Philippe Duvanel (directeur artistique de Delémont’BD) : " La création suisse, pour moi, c’est important. " [INTERVIEW]

  • Philippe Duvanel, directeur artistique du festival Delémont'BD qui a eu lieu voici quelques semaines, il est aussi directeur du château de Saint-Maurice, nous fait un bilan sur son festival. Il y fait part de son expérience, détaille les arcanes de son organisation et développe sa vision de la bande dessinée. Entretien avec un homme passionné et passionnant, fin connaisseur du 9e art.

Avant même d’évoquer le festival Delémont’BD dont vous êtes le directeur artistique, comment êtes-vous entré dans le monde de la BD ?

Philippe Duvanel : Mon premier métier fut cuisinier. Après j’ai travaillé dans le commerce et la communication en marketing. Puis, j’ai travaillé pour un festival qui s’appelle Paléo festival sur lequel les Vieilles Charrues se sont calquées en termes de modèle, c’est un grand festival en plein air. À un moment donné, j’ai approché la quarantaine et j’ai décidé de prendre une année sabbatique. À cette période, le festival de Sierre, qui était un festival légendaire européen, en Suisse, a fait faillite et la ville de Lausanne qui disposait d’un grand fond de bandes dessinées a décidé de reprendre son principe. La première année, à laquelle je n’ai pas participé, a été difficile. On m’a contacté pour savoir si j’étais prêt à m’occuper un tout petit peu de la coordination de ce projet. Je n’avais aucune expérience particulière dans la bande dessinée, l’organisation d’un festival.

Je l’aime, la bande dessinée. Je l’aimais, mais je n’avais pas de compétences particulières. J’ai donc pris au pied levé la deuxième édition de BD-Fil. C’était au mois de mars pour livrer quelque chose au mois de septembre. Puis j’ai tenu neuf ans à Lausanne. Jusqu’à la dixième édition du festival. Là, j’approchais gentiment la cinquantaine, je me suis dit qu’il était temps de passer la main, alors que tout allait bien. Puis un festival, il faut donner beaucoup d’énergie et quelques fois on peut se fatiguer ou fatiguer les uns ou les autres. Donc, j’ai quitté le festival, sans savoir où j’allais. J’ai fait un saut de l’ange dans ma vie professionnelle.

À ce moment-là, on est venu me chercher pour deux projets, l’un pour le château de Saint-Maurice qui est un lieu d’exposition en Valais dédié à la narration dessinée, puis Delémont’BD. À Lausanne, je travaillais à 90% comme directeur, tout court, puis à 50% Delémont. Je partage mes activités entre deux projets, mais je dois dire que Delémont’BD, c’est plus qu’un 50%.

Philippe Duvanel (directeur artistique de Delémont'BD) : " La création suisse, pour moi, c'est important. " [INTERVIEW]
Exposition Derborence de Fabian Menor dans "Les Jardins Merveilleux"
© Delémont’BD

Justement, en quoi consiste votre rôle de directeur artistique du festival Delémont’BD ?

Philippe Duvanel : La part de travail de directeur artistique est assez congrue. Un festival, c’est plus que ça. Il faut d’abord le financer. Je travaille beaucoup sur la recherche de financements. C’est une grande partie de mon travail qui est assez chronophage. Je m’occupe aussi de toute la communication, de la promotion du festival. La partie artistique, c’est évidemment assurer le principe du choix, l’invitation des autrices et des auteurs, ainsi que la programmation des expositions.

Là on a passé « une vitesse supérieure ». Par le passé, on produisait à peu près entre 8 et 10 expositions, principalement intérieures, pour le festival. Avec la COVID, on a décidé de tout lâcher, c’est-à-dire de renoncer à des expositions intérieures en partant du principe que Delémont est une petite ville qui se prête largement à la proposition d’éléments extérieurs. Puis avec la COVID, on a vraiment voulu se débarrasser de toutes contraintes comme la limitation de personnes dans une exposition. On a donc fait cela à l’extérieur. Tout le travail est alors de programmer les expositions, les imaginer, négocier les droits avec les auteurs, leurs souhaits, etc.

Est-ce vous qui avait eu l’idée des jardins merveilleux ? [nom donné aux expositions extérieures disséminées dans le vieux Delémont]

Philippe Duvanel : Oui, c’est mon idée et mon plaisir. Je suis content.

