Angoulême 2020 : Yukito Kishiro - L’homme et la machine, l’homme est la machine

31 janvier 2020 0 commentaire
  • Grâce au travail de réédition de Glénat, l’univers de "Gunnm" que Yukito Kishiro a créé dans les années 1990 retrouve une seconde jeunesse depuis quelques années. Coffret reprenant la série originale, réédition de "Last Order" et des one shots de l'auteur : les fans sont comblés. Dans la lignée de cette démarche quasi-patrimoniale de mise en valeur d'un des piliers du manga de science-fiction, le FIBD et 9eArt+, accompagné de l’éditeur, ont organisé une splendide exposition à l’espace Franquin d'Angoulême.

On y retrouve près d’une centaine de planches originales qui permettent d’apprécier le talent de l’auteur dans sa pleine mesure. La finesse et la précision du trait, l’énergie des mouvements, l’expressivité des visages, la profusion de détails : on peine vraiment à croire que tout a été fait à la main et sans retouche numérique.

Angoulême 2020 : Yukito Kishiro - L'homme et la machine, l'homme est la machine
En couleur, la maestria de l’auteur impressionne.
© Cédric Munsch, ActuaBD.

L’exposition est découpée de manière un peu scolaire : une première partie sur le travail du corps chez Kishiro, une autre centrée sur son personnage et la dualité ange / guerrier qui traverse Gally, puis une section sur la géographie de la série et enfin un dernier chapitre sur la cinétique et le mouvement.

© Cédric Munsch, ActuaBD.

Bien qu’un peu ordinaire, cette disposition se focalise sur les points majeurs de Gunnm. Notons que les planches réunies sont toutes issues de la première saga, la véritable masterpiece de l’auteur, puisque les œuvres qui ont suivi ont été réalisées essentiellement en numérique. On retrouve tout de même quelques planches d’Ashman, une courte série écrite après Gunnm, dans laquelle il s’essaie (avec brio) à un style graphique beaucoup plus sombre, proche de Frank Miller.

L’exposition est surtout exceptionnelle pour les pièces mises en avant. On peut passer des heures devant chaque page à admirer la maîtrise de l’artiste japonais. Sa représentation du mouvement, avec les lignes de vitesse qui débordent sur les personnages par moment, et qui fait la force de son travail, prend encore plus d’ampleur quand on distingue chaque coup de pinceau et de crayon. De même que le charisme de ses personnages, en particulier le magnétique et surpuissant Jasugun.

Véritable pèlerinage pour tous les fans de la cyborg au cœur d’or, l’exposition rencontre déjà un franc (et mérité) succès auprès du public. Pas étonnant : l’auteur a été assez peu exposé en France, en dépit son succès considérable auprès du public français.

Jasugun, badass et terrible. La planche donne des frissons.
© Cédric Munsch, ActuaBD.
© Cédric Munsch, ActuaBD.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

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