Tanquerelle & Gwen : « Même dans les mensonges de Jørn Riel, il y a de la vérité »

21 octobre 2009 0 commentaire
  • Hervé Tanquerelle et Gwen de Bonneval viennent de publier chez {Sarbacane} une adaptation en bandes dessinées des fameux textes de l’ethnologue et aventurier danois Jørn Riel. Dans {La Vierge froide et autres racontars}, on découvre une épatante brochette de contes et anecdotes incroyables. Rencontre avec un duo qui donne du corps au grand nord.



Qu’est-ce qui vous a amené à adapter les récits de cet étonnant personnage d’ethnologue danois ?

Gwen de Bonneval : J’ai adoré la lecture de Jørn Riel que j’ai découvert il y a une dizaine d’années. Les recueils des Racontars me plaisaient, j’appréciais leur style truculent, mais sans pour autant penser à les adapter. Quand je suis arrivé chez Sarbacane en tant que directeur de collection BD, j’ai découvert qu’ils avaient édité des livres illustrés adaptés de Jørn Riel : ça a été le déclic. Je me suis dit qu’on pouvait contacter l’auteur pour imaginer une nouvelle adaptation, mais en bande dessinée. J’ai lus ou relus ses textes [1] en réfléchissant à une adaptation.

Tanquerelle & Gwen : « Même dans les mensonges de Jørn Riel, il y a de la vérité »
L’édition de poche du premier recueil des Racontars

Il est clair que le rythme et les personnages se prêtaient vraiment bien à la bande dessinée. Ca fait longtemps que je suis ami avec Hervé Tanquerelle, c’était logique qu’on ait un jour envie de travailler ensemble. J’ai pensé que son dessin pouvait bien correspondre à cet univers nordique.

Hervé Tanquerelle : Moi, je ne connaissais pas Jørn Riel. Mais j’avais remarqué les bouquins, du moins identifié graphiquement les couvertures des éditions de poche 10 / 18. L’idée de travailler sur un monde de trappeurs au Groenland me plaisait, d’autant que je ne connaissais pas ces paysages. J’en avais une vision assez proche de celle du grand nord américain avec des arbres, ce qui était faux. J’avoue qu’à la première nouvelle, même si je trouvais ça intéressant, je n’ai pas été complètement pris. Et c’est finalement en avançant dans les nouvelles que je me suis rendu compte de l’intérêt des personnages et de ce que je pouvais apporter graphiquement. Ensuite, avec les nombreux volumes qui suivent, je me suis attaché à l’univers et aux personnages. J’ai rapidement dit oui à la proposition de Gwen.

Il y a quelque chose de très pittoresque dans ces personnages, ils sont haut en couleurs. Ca doit être amusant de jouer avec la véracité, ou non, des histoires racontées par ces trappeurs…

Gwen : Jørn Riel donne une définition éclairante d’un racontar : « une histoire qui pourrait passer pour un mensonge, à moins que ça ne soit l’inverse ». Dans les années cinquante, il a habité au Groenland et y a rencontré de vieux trappeurs avec leur lot d’histoires... Riel, lui-même, a vécu des choses étonnantes. Il a été médecin. Il y a quelque temps, il avait fait une lecture à Paris avec l’acteur Dominique Pinon. Ce jour-là, il racontait des détails d’une opération chirurgicale où il n’avait rien pour opérer, aucun outil, aucun antibiotique. Il a dû faire un mélange avec de l’alcool pour désinfecter. C’est une anecdote absolument incroyable !

Et c’était vrai ?

Gwen : Et bien…Est-ce que c’est un racontar ou pas ? Je ne sais pas. Il raconte des choses tellement extraordinaires qu’on doute parfois…

Tanquerelle : Oui, on n’arrive pas toujours à savoir si lui a vraiment vécu ce qu’il raconte. Ses histoires sont proches de ce qu’on aurait pu lire dans des bandes dessinées ou dans des romans d’aventure. Je me souviens d’un autre récit où il raconte son arrivée dans une tribu de Papouasie, et se retrouve à devoir essayer de soigner le fils du chef du village, qui est en prise avec des maux de tête violents. Il broie de l’aspirine avec le peu de whisky qu’il a et donne cette « potion » pour sauver le fils. Sa tête est mise à prix s’il ne réussit pas ! C’est incroyable, on a l’impression d’être dans Tintin !

Gwen : Il a vraiment vécu des choses étonnantes ! Lorsque tu l’écoutes, tout ne peut pas être faux, il y a trop de véracité qui transpire. Même dans le mensonge, il y a de la vérité.

