Angoulême 2021 : un nouvel appel au boycott du collectif Autrices Auteurs en Action

18 janvier 2021 140
  • Fondé il y a un an, le collectif Autrices Auteurs en Action n'est pas mort du coronavirus ! Après s'être fait entendre au Festival d'Angoulême 2020 lors d'une manifestation et de la cérémonie de remise des Fauves, le mouvement a entrepris la rédaction d'une charte de bonnes pratiques en festivals. Les circonstances ont rendu celle-ci moins urgente que prévu. Mais les questions du statut et de la rémunération des auteurs sont loin d'être réglées, malgré le Rapport Racine et les promesses ministérielles.

La situation des autrices et auteurs de bande dessinée, qu’ils soient auteurs dits « complets », scénaristes, dessinateurs ou coloristes, reste majoritairement précaire. Les données avancées par les États Généraux de la Bande Dessinée en 2016 ont été confirmées par le Rapport Racine qui, après s’être longtemps fait attendre, a suscité quelques minces espoirs.

La pandémie n’a fait que mettre encore davantage en lumière les difficultés. Le report de nombreuses parutions, l’annulation de la plupart des événements collectifs, la diminution drastique des rencontres avec les lecteurs et des animations pédagogiques ont créé un manque à gagner que les subsides étatiques ne suffisent pas à combler. Au-delà de cette situation qui dure depuis presque un an et dont on ne voit toujours pas la fin, c’est tout le système économique et social de l’édition de bande dessinée qui est mis en cause

Le statut juridique, la protection sociale et le partage des revenus du livre sont questionnés. Le Rapport Racine a donné une version officielle des problèmes et tracé l’ébauche de solutions, qui nécessiteraient de longues négociations entre représentants des auteurs, des éditeurs, des diffuseurs-distributeurs, des vendeurs et de l’État. Mais, en une année certes chaotique, les changements n’ont pas été significatifs.

Angoulême 2021 : un nouvel appel au boycott du collectif Autrices Auteurs en Action
Manifestation à Angoulême 2020
Photos : Cédric Munsch

C’est du moins le constat que dresse le collectif Autrices Auteurs en Action. Fondé il y a un an presque jour pour jour, il s’était fait entendre à Angoulême à l’occasion d’une manifestation d’une ampleur inédite relayée sur la scène du Théâtre d’Angoulême, par les voix de Gwen de Bonneval et Fabien Vehlmann, lors de la cérémonie de remise des Fauves 2020. En mars, à la veille du premier confinement, la rédaction d’une « Charte de bonnes pratiques en festivals et autres manifestations culturelles liées au livre et à la bande dessinée » était lancée. Le collectif a depuis moins eu l’occasion de rappeler ses revendications.

La statue d’Hergé à Angoulême pendant la manifestation des auteurs du 31 janvier 2020. Photo. : F. Hojlo.

Mais les autrices et auteurs restent mobilisés et anticipent la fin de la crise sanitaire, qui ne signifiera pas pour eux la fin de la crise économique et sociale. C’est pourquoi le collectif AAA vient de publier une nouvelle tribune, adressée directement à la Ministre française de la culture et au Festival international de la bande dessinée, et destinée non seulement à alerter sur la situation actuelle, mais aussi à impulser la définition d’un statut pour les auteurs et une juste répartition des revenus au sein de la « chaîne du livre ».

Le collectif repart du Rapport Racine, qui appelait l’État à assumer un rôle de régulateur dans ce secteur, qui est autant une richesse culturelle que financière pour la France mais qui ne peut vivre sans ses créatrices et créateurs. En prolongement de la tribune de janvier 2020, qui avait rassemblé presque 1400 autrices et auteurs, ce nouveau texte rappelle à la fois la gestion désastreuse des cotisations par l’Agessa [1] et les difficultés - parfois ubuesques - liées au transfert des compétences de l’Agessa à l’Urssaf [2]. Sont aussi remis en mémoire l’appel au boycott des événements de type salons et festivals si rien ne bougeait et la démission de Florence Cestac, Catherine Meurisse, Régis Loisel et Jul, les quatre marraines et parrains de l’Année de la Bande Dessinée en octobre dernier.

© Loïc Secheresse 2020

La tribune dénonce en outre l’absence de rémunération pour les auteurs dont des extraits d’œuvres sont exposés dans des dizaines de gares à travers la France, à l’initiative du FIBD et de la SNCF. Enfin, Mme Bachelot est mise en cause pour le décalage entre ses discours, qui clament son amour de la culture, et ses décisions, réduites à la portion congrue.

Le collectif ne s’arrête cependant pas aux mots. Les autrices et auteurs mobilisés appellent ainsi, sauf décision notable du gouvernement «  à l’endroit de [leur] statut professionnel, de [leur] représentation et d’un juste rééquilibrage de la chaîne du livre », au « boycott total du versant public » du Festival d’Angoulême pour les événements prévus fin juin 2021. Ce serait alors plusieurs centaines d’autrices et auteurs [3] qui refuseraient de participer aux rencontres, aux séances de dédicaces et autres manifestations, souvent non rémunérées, les impliquant directement.

La balle est donc dans le camp de la Ministre de la culture et des dirigeants du FIBD, qui peuvent avoir une certaine influence en tant qu’organisateurs d’un événement d’ampleur internationale. Mais la 48e édition du Festival d’Angoulême s’ouvre dans à peine plus de cinq mois...

© Olivier Josso Hamel / Autrices Auteurs en Action 2020

(par Frédéric HOJLO)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

NB : l’auteur de cet article est également signataire de la tribune.

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- Le collectif Autrices Auteurs en Action 2020 s’engage sur la présence en festivals

[1Association pour la Gestion de la Sécurité Sociale des Auteurs.

[2Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales.

[3Pour des raisons techniques, le nombre de signataires a peu augmenté les premiers jours, mais cela peut évoluer.

 
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140 Messages :
  • " Le Rapport Racine a donné une version officielle des problème"

    Problèmes avec un s.

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    • Répondu par Frédéric HOJLO le 18 janvier à  07:45 :

      Merci, c’est corrigé !

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      • Répondu par Milles Sabords le 18 janvier à  11:21 :

        Tout ceci, si, le festival d’Angoulême pourra se tenir en juin. La situation sanitaire évolue dans le flou, les vagues de vaccinations ne sont pas non plus des lames de fond et les différentes variantes du virus, risquent encore de changer la donne !

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  • "ce secteur est autant une richesse culturelle que financière pour la France " : ah bon ? le secteur de l’édition est complètement subventionné par l’Etat français, plusieurs centaines de millions d’euros par an qui partent en fumée - ou plutôt au pilon (pitié pour les arbres !) "Richesse culturelle" ? ce le fut, mais que dire de la grosse part des publications actuelles, dessinées à la va-vite et prônant de manière univoque l’idéologie social-étatiste (retour d’ascenseur).

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    • Répondu le 18 janvier à  13:55 :

      Dire que la bd n’est plus une richesse culturelle est fort de café parce que môsieur trouve que c’est mal dessinée.
      La bd ne se résume pas à cela et l’objet de l’article est sur le statut social des auteurs dont on se permet apparement de prendre le travail sans contrepartie.
      Aprés si l’idéologie social-étatiste comme vous dites vous déranges et bien tant mieux.
      Si il y a quelque chose à défendre socialement, on le fera sans vous et contre vous.
      Salutation

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      • Répondu par auteur le 18 janvier à  15:28 :

        La BD était une richesse culturelle... elle est devenue la vaste vitrine d’une surproduction folle, où toutes les maisons d’édition se copient dès qu’un style d’album fonctionne, ou alors, pondent des albums publicitaires à la gloire de telle vedette du moment ou de telle autre... La BD est devenue racoleuse et sous des airs d’embourgeoisement élitiste, a perdue tout contact avec le grand public. Vous n’êtes pas dans un moule bien-pensant, vous n’êtes pas dans l’entre-soi du milieu parisianiste, alors passer votre chemin, les aristos de l’édition n’en ont que faire de vos oeuvres. Dorénavant les éditeurs lorgnent vers d’autres pays, à la fiscalité et au droit d’auteur beaucoup plus souple pour trouver leur main-d’oeuvre corvéable à souhait. Il faudrait également que les libraires révisent leurs tables de loi, mais aussi les distributeurs, les diffuseurs, qui s’accommode trop bien du jeu éditorial au détriment des auteurs. Les diffuseurs-distributeurs font leur richesse avec des marges de stockage ou de placement exorbitantes. De tous les commerçants, le libraire et le seul qui facture ses invendus en retour à l’éditeur, le comble ! Et dire qu’il y a de moins en moins de lecteurs... ce n’est plus une saignée, c’est un carnage ! L’édition est en train de couper la branche sur laquelle tout le monde est assis. Si les auteurs vont mal, qu’ils se rassurent, ça va continuer en pire. Qui va payer les pots cassés des différents confinements ? D’ailleurs, ça commence déjà dans le métier ; albums suspendus, contrats non renouvelés, report d’albums (jusqu’à quand ?), albums finalisés qui ne verront jamais le jour, pression maximale sur les délais de réalisation (on ne torche pas un album qualitatif en 6 mois !), bref, comme disait le grand Jacques : "la maison brûle et nous regardons ailleurs" !

