Angoulême 2021 : un nouvel appel au boycott du collectif Autrices Auteurs en Action

18 janvier 2021 36
  • Fondé il y a un an, le collectif Autrices Auteurs en Action n'est pas mort du coronavirus ! Après s'être fait entendre au Festival d'Angoulême 2020 lors d'une manifestation et de la cérémonie de remise des Fauves, le mouvement a entrepris la rédaction d'une charte de bonnes pratiques en festivals. Les circonstances ont rendu celle-ci moins urgente que prévu. Mais les questions du statut et de la rémunération des auteurs sont loin d'être réglées, malgré le Rapport Racine et les promesses ministérielles.

La situation des autrices et auteurs de bande dessinée, qu’ils soient auteurs dits « complets », scénaristes, dessinateurs ou coloristes, reste majoritairement précaire. Les données avancées par les États Généraux de la Bande Dessinée en 2016 ont été confirmées par le Rapport Racine qui, après s’être longtemps fait attendre, a suscité quelques minces espoirs.

La pandémie n’a fait que mettre encore davantage en lumière les difficultés. Le report de nombreuses parutions, l’annulation de la plupart des événements collectifs, la diminution drastique des rencontres avec les lecteurs et des animations pédagogiques ont créé un manque à gagner que les subsides étatiques ne suffisent pas à combler. Au-delà de cette situation qui dure depuis presque un an et dont on ne voit toujours pas la fin, c’est tout le système économique et social de l’édition de bande dessinée qui est mis en cause

Le statut juridique, la protection sociale et le partage des revenus du livre sont questionnés. Le Rapport Racine a donné une version officielle des problèmes et tracé l’ébauche de solutions, qui nécessiteraient de longues négociations entre représentants des auteurs, des éditeurs, des diffuseurs-distributeurs, des vendeurs et de l’État. Mais, en une année certes chaotique, les changements n’ont pas été significatifs.

Angoulême 2021 : un nouvel appel au boycott du collectif Autrices Auteurs en Action
Manifestation à Angoulême 2020
Photos : Cédric Munsch

C’est du moins le constat que dresse le collectif Autrices Auteurs en Action. Fondé il y a un an presque jour pour jour, il s’était fait entendre à Angoulême à l’occasion d’une manifestation d’une ampleur inédite relayée sur la scène du Théâtre d’Angoulême, par les voix de Gwen de Bonneval et Fabien Vehlmann, lors de la cérémonie de remise des Fauves 2020. En mars, à la veille du premier confinement, la rédaction d’une « Charte de bonnes pratiques en festivals et autres manifestations culturelles liées au livre et à la bande dessinée » était lancée. Le collectif a depuis moins eu l’occasion de rappeler ses revendications.

La statue d’Hergé à Angoulême pendant la manifestation des auteurs du 31 janvier 2020. Photo. : F. Hojlo.

Mais les autrices et auteurs restent mobilisés et anticipent la fin de la crise sanitaire, qui ne signifiera pas pour eux la fin de la crise économique et sociale. C’est pourquoi le collectif AAA vient de publier une nouvelle tribune, adressée directement à la Ministre française de la culture et au Festival international de la bande dessinée, et destinée non seulement à alerter sur la situation actuelle, mais aussi à impulser la définition d’un statut pour les auteurs et une juste répartition des revenus au sein de la « chaîne du livre ».

Le collectif repart du Rapport Racine, qui appelait l’État à assumer un rôle de régulateur dans ce secteur, qui est autant une richesse culturelle que financière pour la France mais qui ne peut vivre sans ses créatrices et créateurs. En prolongement de la tribune de janvier 2020, qui avait rassemblé presque 1400 autrices et auteurs, ce nouveau texte rappelle à la fois la gestion désastreuse des cotisations par l’Agessa [1] et les difficultés - parfois ubuesques - liées au transfert des compétences de l’Agessa à l’Urssaf [2]. Sont aussi remis en mémoire l’appel au boycott des événements de type salons et festivals si rien ne bougeait et la démission de Florence Cestac, Catherine Meurisse, Régis Loisel et Jul, les quatre marraines et parrains de l’Année de la Bande Dessinée en octobre dernier.

