Japan Expo 2008 – 9ème Impact : Bilan et perspectives

10 juillet 2008 3 commentaires
  • Par un communiqué à l’A.F.P., Japan Expo annonce avoir atteint son objectif de 120.000 entrées, avec une reconnaissance médiatique de plus en plus grande. Un bilan grandement positif donc. Mais les premières critiques viennent y mettre un bémol… Enquête.
Japan Expo 2008 – 9ème Impact : Bilan et perspectives
Stéphane Ferrand, directeur éditorial de Glénat Manga
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Cette année, le 9ème impact de Japan Expo s’achevait sur des airs de triomphe. Le Japonais Shueisha, le premier éditeur de bande dessinée du monde, avait un stand. Les stars des mangas Kazuo Koike, Go Nagaï et Takeshi Obata lui faisaient cortège et tous les éditeurs de mangas de l’hexagone rivalisaient pour complaire au monarque de l’édition nipponne. Dorothée s’était déplacée sur le stand Kana, réconciliant petits et grands : « On commence à ressentir l’intérêt pour les mangas sur plusieurs générations, nous dit Stéphane Ferrand, directeur éditorial de Glénat Manga. La génération des trentenaires grossit. On a de plus en plus de parents qui viennent, cette fois-ci accompagné des petits. Le manga est devenu une culture transversale. » Comme pour illustrer ce propos, le salon s’était attaché cette année à développer clairement des nouveaux secteurs qui distinguaient et justifiaient la présence d’activités distinctes de l’objet principal de la manifestation : la culture japonaise. Ainsi, AziKult était dédiée aux autres cultures asiatiques, notamment la Corée et la Chine. Kultigame était consacré aux jeux : jeux vidéo, jeux de carte, jeux de société… et enfin Kultima aux imaginaires franco-belges et anglo-saxons.

À cela s’ajoutait un jour supplémentaire : le jeudi. Toutes les conditions donc étaient réunies pour faire un carton.

La rencontre improbable entre Goldorak et Jack Sparrow
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Un bilan extrêmement positif

Ça n’a pas manqué. Dimanche soir, les commerçants affichaient le sourire : « Au niveau des ventes, c’est un très bon cru raconte Stéphane Ferrand. Nos objectifs ont explosé. On a énormément de rayonnages vides que l’on a dû combler par des catalogues. On avait pourtant multiplié nos mises en avant et nos prises par rapport à l’année dernière.  »

Même écho chez Kana : « C’est un excellent cru, nous dit Jean-Marc Aubry : fréquentation en augmentation, chiffre d ‘affaire en augmentation, beaucoup d’intérêt, de nouveaux produits présentés dans l’univers du jeu. Je suis très content d’être venu et je reviendrai l’année prochaine. Évidemment, les signatures se sont très bien passées. Obata n’a pas arrêté de signer. On a dû faire un peu le service d’ordre pour éviter qu’il soit photographié mais, globalement, cela s’est bien passé. Le retour de Dorothée à Japan Expo a été aussi un évènement marquant. »

L’exposition "Le Manga, l’art des personnages", organisée par Kazuo Koïke
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Les petits éditeurs ne sont pas mécontents non plus : « C’est pour nous LE meilleur festival, meilleur que le Salon du Livre, meilleur qu’Angoulême, avec des gens cools, décontractés, qui économisent toute l’année pour venir dépenser leur argent ici, nous dit Patrick Abry de Xiao Pan. On a fait vraiment d’excellentes ventes. On progresse chaque année de 50% en plus, comme eux, finalement. »

« Bilan extrêmement positif » pour Ahmed Agne, le patron de Ki-Oon : « On est venus avec trois camions et nos trois camions repartent vides. Les gens sont super-contents. Nous, on est enfermés dans notre bureau toute l’année. Cela fait donc plaisir d’avoir un retour sur notre travail de la part des visiteurs. Les gens ont bien aimé nos affiches à la sortie du métro et dans le hall. Cela nous a coûté cher ! On a cru qu’on allait bouffer des pâtes pendant 8 ou 9 mois. Au final, on va vraiment gagner de l’argent ! »

Go Nagaï devant les caméras de Game One
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Même les éditeurs plutôt marqués franco-belges affichaient une mine ravie : « On a un public qui se renouvelle nous fait-on observer du côté de chez Soleil. Les auteurs, notamment Didier Crisse, ont été très contents. Ceux qui font du franco-belge préfèrent ce public plutôt que celui d’Angoulême : plus jeune, plus cool, plus sympathique, plus surprenant. Doté d’une certaine fraîcheur peut-on dire. »

