Angoulême 2021 : « Le boycott est une injustice » répond le Festival

25 janvier 2021 90
  • Dans un communiqué adressé aujourd'hui aux « Chères autrices, chers auteurs signataires de la tribune du collectif Autrices Auteurs en Action » qui faisaient voici quelques jours un « appel au boycott » du Festival (actuellement plus de 600 signatures), celui-ci répond par un communiqué, expression de son « sentiment d’injustice ».

Injustice face à l’accusation que « le Festival aurait « un double langage » et serait dans le « déni » en refusant de rémunérer les auteur.rice.s au titre des expositions réalisées dans différentes gares en France. »

Le FIBD souligne qu’il a pris le choix d’occuper le terrain -pour que la BD soit présente, ce qui a un coût payé sur sa cassette, alors qu’en face, aucune recette (billetterie, vente de produits dérivés, etc.) n’est espérée, mais dans le souci de mettre en avant la sélection, symbole de la créativité de la bande dessinée. Il y eut débat avec certains auteurs mais tous, affirme Franck Bondoux, le délégué général du FIBD : « ... ils ont tous finalement accepté l’idée que les circonstances exceptionnelles et l’intérêt d’une telle action pour les auteur.rice.s devaient prévaloir. Des écrits en attestent.  », certains éditeurs rémunérant les auteurs, tandis que, dans leur ensemble, ils ont signé une convention avec le FIBD au nom de leurs auteurs.

Soulignant l’engagement de la SNCF à ses côtés, le FIBD trouve par conséquent l’attaque un peu facile : « nous avons plutôt le sentiment d’être exemplaire que celui d’être dans « un double langage » ne manquent-ils pas de préciser.

Angoulême 2021 : « Le boycott est une injustice » répond le Festival
Depuis plusieurs années, le FIBD est devenu le théâtre de revendication des auteurs.
APhoto : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Une action contreproductive ?

Et de rappeler que le FIBD a été à la pointe de la défense des auteurs depuis plusieurs années : « N’a-t-il pas, entre autres exemples, accueilli (en finançant la mise à disposition du théâtre d’Angoulême) la réunion des premiers États Généraux de la Bande Dessinée, été le lieu de débats sur tous les sujets d’actualité de la profession, permis à des auteur.rice.s de donner leur point de vue dans des médias où ils étaient invités via le Festival (Marion Montaigne chez Augustin Trapenard en 2020), offert sur l’événement un lieu dédié (Magic Mirror) qui permettait de se concerter, s’informer et se former ; généré une tribune dans le temps de ces remises de Prix, permis des rencontres avec les pouvoirs publics jusqu’au plus haut niveau de l’État ?... »

Frank Bondoux, délégué général du Festival : "Un sentiment d’injustice"
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Les pouvoirs publics ont certes peu répondu aux revendications des auteurs. Mais est-ce le FIBD le responsable ? Le résultat serait, selon le délégué général, contreproductif : « Cette manifestation n’est-elle pas, objectivement, un lieu d’expression démocratique ? Le fermer est-il la solution ? Le boycotter est-il vraiment la meilleure solution pour faire aboutir des revendications ? Si, malheureusement le Festival ne pouvait pas se dérouler normalement au mois de juin, que serait alors ce moyen de pression ? Abîmer l’image de marque de cet événement apportera-t-il vraiment plus de bénéfices immédiats que de préjudices pour tous à terme ? »

Terminant sa tribune par un appel au dialogue, Franck Bondoux en appelle à la raison : « Vous constaterez sans doute, malheureusement que, comme il est dit dans Aladin, « notre pouvoir n’est pas aussi grand que celui du génie de la lampe . »

LE COMMUNIQUE DU FESTIVAL D’ANGOULEME (PDF)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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90 Messages :
  • "certains éditeurs rémunérant les auteurs, tandis que, dans leur ensemble, ils ont signé une convention avec le FIBD au nom de leurs auteurs."

    Quels éditeurs rémunèrent leurs auteurs pour aller dédicacer ou intervenir à Angoulême ?
    De quel droit des éditeurs ont signé une convention avec le FIBD au nom de leurs auteurs ?
    Ce qui est injuste, c’est que les auteurs en aient ras-le-bol d’être corvéables à merci, non l’inverse.

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  • Pauvre Festival, pauvre SNCF... on va les plaindre. Le Festival enchaîne les faux pas avec les auteurs depuis des années et des années, et profite du système. Cette volonté de s’en détacher n’est pas venu d’un coup et sans raison. Ce "communiqué de presse" n’est qu’une piètre tentative de culpabiliser celles et ceux qui font la bande dessinée, pour qu’ils continuent à se laisser faire. C’est raté.

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    • Répondu par LC le 26 janvier à  08:48 :

      Petite anecdote rigolote :
      lorsque le salon de Trifouillis les oies invite un auteur pour des rencontres scolaires, il est rémunéré au tarif charte alors que les finances ne sont souvent pas fameuses pour une petite collectivité.
      Mais bon, même à Trifouillis, on sait que tout travail mérite salaire.
      Pendant ce temps, et avant qu’il ne soit contraint par le CNL à rémunérer lui aussi, le FIBD pourtant gorgé de subventions organisait en son sein depuis des décennies des rencontres scolaires également, sans verser aux travailleurs le moindre centime. Correction : le médiateur présent était lui rémunéré, les plantes en décoration aussi, mais pas l’auteur intervenant alors qu’il figurait dans la programmation et constituait donc une valeur ajoutée (parmi d’autres) au festival.
      L’exemplarité est un mot qui devrait redevenir à la mode. Pour les auteurs de bds ça aurait été génial qu’il passe par Angoulême étant donné le symbole. Mais bon...