© Loïc Secheresse 2020

La tribune dénonce en outre l’absence de rémunération pour les auteurs dont des extraits d’œuvres sont exposés dans des dizaines de gares à travers la France, à l’initiative du FIBD et de la SNCF. Enfin, Mme Bachelot est mise en cause pour le décalage entre ses discours, qui clament son amour de la culture, et ses décisions, réduites à la portion congrue.

Le collectif ne s’arrête cependant pas aux mots. Les autrices et auteurs mobilisés appellent ainsi, sauf décision notable du gouvernement «  à l’endroit de [leur] statut professionnel, de [leur] représentation et d’un juste rééquilibrage de la chaîne du livre », au « boycott total du versant public » du Festival d’Angoulême pour les événements prévus fin juin 2021. Ce serait alors plusieurs centaines d’autrices et auteurs [3] qui refuseraient de participer aux rencontres, aux séances de dédicaces et autres manifestations, souvent non rémunérées, les impliquant directement.

La balle est donc dans le camp de la Ministre de la culture et des dirigeants du FIBD, qui peuvent avoir une certaine influence en tant qu’organisateurs d’un événement d’ampleur internationale. Mais la 48e édition du Festival d’Angoulême s’ouvre dans à peine plus de cinq mois...

© Olivier Josso Hamel / Autrices Auteurs en Action 2020

(par Frédéric HOJLO)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

NB : l’auteur de cet article est également signataire de la tribune.

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[1Association pour la Gestion de la Sécurité Sociale des Auteurs.

[2Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales.

[3Pour des raisons techniques, le nombre de signataires a peu augmenté les premiers jours, mais cela peut évoluer.

 
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36 Messages :
  • " Le Rapport Racine a donné une version officielle des problème"

    Problèmes avec un s.

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    • Répondu par Frédéric HOJLO le 18 janvier à  07:45 :

      Merci, c’est corrigé !

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      • Répondu par Milles Sabords le 18 janvier à  11:21 :

        Tout ceci, si, le festival d’Angoulême pourra se tenir en juin. La situation sanitaire évolue dans le flou, les vagues de vaccinations ne sont pas non plus des lames de fond et les différentes variantes du virus, risquent encore de changer la donne !

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  • "ce secteur est autant une richesse culturelle que financière pour la France " : ah bon ? le secteur de l’édition est complètement subventionné par l’Etat français, plusieurs centaines de millions d’euros par an qui partent en fumée - ou plutôt au pilon (pitié pour les arbres !) "Richesse culturelle" ? ce le fut, mais que dire de la grosse part des publications actuelles, dessinées à la va-vite et prônant de manière univoque l’idéologie social-étatiste (retour d’ascenseur).

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    • Répondu le 18 janvier à  13:55 :

      Dire que la bd n’est plus une richesse culturelle est fort de café parce que môsieur trouve que c’est mal dessinée.
      La bd ne se résume pas à cela et l’objet de l’article est sur le statut social des auteurs dont on se permet apparement de prendre le travail sans contrepartie.
      Aprés si l’idéologie social-étatiste comme vous dites vous déranges et bien tant mieux.
      Si il y a quelque chose à défendre socialement, on le fera sans vous et contre vous.
      Salutation

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      • Répondu par auteur le 18 janvier à  15:28 :

