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« Chroniques diplomatiques », un passionnant thriller diplomatique au Lombard

  • "Chroniques diplomatiques" est une des heureuses découvertes de la Rentrée 2021. Dans le premier volume de cette nouvelle série associant Tristan Roulot et Christophe Simon, les archives déclassifiées du Quai d’Orsay servent de support à de passionnantes intrigues.

Un mec au nom apparemment rigolo, Gottlieb, pas le fondateur de Fluide Glacial, mais plutôt Carl Philipp Gottlieb von Clausewitz, le fameux théoricien militaire prussien, professait que « La guerre n’est que le prolongement de la politique par d’autres moyens. » L’inverse est vrai aussi : la politique est le prolongement de la guerre par d’autres moyens. Cette nouvelle série du Lombard en est l’illustration. Mettant en scène des diplomates, elle éclaire d’un jour nouveau des événements historiques que l’on croyait connus, comme ici les ressorts d’une lutte à mort pour le contrôle de puits de pétrole en Iran en pleine Guerre Froide.

« Chroniques diplomatiques », un passionnant thriller diplomatique au Lombard
Dans la BD, des figures historiques, comme ici le Premier Ministre Mossadegh. Un coup d’état le menace...
© Le Lombard

De fait, nous sommes en 1953, à Téhéran. Un jeune diplomate, Jean d’Arven, entre en poste comme ambassadeur de France. Il est le plus jeune ambassadeur de sa promotion. Il est accompagné de son meilleur ami, Jacques, bien moins brillant, devenu son garde du corps et chauffeur personnel, davantage adepte de manœuvres un peu plus discrètes, pour ne pas dire secrètes… Ils se connaissent bien : ils étudiaient sur les mêmes bancs à la faculté des langues orientales de Paris.

Dans cette région du monde, jadis appelée la Perse, on a découvert depuis 1908 les plus grandes réserves de pétrole du monde. C’est dire si l’enjeu est stratégique, prolongement d’un « Grand Jeu » qui opposait depuis un siècle l’Angleterre et la Russie dans la région. Durant la Seconde Guerre mondiale, Reza Shah, le père du dernier Shah d’Iran, proclame que son pays est un pays neutre, ce qui lui permet de fournir du pétrole à l’Allemagne nazie. L’Angleterre et l’URSS contraignirent le monarque à abdiquer en faveur de son fils, Mohammad Reza Pahlavi plus accommodant avec les Alliés. En 1943, il déclare même la guerre à l’Allemagne, ce qui lui permet d’intégrer les Nations Unies, tandis que la fameuse Conférence de Téhéran entre Churchill, Roosevelt et Staline, confirme notamment l’indépendance du pays. Arrive la Guerre Froide et notre histoire.

© Le Lombard

La première opération internationale de la CIA

La France, l’Angleterre, mais surtout les USA s’intéressent de très près aux réserves pétrolières du pays, d’autant que les Soviétiques, par l’intermédiaire du Parti Communiste iranien, le Tudeh, déstabilisent le régime et tentent de créer un Azerbaïdjan iranien et même une république du Kurdistan à leur botte.

Le Premier Ministre Mossadegh profite de ces rivalités entre grandes puissances pour nationaliser l’exploitation du pétrole iranien. C’est là que les Français ont une carte à jouer en apportant de la technologie en échange de concessions auprès de ce nouveau producteur de pétrole indépendant. L’album montre les liens entre la diplomatie française et le régime de Mossadegh.

Mais celle-ci doit composer avec des compagnies pétrolières hexagonales qui n’hésitent pas à se tirer dans les pattes entre elles. Mais ni les entreprises, ni la chancllerie n’ont anticipé le coup d’état mené par la CIA, dont c’est la première action dans l’après-guerre, qui installe la dictature du Shah sur la région. Nos héros sont au cœur de cette bataille géostratégique.

Une histoire qui a des répercussions jusqu’à aujourd’hui...
© Le Lombard

Cet album est formidablement dessiné par Christophe Simon dont le dessin classique -c’est un ancien assistant de Jacques Martin, le dessinateur d’Alix et de Lefranc- s’est amélioré encore depuis qu’avec son Corentin, il a infléchi son dessin vers celui de Paul Cuvelier. Une preuve de son savoir-faire ? Cette couverture très réussie, avec son effet de gravure en taille-douce, comme sur les billets de banque.