Le scénariste Jean David Morvan, en escale entre Reims et Tôkyô, y trouvait lui aussi son compte : « Pour moi, c’est intéressant parce que je rencontre de plus en plus de monde. Au stand d’Ankama, il y a la queue comme pour un manège d’Eurodisney, c’est impressionnant. Il y a beaucoup d’auteurs japonais. J’ai pu boire un coup avec Go Nagaï, c’était cool !  »

Une certaine unanimité dans les louanges

Didier Crisse à Japan Expo
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Les vendeurs de produits dérivés se frottaient les mains : « C’est formidable !, nous dit Laurent Buob chez Leblon-Delienne. C’est la première année que nous sommes là et cela correspond tout à fait aux licences que nous avons rentrées : Dragon Ball, Lanfeust, etc. Honnêtement, notre premier objectif, c’était l’image. Et au-delà de cette image, on s’est aperçu que l’on pouvait rencontrer des vendeurs de licences ou encore des professionnels, qu’ils soient revendeurs ou journalistes. Je suis impressionné par la qualité de cet évènement qui est absolument unique en France. »

Le consommateur de base s’y retrouvait également : « Je viens de Poitiers, je loge chez ma sœur à Fontenay-sous-bois, nous dit un client de Japan Expo qui avait décidé de se faire « la totale ». J’ai payé 90 euros pour un des 300 tickets privilèges. L’avantage, c’est qu’on arrive sur la ligne V.I.P. où il n’y a pas trop de monde. Ils nous donnent un bracelet spécial qui nous permet d’entrer et de sortir comme on veut. On reçoit un énorme sac rempli de cadeaux de sponsors : un numéro d’Animeland, des DVD, des artworks à tirage limité, un peu de tout quoi. C’est mieux organisé que l’an dernier, sauf pour les coupe-files qui étaient un peu bordéliques. Comme privilégiés, on a normalement accès à la file des V.I.P. Là, ça n’a pas fonctionné. Mon budget était de 230 euros, y compris l’entrée. Mais pour en avoir discuté avec des copains, il faut prévoir plutôt 400 euros pour repartir content.  »

Ankama avait un stand de 1000 m² cette année
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

« Même constat que l’année dernière, nous dit Olivier Fallaix, rédacteur en chef d’Animeland, mais encore plus gros, encore plus grand, encore plus d’invités. Ce qui caractérise cette année-ci, c’est la venue de très gros invités. Il y a toujours eu des invités prestigieux mais Kazuo Koïke, Go Nagaï, Sadamoto ou Obata, en ce qui me concerne, c’étaient quatre gros poids lourds dans des domaines assez variés et sur des générations assez diverses qui représentent bien le marché du manga actuel avec des classiques, de la nostalgie, et les mangas à succès du moment. Les faits sont là : c’est énorme. Il n’y aucun évènement au niveau de l’animation et du manga qui puisse rivaliser avec Japan Expo en France. C’est devenu incontournable, qu’on le veuille ou non, qu’on aime ou qu’on déteste. »

Jean David Morvan et Anthony Roux alias Tot, le patron d’Ankama
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Tous contents ?

La médaille, cependant, a un revers : « Ça a été quand même un Japan Expo qui nous a coûté très cher, nous dit Stéphane Ferrand chez Glénat. Avec des prix qui ont explosé à certains niveaux et qui se sont démultipliés : mettre un logo sur un sac, mettre un flyer dans le sac, ou juste un cadeau pour le public, c’est payant… Tout ça mérite que l’on fasse un bilan plus détaillé des chiffres. Nous avons quand même eu la satisfaction d’avoir eu l’œil du public attiré sur deux de nos titres aux Japan Expo Awards avec le Prix du Shônen pour "One Piece" et le Prix du public pour "Eye Shield 21". »

Japan Expo 2008 : Pas facile de s’y retrouver...
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Quelques problèmes d’organisation semblent criants : « La signalétique cette année était vraiment difficile. nous dit Patrick Abry, de Xiao Pan, Quand on veut aller quelque part, il faut chercher. Il faudrait par exemple, mettre le numéro des allées pendu au plafond. Ce sont des points de détail mais qui facilitent le repérage. Le Festival est devenu tellement grand maintenant !  »

D’autres se font plus incisifs : « L’accueil des auteurs coréens a été déficient, nous dit-on du côté de chez Tokebi. On est toujours mis un petit peu à l’écart. C’est agaçant, voire vexant, pour nos auteurs. Dans la salle des V.I.P., les auteurs coréens n’ont pas de lieu où ils peuvent se reposer, alors que les Japonais en ont ! »

En outre, les vigiles du Palais des Expositions de Villepinte, nous dit-on, n’ont pas toujours été très courtois avec les exposants.