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  • Boude, Bondoux, boude..
    26 janvier 09:17, par Smalt

    Langue de bois sur son lit de mensonge, arrosée de larmes de crocodile...
    Les auteurs/trices ne s’émeuvent pas plus qu’ils/elles ne se nourrissent des ouin-ouin de leurs exploiteurs et de leurs complices.

    Des dizaines de milliers de personne profitent du joyeux travail gratuit des auteurs/trice à chaque édition de ce festival. Certains comme se monsieur B en tirent un revenu confortable toute l’année.
    Nous en avons assez d’être les dindons de la farce, refusons de travailler sans être payés, et de voir nos œuvres enrichir tous nos "partenaires", qui nous maintiennent la tête à fleur d’eau pour nous faire cracher nos histoires sans que nous puissions nous plaindre.

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  • Non seulement les auteurs devraient voir leur présence rémunérée, mais j’estime en outre que les dédicaces devraient être payantes, comme aux Etats-Unis. Un dessin, comme tout travail a une valeur. La dédicace n’est pas un dû.

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    • Répondu par Marc Bourgne le 26 janvier à  13:56 :

      Tiens ! Ça manquait, ce vieux débat sur les dédicaces payantes. Premier point, la dédicace n’est aucunement une obligation. Un auteur dédicace s’il en a envie, s’il ne le veut pas il peut rester chez lui. Second point, rien n’empêche un auteur de faire payer ses dédicaces. Il lui suffit d’informer de son intention de le faire le libraire ou les organisateurs du salon qui l’ont invité.

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      • Répondu le 26 janvier à  14:33 :

        Vous avez raison, la dédicace payante obligatoire n’est pas le bon argument.

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    • Répondu le 26 janvier à  13:57 :

      Quand les dédicaces seront payantes, elles seront réservées à une élite d’auteurs, bons vendeurs, toujours les mêmes, ce qui invisibilisera encore davantage les autres.

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      • Répondu le 27 janvier à  06:50 :

        Quand les bds à 25 balles seront majoritaires, elles seront réservées à une élite de lecteurs, et... non, rien, on y est déjà.

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  • À propos d’injustice, ça lui rapporte personnellement combien d’euros par an de diriger le FIBD, Monsieur Bondoux ?
    Le FIBD peu disparaître, la BD ne disparaîtra pas. Les auteurs peuvent se passer du FIBD mais Monsieur Bondoux ne peut pas se passer des auteurs. Sans les auteurs, le FIBD n’existe pas. Le FIBD n’est pas un outil de communication indispensable. Même la covid-19 est plus efficace pour vendre des bandes dessinées que le FIBD : confiner donne envie de lire plus.

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    • Répondu par Ismaël le 26 janvier à  14:40 :

      Oui, c’est vrai le FIBD peut disparaître. LyonBD aussi, Quais des Bulles aussi, JapanExpo aussi, Les rdv de la BD à Amiens aussi, BD à Bastia aussi... bref, tous les festivals peuvent disparaître et ça ne fera pas disparaître la BD pour autant. Donc, que tous les auteurs/illustrateurs boycottent les salons et festivals. Pour que les revendications aient plus de poids et qu’ils se fassent entendre. Ensuite, quand tous les festivals auront disparu, on y verra plus clair, c’est certain. On s’apercevra (mais ce sera trop tard), que les festivals n’avaient aucun poids pour contraindre l’état à légiférer, les éditeurs à rémunérer correctement, les librairies à être solidaires de leur gagne-pain (les auteurs, qu’ils ne défendent jamais, sinon quand il s’agit de vendre des ouvrages). Le boycott permettra au moins ça, de rendre le paysage plus clair. Les auteurs et dessinateurs resteront chez eux pour pouvoir enfin travailler sans être ennuyés par ces fichus événements et ces trop nombreuses manifestations à travers la France, ouf, on les laissera tranquilles. Mais aussi tranquilles seront-ils, rien n’aura changé : ils auront toujours le même statut qui n’en est pas un, les mêmes rémunérations et taux de droit, la même non-représentativité syndicale, et seuls quelques gros vendeurs auront les honneurs des médias comme d’habitude. Bref, vous avez raison, les festivals sont inutiles, autant s’en séparer tout de suite. Mais le problème des auteurs ne sera pas réglé pour autant...

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      • Répondu le 26 janvier à  14:59 :

        Bien sûr que les problèmes des auteurs ne seront pas réglés pour autant. Ce que je veux juste mettre en évidence avec ma provocation est que les auteurs sont le noyau dur de tout ce système. Si vous retirez le mou qui l’enrobe et qui se prétend indispensable pour faire exister les auteurs, vous vous rendez compte que c’est l’inverse : ce sont les festivals qui ont besoin des auteurs. La communication de Monsieur Bondoux est de vouloir faire croire le contraire. De faire croire que c’est la communication qui fait la culture alors que la communication est un outil. On peut inventer e nouveaux outils pour transmettre cette culture mais pour la produire, il faut des auteurs et des artistes et ce ne sont pas des outils mais des humains.
        Monsieur Bondoux est une incarnation de l’injustice parce qu’il est intellectuellement malhonnête.

