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Hugues Dayez : « Tout le monde a toujours dit : « Tillieux, c’est le Michel Audiard de la BD », pour moi ce n’est pas vrai et j’explique pourquoi. »

  • Il signe le commentaire éclairant d’une édition magnifique de « La Voiture immergée » de Maurice Tillieux. Le critique cinéma et spécialiste de l’histoire de la bande dessinée Hugues Dayez nous parle de ce premier titre de la collection 50/60, éditée par Frédéric Niffle.

Comment est né ce projet d’albums classiques commentés ?

En devenant rédacteur en chef de Spirou, Frédéric Niffle avait arrêté ses éditions intégrales. D’une part, il n’avait plus le temps, et d’autre part, je pense qu’il voulait réfléchir à une autre manière d’aborder ces œuvres classiques de la bande dessinée, en quittant le processus de la série pour retrouver l’unicité et la saveur de l’album. Niffle est également un inconditionnel du noir et blanc, il voulait proposer un format de livre plus grand. Or, si tu agrandis comme ici de 20% les cases dans un album au gabarit classique, cela devient non manipulable. Le pire exemple de ça, qui est très beau, mais selon moi illisible, ce sont les formats monumentaux de Franquin édités par Marsu Productions. On feuillette ça en voyant la planche originale, bien reproduite, mais je trouve qu’on ne lit pas véritablement. À l’heure actuelle, on a soit des intégrales exhaustives pour les collectionneurs, soit cette culture du beau livre d’art, qu’on feuillette mais qu’on ne lit pas. Je pense que Frédéric a eu envie de trouver une troisième voie : faire un beau livre, mais qui se lit. Au final, j’ai l’impression que publié comme tel, ça prend une dimension de roman graphique. Cela dit, on ne veut pas intellectualiser les choses, mais donner cette apparence de roman pour que l’on puisse s’immerger dans l’histoire sans forcément avoir lu les autres titres de la série « Gil Jourdan ».

Le format et la maquette sont inédits…

Oui, le gabarit carré permet plus de souplesse que le format à l’italienne. On peut découper la planche en deux parties sans problème : il est possible d’agrandir les cases tout en conservant le confort de lecture. L’autre grand avantage, c’est que l’on retrouve les chutes de page, la saveur du feuilleton et le suspens. Ces chutes étaient inhérentes à la façon d’écrire des auteurs des années 1950 et 1960, c’est bien de les restituer. Je pense que la maquette imaginée par Frédéric Niffle permet de lire et de redécouvrir ces classiques dans une forme particulièrement juste.

Hugues Dayez : « Tout le monde a toujours dit : « Tillieux, c'est le Michel Audiard de la BD », pour moi ce n'est pas vrai et j'explique pourquoi. »
"La Voiture immergée" de Maurice Tillieux
Premier titre de la collection 50 / 60

Après celle de Peyo, vous avez un temps travaillé à une biographie de Maurice Tillieux. Il n’est donc pas surprenant que le premier titre de la collection soit consacré à un de ces albums…

La biographie de Tillieux a longtemps été mon serpent de mer. J’ai fait quelques entretiens et puis je me suis rendu compte assez rapidement de deux choses. D’abord, il est mort depuis très longtemps, c’est de l’histoire plutôt que du journalisme, et je ne suis pas historien. Faire parler les morts… c’est compliqué. J’ai fait des entretiens avec un copain d’enfance, avec Gos, avec Roba et j’ai une dizaine d’autres interviews en réserve. J’ai également réalisé que je ne m’intéressais en réalité qu’à une très courte période de la carrière de Tillieux. En résumé, à partir du moment où il n’est plus que scénariste, ça devient moins intéressant dans l’optique d’une biographie. Pour moi, il y a un moment de grâce qui correspond graphiquement à la fin des « Félix », le début de « Gil Jourdan » et qui s’étire grosso modo jusque l’album « Les Moines rouges ». C’est un corpus qui constitue six ans de sa vie. Réalisant cela, ça faisait court pour me tenir en haleine. Une biographie, c’est s’embarquer dans des recherches intenses d’au moins un an si on veut faire les choses convenablement. Professionnellement, je n’avais plus le temps. C’est aussi la raison pour laquelle, j’ai dû abandonner le projet biographique concernant Franquin.