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        • Répondu le 18 janvier à  15:45 :

          Ras le bol de ces pleurnicheries sempiternelles sur le thème du "c’était mieux avant". Sur n’importe quel sujet, on doit lire les mêmes jérémiades. A croire que les auteurs de BD vivaient bien autrefois. Mais arrêtez donc la BD, si c’est aussi pourri que vous le dites. Faites autre chose. On verra bien si votre production tellement géniale manque à quelqu’un.

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          • Répondu par auteur bd le 18 janvier à  16:57 :

            Personne n’a dit que c’était mieux avant, juste, que c’est de pire en pire. Au vu de votre réaction, il faudrait éliminer ces pleurnichards d’artistes, ces rebus de la société qui ne produisent rien d’utile... votez Trump, ça vous correspond mieux !

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            • Répondu par kyle william le 18 janvier à  18:34 :

              Un artiste réactionnaire, c’est juste pas possible.

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              • Répondu le 19 janvier à  07:46 :

                C’est le message de 15:45 qui est réac, voir limite, très patronal.

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                • Répondu le 19 janvier à  08:12 :

                  Faut pas confondre réaction et individualisme. Les métiers de l’édition sont des professions libérales. Chacun se démerde comme il peut et les plus faibles devront arrêter. ça n’a rien de réactionnaire de le constater, c’est au contraire toucher du doigt la réalité la plus contemporaine, même si elle est déplaisante. Ce qui est réactionnaire, c’est de croire qu’il y a eu un âge d’or où les choses allaient mieux. Non, simplement, autrefois il n’y avait pas surproduction. Et il n’y avait que quelques dizaines de professionnels en activité. C’était une situation très différente.

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                  • Répondu par auteur le 19 janvier à  08:30 :

                    Autrefois, il n’y avait des albums que si les parutions magazines d’une série ou d’un auteur en valaient la peine. Personne ne demande dans la BD a avoir un statut privilégié par rapport au reste de la société, mais juste, des conditions de travail plus dignes. Faire du fric pendant que l’on crève est un peu trop facile...

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                  • Répondu le 19 janvier à  08:39 :

                    Depuis quand la bd a un statut de métier d’indépendant ? C’est juste dans vos rêves ! "Auteur bd" n’existe pas au niveau administratif, ni même le vocable "métier", et pour ce qui est des mêmes droits de cotisations comme tout indépendant d’autres secteurs professionnels, on en est à des années lumières. Faut pas confondre statut social de commercial, de médecin, d’avocat, d’architecte, etc, avec auteur bd !

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                  • Répondu le 19 janvier à  09:05 :

                    OK.C’est bien joli. Avant y avait 400 albums par an et 80 auteurs. Maintenant, c’est plus de 10 fois plus. Une fois qu’on a dit ça, on fait quoi ??

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            • Répondu le 18 janvier à  19:10 :

              la bd de cul ça marche bien aussi. Si ça peut vous aider

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        • Répondu le 18 janvier à  16:01 :

          Pô pô pô encore hors sujet.
          si vous avez lu toutes les sorties, bravo !
          Avec 6000 sorties par an c’est plutot riche culturellement et pour tous les gouts. Il faut arrêter avec le "couper du grand public"
          ce n’est pas de notre faute si vous n’etes pas publié ou si vous ne vendez pas suffisament c’est la loi du marché.
          avec votre analyse des maisons d’éditions présenter un projet en fonction ou auto-editez vous.

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          • Répondu par Milles Sabords le 18 janvier à  17:04 :

            Ha là, là, encore un donneur de leçons, qui a toutes les solutions en mains. Vous croyez bêtement qu’il suffit juste de présenter un projet en rapport avec l’éditeur pour être pris... et que l’auto-édition c’est l’eldorado ? L’auto-édition paye encore moins que l’édition, à moins d’être rentier et que vous vous cherchez un passe-temps. Dans vos 6000 albums, combien d’oeuvres originales ? Pas des masses.

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            • Répondu le 18 janvier à  19:09 :

              eclairer nous pour se faire éditer

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            • Répondu le 18 janvier à  19:26 :

              Comme si c’etait nouveau que auteur de bd ça ne paie pas le documentaire sous les bulles l’avait dit. Il faut deux boulots pour en vivre à moins d’avoir de la chance dans ce que l’on produit
              ce que vous avancez pour les oeuvres originales, vous avez des sources ?

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              • Répondu le 19 janvier à  07:35 :

                Alors vous, vous n’avez rien compris au documentaire : la BD ne paye pas pour des tas de raisons qui n’ont rien à voir avec la loi du marché, quant à cette histoire d’avoir deux boulots, c’est juste l’arbre qui cache la foret ; ça arrange le système de l’édition. Je vous conseille vivement de lire tous les liens qu’Actua BD a mis à la fin de l’article. Ainsi, vous dormirez plus instruit.

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            • Répondu le 18 janvier à  20:36 :

              Avec 6000 sorties par an, c’est normal que tout le monde ne puisse pas survivre. Il y a trop d’auteurs. Une sélection naturelle va s’opérer. Les moins bons et les plus précaires (qui ne sont pas nécessairement les mêmes) vont disparaître. Tout va s’arranger.

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              • Répondu le 19 janvier à  09:33 :

                Bien sûr que non, bien au contraire, cette surproduction arrange les éditeurs-diffuseurs qui font leur marge sur le placement de produits et les aller-retour des livres, plus il y en a en circulation, mieux c’est pour leur CA. C’est très, très loin de s’arranger. François Bourgeois avait alerté les auteurs de ces manipulations purement commerciales et financières il y a plus de quinze ans. J’avais participé à cette réunion entre auteurs. Ce que nous vivons aujourd’hui lui donne parfaitement raison.

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                • Répondu le 19 janvier à  12:18 :

                  C’est qui François Bourgeois ?

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                • Répondu par Auteur le 19 janvier à  12:55 :

                  C’est d’ailleurs pour cette raison que de plus en plus d’éditeurs ont leur propre réseau de diffusion/distribution, ou, se regroupent pour pouvoir monter ce type de réseau. Résultat, pas plus de transparence dans les chiffres de ventes et de meilleure redistribution des bénéfices. Le bas de la pyramide (de plus en plus large) trinque pour le haut.

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                  • Répondu le 19 janvier à  16:01 :

                    C’est tout à fait ça, et les chiffres de ventes sont donnés par les éditeurs, pas par une société indépendante, du coup, évidemment, c’est au petit bonheur la chance pour savoir exactement combien on a vendu. -On va pas chipoté-.

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        • Répondu par kyle william le 18 janvier à  16:05 :

          Tiens, c’est reparti. Quelqu’un a remis une pièce dans la machine.

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    • Répondu le 18 janvier à  14:22 :

      Vous vous fondez sur quoi pour affirmer des inepties pareilles ?

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  • Ce qui m’étonne le plus, c’est que les libraires ne s’émeuvent pas plus des conditions souvent lamentables octroyées aux auteurs pour la réalisation de livre qu’ils encensent. Je suis très étonné de ce silence lourd, pesant, indigne qui flotte dans l’air du temps. On ferme les yeux, on se gargarise du dernier roman graphique à la mode, fait en 3 ans pour 6000 euros, à se partager entre le scénariste et le dessinateur. J’ai l’impression, excusez-moi pour la comparaison, d’entrer chez Décathlon quand je rentre dans une librairie. Etant auteur, je vois les conditions lamentables de créations derrière les couvertures en facing, comme les ouvriers qui ont fait les tee-shirt à dix balles dans cette grande surface. Tout le monde le sait, tout le monde se tait.

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    • Répondu le 18 janvier à  21:23 :

      C’est un comparaison très juste. Librairie, prêt-à-porter, articles de sport, c’est toujours du commerce.

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  • Le collectif des autrices et auteurs mobilisés appelle au « boycott total du versant public » du Festival d’Angoulême pour les événements repoussés fin juin 2021. Refus de participer aux rencontres, aux séances de dédicaces et autres manifestations…

    Oui, bon, bien… sauf que c’est pas l’année pour appeler à ne pas dédicacer puisque tout est annulé ou remis aux calendes grecques. Tout le monde ne sera pas vacciné de la Covid-19 avant la fin 2021. À la vitesse à laquelle la France vaccine et avec les nouveaux variants qui apparaissent un peu partout, en juin, il y a de fortes chances que le FIBD soit annulé. On peut aussi rester bêtement optimiste et croire que tout sera rentré dans l’ordre et que le rapport Racine, qui est enterré depuis un an, sera ressuscité par Roselyne Bachelot.

