Thierry Murat ("Ne reste que l’Aube") : « Ce que peut être ce futur proche »

10 mai 2021 21
  • Fin du 21e siècle, reclus en haut d’une tour, Jørgen Nyberg ne communique plus qu’avec une intelligence artificielle. Le peintre est fatigué après six siècles de créations au goût de sang. Car Jørgen est un vampire, repenti. La visite d’un étudiant en butte à une société sous contrôle digital apporte à l’artiste-monstre l’énergie d'un ultime rebond.

Par son style dépouillé -que l’on qualifierait en l’occurrence brut de béton-, l’auteur livre ici son œuvre la plus radicale, comme un acte de résistance désespéré. Ne reste qu’une aube, crépusculaire.

Pourquoi un récit vampirique ?

Le déclic est arrivé par le film de Jim Jarmusch, Only Lovers Left Alive, qui met en scène les retrouvailles de deux vampires amants et dépressifs. Je me suis dit : « Je veux faire ça », un anti-vampire dans une direction opposée à des séries comme Buffy ou Twilight. J’ai voulu mettre en scène un vampire de 500 ans, fatigué d’une vie trop longue qui regarde du haut de sa tour l’humanité se dégrader, malgré les meilleures utopies du monde.

Certains thèmes sont très proches de l’actualité, depuis quand y réfléchissez-vous ?

Dans l’absolu depuis que j’ai vu le film vers 2015. En revanche, le contexte urbain et futuriste est arrivé avec la volonté de me démarquer. J’ai eu l’envie de me projeter à la fin du 21e siècle, d’imaginer ce que peut être ce futur proche avec une gouvernance mondiale, ce « Workin’ glass » anonyme sans véritable chef comme un Big Brother interactif et participatif. Je laisse le lecteur imaginer ce qu’est ce machin totalitaire qui se manifeste par des slogans invasifs, faussement empathiques : « Everyone is Workin’ glass », « You are Workin’ glass » …

Thierry Murat ("Ne reste que l'Aube") : « Ce que peut être ce futur proche »
© Thierry Murat / Futuropolis

Vous évoquez la cancel culture, le cyber-harcèlement …

Parfaitement. Ces déchaînements de foules m’angoissent et me révoltent. Ces effets de meute, sur des personnalités que les lyncheurs virtuels et anonymes connaissent à peine, me terrifient. Il ne s’agit pas de diaboliser les mouvements de prise de conscience pour plus d’égalité. J’espère avoir bien mis en en scène cette thématique avec ce vampire-peintre qui certes a eu du sang autour des lèvres mais s’en est repenti et a œuvré pour devenir quelque chose d’acceptable -au moins à ses yeux- avant de se faire piéger, non pas pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il est.

D’où viennent les toiles produites par votre personnage et qu’on aperçoit dans vos planches ?

Mis à part une peinture renaissance -un portrait de la famille Médicis- et un golem au début du récit, je suis l’auteur de ces toiles. Après Animabilis, mon livre précédent, j’hésitais avant d’enchaîner sur le suivant. J’étais très impressionné par des François Avril ou Jean-Claude Götting qui passent facilement de la bande dessinée à la peinture et j’ai essayé de m’y mettre le temps d’une bouffée d’air. J’ai essayé des grands formats -pas aussi grand que les toiles qui apparaissent dans l’album-, cela a donné un crâne, un nu, des paysages, des grands monotypes… que j’ai essayé de reproduire dans Ne Reste que l’Aube à l’encre de chine. L’idée d’une histoire de vampire commençait à germer. Chez Jarmusch c’est un musicien, avoir un peintre pour mon récit est venu naturellement. Je l’ai imaginé la nuit, en atelier, avec de grandes toiles, des pots, des pinceaux, comme un décor de théâtre en huis clos. J’ai placé une baie vitrée qui donne à voir un grand panorama dans des petites cases.

© Thierry Murat / Futuropolis

Pourquoi le choix de l’album en très grand format ?