        La BD était une richesse culturelle... elle est devenue la vaste vitrine d’une surproduction folle, où toutes les maisons d’édition se copient dès qu’un style d’album fonctionne, ou alors, pondent des albums publicitaires à la gloire de telle vedette du moment ou de telle autre... La BD est devenue racoleuse et sous des airs d’embourgeoisement élitiste, a perdue tout contact avec le grand public. Vous n’êtes pas dans un moule bien-pensant, vous n’êtes pas dans l’entre-soi du milieu parisianiste, alors passer votre chemin, les aristos de l’édition n’en ont que faire de vos oeuvres. Dorénavant les éditeurs lorgnent vers d’autres pays, à la fiscalité et au droit d’auteur beaucoup plus souple pour trouver leur main-d’oeuvre corvéable à souhait. Il faudrait également que les libraires révisent leurs tables de loi, mais aussi les distributeurs, les diffuseurs, qui s’accommode trop bien du jeu éditorial au détriment des auteurs. Les diffuseurs-distributeurs font leur richesse avec des marges de stockage ou de placement exorbitantes. De tous les commerçants, le libraire et le seul qui facture ses invendus en retour à l’éditeur, le comble ! Et dire qu’il y a de moins en moins de lecteurs... ce n’est plus une saignée, c’est un carnage ! L’édition est en train de couper la branche sur laquelle tout le monde est assis. Si les auteurs vont mal, qu’ils se rassurent, ça va continuer en pire. Qui va payer les pots cassés des différents confinements ? D’ailleurs, ça commence déjà dans le métier ; albums suspendus, contrats non renouvelés, report d’albums (jusqu’à quand ?), albums finalisés qui ne verront jamais le jour, pression maximale sur les délais de réalisation (on ne torche pas un album qualitatif en 6 mois !), bref, comme disait le grand Jacques : "la maison brûle et nous regardons ailleurs" !

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        • Répondu le 18 janvier à  15:45 :

          Ras le bol de ces pleurnicheries sempiternelles sur le thème du "c’était mieux avant". Sur n’importe quel sujet, on doit lire les mêmes jérémiades. A croire que les auteurs de BD vivaient bien autrefois. Mais arrêtez donc la BD, si c’est aussi pourri que vous le dites. Faites autre chose. On verra bien si votre production tellement géniale manque à quelqu’un.

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          • Répondu par auteur bd le 18 janvier à  16:57 :

            Personne n’a dit que c’était mieux avant, juste, que c’est de pire en pire. Au vu de votre réaction, il faudrait éliminer ces pleurnichards d’artistes, ces rebus de la société qui ne produisent rien d’utile... votez Trump, ça vous correspond mieux !

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            • Répondu par kyle william le 18 janvier à  18:34 :

              Un artiste réactionnaire, c’est juste pas possible.

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              • Répondu le 19 janvier à  07:46 :

                C’est le message de 15:45 qui est réac, voir limite, très patronal.

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                • Répondu le 19 janvier à  08:12 :

                  Faut pas confondre réaction et individualisme. Les métiers de l’édition sont des professions libérales. Chacun se démerde comme il peut et les plus faibles devront arrêter. ça n’a rien de réactionnaire de le constater, c’est au contraire toucher du doigt la réalité la plus contemporaine, même si elle est déplaisante. Ce qui est réactionnaire, c’est de croire qu’il y a eu un âge d’or où les choses allaient mieux. Non, simplement, autrefois il n’y avait pas surproduction. Et il n’y avait que quelques dizaines de professionnels en activité. C’était une situation très différente.

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                  • Répondu par auteur le 19 janvier à  08:30 :

                    Autrefois, il n’y avait des albums que si les parutions magazines d’une série ou d’un auteur en valaient la peine. Personne ne demande dans la BD a avoir un statut privilégié par rapport au reste de la société, mais juste, des conditions de travail plus dignes. Faire du fric pendant que l’on crève est un peu trop facile...

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                  • Répondu le 19 janvier à  08:39 :

                    Depuis quand la bd a un statut de métier d’indépendant ? C’est juste dans vos rêves ! "Auteur bd" n’existe pas au niveau administratif, ni même le vocable "métier", et pour ce qui est des mêmes droits de cotisations comme tout indépendant d’autres secteurs professionnels, on en est à des années lumières. Faut pas confondre statut social de commercial, de médecin, d’avocat, d’architecte, etc, avec auteur bd !

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                  • Répondu le 19 janvier à  09:05 :

                    OK.C’est bien joli. Avant y avait 400 albums par an et 80 auteurs. Maintenant, c’est plus de 10 fois plus. Une fois qu’on a dit ça, on fait quoi ??