"Peyo l’enchanteur"
Une biographie parue en 2003

Un projet dont vous n’aviez jamais parlé jusqu’ici…

Juste après ma biographie de Peyo, je voulais faire un diptyque puisque dans ce livre, on parlait beaucoup de Franquin. Je me suis adressé à Isabelle, sa fille. Elle traversait une période compliquée et n’a pas donné suite immédiatement. Nous nous sommes retrouvés au moment de l’exposition « L’Atelier de Franquin, Morris, Jijé et Will » au Centre Belge de la Bande Dessinée. Durant la préparation de l’événement, nous avons sympathisé et elle était prête à m’ouvrir beaucoup de choses. J’ai été fort tenté à un moment, puis j’ai dû renoncer pour deux raisons. Par manque de temps, d’abord. Mais plus encore car je me suis senti gavé par les nombreux livres au sujet de Franquin, il y en avait trois par an. Autant Peyo, il n’y avait rien quand je me suis penché sur son cas. C’était le cas de Tillieux également. Il y a des endroits où j’aime aller parce que j’ai l’impression d’être avec un piolet et de défricher un territoire. Si c’est pour siphonner des travaux existants, comme les entretiens de Franquin avec Numa Sadoul par exemple, je ne vois pas l’intérêt. J’aime travailler à partir de mon propre matériel et pouvoir faire un travail journalistique, pas uniquement remuer des archives. Je ne suis plus un marathonien, mais aujourd’hui, je prends un plaisir infini à m’attaquer à des projets ponctuels et spécifiques comme cette édition commentée de « La Voiture immergée ».

Ce livre inaugure une collection qui va explorer les années 50 / 60. Une période que l’on pourrait qualifier d’âge d’or de la BD belge… En quoi, ce travail est différent de celui que vous aviez réalisé pour l’édition commentée du « Schtroumpfissime », par exemple ?

Oh, la différence majeure ce que pour « Le Schtroumpfissime » je pouvais, je devais même travailler sur l’iconographie. Ça me permettait de sortir du commentaire page à page, faire des digressions intéressantes. Graphiquement, on voulait montrer des perles de l’époque. Avec la collection 50 / 60, j’évoque des choses mais c’est au lecteur de faire la démarche d’aller voir les œuvres ou films évoqués. On convoque les images mentales des lecteurs, mais ce n’est pas un livre de mise en perspective graphique. C’est une lecture, elle ne prétend pas détenir la vérité définitive, mais elle met en parallèle des idées, des inspirations. Tout le monde a toujours dit : « Tillieux, c’est le Michel Audiard de la BD », pour moi ce n’est pas vrai et j’explique pourquoi. Je ne peux pas prouver que Tillieux a lu « Les Dossiers de l’agence O », mais c’est extrêmement troublant : l’ancien cambrioleur, le flic,… Comme lecteur de biographies ou de livres d’entretiens, j’aime ressentir que le type a une culture qui ne s’arrête pas au domaine qu’il traite. C’est ce qui rend passionnant l’approche de quelqu’un comme Philippe Capart avec sa revue La Crypte Tonique, par exemple. Pour ma part, j’essaie de rester avant tout un vulgarisateur.

La maquette élégante et aérée
contribue au fait que le commentaire ne vienne pas interférer dans la lecture du récit.

Comment faire pour décortiquer un classique sans le vider de sa substantifique moelle ou le noyer dans le commentaire ? Comment trouver l’équilibre ?

Je commence par relire l’album. Je laisse infuser et j’essaie de noter une idée par page. Ce qui est important c’est de ne jamais trop s’éloigner de l’histoire que l’on commente. Le texte doit être le plus morcelé possible. Comment ne pas épuiser la saveur de l’œuvre dès lors ? Il faut toujours un élément informatif ou un parallélisme intéressant. Le commentaire doit être une lecture, une proposition. Il ne doit pas pointer d’autorité un détail et dire : « Regardez, ça c’est génial ». Le noir et blanc joue un rôle également. Il met en lumière des détails que la mise en couleurs d’époque cachait. Mon commentaire, c’est celui d’un lecteur qui a un background graphique et de par ma pratique de critique cinéma, je connais bien le langage de l’image.

Que représente le travail documentaire dans l’élaboration de votre texte ?

J’ai enregistré beaucoup d’entretiens au cours de ma carrière ; je peux également m’appuyer sur plus de cinq ans de chroniques « Les aventures d’un journal » dans Spirou. Toutes ces recherches sont devenues une sorte de grand magma, que je rafraîchis sans cesse. Je pense que pour certains titres ultérieurs, il y aura des recherches spécifiques à faire. Je ne peux pas écrire ce genre de textes sans avoir à disposition une masse de documents.