Mon éditeur Sébastien Gnaedig l’a proposé pour mieux accompagner le principe des planches panoramiques qui s’installent souvent en doubles pages. Nous avions même songé à des planches purement en noir et blanc comme Pratt, Comès ou Muñoz. Mais je ne le maîtrise pas encore assez, j’avais besoin d’une demi-teinte et nous sommes partis sur une bichromie en noir et gris, en ton direct, comme de la sérigraphie.

Pourquoi avoir choisi pour modèle un confrère, Christian Durieux ?

Avant d’être un confrère, Christian est un ami cultivé et un « voisin », il n’habite qu’à 35 kilomètres de mon village landais. Se grimer en dandy l’a beaucoup amusé. Il a bien pris la pose, j’avais besoin de sa stature. Voir Christian en petit gilet en satin et pantalon à pince, m’a permis de mieux visualiser mon personnage. Tout comme celui de l’adolescent qui vient le voir. Mon fils Firmin qui a 17 ans l’a interprété. Christian et lui n’ont jamais fait de séance de poses ensemble et se connaissent très peu, mais les discussions entre les deux personnages du livre, qui ressemblent à celles d’un vieux con avec un jeune mec candide et lucide, sont celles que je peux parfois avoir avec mon fils.

Dessiner d’après photo est une technique que j’ai trouvée très efficace pour les bandes dessinées de Frédéric Boilet. Je l’utilise depuis mes débuts, depuis les Larmes de l’assassin. Bien sûr il ne s’agit pas de décalquer une photo mais de l’utiliser comme un révélateur d’émotion. En dessinant, je me focalise uniquement sur la trace du pinceau.

© Thierry Murat / Futuropolis

Quelle est cette lampe Lyre, un des rares accessoires du décor ?

J’aime la présence de cette lampe, elle amène de la souplesse et de la lumière dans un récit très noir. C’est un objet crée par le designer Philippe Cuny que j’ai rencontré par un heureux hasard, une anecdote que je raconte sur mon blog : je me suis retrouvé aux Rencontres Chaland de Nérac en 2018 alors que j’allais commencer tout juste à dessiner Ne Reste que l’aube. Je savais que mon décor comprendrait des colonnes antiques, une bibliothèque, des chandeliers... Je croise Philippe Cuny, il me montre des photos de sa lampe et des clins d’œil à sa création chez Loustal, Avril, Serge Clerc… Philippe adore la littérature gothique et je me dis, tiens ce serait marrant d’utiliser sa lampe dans mon récit… Au final, elle apparaît dix fois. Elle est un personnage silencieux et immobile du décor. Mais le plus beau dans cette histoire de rencontre, c’est que Philippe est devenu un ami.

La pandémie et le confinement vous ont-ils influencé pour Ne Reste que l’aube ?

J’ai bouclé l’écriture fin 2019 et je me suis mis au dessin en février 2020, quelques semaines avant le premier confinement. Je ne crois pas que ça m’ait influencé, il en résulte peut-être quelques bribes dans le texte. Pour moi, nous vivons confinés depuis un beau moment avec nos écrans et nos réseaux sociaux. J’ai pu voir que les plus jeunes étaient prêts pour cette communication à distance, ils se plaisent dans cette autre manière d’être ensemble, dans ce techno-cocon…

© Thierry Murat / Futuropolis

Votre personnage, Jørgen Nyberg, dit : « Je déteste Stockholm depuis qu’elle ressemble à New York. » Pourquoi ce décor urbain qui ressemble plus à l’Amérique qu’à la Scandinavie où se situe le récit ?

J’avais besoin de tours, que l’on sente que tout se passe depuis les hauteurs. Pour Stockholm, c’est un peu désinvolte de ma part, j’ai voulu dire que même ce qu’on imagine comme un idéal de paradis sociétal peut devenir un enfer avec la déviation vers une technologie omniprésente.

Et vous, où en êtes-vous avec les réseaux sociaux ?

Autant être cohérent, depuis que j’ai écrit ce scénario, je n’y suis plus présent. J’ai supprimé définitivement tous mes comptes, tous mes profils connectés. Je ressens une certaine fierté d’être passé à l’acte.

Voir en ligne : Le dernier canal de communication de Thierry Murat sur le web

(par Laurent Melikian)

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Photo © Manon Jaillet

 
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21 Messages :
  • Une fois encore le ø norvégien est substitué au ö suédois..