Tanquerelle : Parfois, on se doute de là où il veut nous emmener dans chaque histoire, mais son écriture est tellement jubilatoire ! Les personnages sont très vrais, très bien décrits.

Recherches de Tanquerelle

Gwen : C’est vrai que nous n’avons pas encore répondu sur le contenu : pourquoi adapter les Racontars. Je pense que c’est d’abord par attrait pour ces personnages. Ils sont terriblement pittoresques, et évoluent dans un univers qu’on ne connaît pas et qu’on a du mal à apprivoiser. Ils sont tous assez marginaux. Ce sont à la fois tous des archétypes et des personnages très étonnants. Derrière la simplicité des textes de Jørn Riel, il y a toujours une profondeur. Malgré l’apparent manque de surprise sur certaines choses, après la lecture, il reste une richesse qui n’est pas apparente au premier coup d’œil. Mais qui laisse une trace indélébile.

Tanquerelle : Ces personnages sont réellement le contraire de stéréotypes. Ils campent chacun un personnage graphiquement très intéressant à explorer. D’ailleurs les descriptions physiques de Jørn Riel sont assez précises.

La Vierge froide et autres racontars
Couverture de la bande dessinée

C’est un album épais et donc une masse de travail assez importante je présume ?

Tanquerelle : Cet album contient 147 pages de bandes dessinées qui reprennent 7 nouvelles du premier recueil. Il y a bientôt 10 recueils en français… On a de quoi faire une série fleuve ! Tout adapter serait un boulot de quinze ans : ce qu’on ne fera pas. Par contre, on va au moins faire un deuxième album qui fera 86 pages, avec 4 nouvelles cette fois.

Gwen : Oui, ce premier album est la pierre angulaire de la série. Faire un bouquin avec moins de pages n’était pas possible. Il s’agissait de donner au lecteur le goût des Racontars. On n’aurait pas été au bout de la saveur, si cet album n’avait pas été aussi long. Par contre, sur les histoires qui vont suivre, on ne sera plus obligé de faire un bouquin aussi conséquent.

Tanquerelle : Dans La Vierge froide, on a posé tous les personnages qui vont se retrouver de nouvelles en nouvelles. Plus on avance dans la lecture, plus on s’attache aux personnages, mais ça demande un peu de temps. Dans notre bande dessinée, on pose un regard direct sur les personnages. Ca aide sans doute à entrer plus vite dans le récit. On identifie immédiatement le Groenland, alors qu’à la lecture du roman, tu n’as pas une image bien spécifique de ce pays, ou d’une cabane de trappeur des années 1950.

Gwen : L’intérêt d’adapter c’est effectivement de donner des images immédiates. Comme tu le disais, on n’est pas forcément familier de ces noms nordiques. Entrer immédiatement dans l’histoire grâce à des personnages et des paysages, ça pouvait donner un contact plus immédiat et plus de familiarité pour apprécier les Racontars.

La planche 16 pas à pas :
le découpage écrit par Gwen de Bonneval
La planche 16 pas à pas :
Le découpage dessiné par Hervé Tanquerelle
La planche 16 pas à pas :
le résultat final

Tanquerelle : Simplement, l’intérêt graphique était évident pour moi. J’avais dans les pages de Jørn Riel un panel de personnages qui m’excitaient. C’est ce que j’aime dans la bande dessinée : créer des personnages et les faire vivre, jouer leur rôle ! Et là, j’avais une vraie mine d’or.

Gwen : C’est certain que face à une scène de dialogue dans une cabane de trappeur, en tant que dessinateur, tu as intérêt à aimer faire jouer les personnages !

Hervé, depuis vos débuts avec La Ballade du petit pendu, puis Le Legs de l’alchimiste, votre dessin a énormément évolué. J’ai l’impression que le fait d’avoir dessiné dans Lucha Libre, a amené votre dessin vers un look un peu plus cartoon, vers le Popeye de Segar ou le Lucky Luke de Morris ?

