La Petite Souriante - Par Zidrou et Springer - Dupuis

23 mars 2018 0 commentaire
  • Trois autruches au regard inflexible prêtes à gober un œil, un ton délavé, un contour qui sent bon les vieux livres : on ne peut qu’être curieux face à cette couverture de La petite souriante, nouvelle œuvre de Zidrou, Springer et Séverine Lambour aux éditions Dupuis.

Imaginez : vous décidez de tuer votre femme ; vous la jetez ensuite au fond d’un puits. Admettons. Vous rentrez chez vous, vous sortez de votre voiture, vous ouvrez la porte de votre chère maison et vous vous retrouvez... face à votre épouse ! La poisse.

On ne présente plus Zidrou, scénariste aux multiples casquettes qui arrive à jongler avec de nombreuses histoires pour notre plus grand plaisir. Nouvelle pièce à son œuvre : un one-shot, La Petite Souriante, qui suinte le polar macabre.

Le récit est condensé, ne se perd pas en détails qui alourdiraient le propos : trois personnages, pas de fils narratifs secondaires plombants et le tour est joué. On regrettera la mise en situation du contexte : 30 pages sur 56 pour présenter l’ensemble des personnages et vérifier que le cadre défini n’est pas bancal (tuer une personne et constater qu’elle est toujours vivante), cela semble un poil trop long.

C’est bien dommage car le travail sur l’ambiance est glaçant : l’horreur, le dégoût que l’on ressent vis-à-vis de l’histoire est palpable. Le lecteur ne sait plus sur quel pied danser, plongé dans des affaires familiales. Le récit est grinçant, désabusé et vous pourrez remerciez Zidrou pour les frissons que vous feront ressentir les autruches, sortes d’épouvantails vivants.

La Petite Souriante - Par Zidrou et Springer - Dupuis

Mais cette ambiance si particulière ne pourrait fonctionner sans le talent combiné de Benoit Springer et Séverine Lambour. Le travail sur les couleurs, le changement de ton d’une page à l’autre, les déformations visuelles apportent ce qu’il faut pour porter le récit. Les personnages bénéficient aussi du soin apporté par la partie artistique, que ce soient les regards, les expressions ou le travail d’ombre. Un style loin d’être réaliste mais suffisamment appuyé pour tracer à la craie blanche la noirceur de l’Homme.

Enfin, signalons le soin apporté par Dupuis avec ce petit format (19,5 x 1,4 x 25,8 cm) au style rétro agrémenté d’un cahier de croquis de 16 pages tout en musique avec les paroles de la chanson Elle était souriante de Dufleuve.

(par Clément DUVAL)

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