Création originale pour l’exposition HORS LES MURS 2021 sur le thème du baiser
© Thomas Ott - Delémont’BD

Quel est le degré d’implication des auteurs. Est-ce eux qui choisissent les planches exposées ? Ou négociez-vous directement avec les éditeurs et c’est vous qui choisissez les planches ?

Philippe Duvanel : Mon premier interlocuteur reste l’auteur. Clairement. L’éditeur va évidemment être contacté parce qu’il est partie prenante pour l’autorisation de la monstration des œuvres de l’auteur ou l’autrice. Pour le choix, souvent, on me fait confiance et je confronte toujours mon choix avec l’auteur ou l’autrice qui me le valide.

Après, ce qui est particulier, c’est que la proposition d’une exposition extérieure offre une souplesse en termes de format, de reproduction. Elle impose aussi certaines limites par rapport à certains sujets que l’on ne peut pas présenter. Enfin, la forme doit changer. On ne peut pas toujours présenter autant de choses que l’on souhaite. Puis il faut trouver, surtout, ce principe d’intégration entre le propos et le lieu dans lequel on expose.

Affiche du festival Delémont’BD de 2019 réalisée par la Grande Trissoue, Lisa Mandel
© Delémont’BD

Vous évoqué les auteurs mis en avant. Chaque année, un auteur ou une autrice incarne le festival. Cette année, il s’agit de Florence Cestac, qui est grande « trissoue ». Que signifie ce titre ?

Philippe Duvanel : Oui ! C’est un grand mystère. Au lieu de l’appeler grand prix, grande invitée ou invité, on a décidé de donner à notre invité d’honneur le sobriquet qui est donné aux Delémontains. Les Delémontains, ce sont des trissous et des trissoues. Voilà. Et on l’appelle grande trissoue comme s’il s’agissait de l’habitant ou l’habitante principal(e) de la ville de Delémont. C’est un vieux sobriquet qui remonte au moyen âge.

Certaines personnes nous ont affirmé que cela était lié au carnaval.

Philippe Duvanel : Exactement ! Le carnaval qui est une grande tradition à Delémont [qui devient Trissville pour l’occasion et] qui est une ville catholique dans un canton catholique. Le carnaval y est très important et on parle également de trissous pour le carnaval.

Pourquoi avoir choisi Florence Cestac comme Grande Trissoue, deuxième femme à porter ce titre après Lisa Mandel en 2019 ?

Philippe Duvanel : C’est une autrice que j’admire depuis très longtemps. Elle s’est révélée à moi par Le Démon de midi. J’ai beaucoup aimé. Je trouve qu’elle a vraiment l’art, à la fois, de raconter un sujet qui parle à tout à chacun, qui peut être grave, pas forcément toujours léger, et cet art de la comédie, par le biais de son écriture gros nez, qu’elle a gardé, qui est une écriture qu’on considère souvent limitée à la bande dessinée humoristique ou pour les enfants. Elle en a fait quelque chose de brillant, également pour les adultes.

Elle a une forte sensibilité. C’est une femme engagée, une femme qui a beaucoup d’humilité. Ce qui est incroyable, c’est qu’elle est prolifique. Au moment où elle a lancé Le Démon de midi, après Harry Mickson et d’autres choses qu’elle faisait pour des revues, elle a lancé une carrière qu’elle n’arrête toujours pas et tant mieux, son dernier ouvrage étant Ginette. Elle en prépare un nouveau. Ça n’arrête pas.

Je pense qu’elle a beaucoup de générosité. Ce que je dis souvent au sujet de Florence Cestac, c’est que, mine de rien, je trouve qu’elle reste une autrice subversive par rapport à la profonde modification du paysage de la bande dessinée. Aujourd’hui, on a quitté les années 1980. Or, je pense qu’elle a gardé cet esprit libertaire, soixante-huitard, des années 1970-80.

{Harry Mickson & Co} de Florence Cestac
© Dargaud

Le festival Delémont’BD comprend deux prix, le prix de la meilleure œuvre suisse et le prix de la meilleure première œuvre suisse. Est-ce qu’il est envisagé d’en créer d’autres ?

Philippe Duvanel : Pas pour l’heure. C’est beaucoup d’énergie. C’est toujours un gros travail les prix. Ces prix, je les ai créés pour valoriser la création suisse auprès du grand public et des instances suisses. Ce principal but est là. On a une belle création. On a des porte-drapeaux comme Zep, Frederik Peeters, Tom Tirabosco, Isabelle Pralong, Derib, Cosey, Marini, etc. Mais je voulais aller plus loin, montrer la diversité de notre pays qui est quand même le créateur de la bande dessinée contemporaine [avec Rodolphe Töpffer] et cela me tenait fortement à cœur.