C’est surtout un récit très bien raconté par Tristan Roulot qui avait déjà tâté de la géopolitique dans son thriller financier Hedge Fund et qui s’appuie, pour cette histoire, sur les archives déclassifiées du Quai d’Orsay avec une remarquable réussite. Une passionnante nouvelle série que l’on suivra avec intérêt.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Chroniques Diplomatiques T.1 : Iran 1953 - Par Tristan Roulot et Christophe Simon - Le Lombard

 
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17 Messages :
  • Chacun ses goûts mais je ne trouve pas du tout que ce soit formidablement bien dessiné. Il y a vraiment une crise du dessin académique dans la bande dessinée. Non seulement c’est un style qui n’intéresse plus beaucoup les lecteurs. Mais ceux qui le pratiquent encore sont infiniment moins forts que leurs prédécesseurs des années 40 à 70. Et il semble même que les critiques BD les plus éclairés aient perdu leur lucidité dans leur appréciation de ce style. Il faut d’urgence enseigner à nouveau le dessin et l’histoire de l’art dans les écoles.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 21 septembre à  20:25 :

      Tiens, revoilà notre décliniste de service. Vous n’avez pas dû bien regarder le travail de Christophe Simon. Il est déjà moins raide que Jacques Martin dont il a été l’assistant, il faut bien en convenir. Et il a appris de Cuvelier, LA référence académique de la BD belge ça se voit. Comme référence, ça se pose un peu là. Et puis il reste de très bons artisans, Philippe Francq ou Yslaire au hasard. Franchement, vos préventions ne sont pas fondées.

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      • Répondu le 21 septembre à  22:20 :

        Encore une fois c’est affaire de goût. Les noms que vous citez sont déjà des dessinateurs anciens. Francq n’a jamais été un grand dessinateur à la différence d’Yslaire qui l’a été un temps, mais c’est fini depuis longtemps. Jacques Martin, qui était certes raide, était bien supérieur au lointain disciple que vous défendez ici. Je ne parle pas de déclin mais de crise du dessin académique. Je ne vois aucun jeune auteur au niveau de Paul Gillon, Alex Raymond, Milton Canniff, Noel Sickles, Joseph Gillain ou même Jean Giraud, qui est plus facile à imiter, sauf que personne n’y arrive… surtout pas le maniéré Ralph Meyer.

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      • Répondu par Milles Sabords le 22 septembre à  07:02 :

        Je rejoins le précédent avis ; même si Simon fait du bon boulot, il n’a pas encore la fluidité d’un Cuvelier dans la posture de ces personnages. Différentes erreurs dans le traitement des plis de vêtement ou des visages, nuisent également à l’ensemble. Certaines perspectives aussi ; dans une case ou le personnage principal s’agenouille devant un enfant, la mère de l’enfant qui est juste à côté à l’air d’une naine ! La colorisation aurait du être plus moderne, histoire de dépoussiérer l’ensemble. Le Lombard a pris le risque de se couper d’un jeune lectorat, à vouloir ne séduire qu’un public nostalgique de ce type de BD. Sauf que les nostalgiques (dont je suis) aiment aussi un peu plus de modernité, car nous ne vivons pas dans le formol. Le dessin académique requiert un rendu sans faille, et peu aujourd’hui en sont capables, à part Juillard, Pèlerin, Boucq, Meyer, Bonhomme... Simon est sur la bonne voie, encore un petit effort.

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        • Répondu le 22 septembre à  09:07 :

          Pèlerin, Juillard, Boucq sont des anciens. Parmi les jeunes, Bonhomme est un bon mais il est très seul. Meyer est un bon encreur, pas un grand dessinateur. Bertail est un bon autodidacte mais ses images manquent encore de force. Le problème est là : la plupart sont des autodidactes. On n’enseigne plus le dessin.

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          • Répondu par Milles Sabords le 22 septembre à  10:46 :

            Meyer n’est pas mauvais, tout comme Taduc, Vallée, Armand, Aymond, Démarez, Thibert, en cherchant bien on en trouve des bons...

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            • Répondu le 22 septembre à  16:25 :

              Hum ! Je ne suis pas certain que le dessin de Jacques Martin soit raide. Je vous invite à l’étudier …

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              • Répondu le 23 septembre à  10:00 :

                Plus raide que certains mais beaucoup moins que la plupart de ses imitateurs. Dans son domaine précis, Martin était un maître. Mais on ne parle ici que de dessin académique. Pour démontrer que je ne suis pas déclinologue, je précise qu’il y a beaucoup de dessinateurs et dessinatrices non-académiques et actuelles que j’admire : David Prudhomme, Laureline Mattuissi, Manuele Fior, Marino Neri, Giaccomo Nanni, Merwan, Bastien Vivés, et toujours Blutch, De Crecy, Jorge Gonzalez etc.