Une édition sobre et dont le gabarit
se révèle très agréable à lire

Vous diriez que c’est le travail le plus compliqué que vous ayez eu à écrire dans le domaine de la bande dessinée ?

Oui. Lorsque j’ai écrit la biographie de Peyo, la phase d’écriture et de synthèse était une récompense après des mois et des mois de recherches. Ici, je passe d’abord par un stade très difficile : la liste des idées par pages. À cette étape, je sue sang et eau pour trouver les angles pertinents. Ça demande une grande rigueur. Je pense souvent à la phrase célèbre de François Mauriac qui écrivait son bloc-notes pour L’Express. Un jour, Françoise Giroud lui rembarre un texte, trop long de 500 signes et Mauriac lui répond « Désolé Françoise, je n’ai pas eu le temps de faire plus court. » Ça résumé tout : le problème c’est que bien souvent, faire plus court demande plus de temps.

Il y a une idée qui traverse votre commentaire, c’est que Tillieux est le plus moderne des classiques de cette période-là…

Je pense que c’est vrai. C’est le plus moderne et vraiment le plus adulte, c’est très flagrant. Ce n’est pas pour rien qu’il n’a pas fait partie du carré d’as Morris – Peyo – Roba – Franquin au niveau des ventes. Spirou était tout public, mais les histoires de Tillieux étaient très adultes ! J’ajouterais que Gil Jourdan n’est pas un personnage sympathique, il est arrogant, froid, il méprise son petit personnel. C’est très à contre-courant de l’époque !

À quel public s’adresse cette collection de classiques commentés ?

Pas uniquement aux collectionneurs exhaustifs. On est heureux de leur faire plaisir, mais on aimerait faire découvrir ces classiques à un lectorat d’une autre génération ou amateur de beaux livres, de graphisme, de noir et blanc,… En culture, il y a une dictature de la nouveauté, qui fait qu’on délaisse parfois les classiques...

Hugues Dayez à Bruxelles
en mars 2014

Ce que n’est que très récemment que les grands éditeurs ont commencé à mettre en valeur leur incroyable patrimoine. Qui plus est aiguillonnés par de plus petites structures qui ont fait un travail de réédition exceptionnel !

Tout à fait ! Si Michel Deligne n’avait pas réédité les « Félix » ou « Bob Bang » de Tillieux, Dupuis ne se serait peut-être jamais rendu compte de la valeur de son œuvre ! Tillieux a vécu une deuxième jeunesse, est allé au Festival d’Angoulême pour signer ces rééditions de Deligne ! Les maquettes étaient moches, mais il exhumait des choses.

Dernière question rituelle pour conclure. Quel est l’album qui vous a donné l’envie d’écrire sur la bande dessinée ?

Je pense que c’est « Johan et Pirlouit ». Enfant, je dessinais des bandes moyenâgeuses avec Johan, Hubert et un roi avec un manteau d’hermine rouge. C’est fondateur. Pirlouit est pour moi le personnage le plus 100% lié à la magie de la bande dessinée, il ne peut pas fonctionner en littérature, ni en cinéma.

(par Morgan Di Salvia)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Illustrations : © Tillieux - Dupuis - Niffle

Photos : © M. Di Salvia

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A propos de Maurice Tillieux, sur ActuaBD :

> Héroic, biographie en images de Maurice Tillieux

> Maurice Tillieux, passionnément

> Le prélude bruxellois à la célébration de l’« Héroïc Tillieux »

> Quoi de neuf ? Tillieux parbleu !

> Gil Jourdan, un chef d’oeuvre de référence de la BD belge

> Félix, l’intégrale T6, T7

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29 Messages :
  • Oui,bon, H. Dayez (dont j’apprécie par aileurs beaucoup le travail) vend bien sa soupe, et vous en remettez une (et même plusieurs couches...). Mais dire que les grands formats Marsu sont illisibles, c’est pousser le bouchon un peu loin !
    Je me régale avec les scans des planches originales de Franquin, et aussi avec les quelques albums des éditions Golden Creek que j’ai la chance de posséder.
    Et, pour ma part, je trouve la présentation de cette nouvelle édition en demi-planches tout à fait artificielle et peu apte à faciliter l’immersion dans le récit...
    Quant à F. Niffle, son abandon de l’intégrale Félix en dit long sur ses motivations profondes !