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      • Répondu le 26 janvier à  16:22 :

        Pourtant nous n’avons pas vu passer les collectifs Salons Bds Autrices, Auteurs en Colère, ou Libraires Autrices Auteurs en Colère, ça aurait-été bien de vous manifester pour porte les revendications de toute une profession qui ne peut quasiment plus vivre de son travail. Vous allez donc tous mettre en place la Carte des Auteurs et demander au gouvernement de mettre en place les mesures recommandées par le Rapport Racine ?

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  • Fou qu’il se considère comme une victime en refusant de voir l’importance de nos revendications ! L’objectif n’est pas de détruire le Festival mais de se faire entendre, personne ne boycotte le FIBD par pur plaisir !
    On notera également que maintenant le festival est devenu un "espace de débat et d’interpellation", il avait plutôt l’air de les subir l’an dernier mais bon... Cet homme me fatigue, qu’il paie les auteurs avant les plantes vertes et on pourra peut-être lui accorder plus de crédit !

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    • Répondu le 26 janvier à  18:50 :

      Puisqu’il tend le bâton pour se faire battre, Figaro est à la noce et il tape.

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      • Répondu par Henri Khanan le 27 janvier à  19:35 :

        Un peu tôt pour se battre, camarades-auteurs ! Pour l’instant nul ne sait si le FIBD pourra avoir lieu de façon non virtuelle en juin.

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        • Répondu le 28 janvier à  07:03 :

          C’est une image. Se battre virtuellement en répondant par des mots, pas avec de vrais bâtons. On n’est pas des brutes.

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          • Répondu le 29 janvier à  13:11 :

            Les auteurs n’ont qu’à créer leur propre festival...
            Ils ont bien créé leur propre structure éditoriale avec l’Association

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            • Répondu par Benoît le 29 janvier à  16:00 :

              La plupart des festivals partent d’une envie d’auteurs d’une région, d’une ville, c’est le cas de Quai des bulles, des rencontres Chaland, de Lyon BD...

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            • Répondu le 29 janvier à  17:16 :

              La Dislocation ?

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            • Répondu le 29 janvier à  19:39 :

              L’Association ne paye pas ses auteurs et ne leur permet pas d’en vivre. C’est un éditeur admirable mais c’est là sa limite.

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              • Répondu par RDevelder le 30 janvier à  19:05 :

                L’Association ne paye pas ses auteurs et ne leur permet pas d’en vivre. C’est un éditeur admirable mais c’est là sa limite.

                Allez dire ça à Marjane Satrapi, ça la fera bien rigoler !

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                • Répondu le 30 janvier à  19:41 :

                  Marjane Satrapi n’est pas représentative des auteurs de l’Association.

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                  • Répondu par RDevelder le 30 janvier à  20:52 :

                    David B non-plus alors, ni Lewis Trondheim, on se demande qui est représentatif alors.

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                    • Répondu le 30 janvier à  21:39 :

                      Il faut vous mettre un peu à jour. L’Association a publié des dizaines d’auteurs depuis l’époque de Jean-Christophe Menu. Elle a un certain fonctionnement qui est celui qui a été décrit plus haut par le précédent intervenant.

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                      • Répondu par RDevelder le 30 janvier à  23:33 :

                        Bref, L’Association paye les auteurs sur les ventes et leur permet d’en vivre s’ils vendent assez... comme tous les éditeurs en fait.

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                        • Répondu le 31 janvier à  08:59 :

                          Non. Les gros éditeurs payent des avances. Pas les indépendants comme l’Association. Ça fait une énorme différence.

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                          • Répondu par Frédéric HOJLO le 31 janvier à  12:13 :

                            La plupart des éditeurs indépendants payent une avance sur droits. A hauteur de leurs moyens, donc pas énormes, mais elle existe. Le modèle de contrat proposé par le Syndicat des éditeurs alternatifs inclut d’ailleurs une partie "avance".

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                            • Répondu le 31 janvier à  14:16 :

                              Mais dans le fond, ça reste la même chose : du capitalisme.

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                              • Répondu le 3 février à  13:03 :

                                Ben y avait pas beaucoup de création artistique débridée dans les pays sous régime soviétique.

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                        • Répondu le 31 janvier à  11:38 :

                          Le droit d’auteur est le même pour tout le monde. Éditeurs petits ou gros, indépendants ou pas.
                          L’Association, est une coalition d’autocrates. C’est un tremplin inventé à l’époque où les blogs n’existaient pas. C’est la ré-invention du fil à couper le beurre. La bande dessinée alternative est un leurre. Ou bien un auteur vend et il peut faire une carrière, ou bien il ne vend pas et il fait autre chose de sa vie.

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                          • Répondu le 31 janvier à  17:46 :

                            Pour faire carrière en vendant et donc être visible du public, encore faut-il qu’il y ai moins de titres publiés et que les éditeurs fassent leur boulot en assurant de la même manière la promotion des livres qu’ils publient. Pourtant, les éditeurs pratiquent la technique de l’orpaillage : on balance un maximum, au final, il y aura bien une pépite ou deux qui en sortira.

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                            • Répondu le 31 janvier à  19:00 :

                              À partir du moment où la matière première est sous-évaluée, que l’État laisse faire en ne fixant aucun tarif minimum, l’orpaillage quitte l’artisanal pour devenir industriel.
                              Les indés n’ont fait qu’amplifier le phénomène.