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            • Répondu le 18 janvier à  19:10 :

              la bd de cul ça marche bien aussi. Si ça peut vous aider

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        • Répondu le 18 janvier à  16:01 :

          Pô pô pô encore hors sujet.
          si vous avez lu toutes les sorties, bravo !
          Avec 6000 sorties par an c’est plutot riche culturellement et pour tous les gouts. Il faut arrêter avec le "couper du grand public"
          ce n’est pas de notre faute si vous n’etes pas publié ou si vous ne vendez pas suffisament c’est la loi du marché.
          avec votre analyse des maisons d’éditions présenter un projet en fonction ou auto-editez vous.

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          • Répondu par Milles Sabords le 18 janvier à  17:04 :

            Ha là, là, encore un donneur de leçons, qui a toutes les solutions en mains. Vous croyez bêtement qu’il suffit juste de présenter un projet en rapport avec l’éditeur pour être pris... et que l’auto-édition c’est l’eldorado ? L’auto-édition paye encore moins que l’édition, à moins d’être rentier et que vous vous cherchez un passe-temps. Dans vos 6000 albums, combien d’oeuvres originales ? Pas des masses.

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            • Répondu le 18 janvier à  19:09 :

              eclairer nous pour se faire éditer

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            • Répondu le 18 janvier à  19:26 :

              Comme si c’etait nouveau que auteur de bd ça ne paie pas le documentaire sous les bulles l’avait dit. Il faut deux boulots pour en vivre à moins d’avoir de la chance dans ce que l’on produit
              ce que vous avancez pour les oeuvres originales, vous avez des sources ?

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              • Répondu le 19 janvier à  07:35 :

                Alors vous, vous n’avez rien compris au documentaire : la BD ne paye pas pour des tas de raisons qui n’ont rien à voir avec la loi du marché, quant à cette histoire d’avoir deux boulots, c’est juste l’arbre qui cache la foret ; ça arrange le système de l’édition. Je vous conseille vivement de lire tous les liens qu’Actua BD a mis à la fin de l’article. Ainsi, vous dormirez plus instruit.

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            • Répondu le 18 janvier à  20:36 :

              Avec 6000 sorties par an, c’est normal que tout le monde ne puisse pas survivre. Il y a trop d’auteurs. Une sélection naturelle va s’opérer. Les moins bons et les plus précaires (qui ne sont pas nécessairement les mêmes) vont disparaître. Tout va s’arranger.

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              • Répondu le 19 janvier à  09:33 :

                Bien sûr que non, bien au contraire, cette surproduction arrange les éditeurs-diffuseurs qui font leur marge sur le placement de produits et les aller-retour des livres, plus il y en a en circulation, mieux c’est pour leur CA. C’est très, très loin de s’arranger. François Bourgeois avait alerté les auteurs de ces manipulations purement commerciales et financières il y a plus de quinze ans. J’avais participé à cette réunion entre auteurs. Ce que nous vivons aujourd’hui lui donne parfaitement raison.

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                • Répondu le 19 janvier à  12:18 :

                  C’est qui François Bourgeois ?

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                • Répondu par Auteur le 19 janvier à  12:55 :

                  C’est d’ailleurs pour cette raison que de plus en plus d’éditeurs ont leur propre réseau de diffusion/distribution, ou, se regroupent pour pouvoir monter ce type de réseau. Résultat, pas plus de transparence dans les chiffres de ventes et de meilleure redistribution des bénéfices. Le bas de la pyramide (de plus en plus large) trinque pour le haut.

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                  • Répondu le 19 janvier à  16:01 :

                    C’est tout à fait ça, et les chiffres de ventes sont donnés par les éditeurs, pas par une société indépendante, du coup, évidemment, c’est au petit bonheur la chance pour savoir exactement combien on a vendu. -On va pas chipoté-.

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        • Répondu par kyle william le 18 janvier à  16:05 :

          Tiens, c’est reparti. Quelqu’un a remis une pièce dans la machine.

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    • Répondu le 18 janvier à  14:22 :

      Vous vous fondez sur quoi pour affirmer des inepties pareilles ?

