Maurane Mazars, le Prix Révélation d’Angoulême 2021

19 février 2021 22
  • Charles-Louis Detournay nous signalait sa présence dès septembre dernier dans nos colonnes : « Maurane Mazars : un nom dont il faudra se souvenir, tant son album "Tanz !" fait office de révélation. » Le jury d’Angoulême lit-il ActuaBD.com ? Il faut le croire car, lors de la dernière cérémonie des prix, l’autrice française dont le parcours scolaire pérégrine de Strasbourg à Genève et à Bruxelles, a raflé le « Prix Révélation » du palmarès 2021.

Rares sont les bandes dessinées aussi « incarnées ». Dans Tanz ! (Le Lombard), un album particulièrement généreux en dessins, Maurane Mazars raconte le destin de Uli, un jeune danseur allemand dans les années 1950. Son pays se remet doucement de la guerre mais reste hanté par ses funestes fantômes. De l’autre côté de l’Atlantique, l’Amérique scintille. Sa danse aussi, magnifiée par les comédies musicales qui défilent sur les écrans. Pour Uli, homosexuel assumé et solaire, c’est un nouveau monde. Mais il découvre aussi que derrière cette image de façade, le vieux monde construit sur la ségrégation n’a pas encore dit son dernier mot.

Tout est fluide dans cet album : le trait de pinceau qui virevolte avec aisance dans un jaillissement joyeux de couleurs et d’effets, la narration enfin, avec ses belles séquences et ses ponctuations subtiles.

Maurane Mazars, le Prix Révélation d'Angoulême 2021
"Tanz !" de Maurane Mazars (Le Lombard)

Réflexion sur l’identité, la vocation et le genre, Tanz ! est incontestablement un album qui méritait d’être distingué, de même que sa talentueuse autrice que nous avons rencontrée pour vous dans les coulisses de la cérémonie des prix -quasiment clandestine cette année- du Festival d’Angoulême.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

(par François RISSEL)

(par Cédric Munsch)

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22 Messages :
  • belle réflexion artistique de sa part, superbe album au graphisme élégant et fluide.

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    • Répondu le 19 février à  11:50 :

      en effet, graphisme très moderne, très étudié mais en même temps très "libéré". On sent que l’idée de repasser un crayonné avec application est loin d’elle ;)

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      • Répondu par auteur bd le 19 février à  18:10 :

        Remarque stupide d’un béotien imbu de certitude. Ce que vous n’avez pas compris, c’est que l’encrage n’est pas que le simple fait de repasser méticuleusement sur un trait crayonné, comme un gosse de primaire. Sinon, n’importe qui pourrait le faire. L’encrage, c’est tout le travail du modelé qui va donner de la matière à des décors et de la présence à des personnages. Un mauvais encrage peut foutre en l’air tout votre travail de crayonné et de construction de l’image. C’est pour cela par exemple, qu’aux Etats-Unis, des encreurs sont aussi adulés du public, que les dessinateurs pour lesquels ils travaillent. L’encrage reste la touche finale, l’extension de votre pensée à votre main, qui apportera à votre dessin du talent ou non, de la profondeur ou de la laideur. Et tout cela n’a rien à voir avec du dessin académique ou pas.

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        • Répondu le 19 février à  20:19 :

          Toujours cette agressivité et ces injures au début de vos messages. C’est d’un pénible... d’autant que m’intervenant n’avait pas tort. Quoi que vous en disiez, énormément de bd sont de fait médiocrement encrées, avec un repassage laborieux du crayonné. Tout le monde ne sait pas encrer, loin de là. Cette dessinatrice en effet ne se pose pas ce genre de questionnements.

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          • Répondu par auteur bd le 20 février à  07:17 :

            "Stupide" ou "béotien" ne sont pas des injures et si vous les avez pris comme telles, c’est que la vérité vous dérange. Mes propos, certes directs, ont le mérite de remettre les choses à leur place. Le sous-entendu du message de l’internaute est beaucoup plus agressif ; on ne s’amuse pas dans la BD à "repasser notre trait avec application" comme des élèves qui ont bien appris leur leçon. On a autre chose à faire que de jouer les chiens savants. Il faut arrêter avec ses histoires d’encrage quant on n’y connait rien. Lorsque l’autrice remplace son tracé noir par du tracé couleur, ça reste toujours de l’encrage. Et son encrage est pareil à d’autres personnes qui l’auraient fait avec une encre noire. Rien d’exceptionnel, c’est juste une autre méthode.

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            • Répondu le 24 février à  11:32 :

              Ne vous justifiez pas, tous vos messages démarrent par une adresse agressive ou insultante à l’encontre du précédent intervenant.

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              • Répondu par auteur bd le 24 février à  17:16 :

                Je ne me justifie pas, je vous explique votre erreur. Vous avez du mal avec la vérité...

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          • Répondu le 20 février à  07:51 :

            Si vous écoutez l’interview, elle a l’air de se poser des questions mais je ne comprends pas lesquelles. En revanche, elle tient un discours et je comprends où elle veut en venir.

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            • Répondu par auteur bd le 20 février à  10:17 :

              Les raccourcis d’évaluation sur ce site sont très souvent ravageurs envers ceux ou celles qui réalisent les livres que le public va lire. Derrière chaque livre il y a une sensibilité humaine qui s’exprime. Il était normal que je réagisse au second message.