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                            • Répondu par Henri Khanan le 1er février à  15:07 :

                              C’est exactement cela, j’ai parfois l’impression que la sortie d’un album s’apparente à un lancement de dés ! Parfois, quand les critiques sont bonnes et le public réceptif, le premier tirage s’épuise très vite. Dans d’autres cas, plus nombreux, les libraires renvoient la totalité des livres reçus pour un titre ! Seules les séries, grâce à leur historique des ventes, permettent d’anticiper un peu. L’édition est tout sauf une science exacte !

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                              • Répondu le 1er février à  15:31 :

                                Si c’était une science exacte, ce serait sinistre.

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                                • Répondu par Milles Sabords le 1er février à  18:19 :

                                  On ne demande pas aux éditeurs de faire de la science, mais juste leur métier et correctement si possible. Nous ne sommes pas en train de jouer en bourse, il y a des vies derrière chaque album.

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                                  • Répondu le 1er février à  20:17 :

                                    Il suffit d’avoir un deuxième boulot, c’est quand même pas si difficile. Comment font les écrivains ?

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                                    • Répondu le 2 février à  07:26 :

                                      Dessiner une page de bande dessinée est généralement beaucoup plus long qu’écrire une page de roman. Même si on bâcle comme certains, dessiner est quand même chronophage. On peut être prof et écrivain. Mais prof et dessinateur de BD, si vous devez sortir un album par an qui vous demande une semaine par page, c’est juste impossible. Votre commentaire cynique est sans fondement.

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                                      • Répondu le 2 février à  08:03 :

                                        Parce que écrire un roman ce n’est pas chronophage ? Depuis toujours les écrivains et nombre d’auteurs de Bd ont un second métier. Renseignez-vous avant de me traiter de cynique totalement hors de propos. Je ne poste pas de commentaires pour me défouler pour ma part.

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                                        • Répondu le 2 février à  16:25 :

                                          Je ne dis pas qu’écrire n’est pas chronophage mais que dessiner une page GÉNÉRALEMENT plus de temps qu’écrire une page de roman. S’il vous faut une journée pour écrire vingt bonnes lignes, il vous faudra quasiment5 jours pour dessiner une bonne page. Lorsque vous êtes dessinateur de bandes dessinées et que vous travaillez déjà 50 à 70 heures par semaine sur un ouvrage et pendant un an, vous ne pouvez pas en plus avoir une activité de prof. En revanche, vous pouvez écrire 4 heures par jour et avoir une activité de prof.
                                          Faites-moi l’inventaire des auteurs de BD qui ont un second métier à côté. À part des scénaristes et des dessinateurs qui publient un album tous les 5ans, je n’en connais pas. Votre discours cynique, je l’ai entendu de la bouche d’éditeurs. Facile à dire mais impossible à faire !

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                                          • Répondu le 2 février à  17:49 :

                                            C’est pas du cynisme son discours. Tous les copains que j’ai dans la bd ont un autre boulot. Faut arrêter avec l’image du mec qui fait de la bd historique et passe 3 jours sur un arrière-plan avec un château fort. La bd a évolué. A une page par semaine c’est sûr que tu crèves de faim.

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                                          • Répondu le 2 février à  18:23 :

                                            Mais quel que soit votre métier, si vous avez besoin de travailler 50 ou 70 heures par semaines pour arriver un résultat, ce résultat n’est pas viable et vous ne gagnez donc pas votre vie. Sacrifier sa santé, sa vie de famille pour son travail, ce n’est pas vivre.

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                                            • Répondu le 2 février à  19:41 :

                                              Pour certains artistes, créer est une activité permanente.qui êtes-vous pour juger comment quelqu’un doit "vivre".

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                                              • Répondu le 2 février à  20:47 :

                                                Sacrifier sa santé, ce n’est pas vivre. C’est mourir ou tomber malade. Ce n’est pas un jugement, c’est factuel. Pour le reste, on fait bien assez de sacrifices en tant qu’artistes. A moins d’être Pablo Picasso, je n’y laisserai pas ma peau. Souvenons nous que Pierre Soulages a 101
                                                et peint toujours. Il doit avoir une certaine hygiène de vie.

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                                                • Répondu par Philop le 3 février à  00:00 :

                                                  Et vous pensez que Pierre Soulages a un second métier ?

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                                                • Répondu le 3 février à  07:17 :

                                                  Il faudrait qu’un artiste travaille 35 heures pour pouvoir une vraie vie de famille comme tout bon citoyen. Et en même temps, il faudrait qu’il ait un second métier pour vivre : un emploi de 35 heures par exemple. Ce qui ferait 70 heures de travail et impossible d’avoir une vie de famille.

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                                                  • Répondu le 3 février à  09:06 :

                                                    Bon l’échange devient idiot comme d’habitude. Un job à temps partiel, une activité d’artiste et une vie de famille. C’est pas si difficile. C’est le quotidien de la plupart des artistes. Sans compter ceux qui vivent sur le salaire de leur conjoint.

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                                      • Répondu le 2 février à  08:07 :

                                        Il a raison. Avec une telle surproduction, on est heureux quand on réussit à vendre 5000 albums. Mais on ne peut pas en vivre avec un tel niveau de vente. Avoir un autre job ou une autre source de revenu est une réalité indispensable. De plus c’est une très bonne discipline pour ne pas se scléroser sur ses planches. Et ça libère de l’obligation de dessiner n’importe comment pour bouffer.