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    • Répondu le 19 janvier à  18:23 :

      On ne va pas nous faire croire que tout va bien dans le monde l’édition. C’est bien simple, avec le chômage qui va empirer, les dépôts de bilan en tous genres et dans tous les domaines économiques, les français, qui mettent déjà pas mal d’argent de côté pour les jours difficiles à venir, ne vont sûrement pas acheter des tonnes de BD. Finis la surabondance d’albums moches, aux dessins vite jetés, aux scénarios aussi nombrilistes que mal fichu et aux petits tirages. Cette pandémie va sonner le glas du roman-graphique. Il va falloir rentabiliser à mort et sur le long terme, si les éditeurs veulent survivre, quel que soit leur taille.

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      • Répondu par Henri Khanan le 21 janvier à  17:55 :

        Je pense au contraire que ces albums vite torchés au lettrage numérique et aux couleurs photoshoppées peuvent conquèrir un nouveau public, avide d’information, de reportage ou de biographie, tous supports confondus. Celui qui lit Le Monde ou Libé et regarde Arte, par exemple.
        Maintenant il faut que le thême abordé plaise à un certain public.
        Ah, je rappelle que le nombre d’exemplaires vendus par nouveauté doit être inférieur à trois mille d’exemplaires. Et si l’on enlève les gros bestsellers (Van Hamme, Zep, Astérix), c’est beaucoup moins en fin de compte.

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        • Répondu le 22 janvier à  17:51 :

          En effet, on est plus proche de 1500 ex. imprimés par nouveautés dans le roman-graphique, voir moins, que des 3000 exemplaires. Après, rien n’empêche de faire aussi du beau pour tous ces lectorats du Monde, de Libé, d’Arte ou des Inrocks, plutôt que ces albums vraiment moches et chers.

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          • Répondu le 22 janvier à  18:01 :

            1500 ex. !
            Avec des ventes aussi faibles, il est à combien le seuil de rentabilité pour l’éditeur ?

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            • Répondu le 23 janvier à  10:12 :

              Le seuil de rentabilité n’est pas difficile a atteindre : le cout de production d’un roman-graphique est beaucoup moindre qu’un classique cartonné de 46 pages - donc économie, les formats souvent plus petits offre moins de gâche papier par l’imprimeur - donc économie, les auteurs sont très mal rémunéré - donc économie, l’offre est pléthorique et certains titres décollent - donc rentabilité, le pris est en général plus élévé qu’un classique cartonné de 46 pages - donc, rentabilité ! Les médias poussent à fond sur le genre, donc, re-rentabilité !

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              • Répondu le 28 mai à  07:18 :

                Moins de rentabilité par titre, des lecteurs qui , hors gros succès marginaux suivent assez peu ce genre, une marge nette minuscule = surproduction de titres pour récupérer du CA, sur le dos des auteurs bien sûr payés aux forfaits ridiculement bas. Une image vertueuse du bon goût culturel qui se moque totalement du statut social et professionnel des auteurs. Ca revient à acheter un produit luxueux, qui coûte relativement cher, sur le dos des créateurs. La bd actuelle se serait-elle inspirée du système industriel de Nike ?

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                • Répondu le 31 mai à  15:21 :

                  Les éditeurs n’ont pas attendu le modèle Nike pour mal payer les auteurs. Ça a toujours existé. On paye bien les gros vendeurs, pas les petits.

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                  • Répondu le 1er juin à  09:07 :

                    Même pas, les gros vendeurs ne sont pas tous bien payés, pas toujours à la mesure de leurs ventes. L’histoire de l’édition regorge de clashs entre auteurs vendeurs et éditeurs radins.

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              • Répondu le 31 mai à  15:19 :

                C’est complètement caricatural comme analyse. La gâche papier n’a aucun rapport avec le format utilisé. Le compte d’exploitation d’un roman graphique n’est guère plus avantageux que celui d’un 48 CC. Le prix de vente est plus élevé mais le tirage est généralement plus réduit et les mises en place infiniment plus réduites, car le roman graphique n’est généralement pas vendu en grande distribution. Par ailleurs le paiement au forfait s’est généralisé d’abord sur le 48 CC. Bref, imputer la précarisation des auteurs à l’invention du roman graphique est un discours caricatural et mal-informé. C’est la surproduction et le trop-plein d’auteurs qui va avec qui sont en cause. Les auteurs crèvent de faim parce que le pouvoir d’achat des lecteurs n’est pas illimité.

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                • Répondu par Onomatopée le 31 mai à  19:05 :

                  C’est vous qui êtes mal informé : l’arrivée du roman-graphique a généralisé le forfait plutôt que le paiement à la planche ou à la page, comme pratiqué avant dans le métier pour un 48 CC. On vous donne maintenant des miettes pour tout faire : scénario, dessin, colorisation... merci le système roman-graphique ! Les conditions des contrats, des délais de réalisation, poussent davantage les auteurs à la précarisation. Le pouvoir d’achat du lectorat n’est peut-être pas étendu, mais il en a marre de voir surtout une surproduction d’albums ratés, et c’est de ce côté là qu’il faut chercher une baisse des ventes. Quant à la gâche papier, faites un tour chez les imprimeurs et vous verrez le coût du cartonnage et du façonnage suivant le format.

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                  • Répondu le 31 mai à  22:03 :

                    Non, le forfait pour des albums de 48 pages existe depuis le début des années 2000, avant la vague du roman graphique. Quand à la fabrication du roman graphique, il côute plus cher à produire et il est donc vendu plus cher. Ça ne change rien pour les auteurs. Ce qui a changé, c’est qu’il faut dessiner en plus petit format et plus vite pour faire plus de pages pour le même prix. C’est ça que beaucoup ne parviennent pas à faire.

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                    • Répondu le 1er juin à  05:29 :

                      Le roman-graphique n’est pas plus cher à produire : sur une feuille d’imprimerie vous y mettez plus de page que pour un 48 CC, le cartonnage dun petit format coûte moins cher que celui d’un grand format. C’est mathématique.

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                      • Répondu le 1er juin à  07:10 :

                        Vous ne connaissez rien à l’imprimerie. Un livre de 150 pages coûte plus cher à fabriquer qu’un livre de 48. La question de la couleur ou du « cartonnage » (je ne sais pas d’où vous tirez ce terme) ne joue presque pas.

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                        • Répondu le 1er juin à  09:05 :

                          Les experts à la petite semaine racontent n’importe quoi, c’est pas nouveau sur ce forum.

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                        • Répondu par Onomatopée le 1er juin à  10:07 :

                          Des livres de 150 pages et plus, ce sont plus de ramettes papier qu’un 46 pages. Plus vous faites bouffer de la rame de papier à l’imprimeur, plus les prix se négocient et redescendent. L’intervenant précédent voulait sûrement dire "façonnage" plutôt que "cartonnage", et là aussi, les prix peuvent se négocier à la baisse, surtout lorsque le façonnage ne se fait pas dans la même imprimerie que l’impression des cahiers.

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  • Un mouvement se met en place, qui appelle les autrices et auteurs à voter Bruno Racine :
    Les autrices et auteurs de bande dessinée ont reçu un message ce 27 mai afin de voter pour le grand prix 2021.

    Après consultation, nous les invitons à voter pour Bruno Racine, afin de mettre la lumière sur le rapport sur l’auteur et l’acte de création, rapport enterré encore une fois par le gouvernement actuel.

    https://autricesauteursenaction.org/vote-pour-le-grand-prix-fibd-2021/

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    • Répondu le 28 mai à  13:11 :

      Mais il dessine quoi, Bruno Racine ?

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      • Répondu par Auteur-trice le 28 mai à  14:24 :

        Il est auteur (du rapport Racine), pas dessinateur, et les auteurs et autrices de BD souhaitent le récompenser pour son œuvre et son empreinte sur la bande dessinée.

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        • Répondu le 28 mai à  15:09 :

          Quelle empreinte ?
          Il a produit un rapport à la demande d’un ministre. Des rapports, des haut fonctionnaires en font tout le temps et les mesures préconisées sont rarement appliquées ou appliquées dans leur intégralité.
          Vous vous attendiez à quoi bande d’auteurs et autrices naïfs ?
          Ne votez pas du tout et ce sera encore plus efficace. Boycottez tout de A à Z au lieu de faire les choses à moitié.

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      • Répondu par Fab le 28 mai à  14:33 :

        Vous savez qu’il n’y a pas que des dessinateurs, mais des coloristes, des scénaristes, des éditeurs, des historiens, des théoriciens...Ce qu’on récompense c’est l’apport de l’auteur-trice à la Bande Dessinée, et le Rapport Racine est un apport formidable au monde de la BD.

