Batman Detective T. 4 : Un Coeur hideux - Par Peter Tomasi & Brad Walker & Collectif - Urban Comics

29 mars 2021 0
  • La pièce de monnaie de Double-Face est celle qui détermine aujourd'hui le destin de Gotham City.Tombera-t-elle sur pile : la justice ou sur face : la haine ? La ville sera une fois encore réduite en cendres par le machiavélique ennemi de Batman et sa secte de fidèles. Un tableau majestueusement peint par le duo Peter Tomasi & Brad Walker.

Qui sont ces individus malfaisants qui sèment la terreur à Gotham durant la période de noël ? Une secte formée d’adeptes nordiques invoquant les forces de la nuit pour libérer les créatures démoniaques. Des rites qui trouvent leurs origines en l’an 1639 dans des contrées islandaises. De nombreux sacrifices humains ont lieu, répliques de rituels païens, suivant les traditions des anciens vikings.

Alors que Bruce Wayne se remet de sa confrontation avec Mister Freeze, les rues de Gotham sont une nouvelle fois submergées par les forces de l’ombre. En coulisse, un ennemi mythique tire les ficelles : L’ancien procureur Harvey Dent, devenu Double-Face, un criminel réputé par son profil défiguré.

Le tandem d’auteurs Peter Tomasi & Brad Walker emploie pour ce nouvel opus un ennemi tout aussi convaincant que ses prédécesseurs, à savoir Double-Face dit le faucheur, dont la première apparition date de 1942, écrite par Bill Finger & dessinée par Bob Kane. Un personnage remarquable usant d’une pièce de monnaie pour jouer à pile ou face, soit du côté du crime, soit du côté de la justice. Au fil des décennies, des auteurs tels que Frank Miller ou Marv Wolfman ont apporté leur touche personnelle dans l’évolution de ce criminel au double visage.

Dés les premières pages de lecture, on ressent la volonté de Peter Tomasi de nous en mettre plein les yeux, lors de séquences d’action pour le moins explosives. Mais au-delà de cette dynamique, ce qui frappe le lecteur, c’est la complexité narrative de cet ensemble se déroulant sur plusieurs époques, introduisant magie et rites nordiques.

Un autre fait marquant toucheau lien puissant entre Bruce Wayne et son fidèle majordome Alfred Pennyworth, bien utile lors des passages à vide. Un allié indéfectible qui n’est plus présent, certes, mais qui a été remis sur le plateau à la faveur de la rencontre entre Batman et Marigold Sinclair, Agent du MI-6, ancienne superviseuse d’Alfred, lors de leurs missions en pays soviétique. Comme c’est souvent le cas, la chauve-souris doit dénouer les liens obscurs de son passé et de celui de ses proches pour interagir avec ses mésaventures actuelles.

Mais ces choses ne représentent qu’une simple entrée en matière avant le clou du spectacle. On peut alors découvrir le véritable cœur de ce récit, celui même qui lance les hostilités dans l’ombre, le faucheur qui terrorise les pires criminels, comme c’est le cas pour les frères Demarco, réduits en bouillie. Mais au-delà des apparences, quel régal de suivre Double-Face, personnage désaxé, totalement perdu dans ses délires introspectifs, confronté à un dilemme permanent entre le bien et le mal.

Et n’oublions pas que l’une des forces de la saga Batman Detective provient immanquablement de la qualité du super-vilain, dont le passé ressurgit, amplifiant sa soif de mal qui asphyxie le chevalier noir même au meilleur de sa forme. Ici, les ennemis font bien plus que lui tenir tête, ils le bercent dans l’illusion, le promenant comme on le ferait d’un enfant en bas âge...

La partie graphique offre un spectacle tout à fait alléchant. Brad Walker s’illustre brillamment : trait mature, profondeur de champ implacable, découpage original, soin du détail... On ne peut qu’admirer un tel rendu. Une précision chirurgicale notamment dans les angles zoomés, offrant un résultat optimal. Il suffit de s’attarder quelques instants sur le visage de Double-Face pour se faire un avis.

Brad Walker est assisté sur quelques chapitres par Scott Godlewski & Sumit Kumar, notamment la partie dédiée aux rites païens nordiques et aux éléments consacrés au passé du Majordome Alfred. Autant reconnaître que tous deux pataugent en comparaison avec l’excellent trait de Brad Walker, mais sans toutefois démériter pour autant.

Une touche psychologique, des indices et du mystère, des protagonistes à fière allure et de l’action bien entendu, mais parfaitement calibrée. Batman Detective répond présent !

(par Marc Vandermeer)

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