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                                        • Répondu par Auteur-trice le 2 février à  15:29 :

                                          Mais on ne peut pas en vivre avec un tel niveau de vente.

                                          Ca dépend du pourcentage touché par livre vendu, les éditeurs en vivent très bien eux !

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                                          • Répondu le 2 février à  17:51 :

                                            C’est bien la question le pourcentage. Mais c’est pas la seule. Il faut commencer par augmenter les avaloirs. Quitte à signer moins d’auteurs.

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                                      • Répondu par kyle william le 2 février à  08:24 :

                                        Je suis auteur et j’ai toujours eu un autre job. Quand j’étais au lycée, il y a 35 ans, la conseillère d’orientation m’avait bien expliqué qu’on ne pouvait pas vivre de la BD. Elle m’a poussé vers d’autres études en parallèle. Elle était visionnaire ou simplement bien renseignée. J’ai mené ma carrière en exerçant mon autre activité simultanément. Je ne bâcle pas du tout, mais j’évite de m’attarder une semaine entière sur une seule planche parce que ça n’aurait pas de sens et que les grands professionnels que j’admire ont toujours fait 2 ou 3 pages par semaine. J’ai vendu certains de mes albums à 1000 exemplaires, quelques autres à 20 000. C’est positif mais pas suffisant pour en vivre. C’est plutôt satisfaisant et sain de ne pas faire que de la BD. Je me sens d’autant plus libéré dans mon activité d’auteur et pas obnubilé non plus par des questions de subsistance. Je comprends très bien les revendications des auteurs, mais je pense moi aussi qu’il faudrait y associer les écrivains pour peser davantage, car leurs problématiques sont les mêmes. Mais je n’ai pas attendu un mouvement de protestation des auteurs pour m’organiser pour pouvoir gagner ma vie. Pour en revenir au sujet de l’article, les dirigeants d’Angoulême doivent se montrer solidaires envers le mouvement des auteurs. Ils ont voulu créer ce rendez-vous médiatique. Il est normal que les auteurs l’utilisent pour essayer de se faire entendre.

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                                        • Répondu le 2 février à  11:18 :

                                          Vous avez l’air satisfait de votre sort. Tant mieux pour vous, mais c’est pas si facile de trouver un job à mi-temps. Avec la crise du salariat, tout le monde en rêve mais ce type d’emploi est très rare. Quant à dessiner la nuit, avec un job à plein-temps dans la journée, bon courage ! Ce genre de sport est peut-être valable entre 20 et 30 ans, mais ensuite… le sommeil est important dans une vie équilibrée.

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                                          • Répondu par Milles Sabords le 2 février à  12:35 :

                                            Kyle William a trouvé son équilibre, tant mieux, d’autres peuvent sortir 2 à 3 planches par semaine, encore tant mieux, beaucoup d’auteurs de renoms et des gros vendeurs ne sortent pas plus d’une page par semaine, voir, par mois, triple tant mieux ; mais tout ça ne doit pas servir d’excuses aux éditeurs pour essorer encore plus les auteurs sur les délais tout en réduisant drastiquement leur niveau de vie. Il y a des gens qui ont du talent et qui ont besoin d’une semaine pour faire une planche, la BD restant leur seule activité. C’est comme de dire "si vous voulez signer, il faut savoir faire de la BD à la manière de..." ! La BD est aussi vaste que les différents talents qu’elle emploi. C’est à l’édition de trouver un meilleur système pour que tout le monde puisse vivre de son art.

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                                            • Répondu le 2 février à  13:21 :

                                              Et les autres artistes alors ? La très grande majorité ne vivent pas de leur art, les peintres, plasticiens, musiciens, écrivains, comédiens, danseurs etc… on a l’impression que les dessinateurs de BD sont quand même un poil naïfs et rêvent d’un statut de fonctionnaire de l’art, payé toujours pareil quoi qu’il arrive, quelles que soient leurs ventes et qu’ils dessinent 20 pages par mois ou bien qu’ils n’en fassent qu’une… mais ça n’existe nulle part un statut et un traitement pareil !

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                                              • Répondu par Milles Sabords le 2 février à  15:12 :

                                                Je ne suis pas auteur, je vous donne mon ressenti. En plus, vous mélangez tout. Chaque discipline artistique a ses contraintes, ses temps de réalisation, ses conditions de réalisation et des possibilités plus ou moins multiples pour vendre ou gagner sa vie avec son art. Dans la BD c’est plus restreint, les librairies, certes, internet pas terrible, sauf si vous êtes connu. Donc, vous ne pouvez pas mettre toutes ces disciplines artistiques sur le même plan. Et chaque disciplines à aussi ses propres financement ou référencement administratif. Par exemple, les intermittents du spectacle ont droit au chômage, pas les auteurs de BD s’ils n’ont plus de contrat. Je ne parlais pas de fonctionnaires du dessin, mais à écouter les auteurs en festival, il y a des solutions pour améliorer leur ordinaire mais on ne veut pas les entendre. On compare souvent la BD et le Roman, mais là aussi, il y a un certain snobisme de traitement : le roman c’est sérieux, la BD c’est pour les gosses. Même le roman-graphique n’arrive pas à gommer cette image. D’accord, les écrivains ne s’en sortent pas mieux, mais ils ne se sentent pas concernés par la BD.