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    • Répondu le 8 mars 2014 à  00:13 :

      Les grands tirages de chez marsu ne sont pas conçus pour la lecture je crois (l’édition courante est plus adaptée), mais pour admirer dans toute sa pleinitude et sa finesse le dessin grandiose et unique de Franquin. Les quelques planches non reproduites en fac-similé nous montrent tout ce qui a été perdu à la photogravure et à la réduction. Depuis la parution de ces fac-similés les autres tirages grand format se contentant de reproduire en grand format les films noirs (golden creek et autres) me laissent sacrement sur ma faim. Quel bonheur de voir les coups de gomme, de gouache blanche, de lame de rasoir, les rustines, bref leTRAVAIL du dessinateur ! La publication sur son blog des planches originales de Conrad sur Aventure en jaune et Cloaques m’avaient procuré la même jubilation. Je n’ai hélas pas eu ce type d’émotion en feuilletant cette édition du pourtant génial Voiture immergée. Pour lire l’histoire, l’édition courante me suffit.

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    • Répondu par Frederic Niffle le 8 mars 2014 à  00:49 :

      Je crois que vous ne réalisez pas le travail insensé qu’a été la restauration des Félix. Ça me prenait 6 à 8 heures par planche. J’en ai restauré près de 400. J’ai été jusqu’au bout de mes forces pour faire cela. Et à un moment donné, je n’ai plus pu physiquement. La moitié du tome 4 est sur mon ordinateur...
      Lancer de telles sentences sur les forums, ça veut dire quoi ?
      Vous avez fait quelque chose, vous, pour défendre l’œuvre de Tillieux ?
      Si ça rapportait de l’argent, ça se saurait depuis longtemps.

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      • Répondu par Jérôme le 8 mars 2014 à  12:06 :

        Excellente réponse de M. Niffle. Il est évident que :
        1) la restauration des planches anciennes, des films d’époques, etc. n’est pas chose aisée. On voit bien, dans les intégrales Casterman de l’oeuvre de Macherot et de Craenhals, qu’une réédition faite en hâte ne donne pas le même résultat qu’un travail de restauration de longue haleine,
        2) les intégrales d’auteurs de l’âge d’or ne conquièrent pas un public si important... et parfois les collections sont contraintes de s’interrompre, par les lois du marché.
        Souvenons-nous, dans un autre genre, des difficultés perpétuelles à réaliser des intégrales du Harry Dickson de Jean Ray. De la difficulté de réaliser une intégrale Jijé ? De la difficulté de retrouver tous les films ou des archives sur le Spirou de Rob-Vel.
        Un peu de mansuétude (et un minimum de respect) pour les éditeurs courageux, connus et moins connus, ne serait pas de trop.

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        • Répondu par Pierre le 10 mars 2014 à  11:33 :

          Evidemment que c’est du boulot, personne ne le niera !
          Mais quand on commence quelque chose, on va jusqu’au bout (c’est du moins comme ça que je conçois un travail de pro). Si on n’y arrive pas, on se fait aider.
          F Niffle n’a quand même pas découvert qu’il y avait beaucoup d’aventures de Félix après avoir entamé son travail de restauration.....
          Et pour l’amateur, ca a été une nouvelle frustration, après les arrêts de Deligne et Dupuis sur cette série.
          Et, au pire, la restauration, on s’en fout, ce qu’on veut c’est lire les épisodes inédits !

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      • Répondu par Fred Boot le 9 mars 2014 à  00:53 :

        Yep, bravo ! Les collectionneurs sont souvent comme les crocodiles : grandes gueules, petits bras.

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      • Répondu par jackcodem le 9 mars 2014 à  15:09 :

        question naïve : pourquoi ne pas demander l’aide de bénévoles (suffisamment qualifié)pour restaurer le reste des planches de félix ? je crois que cela se fait dans d’autres domaine artistique

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        • Répondu par Michel Dartay le 9 mars 2014 à  19:36 :

          Fort bien, si Fréderic Niffle n’a plus l’envie de passer ses nuits à restaurer des planches de vieux Félix. A ce sujet, il est d’ailleurs dommage d’avoir omis les programmes non-stop de Tillieux, entre deux histoires complètes. Mais si c’est épuisant et non-rentable pour une structure d’édition classique comme Dupuis, pourquoi ne pas laisser les éditions de l’Elan (par exemple)continuer ? Ils sont habitués à des tirages de mille exemplaires, ils sauraient faire (ils ont en eux le culte de Tillieux).