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        • Répondu le 29 mai à  23:11 :

          Je ne boycotterai pas le festival, pas plus que je ne voterai Bruno Racine. La précarisation des auteurs n’a rien à voir avec le festival d’Angouleme. Elle est causée par la surproduction des livres, et la surpopulation des auteurs. Surtout j’en ai assez de ce pays où tout le monde ne fait que se plaindre. Être artiste, ce n’est pas être assisté ou inféodé à un Etat. Les artistes étrangers, américains, anglais, italiens n’ont jamais touché un sou public ni bénéficié d’aucun statut accordé par leurs pays, ça ne les a pas empêchés de devenir Will Eisner, Stan Lee, Katsuhiro Otomo, Norman Mailer, Hugo Pratt, Philip Roth ou Toni Morrison, ni d’inventer le rock’n’roll. Que l’Etat s’occupe d’améliorer le vivre-ensemble, en grave péril, de ramener la cohésion et la confiance. Qu’il augmente les enseignants et les infirmières. Les artistes n’en rien à voir avec l’Etat. La création doit rester libre.

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          • Répondu le 30 mai à  11:11 :

            Discours d’anar. Ça se défend, mais on est dans un pays de luttes sociales. Les intermittents ont obtenu un statut unique. C’est normal que les auteurs et artistes demandent plus de protection à l’Etat contre la seule loi du marché.

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            • Répondu par Auteur-trice le 30 mai à  17:45 :

              Ce n’est pas un discours d’anar, mais un discours de réac, c’est du libéralisme le plus crade, qui justifierait l’esclavage.

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              • Répondu le 31 mai à  09:32 :

                Vous mélangez un peu tout politiquement. Les réactionnaires ne sont pas des ultra-libéraux. Le Rassemblement National, qui a de bonnes chances de gagner l’élection présidentielle l’année prochaine n’a pas un programme libéral mais au contraire ultra-étatiste. Le discours de notre ami qui refuse l’assistanat est celui d’un hyper-individualiste farouchement indépendant. Ce n’est pas un discours libéral, encore moins réactionnaire. C’est juste un peu misanthrope.

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          • Répondu par Auteur-trice le 30 mai à  17:43 :

            Être artiste, ce n’est pas être assisté ou inféodé à un Etat.

            Vous faites à côté du trou.
            Les artistes/auteurs paient des chargent, des impôts, il est normal qu’ils bénéficient des droits affairant, ce n’est pas de l’assistanat, c’est de la justice sociale.
            Quand depuis des dizaines d’années sur nos droits d’auteurs on paie des cotisations sous le nom "minimum vieillesse" pour la retraite et que ça n’ouvre aucun droit à une pension de retraite, c’est juste une arnaque, et quand on nous rétorque que le logiciel n’était pas adapté on se fout de notre gueule.
            Vouloir être représenté par un syndicat comme n’importe quelle profession en France et se le voir refuser, ce n’est pas "être assisté ou inféodé à un état".
            L’artiste/auteur n’est pas en dehors de la société, il est même au centre de la société, et il n’y a aucune raison qu’il soit le seul à ne pas tirer profit de son travail alors qu’il fait vivre des millions de personnes par répercussion.
            Le festival d’Angoulême est la caisse de résonance de notre profession, c’est là que la lutte se cristallise car c’est là que la presse se fait écho.

            Et surtout vous parlez sans savoir, on voit bien que vous n’avez aucune idée du statut des artistes/auteurs en Amérique,au Japon, en Italie, en Espagne, En Irlande ou en Angleterre. Vous êtes-vous intéressé ne serait-ce qu’au statut de nos collègues en Belgique ?

            Faire valoir ses droits n’est jamais quémander ou être assister, et être un travailleur reconnu par la société et son système social ce n’est pas être inféodé. Les artistes/auteurs sont des travailleurs comme les autres, avec une famille, un loyer, des factures, parfois des problèmes de santé, on ne vit pas de l’air du temps et on paie des charges.

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            • Répondu le 31 mai à  09:23 :

              Eh bien moi je suis un artiste et je vis en dehors de la société, le plus possible loin de la société.

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              • Répondu par Crobard le 31 mai à  18:40 :

                Vous vivez au fond des bois et vous vendez votre production à des ours ?

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                • Répondu le 1er juin à  07:07 :

                  Non, j’écris, je dessine, je touche mon chèque et je livre mes planches aux éditeurs. Le reste ne me concerne pas. C’est leur métier de publier et vendre des livres, pas le mien.

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                  • Répondu par Lol le 1er juin à  09:57 :

                    « je touche mon chèque et je livre mes planches aux éditeurs. »

                    Ah oui !!!! Carrément en dehors de la société quoi ! Vous êtes un petit rigolo vous !

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                    • Répondu le 1er juin à  11:34 :

                      Je n’ai pas dit que j’étais un ermite sur une île déserte avec une grande barbe. Je ne vis pas dans une bande dessinée, je me contente d’en faire et je me tiens à l’écart des problèmes des autres.

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                      • Répondu par Auteur-trice le 2 juin à  21:28 :

                        je me contente d’en faire et je me tiens à l’écart des problèmes des autres.

                        Et bien vous avez tort, parce que les autres ce sont les autrices enceintes qui ne peuvent pas prendre de congés de maternité par exemple parce la sécu ne les reconnait pas comme travailleuses à part entière bien qu’elles payent les cotisations sécu. Parfois, si on se bat longtemps on peut espérer toucher nos indemnités journalières avec des mois de retard, bien après l’accouchement (demandez à Samantha Bailly), mais de quoi vit-on pendant ce temps ?

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                    • Répondu le 1er juin à  17:16 :

                      Il vend, on lui achète. En quoi est-ce être en dehors de la société que de vivre de son commerce ?

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                      • Répondu le 2 juin à  08:28 :

                        C’est rester en dehors de la politique, ne pas vouloir que l’Etat se mêle de mon art, ni de mon artisanat, ni ne me réforme, ni ne me subventionne, ni ne me récompense. C’est l’attitude d’un Tardi depuis toujours par exemple.

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                        • Répondu par Auteur-trice le 2 juin à  08:53 :

                          C’est l’attitude d’un Tardi depuis toujours par exemple.

                          Tardi a juste refusé la légion d’honneur, mais il paie ses impôts, il est à la sécu, il cotise pour la retraite, il ne refuse pas les Prix et les récompenses pour son travail, il est totalement investi dans la société (Ô combien !) et surtout il ne reste absolument pas en dehors de la politique, s’il y a un auteur qui s’occupe de politique c’est bien Tardi.

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                          • Répondu le 2 juin à  12:38 :

                            Il a refusé toutes les récompenses émanant de l’Etat, pas seulement la légion d’honneur. Il fait de la bande dessinée et n’attend rien du gouvernement. Même attitude.

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                            • Répondu par Auteur-trice le 2 juin à  13:11 :

                              Il a refusé toutes les récompenses émanant de l’Etat, pas seulement la légion d’honneur.

                              C’est faux, il n’a refusé que la Légion d’honneur, on ne lui a proposé aucune autre décoration d’état.

                              Il a un véritable engagement politique et militant, il signe souvent des pétitions, son nom a un poids. En 2015, il est parmi les signataires de l’Appel des 58 par exemple.

                              Je rappelle qu’il a fait les Beaux-Arts de Lyon et les Arts déco à Paris (des établissements d’état).
                              Par ailleurs il a été Grand prix de la ville d’Angoulême en 85, Grand prix Saint-Michel, Prix Adamson, Prix Max et Moritz, Prix Eisner , Prix Sproing, Prix Urhunden et en 2016 Temple de la renommée Will Eisner. Jacques Tardi ne refuse pas les honneurs.

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                              • Répondu le 2 juin à  20:45 :

                                Il refuse ce qui vient de l’Etat. Merci pour le rappel biographique mais ça confirme ce que je disais.

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                                • Répondu par Auteur-trice le 2 juin à  23:36 :

                                  Vous êtes de mauvaise foi, vous écriviez "Il a refusé toutes les récompenses émanant de l’Etat, pas seulement la légion d’honneur.", or il n’a refusé que la Légion d’Honneur.
                                  Par ailleurs il a eu des expositions au Musée de la Grande Guerre, au Musée de l’Air et de l’Espace et au Musée Arts et Métiers. Il n’est pas aussi obtus que vous voulez le faire croire.

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                                  • Répondu le 3 juin à  08:39 :

                                    Je m’en fiche de savoir s’il a refusé une seule décoration ou plusieurs. Je ne le considère comme obtus, je l’admire et il inspire ma propre attitude. C’est fou comme il est difficile de se faire comprendre.

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                                    • Répondu par Fred le 3 juin à  16:26 :

                                      Je m’en fiche de savoir s’il a refusé une seule décoration ou plusieurs.

                                      Alors pourquoi écrivez-vous plus haut "Il a refusé toutes les récompenses émanant de l’Etat, pas seulement la légion d’honneur." ? Soyez cohérent.

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                                      • Répondu le 4 juin à  10:41 :

                                        Je ne suis pas cohérent. Je respecte Tardi pour son indépendance.