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                                                • Répondu le 2 février à  15:47 :

                                                  Il fait une réforme générale du droit d’auteur et de la diffusion du livre. L’Etat ne fera pas une spécifique pour la Bd.

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                                                  • Répondu le 2 février à  17:56 :

                                                    Il faut une réforme générale du droit d’auteur et de la diffusion du livre. L’Etat ne fera pas une loi spécifique pour la BD.

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                                                • Répondu le 2 février à  16:34 :

                                                  Il y a autant de cas particuliers qu’il y a d’auteurs. À parti de là, aucun conseil général à donner n’est possible.

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                                              • Répondu par Auteur-trice le 2 février à  15:26 :

                                                On est largement en droit de voir dans ces commentaires anonymes anti-auteurs la marque des éditeurs...

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                                                • Répondu le 2 février à  17:54 :

                                                  Je n’ai pas lu de commentaires anti-auteurs pour ma part. Je vois plutôt des auteurs flippés qui postent leurs états d’âme anonymement.

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                                                  • Répondu le 2 février à  19:42 :

                                                    Votre commentaire pourrait très bien être celui d’un éditeur anonyme.

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                                                    • Répondu le 2 février à  20:43 :

                                                      Ou d’un tennisman.

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                                                      • Répondu le 3 février à  07:12 :

                                                        Ou d’un tennisman qui a un second métier : éditeur.

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                                                        • Répondu le 3 février à  09:19 :

                                                          Y de ces rigolos ici. On se poile. Ok si vous faites du roman graphique en gaufrier, vous pouvez vous permettre d’avoir un autre job pour bouffer. La question ça va être que faire des autres : les auteurs traditionnels, méritants et lents de surcroît, qui font de la bd réaliste ou historique chiadée, avec des mises en pages complexes et qui n’ont pas la capacité ou le talent de faire plusieurs pages par semaine. Ceux-ci, qui méritent un égal respect, je ne vois pas comment ils pourront survivre à la surproduction, et au tassement général des ventes et des à-valoirs. C’est une certaine conception du métier qui disparaît.

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                                                          • Répondu le 3 février à  10:27 :

                                                            L’hypocrisie du second métier est de laisser le droit de créer et de s’exprimer aux privilégiés. Déjà, pour débuter dans la bande dessinée ou comme auteur d’autres choses, si vous n’avez pas vos parents derrière à vous offrir une rente, vous n’avez aucune chance de percer. Relisez le rapport Racine, cette injustice sociale y est clairement exposée !

                                                            Faire un livre prend du temps. Il faut pouvoir s’y consacrer pleinement, s’y concentrer pour qu’il soit cohérent. Si vous avez une activité annexe qui vous épuise la moitié de votre journée, vous ne produirez rien de bon. Ni dans une activité, ni dans une autre.
                                                            Pour écrire"Brideshead revisited" (environ 600Pages), Evelyn Waugh a demandé un congé à l’armée britannique. Il l’explique très bien dans son journal de guerre et il vous explique même comment son roman avance, jour après jour : au compte-gouttes , avec de belles avancées et d’amers reculs. C’est très intéressant pour les gens qui n’ont jamais fait un livre de lire ces pages afin de comprendre ce qu’est un processus de création littéraire. Le processus pour un dessinateur de bandes dessinées est sensiblement le même. Il y a des jours où tout avance facilement et des jours où rien ne va plus et où ça bloque. Ces blocages sont nécessaires, des passages difficiles mais quand le dessinateur en sort, il a généralement compris et inventé quelque chose. Ce temps long est précieux et la création en a vraiment besoin. Ce n’est pas un luxe ou un caprice. Cela fait partie du processus. Ceux qui ne savent ni écrire, ni dessiner, ont toujours des solutions faciles mais inadaptées à proposer. Et même chez certains professionnels de la profession, j’ai entendu des théories absurdes du genre : tel tarif pour une planche et tant de temps par planche pour gagner sa vie. Mais ce n’est pas l’usine ! Ce sont des œuvres ! C’est l’œuvre qui décide du temps qu’il faut pour exister et on ne fait pas des œuvres pour gagner sa vie mais parce qu’on a des choses à dire et à montrer. Je me souviens de Jean Giraud vers la fin de sa vie me disant qu’il ne savait pas s’il aurait encore assez d’énergie pour un prochain album. Pour lui, un livre correspondait à une masse d’énergie qu’il avait en lui. Je trouvais ça bizarre mais en fait, non, c’est logique comme E=MC2, une question d’espace, de matière et de temps.

