :

              oui en effet le génie est toujours là, ma question initiale était juste pour savoir, en aucun cas pour dénigrer je précise.
              c’est parce que les plis me semblent tellement réels, comme quand on "décalque" des bâtiments d’après une photo par exemple, même si le trait est "libre" : on sent la photo derrière.

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            • Répondu le 3 août à  08:35 :

              Beaucoup de dessinateurs réalistes utilisent la photo pour documenter leurs décors, mais pas pour dessiner les personnages : Hermann, Tardi, Cosey, Pellerin pour citer les plus fameux. D’autres ont utilisé le modèle vivant constamment pour leurs personnages comme Jacobs. D’autres avaient tellement intégré le dessin académique qu’ils le recrachaient ensuite sans modèle, Alex Raymond, Paul Gillon… D’autres comme Neal Adams n’utilisent la photo que pour les visages. Giraud mélangeait toutes les techniques, beaucoup de doc-photo pour les poses complexes, les chevaux et les décors énormément de dessin d’imagination pour tout le reste. Alex Toth théorisait qu’il fallait, pour ajouter une touche de réel, concevoir une vignette d’après photo par planche. Il utilisait la photo pour les voitures et les avions. Jordi Bernet dessine presque tout de mémoire. Pratt aussi le faisait, mais ses assistants Viannelo et Fuga lui faisaient ses voitures, décors et même chevaux à la fin. Tout existe et tout est permis en fait.

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              • Répondu par Milles Sabords le 3 août à  16:34 :

                Vous vous trompez ; dans un documentaire on voit bien Gillon qui explique comment il travaille d’après photo (pour mémoire il retranscrit la photo d’une jeune femme d’après un livre) et dans son atelier sous les combles de sa maison, il y a des rayons entiers d’étagères avec livres et documents. Une fois de plus, cela n’enlève rien aux talents de tous ces artistes. La seule chose qui me chiffonne, c’est lorsque on calque directement la photo pour l’utiliser telle quelle, sur sa planche, sans y apporter de la créativité ou autre chose de différent. Contrairement à l’avis d’un intervenant sur ce forum, le dessin réaliste en BD, peut atteindre des sommets d’ingéniosité qui apporte autre chose qu’une copie du réel, et parfois même, le magnifie. L’école graphique façon "Peanuts", c’est autre chose. L’un n’est ni moins bon, ni meilleur que l’autre.

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                • Répondu le 4 août à  07:04 :

                  Gillon utilisait les photos ponctuellement comme Giraud, à la façon des peintres classiques qui travaillaient sur modèle. Après des années de pratique, chercher une photo pour chaque image n’est plus nécessaire et prend trop de temps. Tito, lui, travaille tout sur photos.

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                • Répondu le 4 août à  07:13 :

                  Je prends les Peanuts comme exemple pour simplifier mon discours. Je laisse un commentaire, je ne poste pas un mémoire. Ce que je veux dire, c’est que trop souvent sur ce forum, les commentaires s’attachent au dessin, à l’anecdote et ne parle jamais de ce qui est l’essence même de la bande dessinée : le passage d’une image à l’autre, la narration. C’est un peu comme si on ne parlait que de la qualité de la photographie pour définir un film. Qu’un dessin soit plus ou moins réaliste, que tous les poils d’une barbe soient dessinés dans le bon sens ou pas, c’est seulement de la forme ! Si un dessinateur veut utiliser des photos pour s’exprimer, qu’il le fasse ! Mais au final, si un dessin réaliste est très bien exécuté, très académique mais qu’il ne transmet aucune émotion (et c’est souvent le cas), c’est raté.

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                  • Répondu par Milles Sabords le 4 août à  17:25 :

                    Si vous trouvez le dessin académique raté, c’est que vous n’y avait rien compris. Il y a de grands maîtres dans ce domaine, qui ne se contentent pas seulement de restituer au poil près une barbe. On ne peut pas comparer le cinéma à la BD, les deux ne jouant pas avec les mêmes codes. D’ailleurs, certains dessinateurs devraient mieux vérifier la documentation qu’ils utilisent : dans le prochain Barbe-Rouge (pour rester dans le maritime - voir site Dargaud), planche 9, case 5, dans le fond de la case à droite, Carloni a carrément dessiné Marat dans sa baignoire pour rajouter de l’ambiance à une scène de combat ! Y a mieux comme doc. Et pourtant, Carloni fait dans le semi-réaliste, mais il lui faut bien de la doc !