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              • Répondu le 20 février à  10:51 :

                Le discours de cette autrice est commercial. Elle enfonce des portes ouvertes et celles qu’il faut enfoncer pour se faire bien remarquer par les médias et donneurs de prix. Quand je dis que je ne comprends pas les questions qu’elle pose, c’est parce qu’elle est sans arrêt dans l’appropriation culturelle. Quand je dis que c’est un discours, c’est parce que c’est de la langue de bois mais du bois de la bien-pensance à la mode.
                Elle voulait secrètement avoir un prix à Angoulême. Elle a visé juste et coché toutes les cases pour y parvenir. Elle est maligne.

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                • Répondu le 20 février à  13:36 :

                  Je dirais que c’est son éditeur qui décide qui coche les cases et comment. Il a bien poussé derrière. Le festival d’Angoulême c’est comme le Goncourt ; petits arrangements entre amis et accords en coulisse. Les auteurs et autrices, servants de pions.

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                • Répondu le 20 février à  19:05 :

                  "elle voulait avoir secrètement un prix à Angoulême"

                  HAHA. Merci, vous m’avez fait rire ce soir.

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  • étonnant de la part d’un éditeur historique très mainstream, d’éditer des projets comme Tanz dont on croirait au départ qu’ils sont peu vendeurs avec ce genre de graphisme très freestyle. Ou alors c’est une récupération du défrichage réalisé par les petits éditeurs il y a 30 ans avec peu de prise de risque ? Ou alors c’est la patte des jeunes éditeurs actuels genre Van Meerbeeck qui fait que ? ou les deux ?

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    • Répondu par Milles Sabords le 20 février à  07:21 :

      Je dirais plutôt que nous sommes dans une édition de niche. Les éditeurs cherchent sans cesse de nouveaux marchés pour faire face à la surproduction qu’ils entretiennent pourtant savamment depuis des années. C’est l’histoire du chien qui se mord la queue. Le Lombard a réduit sa production et creuse de plus en plus le sillon "tendance" de la BD. Mais les modes, comme toutes les modes, sont éphémères.

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      • Répondu le 20 février à  10:41 :

        oui. mais le sillon "tendance" dont vous parlez, il dure quand même grosso modo depuis 15 ou 20 ans non ? si on revient en arrière, la tendance montante des romans graphiques, les Craig Thompson et autres, date de là ? A moins que vous visez autre chose quand vous parlez de "tendance" de la BD ?

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        • Répondu par Milles Sabords le 20 février à  13:22 :

          Lorsque je parle de tendance, c’est de celle ou nous ne sommes plus dans l’ère du roman-graphique qui depuis dix ans a considérablement changé de style et de genre en s’élargissant toujours plus à d’autres courants artistiques. Le vocable roman-graphique demeure, car nous adorons mettre les gens dans des cases. Ce genre est devenu beaucoup plus "underground", "expérimental", "alternatif", "sociologique", "scientiste", "plastique", "politique", mais moins "roman". Il ne manque plus que des "romans-graphiques" sur les métiers ou le sport pour que la dénomination du genre s’éteigne. Même chose pour les maisons d’édition, elles produisent toutes les mêmes types d’albums et les spécificités des unes se sont fondues aux spécificités des autres. En tant que lecteur, tous ces changements de formats n’arrangent pas le stockage des albums et la perte d’identité des éditeurs entretient la confusion d’un marché devenu trop vaste pour pouvoir acheter beaucoup et régulièrement. D’une quinzaine d’albums par mois, je n’achète plus que 2 ou 4 albums. J’espère qu’un jour les éditeurs reviendront au système de la série, plus ou moins longue, mais plus à ce turn-over du livre "jetable", dont l’exposition en librairie si courte, rend fragile un début de carrière prometteur. Pour paraphraser un certain président : "laissons du temps au temps". L’agriculture commence à le comprendre, mais pas le divertissement, qui poursuit son auto- destruction afin d’assouvir l’appétit des grands groupes de l’édition.

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      • Répondu le 20 février à  10:57 :

        La mode est opportuniste et un éditeur doit aussi être opportuniste pour faire entrer de l’argent. Et ça tombe bien parce qu’il y a AUSSI des auteurs opportunistes. Les éditeurs généralistes ne sont pas des philanthropes même si elles savent aussi défendre des livres novateurs, courageux ou de bonnes factures.
        Ce livre, il est dans la mode. Et par le sujet abordé, et par son graphisme.

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        • Répondu le 20 février à  13:25 :

          C’est ça le drame, être dans la mode n’est jamais bon, ça ne dure pas. Il y en a eu par le passé des auteurs "à la mode", couronné à Angoulême et qui ont disparus du métier.

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          • Répondu le 20 février à  17:43 :

            Évidemment que la plus grande difficulté est de durer. Nous verrons si cette révélation parvient à transformer l’essai. Ce prix lui en donne l’occasion.

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          • Répondu le 21 février à  16:49 :

            des exemples ?

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            • Répondu par Bloch le 21 février à  22:49 :

              Même en prenant le prix Révélation depuis 2000 comme référence on s’aperçoit que la quasi-totalité des auteurs a publié des livres après avoir reçu ce prix mais aussi que la grande majorité a publié un livre il y a moins de 3 ans. On peut tout de même concéder Élodie Durand dont le précédent album de BD remonte à 2016 mais qui continue à publier depuis en tant qu’illustratrice et Pietro Scarnera (qui semble de toute façon ne pas être spécifiquement auteur de BD). En ce qui concerne le fauve d’or le seul cas limite me semble Richard McGuire pour "Ici" mais là encore c’est un plasticien.

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