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  • Intéressantes réflexions, mais un tantinet absurdes . Je ne vois point de déclinisme là-dedans je vois bien pire. Heureusement que vous citez les uns les autres les dessinateurs qui ont selon vous la stature de classiques. Mais quelle erreur quand même ! Quelle erreur ( voire horreur) d’appréciation de ne voir sans cesse la bande dessinée pour en isoler le dessin. Hal Foster était un immense dessinateur mais niveau BD c’était pas grand-chose, simplement parce qu’il était un illustrateur égaré dans cette industrie, comme Follet ou même Cuvelier. Tous ces merveilleux faiseurs d’images avaient un souci avec la narration, non pas qu’ils ne savaient pas y faire au niveau technique , il suffit de peu pour comprendre la mécanique mais simplement parce que leur ambition première était de tout dire dans chaque dessin et non pas d’aligner 5, 30 ou 100 pages pour dire quelque chose. Ces personnes talentueuses d’ailleurs dès que possible s’adonnaient à la peinture ou à l’illustration et quittaient la discipline BD pour aller respirer, la preuve qu’ils étouffaient.

    "Je ne vois pas de Noël Sickles ni de Alex Raymond aujourd’hui ". Mais HEUREUSEMENT ! Quelle thèse absurde ! Moi en tant qu’amateur de peinture je ne vois pas d’équivalent de Ingres, de Gérome ou du Caravage en 2021. Quelle tristesse aussi d’aller imaginer que si on enseignait le classicisme dans les académies, on ferait ressurgir des Titien et des Vermeer ! ça relève presque de l’idiotie.

    Désolé mais je trouve du plaisir à voir d’immenses dessinateurs ou dessinatrices d’aujourd ’hui ( on n’a pas parlé de Wendling) mais il se peut, chers amateurs éclairés que les immenses artistes du dessin ou de la couleur justement ne soient pas dans la bande dessinée mais dans l’illustration , la peinture ou l’animation. Que viendraient-ils y faire ? On a déjà un million de sorties par an.

    Et je plains nos amis du passé car je ne vois pas de Peter de Sève, de David Prudhomme, de de Crécy, de Ware et encore moins de Sylvain Marc dans leur environnement , c’est triste pour eux.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 28 septembre à  14:22 :

      Sans compter ce mépris pour les autodidactes. Bon nombre de génies de la BD dans le siècle : Hergé, Tezuka, Franquin, Goscinny, Uderzo... sont des autodidactes.

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      • Répondu le 28 septembre à  15:30 :

        Toute la conversation tournait autour du dessin académique, et non de la bande dessinée. Il y a un recul du dessin classique qui n’est plus guère enseigné, c’est incontestable. Par ailleurs, écrire comme le fait Sergio Salma que les grands dessinateurs que j’ai cité ne savaient pas raconter d’histoires est une injure à leur mémoire. Noel Sickles, Milton Caniff, pour ne citer qu’eux, étaient d’immenses narrateurs en plus d’être de très grands dessinateurs.

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        • Répondu par Sergio Salma le 30 septembre à  12:51 :

          Aaah ok autour du dessin académique en général , pardon, je croyais qu’on était sur un site dédié à la bande dessinée.

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      • Répondu par Milles Sabords le 28 septembre à  18:04 :

        N’oublions pas également l’excellente Anne Renaud (disparue des radars de la BD ?), découverte lors d’un concours "Pavillon Rouge" de Delcourt. De toute façon, il faut les 2 : un solide dessin et un réel sens de la narration.

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    • Répondu par kyle william le 28 septembre à  20:08 :

      La phrase exacte du monsieur était "Je ne vois aucun jeune auteur au niveau de Paul Gillon, Alex Raymond, Milton Canniff, Noel Sickles, Joseph Gillain ou même Jean Giraud,". Il parle de leur niveau en dessin académique qui n’existe plus aujourd’hui en effet. Il ne parle pas du tout de la pertinence qu’il y aurait ou pas à avoir encore ce genre d’artistes parmi nous à notre époque. Il ne faut pas lire trop vite les posts, sinon on comprend de travers.

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    • Répondu par Philippe Wurm le 28 septembre à  22:55 :

      Traiter Follet et Cuvelier d’illustrateurs égarés dans l’industrie de la BD. C’est un peu Fort !?!
      Comme s’ils n’avaient pas le sens de la narration par l’image ? Comme s’ils étaient de beaux dessinateurs qui ne comprenaient pas l’art séquentiel qu’ils pratiquaient ? Comme s’ils n’avaient pas été capables d’avoir produit de grands livres ?
      C’est vraiment une insulte de les traiter ainsi.
      C’est voir la BD par la seule lorgnette de l’underground.
      C’est vraiment dommage de mépriser ainsi de si grands auteurs.

