Outcast T1 : Possession - Par Robert Kirkman & Paul Azaceta - Ed. Delcourt

9 mai 2015 2 commentaires
  • Nouvelle série du prolifique Kirkman ("Walking Dead", "Invicible", etc.), "Outcast" s'adresse aux lecteurs dotés d'un estomac bien accroché car le résultat (horrifique) est garanti ! Et l'adaptation sous forme de série TV est déjà entamée aux États-Unis...

Kyles Barnes vit reclus dans sa maison, terrassé par un passé douloureux. Il lutte depuis son enfance contre l’emprise de démons sur sa vie et son entourage. Lorsque le révérend de sa ville natale le sollicite pour l’aider à pratiquer un exorcisme, Kyle commence à faire le lien avec la possession de sa mère...

Il est sur le point de dévoiler la véritable nature de ses dons, qui vont s’avérer terrifiants. En effet, les noirs secrets qu’il découvre pourraient mettre fin à la vie sur Terre telle que nous la connaissons ! Barnes est-il vraiment l’instrument de l’apocalypse ?

Dans sa postface, Robert Kirkman explique que le cadre de Walking Dead demeure selon lui irréel, que cela soit par rapport aux zombies ou au scénario post-apocalyptique. Et que les choses qui nous terrifient le plus sont justement réelles...

C’est justement ce qu’il désire explorer dans Outcast : un cadre réaliste d’un côté, sachant que, d’un autre côté : "Il y des preuves pour étayer la possibilité que la possession démoniaque est un phénomène très réel" (sic). Cette volonté horrifique se traduit dans une violence inattendue entre des êtres proches (parents-enfants, amis, etc), poussées par les entités démoniaques qui les possèdent. Le cadre hyper-réaliste imposé par Kirkman entraîne parfois un rejet presque physique à la lecture. Outcast est donc à réserver à un public averti.

Extrait d’une première séquence particulièrement réussie :

Outcast T1 : Possession - Par Robert Kirkman & Paul Azaceta - Ed. Delcourt

Le travail graphique de Paul Azaceta convient parfaitement à l’ambiance ultra-sombre du récit (il a travaillé avec Mike Mignola sur B.P.R.D.). Soutenu par les couleurs d’Elizabeth Breitweiser, Azaceta dépeint un univers aussi réaliste que potentiellement horrifique : le danger se loge alors dans le regard d’une personne âgée... ou dans les postures de votre voisin ! On remarquera plus spécifiquement le rendu des scènes obscures, particulièrement propice à souligner l’ambiance de ce récit crépusculaire.

Delcourt nous annonce que les ventes de ce premier tome aux États-Unis ont dépassé celles du dernier tome de Walking Dead et qu’une série TV est déjà en développement. Il est vrai que la montée en puissance de ce premier tome est impressionnante, et même si le personnage principal ne semble pas vraiment sympathique au premier abord, chaque chapitre apporte une pièce du puzzle de sa personnalité bien chamboulée. De nouveau, coup de chapeau à Azaceta qui livre un personnage désabusé criant d’authenticité !


La seule inconnue qui demeure est de savoir si ce suspense pourra tenir sur la longueur, sans constituer une simple succession de cas de possession soutenue par un fil rouge ténu. Kirkman donne sa réponse : "Ne vous y trompez pas, ça va être une histoire épique. Il se passe plein de choses ici, et il y a des détails placés dans ce premier tome qui trouveront leur explication beaucoup beaucoup plus loin. [...] J’espère que tout cela ne vous fera pas trop flipper !"

(par Charles-Louis Detournay)

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2 Messages :
  • Peut-on savoir qui a traduit cet ouvrage anglophone, s’il vous plaît ?

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    • Répondu par Marco ZANINI le 11 mai 2015 à  16:23 :

      Hélène Remaud.
      La branche comics de Delcourt en perte de vitesse ? Si nous prenons le temps d’observer les axes de travail de l’éditeur depuis début 2015, le constat est étonnant : Mignola, Kirkman et les rééditions Star Wars. La ligne éditoriale semble claire et quelque part logique étant donné que Delcourt appuie ses efforts sur ses trois points forts et les plus vendeurs, mais il est regrettable de ne pas voir plus de prise de risque dans leur acquisition de droits de séries indé à l’heure où celles-ci connaissent un réel pic d’intérêt de la part du public et de la critique outre-atlantique (notamment du côté des éditeurs US Image, Oni Press et Boom !).
      Qui plus est la concurrence quant à elle ne se prive pas pour aller puiser dans un vivier de titres récents et originaux qui attirent les meilleurs auteurs et dessinateurs de l’industrie (Grant Morrison, Warren Ellis, Mark Millar, Sean Murphy, Jock, Ed Brubaker, Jonathan Hickman, ...).
      Alors que nous étions en droit d’attendre une "guerre" des éditeurs V.F. et une offre plus riche que jamais sur le marché francophone, attention à ce que Urban Comics, et dans une moindre mesure Panini et Glénat Comics, ne prenne trop d’avance sur Delcourt qui peine à se renouveler.

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