Contre le confinement, les plus grands éditeurs de BD du monde imaginent "Tin Can", le plus grand crossover de l’histoire de la bande dessinée

1er avril 2020 11 commentaires
  • L'idée est venue d'une poignée de créateurs américains qui imaginaient "sauver l'industrie" en invitant Marvel et DC à faire LE crossover du XXIe siècle. Elle remonta jusqu'à Burbank où Disney, se rappelant son joint-venture avec Glénat où les aventures de Mickey s'illustraient sous la plume d'auteurs français, imagina d'étendre ce crossover jusqu'à l'Europe, où Jacques Glénat, éditeur de "Dragon Ball" et de "One Piece" pensa inviter les Japonais. Voici comment les éditeurs de bande dessinée de la planète, confinés dans leur appartement, imaginèrent le plus grand crossover de BD de tous les temps : "Tin Can".
Contre le confinement, les plus grands éditeurs de BD du monde imaginent "Tin Can", le plus grand crossover de l'histoire de la bande dessinée
© Pinterest / DR.

L’annonce a de quoi faire trembler les cases. Si la bande dessinée a depuis longtemps adopté le principe du cross over, aucun n’était jusqu’alors aussi ambitieux que Tin Can, la grande réunion de tous les héros du 9e art. Les lecteurs ont longtemps rêvé de découvrir la rencontre de Superman et Popeye, de Picsou et Largo Winch, de Naruto et des Schtroumpfs, et ce n’est plus qu’une question de temps avant de voir tout cela se concrétiser dans des albums.

L’entame est écrite par Chris Claremont, le scénariste du meilleur run des X-Men. Il imagine un monde frappé par un virus mortel, le plus redoutable de la galaxie, inventé par Galactus pour détruire le genre humain (toute ressemblance avec l’actualité serait purement fortuite). Confinés, tous les super-héros du monde ne peuvent sortir de chez eux. Dès lors, le Professeur Xavier des X-Men va envoyer tous les héros du monde vivre leurs aventures par la seule puissance de son imagination. À partir de là, chaque épisode est confié à des auteurs différents où chacun puise dans le vivier des héros du monde pour raconter un épisode de Tin Can.

Dans l’alliance des super-héros contre le Coronavirus, il y a aussi celle de Popeye et de Superman. Mais la potion magique maraichère aux épinards du marin n’a pas l’air de plaire à l’homme d’acier qui se méfie de la couleur kryptonique du repas Végan du marin aux biscottos.

Popeye VS Superman, who would win ? Les paris sont ouverts...
© Google Image / DR.

Eric Giacometti imagine également une rencontre entre Tony Stark et Largo Winch. Les fortunes de Winch (40 milliards US$) et celle de Stark (36,2 milliards US$) sont investies dans la recherche d’un robot qui réalise des super-vaccins en dix minutes sur la base de la lecture du génome de n’importe quel virus. Mais Galactus, maître de la secte judéo-franc-maçonne-collaptionniste Thunberg veille et, allié avec Cochrane, qui s’avère être un robot hyper-sophistiqué et donc insensible au virus, va tout tenter pour détruire cette machine providentielle. Heureusement, l’aventurier arménien Valérian et la scientifique turque Laureline Erdogan sauvent la mise en activant un satellite qui désactive le robot Cochrane. L’épisode, dessiné par Philippe Francq est encré à la tablette graphique et mis en couleurs par Masamune Shirow.

En parallèle, Tutsumo Nihei a annoncé sur les réseaux sociaux travailler sur une réinterprétation de Bilal. Le speech : Alcide Nikopol, acceptant une nouvelle fois de servir d’enveloppe charnelle à Horus d’Hiéraknopolis, essaie de kidnapper le professeur Didier Raoult. La tentative d’enlèvement est commanditée par le FSB de Vladimir Poutine qui a l’ambition de garder pour lui ses recherches secrètes sur l’hydroxychloroquine et devenir le maître du vaccin contre le Covid-19, et ainsi prendre le contrôle du monde. Mais XIII n’est pas loin...