La Communauté
© Tanquerelle - Yann Benoît - Futuropolis

Tanquerelle : Que mon dessin ait évolué ça c’est sûr. Mais, je ne pense pas que ça soit à partir de Lucha Libre. De toute façon, je n’arrive pas à m’arrêter sur un seul et même graphisme à chaque nouveau sujet que j’aborde. Je ne peux pas m’empêcher de me poser des questions : « de quelle manière je vais le dessiner, avec quel crayon… ». Il y a des dessinateurs qui ont un style et qui s’y tiennent. Ca n’est pas mon truc !
Lucha Libre était une expérience qui m’intéressait au départ. J’en suis revenu un peu déçu. J’ai tenté le coup. Comme n’importe quelle expérience ça m’a permis de comprendre des choses que je pouvais faire, ou ne pas faire. Par contre, pour répondre précisément à votre impression, je crois que La Communauté, que j’ai publié chez Futuropolis, m’a certainement beaucoup plus décomplexé. Ce récit m’a permis d’essayer pas mal de choses. Je m’en sentais le droit, j’avais de la latitude. Lorsque je faisais Professeur Bell avec Joann Sfar ou des histoires pour le magazine Lucha Libre avec Jerry Frissen, j’étais tenu à un style prédéfini. La Communauté m’a permis de développer un style plus rond. J’ai eu l’impression de trouver un équilibre propre : un mélange entre ma base qui est Hergé et puis d’autres gens marquants de ma génération dont évidemment Blutch. Intégrer toutes ces influences a donné ce style, un peu rond, parfois plus fouillé. Auquel s’ajoute mon côté maladroit, un peu crade. Je n’arrive jamais à faire aussi propre que je ne le voudrais…

Gwen : Dans le style cartoon, il y avait aussi eu Tête noire dans Capsule Cosmique.

Tanquerelle : Oui, c’était encore un autre type d’expérience. Humaine celle-là. Ca m’a énormément plus de bosser avec Gwen, Stéphane Oiry et l’équipe de ce magazine. On ne dira jamais assez que c’est dommage qu’il n’ait pas existé plus longtemps. Par contre, graphiquement parlant, j’ai beaucoup de regrets sur Tête noire. J’aurais voulu faire mieux. Mais voilà, essayer c’est aussi ça : parfois ça fonctionne, parfois pas. Dans les Racontars, je me suis senti bien du début, jusqu’à la fin. Ca n’est pas toujours le cas !

D’autant que c’était un album très long…

Tanquerelle : Oui, j’aurais pu souffrir du fait de sa longueur et de la masse de travail que ça représentait, mais à aucun moment je n’ai souffert. Je me suis posé des questions, des planches ont été plus dures que d’autres, mais je me suis toujours fait plaisir. C’est quelque chose d’assez rare.

Recherches de Tanquerelle

Vous utilisez à plusieurs reprises dans cet album, un procédé technique qui est de faire des effets de profondeur, en utilisant du trait pour certains personnages, et en laissant uniquement le lavis, sans trait pour d’autres personnages, ou le décor. Pouvez-vous nous expliquer le principe ?

Tanquerelle : C’est vraiment un procédé assez simple. D’ailleurs, c’est également dans l’album La Communauté que j’ai pu l’expérimenter. Je m’étais mis en tête dès le premier des deux volumes de dessiner au trait les passages d’interview entre mon beau-père et moi, et pour les scènes du passé, de réaliser les dessins au lavis. C’est une idée toute simple. Ca se fait au souvent cinéma : de l’image en noir et blanc pour le passé, et de la couleur pour le présent. Pour les Racontars, ça s’est mis en place parce que ça amenait de la fluidité, du relâchement dans les paysages du Groenland, un côté enneigé plus détendu. Du coup, le lavis s’est rapidement imposé quand on a choisi de travailler en noir et blanc. On a appliqué l’idée totalement pour certains personnages. Ainsi, le coq Alexandre est dessiné au lavis et uniquement comme ça. Ca lui donne un aspect presque « volatile » : c’est amusant pour un coq ! Est-ce que c’était vrai, est-ce que ce coq existait réellement ? C’est une dimension qu’on a accentuée par rapport au texte original. Pour la nouvelle « La Vierge froide » et le personnage d’Emma, c’était aussi une occasion de rendre ce côté évanescent. En fait, c’était presque obligatoire.

Un extrait de "La Vierge noire et autres racontars"
© Jørn Riel - Tanquerelle - Bonneval - Sarbacane

Sur votre blog, vous relatez une des possibles explications du terme "vierge froide"….

Tanquerelle : Oui. La première explication du terme, la plus officielle dirons-nous, vient des jeunes vierges qui préparaient des sandwiches au poisson ou à la viande froide pour les marins. Mais une amie danoise est tombée sur une autre explication, assez différente. La vierge froide était également le nom d’un outil de masturbation en forme de rouleau, datant du 19ème siècle. Les gens qui l’ont utilisé ont été emprisonnés, parce que l’onanisme était sévèrement interdit à cette époque.
Est-ce que Jørn Riel connaissait cet instrument ? Je ne sais pas. En tout cas, c’est amusant de remarquer que c’est quand même une œuvre qui parle énormément, sans prononcer aucunement le terme, d’onanisme et de plaisirs solitaires. Les trappeurs étaient confrontés à ça. Jørn Riel en parle d’une manière détournée, mais pas prude, et j’aime sa subtilité !

