François Capuron : "Delcourt réalise un premier semestre 2006 historique avec une progression de près de 40% du CA"

3 juillet 2006 0 commentaire
  • L'année de leur 20ème anniversaire, les Editions Delcourt se portent bien ! C'est le constat de François Capuron, Directeur Marketing et communication, qui évoque également le rôle et les enjeux de son activité dans le processus de vente.

Actuabd : En 2005, vous avez beaucoup communiqué sur les 10 ans du label Série B. Cette année, ce sont les 20 ans de la maison Delcourt et vous restez assez discret...

C’est vrai, pour le moment nous restons discrets et l’approche est différente. Nous avons décidé de concentrer nos efforts sur le mois de septembre plutôt que de multiplier les actions tout au long de l’année. Septembre, c’est bien sûr la 6ème édition de notre festival de Bercy Village, mais aussi le lancement d’une collection d’intégrales au format compact, en couleurs et à prix très attractif allant de 14 à 25 euros. Pour cette somme, le lecteur pourra acquérir par exemple les intégrales des six premiers tomes du Chant des Stryges ou de Golden City. Douze de nos principales séries sont concernées, on retrouvera de la SF avec Aquablue, Sillage et Carmen Mc Callum, de la fantasy avec La Graine de Folie, de l’humour avec Donjon Parade et De Cape et de Crocs, de la jeunesse avec Petit Vampire et Le Vent dans les Saules, de l’histoire avec Arthur et Sur les Terres d’Horus. Les tirages seront limités, de 3.000 à 6.000 exemplaires selon les séries et le nombre de tomes repris et, il n’y aura pas de réimpression.
Nous savons qu’il est difficile aujourd’hui pour les lecteurs d’aborder de nouvelles séries, notamment si elles sont déjà bien entamées. Nous souhaitons vraiment les inciter à franchir le pas grâce à cette démarche à la fois "populaire" et qualitative.

D’autres évènements en perspectives ?

Oui, tout d’abord un important travail de presse et de communication, Nous avons demandé à l’agence Sofab de nous aider dans la conception d’un dossier de presse original puis, de gérer le travail de presse.
Nous publierons un album intitulé "Pourquoi j’aime la Bande Dessinée". Guy Delcourt a sollicité des auteurs mais aussi des personnalités extérieures à notre petit monde d’exprimer en mots ou en dessins pourquoi ils aiment la bande dessinée. Les bénéfices de cet ouvrage collectif seront d’ailleurs reversés à la Croix Rouge.
De nombreuses actions seront aussi organisées avec les différentes enseignes de librairies : catalogues, ex-libris, tirage luxe, etc... Grâce au Festival d’Angoulême, un partenariat avec Beghin Say a été établi et, deux collections de sucres Delcourt verront le jour.
Bref, je pense qu’il sera difficile de nous échapper à la rentrée !

François Capuron : "Delcourt réalise un premier semestre 2006 historique avec une progression de près de 40% du CA"
Le tome 1 de la série Okko

Comment se portent les éditions Delcourt ?

Très bien ! Nous réalisons un premier semestre 2006 historique avec une progression de près de 40% de notre CA par rapport à l’année dernière et cela dans un marché, qui lui, progresse à peine de 2%. Nous expliquons ces résultats par un programme éditorial riche et équilibré, par le décollage de séries récentes comme Okko, Alim le Tanneur, Le Sabre et l’Épée ou bien encore Shandy de Matz et Bertail, par des "phénomènes" comme Les Mauvaises gens de Davodeau ou V pour Vendetta - le film nous a permit de revendre 10.000 intégrales en 4 mois - par la réussite de séries "concepts" comme L’Histoire Secrète et La Loi des 12 tables et par un regain d’actualité sur Donjon avec trois nouveautés sur le semestre. N’oublions pas le surprenant maintien de Star Wars et l’explosion de nos séries shojo, Fruits Basket et Nana.
Je crois aussi que nous avons bien progressé dans notre approche marketing et commercial. Delsol est aujourd’hui le second diffuseur de bande dessinée et l’expérience qui semblait saugrenue pour beaucoup est devenue un véritable succès.