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    • Répondu par Baron de Münchhausen le 12 mai à  19:42 :

      Oui... Comme par hasard !... Encore un complot de l’oligarchie danoise reptilienne !!!

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  • Est-ce que décalquer des photos c’est encore du dessin ?

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    • Répondu par Laurent Melikian le 14 mai à  16:20 :

      Je pensais que cette question ne se posait plus depuis des lustres. Ne serait-ce qu’en regard des planches reproduites ici, ou sinon du fameux portrait de Jimmy Hendrix par Moebius d’après la photo de Jean-Noël Coghe.

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      • Répondu le 14 mai à  16:45 :

        Le dessin d’après une image réelle projetée en 2D, procédé qu’on appelle la Camera Oscura, ou "chambre noire" remonte au 4e siècle avant notre ère en Chine. Il a été notamment abondamment utilisé par les peintres de la Renaissance, Léonard de Vinci en tête et les baroques comme Vermeer. Dans la BD, le recours à la photographie est une constante depuis Alex Raymond et tous les grands réalistes. En particulier, l’école dite de la "ligne sombre", Noel Sickles et Milton Cannif en particulier, qui l’utilisaient pour obtenir des ombres et des lumières photo-réalistes. On peut aussi citer Neal Adams qui utilisait abondamment la photo, et plus récemment Mike Mignola et John Paul Leon, qui vient de disparaître. Certains appellent ce style "cinematic chiarroscura".

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        • Répondu par Xav le 14 mai à  16:52 :

          Vous confondez, il y a une grosse différence entre dessiner d’après photo (même Franquin le faisait pour des croquis d’animaux par exemple, ou pour les décors de Spirou d’après le National Geographic) et DECALQUER des photos comme c’est le cas ici (ou comme le fait Fabcaro par exemple). Là on est plus dans le rendu de ce que faisait Jean Teulé, en s’aidant d’une photocopieuse.

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          • Répondu le 14 mai à  17:11 :

            Quelle différence ça fait ? Les peintres ont toujours utilisé des modèles et les dessinateurs de BD des photos.

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          • Répondu par Laurent Melikian le 14 mai à  17:14 :

            Pas de confusion, il s’agit d’un style global. Dans le cas de thierry Murat le dessin d’après photo s’intègre dans une atmosphère souvent en lien avec la matière dominante de son récit, le béton pour cet album, le minéral dans les Larmes de l’assassin, le bois dans Etunwan,...

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          • Répondu le 14 mai à  17:15 :

            Quand John Ford a commencé à tourner ses westerns en décor naturel et non plus en studio, certains critiques disaient que ce n’était plus du cinéma. Que l’art du cinéma consistait à recréer la réalité en studio, pas à la filmer sur place. Xav a la même conception étroite de ce que doit être le dessin.

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            • Répondu par Milles Sabords le 18 mai à  05:42 :

              Xav n’a pas une vision étroite du dessin, mais le traitement de l’image utilisé par Murat évoque plus du roman-photo en BD, que de la BD. Des planches avec des cases... alors le roman-photo c’est aussi une sorte de BD, si on va par là ? Et que dire alors de l’album que Gallimard avait publié sur l’exode de réfugiés traversant la méditerranée, ou là pour le coup, c’était carrément un roman-photo vendu comme étant une BD. Que beaucoup de dessinateurs utilisent de la doc photo, o.k., mais lorsque l’album est constitué à 100 % d’un matériau photographique, où se trouve la BD et ça différenciation avec le roman-photo dessiné...