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            • Répondu le 31 mai à  09:35 :

              Je suis auteur de bd. Je paye mes cotisations sociales et je suis protégé par la sécurité sociale. Je paye mes impôts en tant que citoyen. Ça s’arrête là. Je n’ai pas besoin que l’Etat ou la société interfère davantage. Je suis assez grand pour négocier mes contrats moi-même.

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            • Répondu le 31 mai à  09:50 :

              Et vous, vous savez quoi du statut des auteurs de BD aux USA, royaume Uni, Italie, Espagne, Irlande, Japon, Belgique ? Eclairez-nous puisque vous êtes si malin.

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            • Répondu par Auteur le 31 mai à  09:57 :

              Je ne comprends pas la logique de toutes ces personnes qui interviennent sur ce forum, qui, sans connaître l’envers du décor de notre métier d’auteur-autrice de BD, savent ce qu’il faut faire...
              Ils n’ont pas compris que l’on est en train de crever, que le système de fonctionnement de l’édition dans ce pays remonte au XIXe siècle et qu’il est temps de remettre tout ça à plat. Il y en a marre de servir d’esclave à des éditeurs qui font leur beurre sur notre travail, quant ils ne trempent pas dans des affaires d’enrichissement personnel.
              Il faut que le gouvernement se réveille sérieusement sur notre condition. Nous n’avons aucun pouvoir pour défendre nos œuvres, notre travail, ou négocier un contrat de manière équitable. C’est toujours le pot de terre contre le pot de fer.
              Mais c’est pas grave, quant une certaine droite extrême aura pris le pouvoir en 2022, il n’y aura même plus de questions à se poser sur la BD et la culture en général... rappelez-vous de l’affaire de la bibliothèque d’Orange !

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              • Répondu par Kyle William le 31 mai à  12:18 :

                Justement il y a un problème de timing avec cette nouvelle tentative de mobilisation. Il n’y aura aucun nouveau projet de loi concernant le statut des auteurs avant la fin du mandat de Macron. De toute façon, légiférer sur les relations entre des partenaires commerciaux n’est pas vraiment dans la logique de Macron. Il a certes injecté des milliards d’euros pour sauver l’économie frappée par le Covid, mais il n’en est pour autant devenu un socialiste. Dans le meilleur des cas, il sera réélu, il faudra voir qui sera nommé Ministre de la Culture et repartir au
                combat à ce moment-là pour ceux qui y croiront encore. Dans l’autre hypothèse, Le Pen sera présidente et je souhaite bonne chance à ceux qui iront négocier quoi que ce soit avec son gouvernement. Personnellement, je ne parle pas avec ces gens-là.

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                • Répondu par Auteur-trice le 31 mai à  15:14 :

                  légiférer sur les relations entre des partenaires commerciaux n’est pas vraiment dans la logique de Macron

                  Avoir une représentation syndicale ce n’est pas sur les relations entre des partenaires commerciaux, avoir sa pension de retraite malgré les défaillances de l’Agessa ce n’est pas sur les relations entre des partenaires commerciaux.

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                  • Répondu le 31 mai à  16:52 :

                    Pour la retraite, c’est mort. De toute façon, c’était peanuts. Quant à la représentation syndicale, ce n’est pas au gouvernement de l’organiser. C’est aux auteur.es de le faire. D’ailleurs ça existe déjà. Le vrai chantier c’est le taux horaire du travail. Que les avaloirs soient évalués sur une base horaire décente. Là il y a un sujet de négociation. Ça et une indemnité chômage.

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                    • Répondu le 1er juin à  06:54 :

                      "Que les avaloirs soient évalués sur une base horaire décente."

                      Le truc impossible et qui ne correspond pas au sens de l’à-valoir. L’à-valoir n’est pas une rémunération pour un travail à effectuer mais une avance sur un droit de propriété. Le droit d’auteur est un droit de propriété pas du travail. L’obligation des cotisations sociales veut faire croire que c’est un travail comme les autres. Ce progrès social des années 70 est une erreur historique, un truc qui ne correspond plus à notre époque. Les auteurs devraient avoir le droit de s’assurer indépendamment. L’URSSAF et L’IRCEC obligatoires, c’est de la grosse arnaque. Des mécaniques absolument pas adaptées à une activité qui est par essence libérale, que les artistes-auteurs le veuillent ou non.

                      Si vous arrivez à déterminer le montant d’un à-valoir en fonction d’un taux horaire, les éditeurs n’éditeront plus que des bandes dessinées avec un dessin bâclé et minimaliste. Quelle avancée sociale !

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                      • Répondu le 1er juin à  08:24 :

                        Appelez-le comme vous voulez. Mais De facto, l’a-valoir rémunere le temps passé à travailler sur le livre. Si vous trouvez que prendre des assurances privées serait préférable au système actuel, vous êtes encore plus libéral que le libéralisme que vous dénoncez.

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                        • Répondu le 1er juin à  11:45 :

                          L’à-valoir ne rémunère pas le temps de travail. C’est une avance sur les ventes optimisées. Relisez vos contrats !
                          Le droit d’auteur est uniquement un droit de propriété pas un droit du travail.

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                          • Répondu le 1er juin à  13:37 :

                            Merci j’ai bien lu mes contrats. Je sais que mon avaloir est une avance sur mes ventes éventuelles et pas une rémunération de mon temps de travail. Pourtant, de fait, cet argent m’est versé en avance. Je l’utilise pour payer mon loyer et aller au marché acheter de quoi manger pour me nourrir pendant la période que je consacre à la réalisation de mon album. De fait je gagne ma vie grâce à mes avaloirs. On peut jouer sur les mots pendant des années, il n’en reste pas moins que l’a valoir sert à financer le temps de réalisation de l’album par l’auteur. De plus cet argent n’est pas remboursable à l’éditeur si l’album n’atteint pas les ventes auxquelles il correspond. Ceci prouve bien qu’il est une forme de rémunération du travail de l’auteur, que vous le vouliez ou non.

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                            • Répondu le 1er juin à  14:50 :

                              Ce n’est pas ce que je veux. C’est ce que dit la Loi. Changez la Loi et je dirai autre chose.

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                        • Répondu le 1er juin à  13:13 :

                          L’avance rémunère le produit du travail, pas le temps de travail. Relisez le Code de la propriété intellectuelle !
                          Le temps de travail n’existe pas. Seulement la valeur commerciale de l’œuvre. À partir de là, les cotisations sociales, c’est du n’importe quoi !

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                          • Répondu le 1er juin à  15:06 :

                            L ’a-valoir est une avance sur les droits d’auteur. Il est donc un revenu et comme tout revenu, il est soumis à l’impôt et aux cotisations sociales. Le fait que l’a-valoir ne rémunère pas le temps de travail mais le fruit des ventes de ce travail ne dispense pas l’auteur de payer des cotisations sociales. Elles lui permettent de participer au financement commun de la sécurité sociale et d’en bénéficier lui-même. On ne cotise pas seulement pour être protégé par la sécu, mais pour participer à son financement collectif. Vous pouvez penser que c’est n’importe quoi, mais c’est la loi. C’est une avancée pour les auteurs de cotiser et d’être couverts par la sécurité sociale. Si on vous comprend bien, vous voudriez les soustraire aux cotisations sociales sous prétexte que leur rémunération est un droit d’auteur et pas un salaire ? De fait, l’auteur, qui ne bénéficie déjà d’aucun des avantages d’un salarié, se retrouverait de plus sans couverture sociale, obligé de s’en remettre aux assurances privées comme aux USA (avant les quelques progrès obtenus par Obama). Si on vous comprend bien, vous souhaitez un système moins protecteur et moins égalitaire pour tout le monde.

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                            • Répondu le 2 juin à  15:15 :

                              Ce qui est du n’importe quoi, c’est de confondre droit de propriété avec droit du travail. Que des cotisations sociales soient calculées sur une propriété, ce n’est pas logique. Que des auteurs puissent déclarer des droits d’auteur en traitement et salaire est une absurdité aussi. Pour fabriquer une maison, il faut des travailleurs mais une fois la maison réalisée, elle est imposée comme un bien immobilier, pas comme un salaire de maçon ou d’architecte. Confondre le droit de propriété avec le droit du travail n’ajoute que de la confusion. Un statut particulier pour les artistes-auteurs serait nécessaire mais pour l’instant, tout est construit de travers.

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                              • Répondu le 2 juin à  20:50 :

                                Oui vous avez raison, ranger les droits d’auteur dans la case « traitement et salaires » est une étrangeté. Mais vous pouvez aussi les ranger dans les BNC. Par ailleurs payer des charges sociales sur les revenus issus de la propriété (intellectuelle ou immobilière) n’a rien de choquant.

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                          • Répondu le 1er juin à  15:10 :

                            Le temps de travail n’existe pas, dites-vous. Dans une négociation avec un futur gouvernement pour l’amélioration de la rémunération des artistes-auteurs, voire pour la création d’un nouveau statut les concernant (je n’y crois pas un instant), il faudra bien poser la question du temps de travail.

