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Etienne Willem adapte "Le Paris des Merveilles" chez Drakoo - [INTERVIEW]

Par Charles-Louis Detournay le 24 novembre 2022                      Lien  
Après la trilogie des "Artilleuses", l'auteur de "L'Épée d'Ardenois" prolonge l'aventure avec le romancier Pierre Pevel, en adaptant rien de moins que les trois romans qui composent "Le Cycle d'Ambremer", renommé "Le Paris des Merveilles". Un premier tome très respectueux de l'univers original vient de paraître. Il profite de beaucoup de cases et de contenu, tout en parvenant à maintenir la lisibilité de l’ensemble. Les amateurs de steampunk et de fantasy apprécieront.

Etienne Willem adapte "Le Paris des Merveilles" chez Drakoo - [INTERVIEW]Comment avez-vous approché Pierre Pevel, le romancier auteur du cycle d’Ambremer - Le Paris des Merveilles ?

J’avais lu et adoré ses livres il y a une dizaine d’années. À l’occasion d’un festival à Nancy à la fin des années 2000, j’ai demandé à le rencontrer. On a beaucoup parlé et on est repartis bons amis pour réfléchir à une éventuelle collaboration.

Pour ma part, je voulais initialement adapter ses romans. Mais Pierre m’a recontacté par la suite en m’expliquant que ce serait sans doute plus simple d’écrire directement pour la bande dessinée. Nous avons ainsi débuté le projet des Artilleuses, qui avançait tout doucement vu que nous n’avions pas encore d’éditeur.

J’imagine que vous avez réagi en apprenant le concept de la maison d’édition Drakoo ?

Tout-à-fait, j’ai directement contacté Christophe Arleston, qui aimait beaucoup le travail de Pierre Pevel. On s’est alors retrouvé tous les trois au Festival « Trolls et légendes ». On a mangé ensemble, et on s’est serré les mains, donnant ainsi le véritable départ d’un projet qui hibernait depuis treize ans chez Pierre et moi. Mais vu qu’on avait tout de même bien travaillé en amont, il n’a fallu que neuf mois pour réaliser Les Artilleuses.

Cette première collaboration appelait- elle une suite ?

En toute logique, l’idée était de continuer sur cette voie avec l’adaptation de la trilogie d’Ambremer, avant qu’un autre éditeur n’y songe.

Cette fois, il a fallu adapter vous-mêmes ces romans assez denses, à commencer par le premier qui fait 350 pages. Quelle a été votre méthode de travail ?

J’ai tout d’abord relu le livre en réalisant des fiches, scène par scène, sur le mode des didascalies d’une pièce de théâtre. Quels personnages s’y retrouvent, dans quel lieu, avec quelles informations, et surtout une note sur l’utilité de la séquence par rapport au fil narratif.

En effet, certaines scènes sont plus spécifiquement présentes pour découvrir l’univers fantastique de cet univers. Or ces informations peuvent passer par le biais du dessin, et garder de la place pour des scènes d’action. J’ai également rassemblé des personnages car ils ont des fonctions similaires et apportent le même type de contenu. J’ai donc pratiqué tout un jeu de découpage pour créer un chemin de fer équilibré pour la bande dessinée.

Comment avez-vous travaillé cette fois avec Pierre Pevel ?

Il m’a accordé toute sa confiance : il m’a laissé faire en solo, mais j’ai tenu à ce qu’il revalide tout de même l’ensemble de mon travail avant d’attaquer le dessin. J’y tenais pour garder l’esprit du roman.

De la même façon, lui avez-vous demandé d’écrire les dialogues de votre adaptation ?

En faisant le storyboard, j’ai opéré des propositions de dialogues, que Pierre a réécrit derrière. Car ce qu’il y a de savoureux dans le travail de Pierre, ce sont justement ses dialogues et ses tournures de phrases. Il aurait été idiot de s’en priver.

Les romans sont denses. Comment les avez-vous découpé ?

C’est une décision éditoriale. On ne pouvait pas consacrer un album par roman, et si on partait pour trois albums, cela signifiait neuf années de travail, ce qui constitue également une longue attente pour les auteurs. Le diptyque par album s’est donc révélé la meilleure solution.

Après le travail d’adaptation et de découpage, la récompense consistait-elle à finalement dessiner cet univers à mi-chemin entre le steampunk et la magie ?

Exactement ! D’autant plus que l’univers steampunk est méta-textuel par essence, je peux alors m’amuser à placer de multiples références dans les cases. L’arrière-plan devient un formidable terrain de jeu complémentaire. En cherchant bien, le lecteur trouvera des références à Adèle Blanc-sec, Doctor Who, James Bond,... je pense même que j’ai caché un schtroumpf quelque part.

Comment avez-vous travaillé le storyboard dans son ensemble ?

Je place toujours plus de cases sur les scènes d’action, pour insuffler une rapidité à la narration. Peut-être que le tome deux comprendra d’ailleurs un peu plus de pages que le premier. Car cette seconde partie comprend de magnifiques scènes de dialogues écrits par Pierre. Elles sont tellement savoureuses que cela va être difficile d’effectuer une coupe. J’en ai déjà parlé avec Pierre, on va œuvrer au mieux, et en attendant, le lecteur peut déjà profiter du premier tome.

Propos recueillis par Charles-Louis Detournay.

(par Charles-Louis Detournay)

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Code EAN : 9782490735327

Le Paris des merveilles, tome 1 : Les enchantements d’Ambremer - Par Etienne Willem, avec et adapté par Pierre Pevel - Drakoo / Bamboo

Dans le même univers, lire notre article concernant Les Artilleuses - Par Pevel et Willem – Editions Bamboo

Lire également une précédente interview du même auteur : Jack Manini & Etienne Willem : « "La Fille de l’exposition universelle » capte l’air de chaque époque, sur près d’un siècle. »

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