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              • Répondu par Laurent Mélikian le 18 mai à  09:31 :

                Monsieur,
                Il me semble que la bande dessinée consiste à porter un propos par une succession d’images. Ces images doivent être composées pour porter le propos, non seulement en elle-même, mais aussi dans leur façon de communiquer entre elles à l’intérieur de la page, voire de la double page. La technique pour obtenir cette image importe peu. Et donc le roman-photo (qui le plus souvent implique le dessin d’un story-board avant la prise de vue) appartient à la bande dessinée, selon la même écriture propre à la narration graphique. L’exclure du domaine correspond bien à une réduction, une étroitisation du champs d’expression que vous semblez appeler de vos voeux. A vos exemples, j’en cite d’autres qui me semblent tout à fait intéressants, voire jubilatoires : les roman-photos de Léandri publiés pendant des années dans Fluide Glacial, les récits de mémoire étonnants de Grégory Jarry aux éditions Flblb. Il existe aussi des récits hybrides comme les reportages mêlant photos et dessin d’Hippolyte,... Et bien sûr de très nombreux auteurs qui s’appuient plus ou moins sur une documentation photographique pour produire les éléments d’une image qu’ils composent de la manière la plus juste possible pour porter leur narration. C’est le cas de "Ne reste que l’Aube" que visiblement vous n’avez pas lu puisque vous le qualifiez de roman-photo quand -les extraits reproduits ici le montrent- cette oeuvre est faite d’images dessinées et non de photos brutes de pixels ou de sels d’argent.

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                • Répondu par Milles Sabords le 19 mai à  06:57 :

                  Monsieur Mélikian, j’ai connu les Hara Kiri et autres Fluide Glacial... On disait à l’époque pour Léandri comme pour Hara Kiri, roman-photo, ou publi-reportage lorsqu’il y était question d’un produit commercial (méthode typique de Pif Gadjet), mais ça ne s’est jamais appelé de la BD. De plus, c’était des satires humoristiques, pas des récits réalistes. Comme dans le roman-photo, j’ai vu que beaucoup d’auteurs BD réalise aussi des story-board complet de l’album (exemple Vatine) avant d’attaquer le crayonné de leurs planches. Je ne parle pas ici de la qualité de travail de Monsieur Murat, ou de son talent. Je parle du fond. La BD, c’est bien un découpage de planche, un crayonné et son encrage, non ? Par la suite, chacun peut mixer les techniques qu’il désire, mais on sort du champ BD, c’est de l’expérimentation. Les éditeurs veulent depuis des années intellectualisé un médium qui n’a pas besoin de ça pour vivre et évoluer, le tout, poussé par une certaine presse BD.

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                  • Répondu le 19 mai à  09:06 :

                    Le roman-photo et la bande dessinée partagent le même langage. Cette idée qu’utiliser des photos serait « tricher » est une lubie infantile. Faut-il rappeler ce qu’est la technique de la pixilation ? Faut-il considérer que les nombreux films d’animation utilisant cette technique, de Disney lui-même à Ralph Bakshi, ne sont pas de « vrais » dessins animés ? On se croirait à l’école primaire. Le papier calque, comme la chambre noire, font partie des outils utilisés par les dessinateurs depuis toujours. Encore faut-il savoir s’en servir.

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                    • Répondu par Milles Sabords le 19 mai à  17:14 :

                      Roman-photo, BD, partager le même langage n’en fait pas pour autant le même produit. De plus, l’ellipse dans le roman-photo ne fonctionne pas aussi bien que dans la BD. Le cinéma et la BD utilise aussi le même langage ; plan moyen, gros plan, plan Américain, etc, mais ça n’est pas le même produit !

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                      • Répondu le 19 mai à  18:23 :

                        Non le cinéma et la bande dessinée sont des moyens d’expression différents. Films en images réelles et films d’animation ressortent tout deux de l’art du cinéma. De même, le roman-photo et la bande dessinée vont ensemble.

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                      • Répondu le 19 mai à  19:32 :

                        C’est surtout que dessin et bande dessinée ne sont pas la même chose. On utilise généralement le dessin dans la bande dessinée, mais on peut très bien utiliser des photos, des modèles vivants (comme faisait Jacobs), des images de bonhommes en pâte à modeler, ou des figures géométriques ou abstraites, ça resterait de la bande dessinée. C’est la narration à partir d’images fixes organisées en séquences qui fait une bande dessinée.

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                        • Répondu le 20 mai à  14:46 :

                          Vous simplifiez.
                          C’est la narration à partir de dessins organisées en séquences qui fait une bande dessinée.
                          Le roman-photo n’est pas de la bande dessinée comme le dessin animé 2D n’est ni de l’animation 3D ou de l’animation d’objets ou encore moins de la prise de vue réelle avec des êtres humains. Chaque catégorie est un art à part entière avec ses langages propres.