Le prix n’a donc pas pour mission principale de célébrer une œuvre en particulier, même si c’est sa finalité, mais surtout de célébrer la diversité et la qualité de notre création locale. Souvent, la Suisse est un pays plutôt humble. Puis dans la masse des albums présentés, on ne va pas faire le distinguo entre une œuvre suisse, belge ou française.

Deux oeuvres suisses germanophones récompensées au festival, une première !
© Delémont’BD

Vous pouvez rappeler le montant de ces prix qui sont richement dotés ?

Philippe Duvanel : Dotés modestement, même si cela est tout de même une petite somme. Vous le savez, vous connaissez l’économie de la bande dessinée : ce n’est pas l’économie la plus facile et la plus réjouissante. Effectivement, chaque prix est doté de 3500 francs suisses. En l’état, ce qui est surtout intéressant, ce que l’on a vu avec le temps - c’est la 4e édition, c’est un prix relativement jeune - est que cette mise en lumière apportait d’autres impacts. On a eu des traductions qui sont faites puisque des œuvres francophones sont éditées en allemand. Cela créait de l’intérêt, de l’émulation. Aujourd’hui, c’est un prix qui est suivi après quatre ans d’existence, on est plutôt content.

Quel regard portez-vous sur la scène suisse de la bande dessinée ? Et notamment sa place dans l’espace francophone ?

Philippe Duvanel : Je ne crois pas qu’il y ait une spécificité de la création suisse par rapport au reste de la bande dessinée. Ce qui me réjouit, c’est par rapport à la taille de notre pays qui n’est pas équivalent à celle de la France ou…

…Comme la Belgique finalement ! Un petit pays mais un véritable foisonnement. Philippe Geluck expliquait en rigolant que le nombre de dessinateurs belges au km² est très impressionnant dans son pays.

Philippe Duvanel : C’est ça que je trouve impressionnant. En Suisse, on a une grosse scène de la bande dessinée. Principalement réunie du côté de Genève pour la partie francophone et germanophone du côté de Zurich. Mais elle est riche, effectivement. Puis on a surtout un panel qui est extrêmement éclectique. Si on regarde la travail de Zep, Tarabosco, Alex Baladi, Ibn Al Rabin, Frederik Peeters, Pierre Wazem. Et puis les plus jeunes comme Léonie Bischoff qui a été couronnée du prix du meilleur album l’année passée. J’aime cet éclectisme. La Suisse parvient, malgré sa petite taille, la partie francophone de la Suisse étant de 1.5 million d’habitants, à avoir quantité d’auteurs qui sur le plan international sont quand même des stars.

Florence Cestac et Léonie Bischoff en interview par RTS

Combien de personnes participent à l’organisation et l’encadrement du festival ?

Philippe Duvanel : Dans l’organisation, on est une toute petite équipe. On est deux postes à 50%, plus un président qui est très aidant sur le projet. Sur l’exploitation en elle-même, on a à peu près 150 bénévoles qui participent chaque année. Et c’est le plus précieux. Car tout d’un coup il faut exposer, faire fonctionner sur trois jours une grosse entreprise.

Pour avoir discuté avec beaucoup d’auteurs, ils soulignent à la fois une légèreté, une équipe qui ne se prend absolument pas au sérieux et en même temps dotée d’un grand professionnalisme, redoutable et appréciable. Un constat qui, nous l’imaginons, ne peut que vous satisfaire ?

Philippe Duvanel : (rires) Écoutez, quand vous prononcez le mot légèreté, ça me touche énormément. Ce qui était terrible avec ce qu’on a vécu, avec la pandémie, c’était la perte de la légèreté, dans tout. S’ils ressentent une légèreté...ouah ! c’est un cadeau que d’entendre cette réflexion.

Affiche de Milo Manara, grand trissou et auteur italien (2016)
© Delémont’BD

Le festival Delémont’BD se veut international, c’est dans son titre, et à cet égard vos invités sont français, belges, croates et allemands. Est-ce un objectif qui vous tient à cœur que de développer cette dimension internationale, année après année. Nous avons envie de dire : à quand des Britanniques ? des Espagnols ? des Japonais ? des Étasuniens ?