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      • Répondu par Milles Sabords le 29 septembre à  06:53 :

        D’autant plus que l’underground avant, c’était du fanzina. Un genre dans lequel les gens se faisaient la main quel que soit leur style graphique, une école d’apprentissage de la BD pour parfaire son sens de la narration avant de pouvoir convaincre un éditeur. Aujourd’hui, l’underground est publié tel quel et ça ne relève pas le niveau. A côté de cela, les éditeurs semblent avoir définitivement abandonner le dessin réaliste pour produire du dessin mou et infantile. Beaucoup d’auteurs n’aiment pas la contrainte des cases, mais le talent c’est de savoir magnifier cet exercice, comme pour Follet, Cuvellier, Gaty, Buzzeli, Parras, Alfonso Font, Tacconi, Crespin, Don Lawrence, qui ont su, bien avant la mode du roman-graphique, "destructurer" leurs planches.

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      • Répondu par Sergio Salma le 30 septembre à  11:10 :

        Houlà ! Que de malentendus. Insulter ?! vlà aut’chose. Je n’ insulte ni eux ( ils ne sont plus là ) ni leur mémoire. Et merci de bien me lire les uns les autres ; je considère Follet comme un très grand illustrateur et j’ai lu beaucoup de ses albums ( favori : SOS Bagarreur ) ; je prends le risque de séparer les disciplines mais c’est vrai que c’est mal vu ( faites pas cette moue désapprobatrice ) . Des dessinateurs géants il y en a des centaines, inconnus du monde le bande dessinée , ils sont dans d’autres domaines ; régal pour les yeux dans les illustrations d’articles, les publicités , les affiches de toutes sortes...

        Il est de notoriété publique que Cuvelier a fait une belle carrière ( inspirante pour beaucoup) mais qu’il était naturellement attiré par autre chose , la bande dessinée fut une opportunité pour beaucoup ; je vois pas d’insulte là-dedans ; sauf si ça agresse votre propre point de vue. Et merci aussi de bien me lire, je ne classe pas Sickles ou Caniff dans les égarés, ce sont de purs génies de la narration ( surtout Caniff ). Je m’amuse aussi de cette petite différence : il y a des narrateurs qui dessinent bien et des bons dessinateurs qui racontent bien. Figuration narrative, narration figurative. (Aïe ! pas sur la tête ) . Sickles et Caniff sont de bons exemples. Caniff est LE narrateur pur et en plus qui "dessine bien" . Alex Raymond idem... Dans les réalistes très chics et classieux, ils se posent là mais comme souvent on ne retient qu’eux alors qu’il y en avait d’autres qui, faute d’avoir créé un personnage ou un univers traversant le temps, ont un peu disparu dieu que cette phrase est longue .

        Et Alex Toth, Cicuendez, des Italiens ,des Espagnols , plein. ( pourquoi vous faites non avec la tête en faisant pfff ?) . Foster je maintiens qu’il faisait une bande dessinée illustrative, très belle évidemment, ses planches , leurs planches sont magnifiques ! Oeuvres d’art. Et Philippe, je ne comprends pas trop ton allusion à l’underground, ce qui n’est pas classique pour toi est underground ?! En 1946, bonne date, le journal Tintin qui met dans ses pages Cuvelier et Hergé. Premier coup d’oeil Corentin évoque un graphisme des années 1900 ; est-ce un mal ? Non. Hergé était-il underground ? Non plus ( quoique...) Il a d’ailleurs fait savoir à Cuvelier qu’il était un immense dessinateur. La différence fondamentale est ( peut-être) à chercher dans leurs envies respectives, Corentin dessinait déjà le passé ( s’y réfugiant ?) et Hergé dessinait son présent.

        La qualité du dessin pour moi est définitivement secondaire ( restez calmes) , et là encore tout cela mériterait des développements . Pardon d’avoir toujours aimé cette approche, j’ai ainsi dès l’enfance préféré Macherot à Graton ( c’est autorisé par la loi ! ) .Même si j’ai lu avec passion Michel Vaillant. Aah Km 357 et le retour de Steve Warson !...

        Dans les réalistes, comment oublier le travail de Hermann ! Auteur complet parfait dans le sens où il y a eu chez lui un plaisir évident de dessin, un plaisir fou et en même temps son propos était dans ce qu’il racontait il a d’ailleurs vite lâché Greg , si vous ne saisissez pas la nuance que je veux exprimer , tant pis je renonce haha pas grave de ne pas être compris.( N’envoyez pas de tueurs OK ? )

        Et pour conclure , je ne méprise personne, c’est la passion ( oserais-je le mot "amour" , on ne rit pas ! ) de la bande dessinée sous toutes ses formes qui me guide.

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