L’Anglais Alan Davis à Japan Expo
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

On pointe aussi le « côté mercantile » du festival : « L’organisation a vraiment fait défaut, nous dit Anthony Roux, le patron d’Ankama et papa de la série Dofus. Pour vous donner une idée : Ankama a le plus gros stand du Festival, 1000 m², plus que Nintendo, et notre nom ne figure pas sur le plan à l’entrée ! J’espère que les Japonais ont été mieux accueillis que nous parce qu’en ce qui nous concerne, on avait l’impression qu’ils en avaient rien à foutre de nous. C’est trop orienté « commerçant-vente » et ça manque d’évènements comme le catch, par exemple, ici relégué dans le plus petit hall. Ici, dans le plus grand, c’est de la vente pure. »

Certains remettent en cause la course au gigantisme, considérant que le festival ne tient plus ses promesses, notamment en termes culturels : « Ce qui me paraît évident, c’est que très peu de choses changent. C’est le principe de la bulle. Cela grossit mais à l’intérieur, le temps s’est arrêté. On propose une vision chimérique de l’objet de cette manifestation : le Japon, analyse le spécialiste de l’animation japonaise et des mangas Ilan Nguyên. Cela ressemble à de l’escroquerie intellectuelle. Il y a des tas de choses là-dedans qui n’ont rien à voir avec le Japon alors que leur ambassade est impliquée dans l’événement : les jeux de rôle, la bande dessinée américaine, les catcheurs, etc. C’est un Japon complètement fantasmé et éloigné de la réalité de ce pays. Les gens viennent chercher ici une évasion qui correspond à une chimère. À partir du moment où c’est assumé, il n’y a pas de problème. Mais je ne suis pas sûr que ce le soit vraiment. Le plus honnête serait de changer de nom : Anime Expo ou Cosplay Expo, que sais-je encore. Imaginez l’équivalent avec les États-Unis : un American Expo avec des représentations de super-héros géants, des rappeurs, un stand de chasseurs red-necks, un espace Coca-Cola… On se projette une image décalée de la réalité qui ne pose pas de problème s’ils assument leurs turpitudes. Mais donner à ce type de manifestation une reconnaissance avec la venue d’un ambassadeur, je pense que c’est l’exploitation à court terme d’un engouement sans la moindre volonté d’éduquer le public, de forger ses valeurs, ou tout simplement son goût. L’aspect culturel a toujours été pour ce salon le prétexte pour viser à un équilibre absolument impossible. On a l’impression que le Japon, c’est des jeux vidéo, des gugusses qui se déguisent, des catcheurs qui se tapent dessus et des gens en kimono qui dansent et qui se livrent à des activités plus ou moins ésotériques. Le Japon, ce n’est pas cela.  »

Japan Expo - Trop commercial ?
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Olivier Fallaix d’Animeland temporise : « À chaque fois, c’est de plus en plus grand. L’organisation se laisse toujours un peu dépasser ou ne prévoit pas assez pour s’adapter à cette chose qui grandit. Et quand ça grandit, les problèmes grandissent aussi. D’une année à l’autre, ils résolvent les problèmes de l’année d’avant et de nouveaux apparaissent qui peuvent donner l’impression d’un manque d’organisation.  »

La présence de Shueisha : opportunité ou menace ?

L’une des conversations favorites de ce festival est la présence très volontariste de Shueisha. L’éditeur de Dragon Ball, Naruto ou Death Note est-il venu à Japan Expo pour s’implanter directement lui-même en France, en faisant ce round d’observation ?

« C’est sûr qu’ils s’intéressent à la France depuis longtemps analyse Jean David Morvan. De mémoire, chez Kodansha, ils avaient sorti par eux-mêmes « Candy-Candy » en France en 1989 et ça s’était complètement planté. Peut-être que finalement, ils ne savent pas exactement comment ça se passe en France. Ils vont essayer d’appliquer leurs méthodes ici. Ca marchera ou pas. C’est leur décision. Le fait que Shueisha soit venu a obligé tous les éditeurs à venir, car là où Shueisha va, tout le monde doit venir. S’ils ont été bien accueillis, les Japonais reviendront. Est-ce que c’est une bonne nouvelle ? Ce n’est pas à moi de le dire.  »

Le stand de Shueisha sur Japan Expo à l’occasion des 40 ans de Shônen Jump
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