Philippe Duvanel : (rires) C’est toujours tentant d’aller beaucoup plus loin, de marquer la diversité. Mais quand on voit la créativité de la scène francophone de la bande dessinée, que ce soit en Suisse, Belgique ou France, faut-il vraiment aller chercher ailleurs ? Oui, évidemment, pour ouvrir les champs. Mais quand je vois tout ce qui s’édite chaque année dans ces trois pays, il y a déjà, pour être honnête, de quoi faire.

Lewis Trondheim, Sylvain Savoia et un bénévole de Delémont’BD en séance de dédicaces
© Romain Garnier

Les dix ans du festival approchent. Elles auront lieu en 2024. Quelles sont ses ambitions sur le long terme ?

Philippe Duvanel : Il y a deux questions qui se posent. D’une part, il existe une dynamique que nous ne souhaitons pas emprunter, c’est de grandir encore et encore. On veut garder une taille modeste, humaine. À ce titre, les années précédentes, on accueillait 60 auteurs. Maintenant, on a un peu réduit. On veut pouvoir tous les rencontrer. On veut pouvoir avoir des échanges dynamiques avec eux. Pouvoir aussi les amener dans des performances, des rencontres, dépasser le cadre des dédicaces qui est pour nous une limite un peu trop contraignante.

Les dédicaces, c’est un élément beaucoup trop intime. Nous, on a envie de partager la bande dessinée, d’aller au-delà de cela, faire un travail de médiation autour de la bande dessinée. La dédicace nous semble donc pas la meilleure voie possible pour faire ce travail-là…

Ce que pensent de plus en plus d’auteurs. Sur les festivals auxquels ils se rendent, on a de plus en plus "tout sauf la dédicace"…

Philippe Duvanel : Oui ! Absolument. C’est important, la dédicace on la pratique avec une seule personne. Un auteur a une capacité humaine limitée. Certains auteurs dédicacent extrêmement rapidement, mais généralement, cela se limite à dix personnes. On va garder la dédicace, c’est une tradition, mais je trouve aussi que c’est un esclavagisme. C’est toujours quelque chose qui me choque. Ce qui était intime et personnel ne l’est parfois plus. « - Fais-moi ma dédicace que je puisse emporter mon album ». C’est un peu désagréable.

Surtout, cela ne change pas beaucoup l’économie des auteurs, ce genre de choses. Évidemment, on ne va pas changer l’économie à notre échelle. Mais à notre mesure, comme un colibri, on a envie de participer à la promotion de la bande dessinée. C’est le défi le plus important pour nous. Ce sera là où l’on va sans doute moduler notre festival. Il faut reconnaître que le public de la bande dessinée vieillit de plus en plus, que le manga – qui est une narration dessinée et séquentielle, il n’y a pas de souci - grignote aussi des parts de marché à la bande dessinée traditionnelle.

Hyacinthe Reisch en pleine performance
© Romain Garnier

Notre défi cela va être vraiment de tenir dans ce monde qui avance, qui bouge, qui se virtualise, avec la rencontre. C’est qu’on va essayer de défendre. Garder le contact direct et vivant avec la bande dessinée. Ce qui est une chose aussi compliquée. La bande dessinée, ce n’est pas un art vivant. Ce n’est pas comme de la danse, de la musique, etc. Comment est-ce qu’on peut créer ce contact-là ? Les pistes qu’on a pu trouver jusqu’à alors, et qui fonctionnent, ce sont les performances dessinées, des rencontres dans les expositions. On verra. Mais ce n’est pas toujours facile non plus car un auteur de bande dessinée sait extraordinairement bien s’exprimer dans le dessin, un peu moins par la voix. Il faut donc trouver des pistes.

D’ailleurs, lors de la cérémonie, Florence Cestac nous a beaucoup amusé. Lorsque vous lui avez proposé de s’exprimer avant de dessiner, elle a dit trois mots et…

Philippe Duvanel : …et elle a coupé court ! Alors qu’elle est une brillante oratrice. Il ne faut pas le nier.

Le Grand Vide de Léa Murawiec, oeuvre appréciée de Philippe Duvanel
© Editions 2024

Vous parliez du manga. Aujourd’hui cela représente plus de la moitié des ventes de la bande dessinée, beaucoup d’auteurs français sont influencés par le style graphique du manga et les nouvelles générations sont nombreuses à lire du manga. Quel regard portez-vous sur cette manière de faire de la bande dessinée qui ne cesse de gagner en importance ?