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    • Répondu par Peetres Chantal le 21 avril 2014 à  08:59 :

      Bonjour, je possède plusieurs bandes dessinées de Gil Jourdan de 1985 et 1986 en bon état et je voudrais savoir si la vente est possible .

      Je possède aussi des Tif et Tondu au cas où la vente serait possible.

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  • je ne vais pas faire la fine bouche et je vais me précipiter en librairie pour jeter un coup d’oeil à ce volume... avant de probablement me l’offrir.
    cependant, je ne cesse de ressasser cette sempiternelle question : à quand la réédition par Niffle du reste des épisodes de FELIX, réédition interrompue depuis trop longtemps déjà ?

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  • Le "pire exemple", les Gaston et Spirou VO grand format de Marsu ? N’importe quoi.
    Je dirais plutôt que cette collection est le seul exemple digne d’intérêt en dehors d’albums classiques. Je les lis et les relis, ces albums. Une nouvelle manière de découvrir les gags de Gaston et les histoires de Spirou. Une intensité inégalée dans l’échange entre le lecteur et l’ouvrage. Une foultitude de dessins et documents complémentaires passionnants.

    Les commentaires de Hugues Dayez sur le Gil Jourdan ne semblent pas bien passionnants, en revanche. D’habitude, il me semble qu’il fait mieux. Mais bon, je n’en ai vu que quelques-uns. Faut que j’aille feuilleter cet ouvrage...

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    • Répondu par Hervé le 4 octobre 2017 à  22:23 :

      Tout à fait d’accord avec vous. Les VO de Franquin chez Marsu sont le must pour apprécier le travail de Franquin.
      J’ai acheté malheureusement trois ouvrages de Hugues Dayez . Ses observations sont inintéressantes et souvent hors sujets. Il y a de véritables spécialistes comme Jean Louis Bocquet, Serge Honorez ou les époux Pissavy-Yvernault qui font un véritable travail de recherches à la source et ne font pas du remplissage...

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  • Je trouve cette attitude de justifier son ouvrage en tapant sur le travail des autres vraiment puérile, et loin d’être constructive dans cette volonté de promouvoir son ouvrage.

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  • j’essaie de noter une idée par page.

    Et quand il ne trouvait pas ?

    Quelle brillante démarche éditoriale ! Quelle ambition pour la bande dessinée ! Et l’éditeur présente justement ça comme l’ « équivalent de la Pléiade en bande dessinée »...

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  • Je viens de lire pour la première fois ce troisième tome de Gil Jourdan, la voiture immergée, considéré comme un chef-d’œuvre par... par qui en fait ?
    L’intrigue est vieillotte au possible, il n’y a aucune émotion, pas de tension, les jeux de mots ou "blagues" sont lourdingues.
    Bref c’etait peut-être très bien à l’époque et la lecture par tranche dans le journal Spirou devait être jouissive mais en album j’ai du me forcer à le finir.
    Un chef d’œuvre c’est une œuvre qui vieillit bien. Gil Jourdan c’est passable comme un épisode de Derrick.
    Ça a vraiment vieillit. Pour lecteurs nostalgiques (vivement qu’ils disparaissent qu’on puisse à nouveau mettre en lumière de vraies nouvelles créations au lieu de déterrer des boîtes dorées dont on veut nous faire croire qu’elles sont en or !)

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    • Répondu par Piet Lastar le 8 mars 2014 à  19:46 :

      L’ambiance est magnifique, le rythme agréable, les dialogues justes, l’intrigue passionnante, ...

      Pour vous, un chef d’oeuvre est une BD que VOUS aimez bien... Dommage...

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    • Répondu par MD le 8 mars 2014 à  23:03 :

      Vous semblez déçu par ce qui semble être une première lecture. La voiture immergée est un classique, c’est vrai, mais il fait justement partie de ceux que l’on aime lire et relire (je dois en être à huit fois en quarante ans). Un peu comme le lotus bleu, Astérix et Cléopatre, les Gaston Lagaffe, beaucoup des Schtroumpfs et des Johan et Pirlouit, des Lucky Luke aussi. Tous les albums que je cite ont été faits il y a plus de quarante ans : ils ont eu un certain succès dés leur parution, qui n’a cessé de s’amplifier depuis. Il y a évidemment des rééditions permanentes, mais aussi des prix fous atteints par les éditions originales en bel état, et encore plus cher, les planches originales en galeries ou en salles de vente (comptez entre 5000 et plus de cente mille euros, pour les Hergé ou les Uderzo).