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                            • Répondu le 2 juin à  13:12 :

                              Pour l’instant, juridiquement, ce temps n’existe pas. Et il serait très difficile de construire une rémunération d’un auteur en fonction du temps passé à élaborer un ouvrage ou un scénario de film.
                              Faut arrêter de penser comme des salariés !

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                              • Répondu le 2 juin à  19:39 :

                                Ben au contraire faut commencer à penser comme des salariés ! C’est le meilleur statut existant. Le plus sûr, le plus équitable. Et de loin.

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                                • Répondu le 3 juin à  08:29 :

                                  Sauf qu’un auteur ne peut pas être subordonné à un éditeur à cause de la liberté d’expression.

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                                  • Répondu par Crobard le 3 juin à  09:28 :

                                    La liberté d’expression n’existe que si votre scénario est dans l’air du temps et celui des médias. Sinon, vous pouvez le laisser au fond d’un tiroir.

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                                  • Répondu le 3 juin à  09:42 :

                                    La liberté d’expression n’est pas forcément incompatible avec un statut de salarié. Même si ça a tendance à se dégrader de plus en plus à cause de la main mise des gros groupes industriels sur la presse, les journalistes sont le plus souvent salariés. (Et ils ont d’autres privilèges par ailleurs.) Et ils défendent quand même leur liberté d’écrire ce qu’ils veulent. Vous allez me dire, c’est pas facile avec des patrons comme Bolloré, mais passons. Les journalistes sont organisés et défendent leurs droits depuis longtemps. Les écrivains et les auteurs de BD commencent seulement à réaliser qu’ils pourraient avoir un meilleur statut et de meilleures conditions.

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                      • Répondu le 1er juin à  08:29 :

                        Jordi Bernet, Tardi, Hermann, Boucq, Blutch et tant d’autres, ce n’est ni bâclé ni minimaliste. Pourtant ils dessinent très vite. Ça s’appelle aussi le talent, le savoir-faire et le professionnalisme. Si vous manquez des trois, effectivement vous ne pouvez pas survivre. La bd est une activité exigeante et un business dur. Seuls les meilleurs tiennent.

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                        • Répondu le 1er juin à  11:54 :

                          Tout ne peut pas être vite dessiné et vite écrit. Aller vite n’est pas un critère de qualité. Certains dessins sont vite dessinés et ça se voit et d’autres non et ça se voit. Après si vous êtes maladroit, que vous alliez vite ou pas, ça ne change rien. Vous restez maladroit. Qu’une avance soit indexée sur un temps de travail est une absurdité. C’est l’œuvre produite qui compte, pas le temps pour la produire. Vous pensez comme des salariés.
                          Les artistes-auteurs sont des propriétaires pas des travailleurs et plus ils se comporteront en propriétaires et mieux ils gagneront leur vie.

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                          • Répondu le 1er juin à  13:48 :

                            On est propriétaire de ses originaux, en France du moins. Mais on n’est plus propriétaire de leurs droits de reproduction, dès lors qu’on signe un contrat. Ne signez pas de contrat, ne publiez pas et vous resterez propriétaire de vos planches et de vos droits. Mais vous n’en vivrez pas. Par ailleurs je n’ai pas dit que dessiner vite est un critère de qualité. C’est seulement une nécessité pour vivre de son travail. Si vous êtes lent, et de surcroît maladroit, comme vous dites, vous n’avez aucune chance de vous en sortir.

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                            • Répondu le 1er juin à  14:39 :

                              On cède des droits sur une œuvre dont on est propriétaire mais on ne signe pas n’importe quoi non plus. Si l’éditeur ne respecte pas ses obligations contractuelles, vous pouvez récupérez votre propriété. D’autre part, le droit moral est une propriété inaliénable. L’œuvre est d’abord une propriété. Et les éditeurs non AUSSI des devoirs vis-à-vis d’elle. Ce n’est pas une fois achetée, l’éditeur fait ce que bon lui semble et l’auteur et ses ayants ont juste le droit de se taire et de laisser faire.
                              Vous pouvez être lent et très bien vivre sur les revenus de votre œuvre. Allez vite n’est pas une nécessité. La nécessité, c’est que le public achète. Et pour que le public achète, c’est le rôle de l’éditeur, pas celui de l’auteur.

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                            • Répondu par Onomatopée le 1er juin à  15:15 :

                              Il y a beaucoup de lents qui ont produits des œuvres aux ventes impressionnantes. Le problème de la rapidité, c’est son versant négatif de pression et d’émoluments au rabais. Si certains veulent bosser vite et faire plusieurs albums par an, tant mieux pour eux, mais qu’on fiche la paix à ceux qui ont besoin de plus de temps. Le but du jeu, c’est que les albums se vendent, non ? Et si tous les rapides de la BD sortaient plusieurs albums par an, ça ne serait plus de la surproduction, mais de la destruction, tellement l’avalanche d’albums asphyxierait définitivement le marché.

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                              • Répondu le 2 juin à  08:24 :

                                Mais les « rapides de la bd » sortent déjà plusieurs albums par an. Ils le font parce qu’ils en sont capables et pour gagner leur vie. Ceux que vous appelez les « lents »qui vendent beaucoup d’albums » sont une infime minorité. On ne réformera pas le statut des auteurs en se basant sur leur modèle puisque c’est déjà celui qui a toujours existé : si vous avez du succès, vous pouvez en vivre, que vous soyez lent ou rapide. Très bien, mais la grande majorité des auteurs n’ont pas de succès et n’amortîssent pas le montant de leurs avaloirs. C’est ceux-là qui meurent de faim et réclament un vrai statut pour vivre correctement sans avoir de succès commercial.

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                                • Répondu par Onomatopée le 2 juin à  09:43 :

                                  La lenteur et la rapidité dépendent aussi de paramètres individuels et pas que économiques ; la BD est un art à part entière et pas une accumulation de pièces d’usine. Le temps fait parti de l’acte créatif, pour qu’il soit le plus abouti possible. Cette lubie de vouloir industrialiser l’acte créatif le rendra forcément de plus en plus stérile. Pas envie de devenir un Mangaka enfermé dans sa chambre de 20 mètres carrés à naviguer entre le lit et l’ordinateur pour pondre des planches numériques au kilomètres. On est pas des souris de laboratoire.

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                                  • Répondu le 2 juin à  13:35 :

                                    Il ne s’agit pas d’industrialiser l’acte créatif mais de se professionnaliser. Pour être reconnu et payé comme des professionnels. En aucun cas, ça ne voudra dire rêvasser la plupart du temps et se mettre au travail seulement quand l’inspiration frappera à la porte. Il faudra bien parler temps de travail et rendement. Les intermittents du spectacle, dont les auteurs envient le statut, sont des professionnels et travaillent comme tels.

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                                • Répondu le 2 juin à  12:44 :

                                  Le succès commercial est mirage orchestré par l’édition elle-même, puisque les éditeurs ne savent pas ce qui va faire un succès ou non. Il n’y a aucune recette magique du succès et c’est pas plus mal, chacun ainsi à sa chance. Mais il faut que la chance soit correctement rémunéré.

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                                  • Répondu le 2 juin à  16:27 :

                                    Le métier des éditeurs est de publier des livres. Une faible proportion de ces livres sont des succès, lesquels permettent de financer l’ensemble de la production. Tous les livres n’ont pas vocation à se vendre à 100 000 ni même à 15 000. Doit être publié ce qui est digne, voire nécessaire d’être rendu public. Une petite vente ne signifie pas que le livre n’aurait pas du être publié ni que l’auteur est un loser. Chaque auteur, petit ou gros vendeur, doit être rémunéré correctement par son avance sur droits pour pouvoir vivre normalement pendant le temps qu’il consacre à faire le livre. La BD professionnelle c’est ça. Les petits éditeurs indépendants, qui ne payent pas du tout leurs auteurs et ne leur proposent pas d’avance substantielle, ont pour certains un catalogue de grande qualité, mais leurs auteurs ne sont payés comme des professionnels. Hélas la BD alternative n’a pas changé le modèle. Elle ne finance pas ses auteurs. Seuls les gros éditeurs le font. Et s’ils le font de plus en plus mal, il est normal que les auteurs protestent.

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                                    • Répondu le 2 juin à  20:38 :

                                      L’édition indépendante qui n’a pas les moyens de payer ses auteurs, n’a pas d’excuse. Si on est pas capable de payer ceux ou celles qui travaillent pour vous, autant fermer la boutique et changer de métier. Ce sera plus décent pour tout le monde.

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                                      • Répondu le 2 juin à  22:46 :

                                        Elle n’a pas d’excuses, non. Mais elle n’a surtout pas d’argent. Par contre, elle a fait émerger tous les grands auteurs des 30 dernières années. Ensuite les gros éditeurs les ont récupérés et payés, leur permettant de se professionaliser.