Philippe Duvanel : Oui, c’est un peu ennuyeux, car je pense que la bande dessinée franco-belge est en pleine forme. Le manga est un phénomène culturel énorme, fondamental. Je trouve qu’il y a des choses vraiment merveilleuses dans le manga, notamment en terme scénaristique… en termes de dessin aussi ! Mais c’est vrai que cela morcelle, cela entame largement la bande dessinée franco-belge qui a peut-être de la peine à se renouveler, mais je n’y crois pas. Chaque année, je trouve des choses incroyables. Là on expose Le Grand Vide de Léa Murawiec

…Est-ce que le prix n’est pas le problème pour les nouvelles générations ?

Philippe Duvanel : Ça c’est la grosse différence ! Effectivement, la question du prix est évidente. Mais il ne faut pas oublier que les livres cela peut s’emprunter dans une bibliothèque, le cas échéant, et que la bande dessinée n’est pas plus chère qu’autre chose. Un billet de cinéma coûte toujours aussi cher, de même qu’un livre de littérature. Personne ne s’est jamais plaint de dire que cela était trop cher.

Maintenant, il n’y a pas la dynamique du livre de poche en bande dessinée, c’est sûr. Cela change beaucoup la donne. Un album coûte toujours très cher. Il y a une réflexion à se faire, qui va être encore davantage perturbée par le fait que le prix du papier flambe. Quand on voit les habitudes de consommation aujourd’hui, on constate aussi que le prix n’est pas le seul combat à mener.

Léonie Bischoff et Zelba gardant un souvenir de leur performance
© Romain Garnier

Quelle est la place du festival Delémont’BD à l’échelle de la Suisse ?

Philippe Duvanel : La Suisse, à l’inverse de la France, n’a pas un nombre important de festivals. Elle doit en avoir 6 ou 7. Disons que Delémont’BD, c’est quelque chose que j’ai, dès le départ, voulu mettre en avant. La volonté était de regarder à la fois la création locale, jurassienne, la création suisse et la création internationale. La création suisse, pour moi, c’est important. Souvent, le Suisse a tendance à vouloir s’excuser ou à passer après. Je ne voulais pas avoir systématiquement un plateau que de Français et que de Belges. Donc je bataille beaucoup pour que Delémont’BD soit un festival de bande dessinée suisse, mais pas uniquement…

…Mais ouvert à l’international…

Philippe Duvanel : Mais ouvert à l’international ! Pour preuve, les invités d’honneur qu’on a eus à ce jour ne comptent qu’un seul auteur suisse, Zep, le premier. La particularité de Delémont’BD, c’est d’une part ne pas être un salon de la dédicace. On travaille beaucoup sur la médiation, les expositions, les performances, les rencontres, etc. Ensuite, on défend profondément la création suisse. Et le prix est là pour la légitimer, la mettre en avant.

Vous avez déjà à l’esprit la 9e édition ? Une idée de la ou le grand(e) trissou(e) 2023 ?

Philippe Duvanel : C’est marrant…la logique voudrait qu’on l’annonce maintenant. Et étonnamment, j’ai besoin de vivre l’édition avant de choisir le prochain ou la prochaine grande trissoue. J’ai des pistes en tête, mais je voulais les confronter in situ. Donc cela viendra d’ici quelques mois.

Question subsidiaire…Zep, Régis Loisel, Lisa Mandel, Florence Cestac, Milo Manara, François Boucq, comment les avez-vous convaincus de tous venir à Delémont’BD ?

Philippe Duvanel : (rires) C’est juste des gens adorables, qui sont simples. Après, effectivement, c’est toujours compliqué. Un auteur, quand on le sollicite pour une affiche, pour être grand ou grande trissou(e), même pour venir au festival, c’est assez complexe. Ils ont autre chose à faire, ils ne sont pas rétribués pour cela. C’est donc beaucoup de patience et on essaye de les séduire.

Je dois avouer que pour certains auteurs, j’ai été aidé. Zep, on se connaît depuis longtemps, donc il a vraiment été adorable de faire le pari de la première édition. Florence Cestac, cela faisait longtemps que j’en rêvais. Je lui ai proposé et elle a tout de suite accepté. Finalement, il suffit de parler aux gens, de présenter le projet, de savoir comment ils veulent qu’on les reçoive. Je crois que le secret c’est l’empathie et ne pas être pressé.

Affiche de la 1ère édition du festival (2015)
© Delémont’BD

(par Romain GARNIER)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Source : Datalib

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