      Je peux comprendre votre déception devant la politique actuelle de Dupuis, qui consiste surtout à redécliner son magnifique patrimoine, pour en offrir de nouvelles approches de lecture. Mais ne dites pas que la lecture a vieilli et que l’histoire est désuète. Ou alors si c’est le cas, vous devez trouver ringards les Beatles, Molière, Van Gogh, Mozart et Rodin. Peut-être trouvez vous votre plaisir dans les blogs ou les BD modernes qui captent parfois un effet de mode de l’instant, mais qu’en dira t’on dans vingt ou quarante ans ? Si on en parle encore...

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      • Répondu par Piet Lastar le 8 mars 2014 à  23:51 :

        Cher MD,

        Bravo, tout est dit ! Vous avez été plus courageux que moi pour exprimer la même idée, merci !

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      • Répondu par Philippe le 9 mars 2014 à  11:02 :

        J’aime Van Gogh, Mozart, les vieux Asterix, Tintin... mais la voiture immergée a mal vieillit. Sinon comment expliquer que je me sois tant ennuyé à la lecture ?
        On dit qu’on mesure la grandeur d’un héros à celle du méchant. Celui de cette histoire est d’un banal... On est sur du archi-classique qui n’invente rien.
        Le moment où j’ai décroché du récit c’est quand Gil Jourdan retrouve la lettre (indice capital du récit) et celle-ci est en parfait état alors même qu’elle avait séjourné plusieurs jours sous l’eau...

        A chaque problème sa solution, vous prenez tous un malin plaisir à descendre le travail de M. Dayez mais si vous inversez le problème vous vous rendrez compte qu’il y a peu à dire sur la voiture immergée au contraire d’un Tintin par exemple. Car ce n’est pas une œuvre majeure. C’est peut-être le chef d’œuvre de Tilleux mais assurément pas dans l’univers policier de la bd. Il y a de nombreux Jérôme K. Jérôme Bloche chez le même éditeur qui sont plus drôles et mieux écrits. On en reparlera peut-être dans 30 ans...

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        • Répondu par Frencho-id le 9 mars 2014 à  18:54 :

          vous prenez tous un malin plaisir à descendre le travail de M. Dayez mais si vous inversez le problème vous vous rendrez compte qu’il y a peu à dire sur la voiture immergée

          Alors pourquoi ne pas s’abstenir ?

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        • Répondu par Sergio Salma le 10 mars 2014 à  11:10 :

          "Comment expliquer que je me sois tant ennuyé à la lecture ? " . PHILIPPE se considère comme LE lecteur-étalon, celui qui est le seul repère, le baromètre ultime pour tout ce qui se publie. Si PHILIPPE s’ennuie, ça ne vaut rien. On enverra désormais tous les projets éditoriaux à PHILIPPE pour validation, pour qu’il fasse savoir si ça vaut la peine ou pas.

          Je crois que votre grave souci remonte à votre enfance, quand vous étiez le roi à la maison et que tous vos moindres désirs étaient satisfaits par votre entourage. Alors on doit vous dévoiler la vérité , empereur céleste PHILIPPE, dieu entre les dieux du bon goût et du savoir réunis mais qui n’a qu’un prénom pas de nom de famille, soyez fort, tenez bon, attention ça va vous déstabiliser, vous êtes assis ? Vous n’êtes pas le centre du monde.

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          • Répondu par Philippe le 10 mars 2014 à  16:40 :

            Ce n’est pas parce que vous êtes plusieurs à partager une croyance dans votre secte que vous avez par définition raison.
            Gil Jourdan est une série de divertissement, d’action, populaire et censée être drôle. (Ah ah que c’est drôle de laisser trainer une valise devant l’escalier !...) Le fait même de ne pas remplir ces objectifs lors de ma lecture, difficile, constitue un échec et mon sentiment subjectif devient par l’occasion tout à fait recevable.

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            • Répondu le 10 mars 2014 à  19:29 :

              Sentiment subjectif, vous l’avez dit. Je n’ai jamais réussi à aller jusqu’au bout d’une pièce de Racine. Il n’empêche que c’est un classique. Tillieux aussi. Que vous l’aimiez ou non.