« Je pense que Shueisha essaie de s’adapter aux marchés extérieurs, nous dit Olivier Fallaix d’Animeland. Comme beaucoup d’éditeurs japonais, ils regardaient cela d’un œil un peu lointain en se demandant ce qu’il se passait. Puis, ils ont voulu développer l’international mais avec leurs méthodes japonaises, d’où certains couacs, des difficultés et des menaces parce qu’ils ne travaillent pas du tout comme nous. Pendant deux ans, nous n’avons parlé d’aucun ouvrage de Shueisha dans « Animeland » parce que nous avions des problèmes d’utilisation d’images, de droits. Après, il y a eu une volonté de se rapprocher et de discuter entre nous. Aujourd’hui, on arrive à travailler ensemble. Ils nous ont permis de rencontrer M. Obata lors de ce festival. Il y a encore du chemin à faire dans le domaine de la commercialisation, de la communication de leurs mangas à l’étranger. Ils ont toujours la volonté de vouloir tout contrôler, ce qui ne correspond pas à nos mentalités, notamment au niveau de la presse. Leur venue cette année à Japan Expo est une bonne nouvelle pour nous car il y a des hauts responsables qui viennent se rendre compte sur place de la situation sans passer par les rapports des gens qui les représentent. Je ne vois pas cela comme une menace. Cela aidera au contraire à mieux travailler avec eux dans l’avenir. »

Jeu vidéo à KultiGame.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Quel avenir pour le manga ?

Le fait est que le succès du Festival ne reflète pas la réalité du marché du manga en France aujourd’hui. Depuis deux ans, la production des nouveautés stagne. Il en faut plus pour désarçonner Olivier Fallaix : « Je ne pense pas que le manga soit menacé. La crise, on l’a connue ces deux dernières années avec la multiplication des titres. Il commence à y en avoir un peu trop, les chiffres commencent à se stabiliser du point de vue du nombre de sorties par moi. C’est normal. Quand il y a du succès, tout le monde veut s’y mettre jusqu’à ce qu’il y en ait un peu trop. On n’a pas atteint le niveau du marché de l’édition vidéo en 1995 où là, c’était allé trop loin, et cela avait coulé à peu près tout le monde. Ce marché avait mis plusieurs années à redécoller et à retrouver sa dynamique. Sur le manga, il y a eu quelques regroupements d’éditeurs et quelques labels qui sont peut-être en difficulté mais il y a toujours une centaine de nouvelles sorties par mois, avec une variété, une volonté pour chaque éditeur de découvrir la perle. Cela va peut-être encore un peu s’affaisser, mais ce ne sera pas une crise.  »

Inutile de dire que la manifestation de Villepinte a encore quelques belles saisons devant elle. Rendez-vous en novembre avec la deuxième édition de « Chibi Japan » (petit Japan), la version miniature de la manifestation qui a lieu chaque année juste avant les fêtes.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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3 Messages :
  • Japan Expo 2008 – 9ème Impact : Bilan et perspectives
    10 juillet 2008 02:44, par Fred Boot

    Je rejoins complêtement les propos d’Ilan Nguyên concernant le retour d’un Japon fantasmé, un Japon fait de bric à brac composite d’entertainment orienté ados et geeks de toute sorte. Certes, "fantasmé" n’est pas le mot exact puisque cette image montre une certaine réalité du Japon : une réalité qui s’attache aux consommateurs de moins de 20 ans, cible privilégiée du marketing.

    Japan Expo a toujours eu en son sein une volonté purement marchande, mais le public semble s’y retrouver : l’apanage de cet évênement exceptionnel n’est pas tant culturel que de contenter la soif de consommation.

    D’un autre côté, vous imaginez le désastre si concernant le Japon on se mettait à parler d’architecture contemporaine, du vieillissement de la population, des relations chino-japonaises récentes, de la nouvelle vague cinématographique, ou si les cosplays s’orientaient vers les femmes de Yakuzas plutôt que des personnages metrosexués de jeux video...

    Quoique... Je vote pour !

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    • Répondu le 11 juillet 2008 à  15:16 :

      En même temps, le salon se nomme Kultiverse, et regroupe les festivals Japan Expo, Kultima, Kultigame et Azikult. Normal qu’il n’y ait pas que des choses du Japon, non ? A moins que l’invasion des choses non-japonaises ne plaise pas, ce qui est fort dommage culturellement parlant.
      Quand les Manga sont arrivés en France, il s’est passé la même chose. Bravo à vous pour cette formidable leçon d’ouverture.

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      • Répondu le 20 juillet 2008 à  10:55 :

        Pour la première fois, il y avait de la musique traditionnelle, avec du koto. L’espace culturelle était plus grand que l’an passé, pour moi, il manquait juste la kermesse, et l’espace Arts Martiaux était gigantesque.
        Quant aux auteurs de comics et autres, cette année, il y avait 4 salons en 1, nous annoncaient les publicites de Japan Expo donc c’est normal qu’il n’y ait pas que des japonais.

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