                                                            L’un des paradoxes actuels, c’est que depuis quelques décennies, une génération d’auteurs issus de milieux socialement et économiquement peu privilégiés ont décidé de devenir auteurs professionnels. Ce qui était une activité réservée auparavant à des classes privilégiées s’est démocratisée et petitement embourgeoisée. Du statut d’auteur, on est passé au statut d’auteur professionnel. L’adjectif professionnel n’es tpas anecdotique mais signifiant. Beaucoup de dessinateurs et scénaristes se prétendent auteurs alors qu’ils pensent comme des artisans et donc, comme des faiseurs. Ce qui se cache derrière la reconnaissance du "métier" ou de la "profession", c’est cette vision de l’ouvrier et du salarié. On reproduit ce qu’on connaît. Papa et maman étaient salariés et je veux être auteur salarié. Papa et maman étaient aristocrates et je veux rester rentier. Ce qui arrange les éditeurs, c’est que la vision de l’auteur reste romantique et donc, libérale. Mais pas le libéralisme comme on le comprend et déforme aujourd’hui mais comme il l’était au début du XIXè s.. Celui de Beaumarchais : le droit d’auteur comme un droit de propriété et non comme un droit du travail. Cette valeur travail si négligée, détournée et esquintée par le capitalisme. Cette valeur travail qui reste encore, pour les auteurs, à être déterminée et rémunérée à sa juste valeur. Sans travail, la propriété n’existe pas. Sans ouvriers et architectes pour construire un immeuble, pas de loyers possibles pour ses propriétaires.
                                                            Le rapport Racine était pourtant simple à comprendre mais n’est pas compatible avec le sens de l’Histoire, avec ce que les éditeurs ont fait de la production littéraire : une industrie de la société de consommation. Si les éditeurs devaient payer Et le travail ET les droits sur les œuvres, ils s’effondreraient parce que tout leur système est basé sur un seul pilier : le droit de propriété. Et la machine pour toujours plus rentabiliser ce droit de propriété est une cavalerie avec les finances : les retours. La surproduction n’est pas une crise mais un système. Plus les éditeurs produisent et plus ils garantissent leurs bénéfices. Plus les éditeurs produisent et plus il y a d’auteurs pauvres. L’un en peut pas aller sans l’autre parce que la qualité n’est pas le critère du bon fonctionnement du capitalisme. Seule la quantité compte.

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                                                            • Répondu par kyle william le 3 février à  14:44 :

                                                              Alors c’est sans espoir. D’un côté vous défendez la vision d’un artiste romantique, non-professionnalisé, se nourrissant tout autant de ses avancées que de ses blocages, et non soumis à des contraintes horaires ou des soucis de rendu (une conception qui à mon sens n’a jamais existé). De l’autre, vous déplorez la surproduction comme système. Mais la surproduction et de façon générale l’attitude des éditeurs, leur relation contractuelle avec les auteurs se nourrissentt totalement de cette vision romantique et naïve du métier d’auteur. C’est parce qu’ils peinent à se professionnaliser que les auteurs se font exploiter. Si on remet un jour tout à plat dans le but d’améliorer les conditions de vie des auteurs, ils devront bel et bien devenir des artistes professionnels comme c’est le cas dans les autres disciplines artistiques. Les éditeurs se sont suffisamment sucrés sur le dos des artistes romantiques.

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                                                              • Répondu par Auteur le 3 février à  15:27 :

                                                                Si on remet un jour tout à plat dans le but d’améliorer les conditions de vie des auteurs, ils devront bel et bien devenir des artistes professionnels comme c’est le cas dans les autres disciplines artistiques.

                                                                Revenez sur terre, les auteurs sont déjà des artistes professionnels et de grands professionnels, hyper spécialisés et techniques, il y a un très haut niveau de professinnalisme dans la bd franco-belge.

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                                                                • Répondu le 3 février à  15:44 :

                                                                  Vous n’avez pas compris la nuance et le poids du terme professionnel accolé à auteur. Je laisse tomber.

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                                                                • Répondu par kyle william le 3 février à  15:49 :

                                                                  Probablement. Mais ce n’est pas ce que revendiquait l’intervenant précédent, tout à sa vision romantique de l’artiste. Disons qu’il y a de tout, des très professionnels et des moins professionnels. En tout cas, ils ne sont généralement pas considérés comme de grands pros quand il s’agit de leur faire signer des contrats… sur ce plan-là, on a des progrès à faire.

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                                                                    Ma vision n’était pas romantique. J’exposais plutôt deux définitions contradictoires de l’auteur. Mais bon… Auteur professionnel. Les deux termes accolés. Auteur pour la dimension "propriétaire" . Professionnel, pour la dimension "travail". L’évolution d’une activité artistique et littéraire et l’évolution de l’édition qui en semblent plus compatibles.

                                                                    Répondre à ce message

                                                          • Répondu le 3 février à  10:33 :

                                                            Si cette conception du métier disparaît, c’est tout le métier qui va s’écrouler. La place restera aux Manga et aux Comics dont le niveau graphique est bien supérieur à celui de nos romans-graphiques. Faire plusieurs pages par semaine n’est pas une question de talent, mais d’opportunisme, voire, de contrainte rentable seulement pour l’éditeur. Les mauvaises ventes ne sont pas du côté des BD "chiadés"... relisez les derniers chiffres de ventes BD pour 2020, accessibles sur ce site.

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                                                            • Répondu le 3 février à  12:39 :

                                                              Les lecteurs de romans graphiques ne deviendront pas automatiquement lecteurs de mangas et comics.

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                                                              • Répondu le 3 février à  13:01 :

                                                                C’est plutôt l’inverse. Ce sont des gamins qui lisent les manga et les comics (+ des vieux nostalgiques). Peut-être qu’en grandissant ils passeront au roman graphique. Ce qui me paraît condamné à moyen-terme c’est la bd de série, même si elle se vend encore très bien et que certaines sont formidables. Mais je ne vois pas un nouveau public s’enticher de nouvelles séries style l’Epervier, les médias ne les soutiennent pas et les éditeurs eux-mêmes préfèrent rebooter de vieilles séries à succès qu’en lancer de nouvelles.