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                    • Répondu le 5 août à  09:39 :

                      La bande dessinée ce n’est pas QUE du dessin et encore moins un concours du meilleur dessinateur réaliste. Vous ne vous focalisez que sur l’exercice de gonflette d’adolescent qu’est le dessin académique. Vous ne voyez que ça ! C’est vous qui n’avez rien compris à mes propos. Je ne trouve pas le dessin académique raté. Je me suis assez cogné de cours de dessin académique, de perspective et d’anatomie pour savoir répondre à cet exercice. Je dis que ce n’est pas cette démonstration de technique qui fait la qualité principale d’un auteur de bandes dessinées ni la qualité principale d’un bon dessin. Mais vous avez votre manière toujours aussi rigide et définitive de tout juger et impossible de vous faire voir le monde autrement. Ça ne sert à rien d’essayer de vous expliquer quelque chose parce que vous ne voulez pas faire d’effort.

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                      • Répondu le 5 août à  11:28 :

                        Calmez-vous, voyons. On n’adore pas le dessin académique pour le dessin académique. Tous les grands artistes que j’ai cité Moebius, Gillon, Toth, Bernet, Cosey, Hermann etc sont tous aussi des maîtres de la narration. Ils ne dessinent pas bien seulement pour faire de belles images, mais aussi et avant tout pour raconter des histoires.

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                        • Répondu le 5 août à  17:38 :

                          Alors pourquoi se focaliser aussi souvent sur le dessin dans ce qu’il a de plus technique et académique ?
                          La qualité du dessin. Pas de la narration, de l’anecdote du dessin. Par exemple, des plis tellement bien tracés au bon endroit et en nombre qu’on croirait de la photo. Ça ne signifie pas grand chose de plus mais c’est joli et ça ressemble a du vrai. On se croirait au collège.
                          C’est comme si on jugeait la qualité d’un film en ne parlant que de la photo, des décors et des costumes des acteurs.
                          Et les auteurs que vous citez, excusez-moi mais leur maîtrise de la narration hérite plus de la transposition des moyens cinématographiques sur papier que de la narration propre à la bande dessinée. Cosey est le seul qui sort un peu du lot parce qu’il utilise les moyens propres de la bande dessinée.

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                          • Répondu par Milles Sabords le 6 août à  06:40 :

                            Cosey, il fait comme Herman, Juillard, Gillon, Tito, Vance, Bonhomme, Vallée et tant d’autres, ni plus ni moins. Très franchement, vous vous enfoncez de plus en plus dans vos contradictions...

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                          • Répondu le 6 août à  06:50 :

                            Pas d’accord avec vous. Cosey est un narrateur génial mais les autres que j’ai cité aussi. De toute façon je ne m’intéresse qu’à la crème de la BD. Les mauvaises BD représentent 80 % de la production et elles me tombent des yeux.

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        • Répondu par Jarvis le 3 août à  08:45 :

          En effet, avec Puerta, l’ambiance visuelle de la série change beaucoup. Dommage que l’éditeur n’ait pas opté pour la continuité. Mais peut-être que ce diptyque est un "Bruce J. Hawker vu par..." ? Dans ce cas, pas de souci.

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          • Répondu par Christophe Bec le 3 août à  12:06 :

            On se place effectivement plus dans cette optique là. Même si en premier lieu j’avais envisagé de reprendre le scénario entamé par Vance. Mais je me suis vite aperçu que ça lui était très personnel et j’aurais eu un sentiment de trahison. D’où un script original pour de nouvelles aventures, disons… en espérant que l’esprit d’Hawker soit conservé. Les lecteurs en seront jugés.

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