Gwen, après avoir été le rédacteur en chef du magazine Capsule Cosmique, vous avez été jusqu’il y a peu l’éditeur BD des éditions Sarbacane, que retirez-vous de cette expérience éditoriale ?

Le premier numéro de Capsule Cosmique
Couverture de Tanquerelle

Gwen : Effectivement mon boulot d’éditeur est fini, d’ailleurs dès la rentrée il y a des bouquins que je n’ai pas suivi. Quand Capsule s’est arrêté, Frédéric Lavabre m’a contacté pour développer la bande dessinée au sein de sa maison d’édition Sarbacane. Ils étaient éditeurs de livres pour enfants, ils aimaient la bande dessinée, mais ça n’était pas leur spécialité. J’ai accepté de créer cette collection avec eux. Pendant un an, j’ai travaillé seul avant la sortie des premiers albums du catalogue. Ca faisait donc 3 ans que je travaillais pour Sarbacane, dont 2 ans de publications. Aujourd’hui, effectivement, je passe le relais à Frédéric. J’arrête parce que j’avais envie de revenir à des projets d’auteur et que l’activité d’éditeur me dévorait beaucoup de temps. Entre Capsule Cosmique et Sarbacane, il y a eu six ans de vie d’auteur que j’avais mis au ralenti. A un moment donné, je me suis dit que ça me manquait trop. J’ai essayé de tout faire de front, mais c’était épuisant. Je suis très content de ces trois dernières années, ça a lancé la collection BD chez Sarbacane, il y a de très beaux bouquins.
Et puis, Capsule Cosmique était une aventure commune avec plein de copains, alors que pour Sarbacane j’étais tout seul. Enfin, je pouvais évidemment compter sur la maison d’édition, mais qui avait une culture différente de la mienne. Sur le contenu, j’étais sur une lancée éditoriale qui avait commencé avec Capsule. L’aventure éditoriale ne satisfaisait pas Stéphane Oiry qui préférait revenir à son boulot d’auteur après l’expérience de rédacteur en chef adjoint du magazine. J’en viens à la même conclusion que lui, mais trois ans après. Je ne regrette rien. Je suis très content. Et j’espère que Frédéric Lavabre prendra un relais qui ira dans une direction qui sera intéressante. Maintenant, Sarbacane a un savoir faire sur la bande dessinée et une envie. Je vais pouvoir continuer à éditer des bouquins chez eux, mais comme auteur. Notamment le deuxième volume des Racontars avec Hervé. On se quitte en bons termes.

On vous a plutôt lu comme scénariste depuis le dernier album de Samedi & Dimanche en 2005, un retour aux crayons est-il prévu ?

Gwen : Et bien je me remets tant au scénario qu’au dessin. Durant ces années où j’ai été éditeur, j’ai continué les projets pour lesquels j’étais engagé avec quelqu’un, et il se fait que c’était toujours comme scénariste. Je n’ai pas pu mettre en place des projets de dessinateur pour cette raison. Un livre que j’ai réalisé avec Fabien Vehlmann va sortir au printemps 2010 chez Futuropolis, il s’appelle Les Derniers jours d’un immortel. Ca sera de la science-fiction, avec un dessin plus réaliste, en noir et blanc, au lavis. Un genre que je n’avais plus abordé depuis mon adolescence. Je pense que je suis un peu maladroit par rapport à la SF, mais que le projet tire le graphisme : semi réaliste, assez synthétique. Je pense qu’on pourra retrouver en filigranes des choses de Samedi & Dimanche, mais dans un contexte très différent.

"Les Derniers jours d’un immortel"
le prochain album de Gwen de Bonneval, écrit par Fabien Vehlmann, paraîtra en 2010 chez Futuropolis
"Les Derniers jours d’un immortel"
Les 148 planches constituant ce livre seront au lavis et en bichromie.

L’expression est galvaudée, mais c’est vraiment un nouveau départ que de se lancer sur un projet dessiné de la sorte …

Gwen : Ah oui totalement. On a ça en commun avec Hervé : on ne trace pas le même sillon. Parfois, c’est un peu casse-gueule, parce que les gens aiment suivre quelqu’un dont ils ont aimé un livre, et quand le bouquin d’après est différent… Ca peut brouiller les pistes. Mais, je ne me pose pas la question comme ça. J’ai envie de faire des choses qui me plaisent parce que la vie me propose ça. Je n’ai pas de plan de carrière, mais plutôt un plan de développement personnel. Je pense cependant qu’il y a une logique dans tout ce que je fais et qu’on peut m’y retrouver.