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                    • Répondu par Auteur-trice le 1er juin à  10:03 :

                      Pour la retraite, c’est mort.

                      On a cotisé pendant des années, aucune raison de ne pas percevoir de pension de retraite. Notre argent prélevé a été aux retraités pendant qu’on était actif, il est juste qu’une fois à la retraite on touche notre part de ce qui sera prélevé aux actifs d’alors.

                      « Quant à la représentation syndicale, ce n’est pas au gouvernement de l’organiser. »

                      Pas de l’organiser, mais de la prendre en compte lors des réunions ministérielles par exemple. Là ils ne convoquent que les OGC, qui ne sont pas nos représentants.

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                      • Répondu le 1er juin à  11:28 :

                        Je ne sais pas. Je ne paye plus l’Ircec. J’ai un autre dispositif pour ma retraite. C’est quoi les OGC ?

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                        • Répondu par Auteur-trice le 1er juin à  15:34 :

                          Je ne sais pas. Je ne paye plus l’Ircec

                          Je ne parle pas de l’Ircec qui est une complémentaire obligatoire assez récente, je parle de la retraite de base, de la sécu, celle qui apparait sur nos relevés sous le nom "minimum vieillesse" et qui, de fait, n’a pas été compté pour calculer nos trimestres travaillés depuis 1975.
                          Si vous allez sur un simulateur de retraite, vous vous rendrez compte que pour eux vous n’avez pas travaillé pendant toutes ces années, qu’il vous manque des dizaines de trimestres.

                          De fait, si vous cotisez à une complémentaire, elle calculera votre pension sur cette base de trimestres, c’est-à-dire rien.
                          Et avec ce manque de trimestres vous ne pourrez prétendre à une retraite à taux plein avant 72 ans.

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                          • Répondu le 2 juin à  08:33 :

                            Ça ne concerne que les auteurs qui touchaient des droits d’auteur sur leurs ventes au-delà du montant de leur avaloirs. Ça ne m’est jamais arrivé. De toute façon je n’aurai pas de retraite avec la Bd. Et on est très nombreux dans ce cas. La plupart des livres se vendent très peu, vous savez. J’ai d’autres activités heureusement.

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                            • Répondu par Auteur-trice le 2 juin à  09:02 :

                              « Ça ne concerne que les auteurs qui touchaient des droits d’auteur sur leurs ventes au-delà du montant de leur avaloirs. »

                              Pas du tout, d’où vous sortez ça ? Il y a vraiment un manque d’information pour les auteurs eux-même. Les à-valoirs. (et pas avaloirs) sont des droits d’auteurs à part entière et on paie toutes les charges dessus Agessa, Ircec, CSG, CRDS etc... Pourquoi ne paierions-nous des charges que sur les droits annuels correspondants aux ventes de l’année ? Ca n’a pas de sens.
                              Et les professionnels touchent des à-valoirs qui correspondent à un revenu moyen (sinon il ne faut pas signer, ça se négocie, c’est ça être professionnel).

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                              • Répondu le 2 juin à  12:36 :

                                Je cotise à la retraite sur mes avaloirs ? Vous me l’apprenez. Par ailleurs, Vous m’avez mal compris. Ce que je veux dire c’est que quand on ne gagne rien, on ne cotise à rien et donc pas non plus à la retraite. La précarité n’a rien de nouveau. Les jeunes la découvrent parce qu’ils arrivent souvent de l’animation ou de la publicité où ils étaient mieux payés. Ceux qui sont dans la Bd depuis plus longtemps savent qu’on en vit très mal. Faut faire d’autres choses en parallèle.

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                                • Répondu par M’enfin le 2 juin à  13:20 :

                                  « Ceux qui sont dans la Bd depuis plus longtemps savent qu’on en vit très mal. »

                                  Beaucoup de ceux qui sont dans la Bd depuis longtemps savent qu’on en vit assez correctement en travaillant régulièrement et avec des éditeurs qui ont pignon sur rue, malheureusement les conditions se dégradent. Ceux qui sont dans la précarité sont les plus jeunes auteurs qui acceptent des conditions inacceptables (et c’est pour ça que les conditions se dégradent).

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                                  • Répondu le 2 juin à  14:08 :

                                    Pour en vivre correctement comme vous dites, de tout temps, il faut vendre minimum 15 000 albums pour être sûr de continuer et renégocier ses conditions. Vendre 15000 albums minimum, ça n’était déjà pas donné à tout le monde avant que les conditions se dégradent. Seule une minorité pouvait en vivre. Aujourd’hui c’est une infime minorité mais c’est aussi parce qu’il y a 100 fois plus d’auteurs sur le marché qu’autrefois. En tout cas, la Bd n’a jamais été une sinécure.

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                                    • Répondu le 2 juin à  16:52 :

                                      Même avec 15 000 ex. vendus vous ne touchez pas de droits d’auteur. C’est minimum 30 000 pour espérer recevoir un chèque de votre éditeur.

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                                    • Répondu par M’enfin le 2 juin à  17:15 :

                                      Pour en vivre correctement comme vous dites, de tout temps, il faut vendre minimum 15 000 albums

                                      Bah non, ce n’est pas une question de chiffre de ventes, il y a plein d’autres critères pour convaincre les éditeurs, et ce n’est pas parce que vous avez bien vendu un livre qu’on vous accepte automatiquement le suivant, parfois on ne vous accepte rien du tout, alors que certains qui vendent peu enchainent les livres : par prestige, ou parce que l’éditeur pense que le livre est important, parce que l’auteur ou l’autrice est prometteur et c’est le rôle de l’éditeur de le faire éclore (même si c’est parfois après 20 bouquins aux ventes d’estime), parce que l’auteur.trice à l’oreille des médias, parce que malgré une mauvaise passe on soutient son auteur, parce l’auteur est devenu un copain et que ce qu’il fait est bien etc...
                                      Il ne faut pas oublier que pour l’éditeur un livre est rapidement rentable, bien avant que l’auteur ne rembourse son à-valoir sur son relevé de droits.

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                                      • Répondu le 2 juin à  20:34 :

                                        Il suffit de voir les 48h BD, des albums vendus à 2 euros. C’est bien la preuve que le 48 CC est rentable et le roman-graphique, j’en parle même pas, encore plus ! Ce ne sont pas les éditeurs qui perdent de l’argent, loin de là !

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                                      • Répondu le 2 juin à  20:56 :

                                        La tendance est plutôt de virer les auteurs qui ne vendent pas après deux albums. Copinage ou pas, je ne connais aucun éditeur qui va faire 20 albums avec un auteur qui ne vend rien. Je ne sais pas où vous avez vu ça. Les éditeurs ont des actionnaires et des comptes à rendre aussi. Et non, ils ne rentabilisent pas facilement les livres. Et
                                        pas bien avant de verser des droits aux auteurs.

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                                      • Répondu le 2 juin à  21:02 :

                                        Que dites-vous ? L’éditeur a versé l’a-valoir. Le livre n’est rentabilisé que lorsque cet a-valoir et les autres frais, impression, diffusion, salaires sont compensés par le montant du fruit des ventes. Les éditeurs perdent de l’argent sur la plupart des livres.

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                                        • Répondu par Auteur-trice le 2 juin à  23:41 :

                                          « Les éditeurs perdent de l’argent sur la plupart des livres. »

                                          Mais bien-sûr que non, il n’y a peut-être que 5 à 10% des livres qui sont déficitaires. Le seuil de rentabilité d’un livre est assez bas.

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                                          • Répondu le 3 juin à  08:45 :

                                            Vous dites absolument n’importe quoi. Si les éditeurs gagnaient de l’argent sur 9 livres sur 10, ça se saurait. Un business avec un seuil de rentabilité à 95% ça n’existe pas. Je comprends qu’on puisse souffrir de la précarité et avoir l’impression que les éditeurs s’en mettent plein les fouilles mais il faut se renseigner au lieu de fantasmer. C’est le succès de quelques livres par an qui permet de financer l’ensemble des pertes financières causées par les autres qui se vendent mal ou peu.

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                                            • Répondu le 3 juin à  09:46 :

                                              C’est pas compliqué, on va dire que tu es éditeur et que tu payes correctement tes auteurs, par exemple un forfait à 18 000 euros pour 46 pages. ça fait 390 euros la page, c’est plutôt bien payé aujourd’hui.
                                              Tu ajoutes à la louche 7000 euros pour l’impression du livre, le paiement de tes charges fixes, le loyer, les salaires etc. Enveloppe globale du livre : 25 000. Le livre est vendu 12 euros. Tu te dis que pour rembourser les 25 000, tu dois vendre 2 000 albums ? Sauf que sur ces 25 000 boules que tu récupères, tu dois reverser minimum 60 % au diffuseur ; Il t’en reste 10 000.
                                              Si tu vends 4 000 albums, tu reverses 60 % sur 48 000 euros, il te reste 20 000. Etc. Bref pour commencer à gagner de l’argent sur ce livre, tu dois en vendre 5 000. (Pour simplifier, on ne va pas parler des retours).
                                              Vendre 5 000 albums, c’est déjà pas donné à tout le monde. La très grande majorité des albums se vend en dessous des 3 000, voire très en dessous (et ça a tendance à baisser sans arrêt depuis la crise de 2008).
                                              5000 albums vendus, c’est déjà un succès de librairie. Vous voyez que ce n’est pas si simple de rentabiliser un bouquin.