Et qui n’a jamais rêvé de savoir enfin qui est le plus fort entre Sangoku et Superman ? L’enfant de Krypton et le Saiyen s’affronteront dans Aliens and Gods, une réinterprétation pour le moins bourrine de ces deux héros par Akira Toriyama au dessin sur un scénario de Pat Mills. Gros muscles et baston en perspective pour une aventure qui ne sera pas la plus psychologique de Tin Can...

Un premier test du combat entre les deux héros : Toriyama s'essaie à un style plus "comics" qui lui réussit très bien.

Un autre projet majeur a été annoncé et réunira deux grandes traditions de bande dessinée : l’Argentine et la Française, avec Austin au Texas pour épicentre. En effet, depuis cette ville où il réside, Didier Conrad dessine actuellement une histoire courte de douze pages qui met en scène Astérix et l’indien de Patagonie Patoruzu. Pour les profanes, ce personnage créé par Dante Quintero en 1928 a beaucoup marqué le jeune René Goscinny pendant son enfance à Buenos Aires.

Il était donc logique qu’un jour ces deux héros emblématiques de leur pays vivent une aventure commune. Le scénario est le fruit d’une collaboration franco-argentine entre Jean-Yves Ferri d’une part et d’autre part, un monstre des historietas, Domingo Mandrafina, dessinateur des Spaghetti brothers. Cette "Nuevo Gran Curce / Nouvelle grande Traversée", titre de la bande dessinée promet un moment de lecture enchanteresse.

Autre rencontre improbable : Tintin et One-Punch Man. Le reporter en pantalon de golf et le super-héros le plus chauve du monde se croiseront dans une aventure signée One, l’auteur de One-Punch Man. L’histoire : les deux héros voient leurs corps être échangés, avec pour toile de fond une enquête sur le Némo, un sous-marin nucléaire imaginé par Rastapopoulos et financé par l’association des monstres. On reconnaît bien là l’originalité des scénarios de One, mais quand on connaît son talent de conteur, on a aucun mal à lui faire confiance. Un premier visuel a par ailleurs fuité, on y voit le reporter dans la tenue du héros, avec en dessous un essai de Milou en Génos. Ça donne envie.

Mais le divertissement pur ne sera pas le seul leitmotiv du projet : Tin Can se veut aussi une œuvre sociale et sensibilisatrice, en abordant notamment la question de l’alcoolisme. On pourra ainsi retrouver le Capitaine Haddock et Tony Stark, deux grands alcooliques du 9e art, dans un récit psychologique en huis-clos, genre de saison, destiné à mettre en avant le fléau qu’est l’alcoolisme à travers des personnages que l’on connaît et adore. C’est le maître des névroses Thomas Ott qui prendra en charge les dessins et le scénario de ce récit qui s’annonce des plus captivant.

À ce jour, tous les projets n’ont pas encore été dévoilés, de même que tous les auteurs qui y participeront. Quant aux détails économiques et éditoriaux, ils sont pour le moment gardés secrets, mais au vu des sommes d’argent que toutes ces licences représentent, on imagine que les enveloppes qui circulent doivent être conséquentes. Reste à voir si la qualité sera au rendez-vous.

Très ambitieux, le projet Tin Can n’en reste pas moins prometteur car les éditeurs n’en sont pas à leur coup d’essai. On se souvient notamment du très attendu DC Vs Marvel, la série confrontant les deux plus grands univers du comics en 1996, les héros des Tuniques Bleues qui s’invitent aux côtés de Blueberry dans l’album La Piste des maudits, ou encore Arale dans Dragon Ball. Autant de crossovers, parmi d’autres, qui nous rappellent que les frontières entre les univers du 9e art sont perméables et qu’il ne peut ressortir que du bon de voir des mondes aussi différents se retrouver.

Voir en ligne : LE SITE DU CROSSOVER

(par Jaime Bonkowski de Passos)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

(par Laurent Melikian)

(par Jérôme BLACHON)

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IL N’EST PAS FRAIS MON POISSON ?

Évidemment, certains d’entre vous ont senti l’odeur de la marée en lisant la date du jour : rien de tout cela n’est vrai. Que les malheureuses victimes de notre plaisanterie nous pardonnent, ce n’était qu’un poisson d’avril...

Crédits illustrations : © DR.

 
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