Tanquerelle : Je pense que la logique est peut-être simplement celle des rencontres humaines.

Hervé, dans la foulée des dessinateurs catcheurs à moustaches qui est un des mouvements les plus original et drôle de ces dernières années, on a l’impression qu’il existe une scène d’auteurs BD nantais...

Tanquerelle : Bizarrement, il n’a jamais eu d’ateliers communs à Nantes. C’est en train de changer. On était chacun dans notre coin, mais on se connaissait : Yoann, Cyril Pedrosa, Olivier Texier, Brüno, Benjamin Bachelier, Frédéric Blanchard, Quentin Faucompré, Tanguy Jossic, Karine Bernadoux qui a d’ailleurs publié La Femme toute nue chez Sarbacane
Récemment, tous ces gens se sont retrouvés non pas pour faire de la bande dessinée, une revue, ou une maison d’édition, mais autour du Catch à moustaches. C’est un truc complètement iconoclaste.

Pouvez-vous nous en expliquer le principe ?

Tanquerelle : L’idée est venue de X-90, un dessinateur de l’équipe de Ferraille Illustré. Il a lancé cette idée dans un bar : les meilleures idées viennent toujours dans les bars ! Avec Texier, ils ont décidé de reprendre le principe du tac au tac, c’est-à-dire : deux dessinateurs, face à un paper board, auxquels on lance un sujet qu’ils doivent illustrer dans un temps donné. En partant de ce principe un peu désuet, ils se sont dit : « Pourquoi ne pas en faire un spectacle, en jouant sur l’univers du catch ? ». L’idée était donc de se costumer, d’incarner un personnage. Le Catch des dessinateurs à moustache était lancé… J’ai intégré cette équipe au bout du 2 ou 3ème match, en me créant un personnage. J’ai trouvé ça drôle, crétin dans le bon sens du terme. Il y a un côté un peu rock’n’roll qui m’amusait et comme je ne déteste pas me mettre en scène…
Remarquez, il n’y a pas que des dessinateurs ou des gens qui aiment se montrer dans l’équipe. Il y a des gens plus réservés, qui le font quand même. Par exemple, Yoann monte sur scène, ne parle pas, il fait très peu de choses, mais il a son costume, et il incarne un personnage.

C’est presque un happening !

Tanquerelle : Peut-être, mais il y a un côté très potache ! On ne se prend pas au sérieux, on aime faire les couillons ! Mais c’est vrai qu’il y a un côté happening, qui vient peut-être du fait que certains membres sortent des Beaux-Arts de Nantes… On se marre et ce « spectacle » a pris une dimension qui nous dépasse un peu !

Hervé Tanquerelle et Gwen de Bonneval
à Bruxelles en octobre 2009

Question rituelle : quel est le bouquin qui vous a donné envie de faire ce métier ?

Tanquerelle : Moi, je ne citerai pas un bouquin, mais un auteur : Hergé. C’est fondateur dans mon envie de faire de la bande dessinée. Ca m’a fasciné quand j’étais môme et ça me fascine encore.

Gwen : Moi, ça n’est pas à cause d’un bouquin que je fais ce métier-là. C’est lié à un truc très personnel. Mon père lisait des bandes dessinées. Je ne le voyais pas souvent, parce que mes parents sont divorcés. C’est un lien très affectif. Je pense que toutes les BD que je lisais au supermarché quand ma mère allait faire des courses, Tintin, Spirou & Fantasio, me rapprochaient de lui. Mais, mon premier souvenir d’un bouquin précis c’est Pépito de Bottaro. Ma sœur lisait ça quand j’avais 3 ou 4 ans.

(par Morgan Di Salvia)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photos © M. Di Salvia

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Lire aussi, notre chronique de La Vierge froide et autres racontars

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Le blog de Tanquerelle

Le blog du Catch de dessinateurs à moustaches

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> Messire Guillaume T2

> Samedi & Dimanche T2, T3, T4

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> L’aventure éditoriale continue chez Sarbacane (juin 2007)

> "Le bestiaire fantastique de ’Messire Guillaume’ est fidèle aux croyances du Moyen-âge" (entretien mars 2009)

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[1il y a 9 volumes en français, le 10ème est sur le point de paraître aux éditions Gaïa

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