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  • Ce qui m’étonne le plus, c’est que les libraires ne s’émeuvent pas plus des conditions souvent lamentables octroyées aux auteurs pour la réalisation de livre qu’ils encensent. Je suis très étonné de ce silence lourd, pesant, indigne qui flotte dans l’air du temps. On ferme les yeux, on se gargarise du dernier roman graphique à la mode, fait en 3 ans pour 6000 euros, à se partager entre le scénariste et le dessinateur. J’ai l’impression, excusez-moi pour la comparaison, d’entrer chez Décathlon quand je rentre dans une librairie. Etant auteur, je vois les conditions lamentables de créations derrière les couvertures en facing, comme les ouvriers qui ont fait les tee-shirt à dix balles dans cette grande surface. Tout le monde le sait, tout le monde se tait.

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    • Répondu le 18 janvier à  21:23 :

      C’est un comparaison très juste. Librairie, prêt-à-porter, articles de sport, c’est toujours du commerce.

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  • Le collectif des autrices et auteurs mobilisés appelle au « boycott total du versant public » du Festival d’Angoulême pour les événements repoussés fin juin 2021. Refus de participer aux rencontres, aux séances de dédicaces et autres manifestations…

    Oui, bon, bien… sauf que c’est pas l’année pour appeler à ne pas dédicacer puisque tout est annulé ou remis aux calendes grecques. Tout le monde ne sera pas vacciné de la Covid-19 avant la fin 2021. À la vitesse à laquelle la France vaccine et avec les nouveaux variants qui apparaissent un peu partout, en juin, il y a de fortes chances que le FIBD soit annulé. On peut aussi rester bêtement optimiste et croire que tout sera rentré dans l’ordre et que le rapport Racine, qui est enterré depuis un an, sera ressuscité par Roselyne Bachelot.

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    • Répondu le 19 janvier à  18:23 :

      On ne va pas nous faire croire que tout va bien dans le monde l’édition. C’est bien simple, avec le chômage qui va empirer, les dépôts de bilan en tous genres et dans tous les domaines économiques, les français, qui mettent déjà pas mal d’argent de côté pour les jours difficiles à venir, ne vont sûrement pas acheter des tonnes de BD. Finis la surabondance d’albums moches, aux dessins vite jetés, aux scénarios aussi nombrilistes que mal fichu et aux petits tirages. Cette pandémie va sonner le glas du roman-graphique. Il va falloir rentabiliser à mort et sur le long terme, si les éditeurs veulent survivre, quel que soit leur taille.

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      • Répondu par Henri Khanan le 21 janvier à  17:55 :

        Je pense au contraire que ces albums vite torchés au lettrage numérique et aux couleurs photoshoppées peuvent conquèrir un nouveau public, avide d’information, de reportage ou de biographie, tous supports confondus. Celui qui lit Le Monde ou Libé et regarde Arte, par exemple.
        Maintenant il faut que le thême abordé plaise à un certain public.
        Ah, je rappelle que le nombre d’exemplaires vendus par nouveauté doit être inférieur à trois mille d’exemplaires. Et si l’on enlève les gros bestsellers (Van Hamme, Zep, Astérix), c’est beaucoup moins en fin de compte.

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        • Répondu le 22 janvier à  17:51 :

          En effet, on est plus proche de 1500 ex. imprimés par nouveautés dans le roman-graphique, voir moins, que des 3000 exemplaires. Après, rien n’empêche de faire aussi du beau pour tous ces lectorats du Monde, de Libé, d’Arte ou des Inrocks, plutôt que ces albums vraiment moches et chers.

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          • Répondu le 22 janvier à  18:01 :

            1500 ex. !
            Avec des ventes aussi faibles, il est à combien le seuil de rentabilité pour l’éditeur ?

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            • Répondu le 23 janvier à  10:12 :

              Le seuil de rentabilité n’est pas difficile a atteindre : le cout de production d’un roman-graphique est beaucoup moindre qu’un classique cartonné de 46 pages - donc économie, les formats souvent plus petits offre moins de gâche papier par l’imprimeur - donc économie, les auteurs sont très mal rémunéré - donc économie, l’offre est pléthorique et certains titres décollent - donc rentabilité, le pris est en général plus élévé qu’un classique cartonné de 46 pages - donc, rentabilité ! Les médias poussent à fond sur le genre, donc, re-rentabilité !

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