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                          • Répondu le 20 mai à  17:29 :

                            Évidemment je simplifie. Mais bd et roman-photo sont des disciplines plus voisines que bd et cinéma, contrairement à ce qu’écrivait l’interlocuteur précédent. En ce qui concerne le film d’animation, je ne distingue pas 2D et 3D. L’ordinateur est utilisé à la place du crayon, ça reste du dessin animé. On peut toujours nuancer à n’en plus finir, mais reprocher à un auteur de BD d’utiliser la photo comme documentation ou même comme base du dessin relève de l’ignorance. Dans l’Eternaute, Breccia allait jusqu’à coller directement des photos de voitures ou de maisons dans ses planches. Dessiner ces trucs-là l’emmerdait. Et personne ne niera que Breccia était un génie du dessin et de la bande dessinée.

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                            • Répondu le 20 mai à  19:49 :

                              Dans le Photographe d’Emmanuel Guibert, Grand Prix d’Angouleme, tout est dessiné sur photos.

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  • Bonjour à tous.

    Un ami vient de me chuchoter qu’il y avait ici débat sur mon travail et sur l’honnêteté d’une des méthodes que j’utilise parfois ; en l’occurence, la matière photographique et la légitimité de mon dessin...
    Je n’ai pas l’habitude de me justifier de quoi que ce soit lorsqu’il s’agit de ma démarche en bande dessinée, depuis plus de quinze ans maintenant. Alors le premier réflexe à la lecture de cet échange sur ce forum miniature a été de vouloir réexpliquer tout ce qui a été déjà fort bien exprimé à propos de la Camera Oscura, à propos de Vermeer, de Milton Canif, de la captation des ombres (et donc de la lumière), de la "ligne sombre"... etc. Et puis parler un peu de ce qu’il peut y avoir de photographique dans le dessin, ou chez les impressionistes, et parler aussi de ce qu’il peut y avoir de graphique dans la photographie, notamment chez les pictorialistes du 19ème siècle. Mais je n’en ferais rien, et je vais me taire parce que j’ai déjà beaucoup trop parlé.
    "Autant se protéger du tonnerre avec deux roseaux, quand l’ordre des étoiles se délabre sur les eaux... " écrivait Philippe Jacottet, un de nos derniers poètes contemporains, qui vient de nous quitter cette année.
    Merci à tous pour l’intérêt et le respect que vous portez à mon travail. Et un merci tout particulier à Laurent Mélikian pour cet interview.

    Bien cordialement.
    - Thierry Murat -

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    • Répondu par Thierry Murat le 18 mai à  16:58 :

      Post-Scriptum :

      Est-il encore nécessaire, en ce nouveau siècle étriqué et algorithmé qui s’agite en forum digital ou en réseaux connectés, de rapeller que depuis Homère, les littératures de l’imaginaire se nourrissent inévitablement du réel. Les mots bien sûr ; ceux de la foule, le brouhaha qui se mêle à l’introspection de l’auteur. Et puis les images mentales, évidemment... qui accompagnent le cheminement narratif. Quelles soient peintes, dessinées, filmées, projetées ou modélisées, ces images sont toujours d’abord fantasmées, observées, scrutées et capturées vivantes aux creux des rêves, en bas de la rue ou dans un atelier. Tout ceci afin de rendre compte de l’expérience du mystère de l’existence dans un récit. C’est là le but essentiel. Le seul. Tout le reste n’est que commentaire et bavardage.
      Je souhaite à ceux qui n’ont pas encore lu "Ne reste que l’Aube" de prendre bien soin de leur curiosité, parce que c’est précieux, et de se laisser aller dans le lâcher-prise de la lecture de ma petite littérature dessinée.

      (Quand à ceux qui s’obstinent, ici, à vouloir salir mon travail en trahissant ou simplifiant mes propos sans avoir lu mes livres, qu’ils aillent se faire cuire le postérieur, bien cordialement.)

      Avec sincérité et honnêteté.
      - T. M. -

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