A partir de quel moment investissez-vous en marketing sur une série ?

Il n’y a pas un moment, mais plusieurs moments. Le marketing c’est faire des choix adaptés selon les périodes de parution, les courbes de vie d’une série, le potentiel d’un album ou son succès confirmé, les attentes des auteurs, le budget dont on dispose ou l’humeur des éditeurs... C’est donc plein de combinaisons possibles qui font que nous pouvons tout aussi bien choisir de lancer fortement un tome 1 ou bien attendre le tome 2, de pousser systématiquement les nouveautés d’une série ou d’en attendre la fin, de surjouer ou, de ne rien faire du tout...

Le marketing n’est-il pas incontournable de nos jours ?

Le marketing vient en appui et en complément d’une politique éditoriale pensée, réfléchie et de qualité. Il ne faut pas oublier que le marketing est au service du livre, jamais l’inverse.
On peut très bien sortir des tomes 1 sans promotion et remporter un succès. Un exemple récent est le premier volume de Okko publié début 2005 et qui, aujourd’hui, s’est vendu à 40.000 exemplaires. Mais, si vous rencontrez un tel engouement, il faut réagir très vite, accompagner le succès et mettre le paquet sur la suite.
Pour les séries phares, la promotion nous permet de renforcer l’image du succès et de traduire la confiance que nous avons en elles. C’est un message envoyé aux libraires et c’est fondamental. Nous ne pouvons plus, par contre, faire des miracles au niveau des mises en place, cette époque est révolue...
Dans une structure comme la nôtre, et avec un catalogue aussi important, on peut dire que le marketing est incontournable. La promo est devenue un plus par rapport à la concurrence et un argument de séduction face aux auteurs. Maintenant, il existe aussi un effet de surenchère qui donne parfois le vertige...

Quel est le budget moyen ?

Difficile de répondre car il n’y a que des cas particuliers. On peut faire de la promo avec 500 euros pour un titre ou bien alors monter jusqu’à 100.000 euros.
Mais, disons qu’avec 10 à 15.000 euros on peut faire un peu d’achat d’espace, créer une chouette PLV pour les libraires et réaliser un dossier de presse.

Le tome 6 paraîtra en Aout

Quelles sont les résultats de L’histoire Secrète et de La Loi des 12 tables ?

Pour L’Histoire Secrète, nous pouvons déjà parler de succès avec un tome 1 vendu à 30.000 exemplaires, des réassorts permanents et des mises en place qui montent de tome en tome. Nous avons lancé cette série en novembre 2005, nous avons donc plus de recul que pour La Loi des 12 tables dont le tome 1 est paru en février. On peut toutefois dire que la série accroche et que la dynamique provoquée par le rythme de parution fait son effet avec la parution du tome 3 ce mois-ci.
Voilà deux séries en tout cas pour lesquelles la démarche marketing a été importante, nous nous sommes vraiment bien amusés !

Pas de collection à prix réduit en vue chez Delcourt ?

Non, si on exclut bien entendu nos intégrales 20 ans.
Par contre, nous lancerons toujours en septembre, une nouvelle collection dirigée par David Chauvel, la collection "impact" avec des thématiques géopolitiques contemporaines. Chaque série bénéficiera d’un pack de lancement avec les deux premiers tomes en simultané à un prix d’appel attrayant. Le public semble très sensible à ces offres.
Début 2007, ce sera le lancement d’une collection de romans adaptés en BD avec au programme des grands classiques comme Cyrano de Bergerac, Frankenstein, ou Au bord de l’eau qui est un classique de la littérature chinoise. Et tout cela dirigé par Jean David Morvan. Autre projet original en 2007 à l’initiative de Chauvel, la parution de 7 albums inspirés du thème des 7 mercenaires, écrits par 7 scénaristes et dessinés par 7 dessinateurs différents. Date de lancement, le 7/07/2007 !

(par Laurent Boileau)

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