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                                              • Répondu par Lol le 3 juin à  12:05 :

                                                tu dois reverser minimum 60 % au diffuseur

                                                Lol, le diffuseur EST l’éditeur chez tous les gros.
                                                Bon sinon vos chiffres sont faux. Et faut pas nous répéter que les à-valoirs sont de 2000 ou 4000 euros pour ensuite nous faire un calcul à 18000 euros, soyez cohérent.

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                                              • Répondu par Onomatopée le 3 juin à  12:52 :

                                                On va dire aussi que l’édition ça n’est pas des comptes d’apothicaire ! Avec 390 euros (la page ou la planche ? en net ou en brut ? ça n’est pas la même chose... disons en net pour simplifier) la somme n’est pas terrible suivant votre graphisme et le temps que vous y passez. De ces 390 euros, il faut aussi en retirer au moins 30% de charges (cotisations en tous genre, achat du matériel et du papier, etc...), bref, reste plus grand chose lorsque vous travaillez minimum 10 heures par jour du lundi au dimanche, vacances et jours fériés compris. Si vous trouvez que 390 euros pour 80 heures de boulot c’est bien payé, vous êtes un grand expert comptable ! L’impression de l’album n’est jamais à 7000 euros (même avec toutes les charges que vous énumérez, sans compter les taxes à tous les niveaux), tout va dépendre de votre poids d’éditeur, de votre imprimeur et de tout un tas d’arrangement commerciaux. Quant au 60% du diffuseur (sans oublier de compter aussi le distributeur, la promotion, le salaire des commerciaux sur le terrain, les accords avec des libraires préférentiels), le pourcentage ne tombe pas comme ça, comme un couperet et ça se négocie et il y a même du 40%. Quant à la suite de votre démonstration, elle est aussi fantaisiste que le début. Il y a des auteurs et autrices qui vendent entre 10000 et 15000 exemplaires par album (certes, pas dans le roman-graphique), mais le problème, c’est que même les 15000 ventes ne vous assurent plus des droits d’auteur comme à une époque, tant les contrats éditoriaux sont verrouillés. Et il y a encore milles et une petites choses pour rentabiliser un album...

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                                            • Répondu par Auteur-trice le 3 juin à  12:10 :

                                              Vous êtes un gros naïf. Bien-sûr que les éditeurs s’en sortent sur la majorité des livres, ne croyez pas leurs discours quand ils vous disent qu’ils ont perdu de l’argent sur votre bouquin, c’est juste pour revoir vos à-valoir à la baisse. Si vraiment vous ne vendez pas assez ils ne vous re-signent pas.

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                                              • Répondu le 3 juin à  16:20 :

                                                Non, les éditeurs ne sont pas les diffuseurs. 50 à 60% du prix d’un livre sert à payer la diffusion. Des auteurs qui dessinent un album pour 2000 ou 4000 euros je n’en connais pas ; il faudrait arrêter de dire n’importe quoi et de croire à des fadaises totalement délirantes. Et surtout de les propager ici sans savoir de quoi vous parlez. Si les éditeurs gagnaient de l’argent sur tous les livres, je me ferai éditeur. Vous diffusez ici votre méconnaissance totale du métier sous prétexte de vouloir défendre la cause des auteurs. Ils méritent mieux que ces âneries.

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                                              • Répondu le 3 juin à  17:23 :

                                                Le gros naïf c’est vous. Vous ne savez rien de l’économie de votre métier. Quel âge avez-vous ?

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                                              • Répondu le 3 juin à  20:01 :

                                                "il n’y a peut-être que 5 à 10% des livres qui sont déficitaires"

                                                "Bien-sûr que les éditeurs s’en sortent sur la majorité des livres, ne croyez pas leurs discours quand ils vous disent qu’ils ont perdu de l’argent sur votre bouquin"

                                                A ce niveau-là de méconnaissance du métier, on ne peut plus rien pour vous. Si tous les auteurs et autrices sont aussi ignorants que ça, il ne faut pas s’étonner qu’ils et elles n’arrivent pas à s’organiser et à faire entendre leurs revendications.

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                                              • Répondu le 3 juin à  20:27 :

                                                Mon premier album chez un gros éditeur, j’en ai vendu 800. Le deuxième 300. A chaque fois, j’avais été payé 15 000 d’a-valoir. Je peux te garantir que je leur ai fait perdre de l’argent ! Il suffit de prendre une calculette. Diaboliser les éditeurs en racontant qu’ils s’enrichissent sur tous les bouquins est une ineptie. Il faut au contraire connaître et dire la vérité si on veut se battre et obtenir des améliorations. Il faut bien connaître ses adversaires.

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                • Répondu par Auteur-trice le 31 mai à  15:16 :

                  Le combat est permanent, ce n’est pas une question de calendrier.

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              • Répondu le 31 mai à  13:20 :

                En quoi on est esclaves de nos éditeurs ? Vous travaillez sans être payés, vous ? Moi pas. A part chez les petits éditeurs indépendants, ça n’existe pas.

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          • Répondu par Onomatopée le 2 juin à  12:41 :

            "La création doit rester libre", libre de quoi ? De vivre d’amour et d’eau fraîche ? Le fait de signer un contrat d’édition fait que déjà vous n’êtes plus libre dans votre création. On ne peut pas créer le ventre vide, assis sur des cartons, dans la rue.

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            • Répondu le 2 juin à  13:27 :

              Ben ne signez pas de contrat d’édition. Personne ne vous y oblige. Par création libre, j’entends libre de l’întervention des gouvernements. Un éditeur est un opérateur privé. Travailler avec un éditeur relève du droit privé. L’auteur négocie au mieux de ses intérêts. Il est libre de ne pas signer si les conditions ne lui conviennent pas.

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              • Répondu par Onomatopée le 2 juin à  16:49 :

                L’argument futile par définition : "ne signez pas..." ! Continuons à mettre en place des contrats de plus en plus dénigrants pour les auteurs, qui les mettent plus bas que terre et tant pis pour eux si ils signent. On entretien une certaine forme de misère sociale, ce qui évite la remise en cause du système. Formidable, avec ça on avance !

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                • Répondu le 2 juin à  20:43 :

                  Ben justement ne les signez pas ces contrats de plus en plus inacceptables. Tant que vous les signerez, rien ne changera. Renégociez et ne signez que si c’est valable, rentable, humain, vivable. C’est votre liberté.

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                • Répondu par Auteur-trice le 2 juin à  21:41 :

                  Ca n’a rien de futile, il ne faut pas accepter de contrat inacceptable, c’est la logique même.

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                  • Répondu par Onomatopée le 3 juin à  07:05 :

                    Comment ne pas accepter l’inacceptable ? Décrocher un contrat à toujours été un parcours du combattant. Depuis la pandémie du covid, la situation est encore plus alarmante. L’engorgement des publications reportées, l’annulation de contrats suite à cet engorgement, font, qu’une fois de plus les éditeurs peuvent dicter leurs conditions sans avoir à négocier quoi que ce soit, avec des répliques du style "allez voir ailleurs si vous n’êtes pas content", "il y en a dix comme vous qui attendent". Quant à ceux ou celles qui n’ont pas que la BD pour vivre et qui peuvent se permettre de signer n’importe quoi du moment qu’ils ont un album (et j’en connais pas mal), ça ne facilite ni les négos de contrats, ni l’avancée sociale pour ceux qui n’ont que la BD. Laurel avait refusé de faire un roman-graphique de 200 pages n&b à 8000 euros le forfait (voir son blog), mais beaucoup d’autres ont acceptés de telles conditions...

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                    • Répondu le 3 juin à  08:37 :

                      Eh bien ceux qui acceptent de telles conditions n’ont pas à venir se plaindre ensuite. Si ça leur convient de dessiner en vivant en dessous du seuil de pauvreté, en restant probablement aux crochets de leur conjoint, voire pour certains de leurs parents (!), on ne pourra rien pour eux. Si tu es immature au point de ne pas savoir négocier, tu n’as rien à faire dans les affaires ni dans le métier.

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  • Le boycott lancé par le collectif Autrices Auteurs en Action a fait plier le festival qui finalement n’aura pas lieu non-plus en juin. Du coup c’est bizarre que le festival invite les auteurs à voter pour un Grand Prix.

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    • Répondu le 31 mai à  09:48 :

      Ce n’est pas le boy-cott qui a fait annuler le festival de juin, c’est un virus appelé Covid-19, vous n’en avez pas entendu parler ?

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