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  • cette publication sera une gourmandise , un peu trop exotique pour moi : bizarre et un soupçon contre-nature ce choix de format carré qui casse quand meme un peu le travail de tillieux , pensé pour une lecture en format " classqiue " : étonnant quand on dit par ailleurs que les editions marsu empechent la simple lecture des planches ( avis personnel pas forcement partagé)

    le choix de l’histoire pour cette edition est assez personnelle ( et c’est tres bien ) : c’est peut etre un classique mais je ne sais si c’est "le " classique des gil jourdan ... ou alors juste pour le niveau dessin , moins niveau scenario ? perso j’aurais pris les moines rouges pour avoir les 2 ( les scenes d’ombres sont superbes ) et popaine pour le scenar mais chacun doit avoir sa liste ....
    je comprend la reaction d’un lecteur d’aujourd’hui decouvrant cette bd : je ne sais objectivement si je la mettrais autant en avant s’il n’y avait pas aussi l’effet " nostalgie " ....

    niveau biographie , tillieux est largement present aujourd’hui ( les livres de Jour et de winants , les ouvrages de dbd et DM ,les parties bio dans les albums de l’élan , les fanzines etc etc ) par contre je trouve incroyable qu’il n’y ai rien niveau franquin : plein de choses dans les fanzines , les integrales , des ouvrages sur ses oeuvres ou en tant que co-auteurs mais a part l’ouvrage de sadoul ( totalement introuvable ou a des prix ridiculement hauts), nada ...

    et sinon concernant félix , esperont que dupuis va continuer son travail et prolonger ses integrale en travaillant aussi sur l’auteur tillieux et son travail hors dupuis ( je crois qu’i y avait un projet justement dans les tuyaux ?) on aurait ainsi une finalisation des reeditions felix

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    • Répondu par Frederic Niffle le 9 mars 2014 à  19:36 :

      Si vous regardez l’album classique, vous constaterez que tous les suspenses de fin de pages sont fichus en l’air. En effet, lors de la prépublication dans SPIROU, le suspense tombait à la fin des planches paires et il fallait attendre une semaine pour connaître la suite. Il suffit de regarder la planche 38 qui tombe sur une page de gauche dans l’album pour se rendre compte de l’absurdité de la chose. Mais c’est pareil pour les planches 6, 8, 14, 16, 22, 28…) Les auteurs de l’époque concevaient leurs histoires pour le journal, pas pour les albums qui étaient secondaires. Dans la collection 50/60, on retrouve les suspenses de fin de page imaginés par l’auteur.

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      • Répondu par Philippe le 9 mars 2014 à  22:11 :

        Dans ce cas il "suffisait" de faire commencer l’album sur une page de gauche. Toutes les pages paires se retrouveraient à droite.

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      • Répondu par jeandive le 10 mars 2014 à  13:18 :

        merci de cette precision ; en fait je pensais a ma lecture " dans son jus " en parlant du travail de tillieux : je relis toutes ses histoires dans les spirou d’origines ( que j’ai la chance d’avoir sur quasi 30 ans )mais bien vu pour la decoupe -album ( le format carré reste bizarre pour la lecture , pas pour l’objectif editorial bien sur

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  • Tillieux et la Voiture immergée
    10 mars 2014 00:22, par Simon

    Le bouquin semble intéressant, et on a hâte d’examiner ses cousins comme Xique-Xique, Les Moines rouges, Les Fantômes, et autres 33 tours ; mais, pour des rééditions à 24 carats pièce, est-ce que les prochains pourraient aussi fournir aussi une typographie correcte ?

    Dans la première page d’exemple, le commentaire colle des signes doubles au mot qui précède (« chez Tillieux: », « du récit! ») : une des premières choses qu’on apprend en typo, c’est que les signes dits doubles sont flanqués de deux espaces !

    Je me demande aussi s’il n’aurait pas mieux valu un simple livre d’annotations de la série, sans fac-similé ; mais bon, j’ai quand même noté de le considérer sérieusement en librairie ou en bibliothèque, hein.

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  • J’ai beaucoup aimé ce format et cette initiative d’édition. Les "notes de bas de pages" de Hugues Dayez sont intéressantes et n’alourdissent pas la lecture. Le plaisir supplémentaire est de comparer la version album et celle-ci en noir et blanc.

    J’attend la réédition de "la Villa du Long cri" en avril avec une certaine impatience, au vu des planches originales et agrandissements de cases exposées à Bruxelles en 2013.

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