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                                                                • Répondu le 3 février à  13:42 :

                                                                  Ce n’est pas un problème de série, c’est tout simplement parce-que la surproduction est tout aussi rentable. Seule différence, la surproduction ne vous oblige pas à partager plus de bénéfices avec le ou les auteurs. L’argent rend fou et individualiste.

                                                                  Répondre à ce message

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                                                                    Le problème des auteurs est que la surproduction n’est rentable que pour les autres acteurs de la chaîne. Le seul moyen d’enrayer cette surproduction serait de monter le prix de la matière première. Mais sans l’intervention de l’État, impossible !

                                                                    Répondre à ce message

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                                                                      Le seul moyen d’enrayer cette surproduction serait de monter le prix de la matière première. Mais sans l’intervention de l’État, impossible !

                                                                      C’est tout à fait possible, il suffit que les auteurs arrêtent d’accepter des contrats honteux mais qu’ils exigent un revenu convenable, à la hauteur du travail fourni. Un contrat ça se négocie, et si les conditions sont inacceptables il ne faut pas accepter ce contrat.

                                                                      Répondre à ce message

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                                                                        Si c’était aussi simple, votre utopie serait déjà réalisée.

                                                                        Répondre à ce message

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                                                                          C’est aussi simple que ça, mais il faut que tous les auteurs s’y plient avant de signer un contrat.

                                                                          Répondre à ce message

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                                                                        Il ne suffit plus de dire qu’individuellement chaque auteur doit refuser de signer un contrat inacceptable. Les auteurs sont en train de se fédérer pour des actions communes, pour demander une intervention de l’Etat par la loi, pour demander l’application des recommandations du rapport Racine, et pour commencer, boycotter Angoulême. En êtes-vous ?

                                                                        Répondre à ce message

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                                                                          J’en suis.

                                                                          Répondre à ce message

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                                                                            Est-ce que ActuaBd pourrait envisager une présentation plus agréable à la lecture des interventions de leurs lecteurs ?

                                                                            Répondre à ce message

                  • Répondu par Zébra le 4 février à  23:28 :

                    - "L’Association" n’est certainement pas un modèle (économique) car cet éditeur ne vend rien ou presque. M. Satrapi s’est enrichie grâce au cinéma (un autre monde). L. Trondheim est un stakhanoviste multicarte pas très représentatif. "L’Asso." l’a aidé à se lancer comme un fanzine.
                    - Quand quelques caricaturistes ont voulu gagner leur vie tout en restant indépendants, ils se sont regroupés et ça a donné "Hara-Kiri", puis "Charlie-Hebdo", entreprise illégale à tous points de vue. On pourrait imaginer la même chose en BD... sauf que ça fait trente ans au bas mot que les auteurs pestent contre les éditeurs qui font mal leur boulot (du "dumping social" avec les mangas) et qu’on ne voit rien venir ou presque. Il faut dire que la censure de la presse est considérablement renforcée en France par rapport à ce qu’elle était dans les années 60. Mais peut-être qu’en Belgique... ?

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                    • Répondu le 5 février à  08:04 :

                      Entreprise illégale ? Censure ? Qu’est-ce que c’est que ces salades ?

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                    • Répondu par Toledano le 5 février à  10:31 :

                      Zebra, l’art de dire n’importe quoi :

                      cet éditeur ne vend rien ou presque. M. Satrapi s’est enrichie grâce au cinéma

                      Persepolis s’est vendue à plus d’un million d’exemplaires en France, et a été traduit dans de nombreuses langues et récompensé dans le monde entier (avec là aussi de nombreuses ventes). Face à ce succès inattendu l’Asso a dû renforcer son modèle business .

                      Comment voudriez-vous qu’une boite tienne depuis 30 ans sans rien vendre ? Soyez un peu logique.

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                      • Répondu le 5 février à  14:17 :

                        Ce succès est resté totalement unique et exceptionnel dans l’histoire de l’Asso. Et c’était il y a bien longtemps. Ils produisent beaucoup d’ouvrages qui vendent en dessous du millier d’exemplaires.

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                        • Répondu le 5 février à  15:10 :

                          Totale mauvaise foi.
                          Et le livre continue à se vendre. L’ascension du Haut-mal s’est bien vendu aussi.
                          Ca m’étonnerait fort que les nouveaux Lapinot se vendent à moins de mille exemplaires. Il faut tout mettre dans la balance pour une maison d’édition.

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                          • Répondu le 5 février à  19:20 :

                            Vous n’êtes sans doute pas de mauvaise foi pour votre part, mais vous ne parlez que de leurs best-sellers. L’ascension du haut-mal est parue il y a 25 ans.
                            _

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                            • Répondu le 5 février à  22:23 :

                              Non, 2003 le sixième tome.

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                              • Répondu le 6 février à  09:27 :

                                C’est bien ce que je dis. Ces références sont datées. Aujourd’hui l’Asso manque de locomotives.

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  • 768 signatures à ce jour. C’est dommage (pour une fois que le festival a lieu en juin) que tous ces auteurs se privent du plaisir de NE PAS avoir froid à Angoulême, de NE PAS glisser sur le verglas des rues en pente, et de faire du camping pour se loger facilement (mieux que s’entasser à 10 dans les odeurs de pieds).

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