Jean-Luc Istin : « Elfes, la nouvelle série-concept de soleil devait s’appuyer sur un thème fort, résonnant comme une évidence ! »

19 avril 2013 0 commentaire
  • Éditeur et co-architecte d'{Elfes}, la nouvelle série-concept en parution chez Soleil, Jean-Luc Istin nous explique la recette d'un nouveau genre dont le succès ne se dément pas depuis une dizaine d'années.

Vos lecteurs connaissaient les Elfes sylvains et les Elfes noirs. Comment vous est venue l’idée de mettre les Elfes en avant, et surtout de nouvelles catégories d’elfes méconnus pour développer une série multi-auteurs ?

Pour initier une série-concept chez soleil, on se devait de s’appuyer sur un thème fort qui résonne comme une évidence. Le registre, déterminé de concert avec Nicolas Jarry, étant celui de la Fantasy, très vite, le choix des Elfes s’est imposé. Ensuite, l’idée de développer d’autres catégories, moins reconnues, est une proposition de Nicolas, bien plus au fait que moi dans cette thématique. L’association des codes couleurs à chaque clan elfique m’a tout de suite amusé !

Votre collaboration avec Nicolas Jarry se construit dans le temps. Cette série-concept, était-ce une envie commune ?

Avant même que nous évoquions les Elfes ensemble, je développais déjà une série concept de science-fiction basée sur l’intelligence artificielle en quatre tomes. Cette série n’est pas encore sortie car très vite, la priorité éditoriale est passée à Elfes. Pour cette dernière, c’est effectivement Nicolas Jarry qui fut le plus motivé de nous deux. Du moins, au démarrage, car sans son enthousiasme, je pense sincèrement que je n’aurai pas poursuivi le projet aussi rapidement.

Jean-Luc Istin : « Elfes, la nouvelle série-concept de soleil devait s'appuyer sur un thème fort, résonnant comme une évidence ! »

La concordance entre les tomes se distingue d’autres séries-concepts : Chaque opus se présente donc comme un one-shot, autour d’un monde commun. Quels sont les objectifs ? Que le lecteur puisse lire les tomes qui l’intéressent, comme dans la Geste des Chevaliers-dragons ?

Oui, nous désirions que les lecteurs lisent ces tomes comme ils le désirent, cela me paraissait très important. Ce système est avantageux pour plusieurs raisons. Chaque auteur est libre de bichonner son one-shot et chaque lecteur est libre de se procurer l’album qui le séduit le plus. Ceci étant, bien entendu, les cinq albums ensembles possèdent plus de sens qu’un seul. C’est ainsi qu’on découvre le mieux cet univers.

Le tome 5 est consacré aux Elfes noirs
Réalisé par Marc Hadrien & Ma yi

Quel cahier des charges avez-vous donné aux trois autres scénaristes ? Un chemin de fer avec des éléments à placer obligatoirement ?

Le cahier des charges donné à Corbeyran, Olivier Péru et Marc Hadrien étaient plutôt succint. Il ne fallait pas étouffer la capacité créatrice des auteurs qui sont, je le rappelle, des spécialiste de ce genre.
Mais surtout, tout le monde fut en connexion directe par email et Ftp pour partager son travail de façon à ce qu’on soit tous conscients de ce qui se développe en parallèle. À partir de là, on peut s’amuser, comme je l’ai fait, à ajouter des elfes noirs dans l’album dédié aux elfes bleus par exemple.

Ensuite, graphiquement, l’idée était d’offrir un minimum de cohérence pour que les lecteurs s’y retrouvent. J’ai donc choisi des dessinateurs (Bordier, Ma Yi, Duarte, Maconi & Bileau) qui travaillent avec une couleur très présente, à la limite parfois, de la couleur directe.

Les couvertures se révèlent souvent importantes dans l’élaboration d’une série-concept. Quelle a été votre méthode ?

Dès le départ, j’ai souhaité obtenir des couvertures de type jeu de rôle. Parce que finalement, on est à deux doigts d’un jeu de rôle avec cette série. J’ai donc demandé à chaque artiste de me confier son personnage principal en pied. Puis, j’ai demandé à des coloristes d’en faire des illustrations en couleur directe. Gaelle Merlini, notre maquettiste, a ensuite travaillé à partir du Book of Kells pour créer l’ornement de chaque couverture, et nous avons ajouté un extrait de la BD derrière chaque personnage. Lorsque vous regardez le travail terminé, il est indéniable que les maquettes et illustrations de Merlin Artbook paru dans la collection Soleil Celtic ont influencé nos couvertures.

JS Rossbach et Alexis Briclot furent les précurseurs dans cette matière et je profite de cette interview pour rappeler à tous à quel point des illustrateurs de talent sont souvent pionniers en terme d’avancée artistique. On se souvient de Frazetta qui influença tout une génération de dessinateurs. Eh bien, Rossbach et Briclot sont de cette veine-là !

En lisant les deux premiers tomes, peu d’éléments se croisent entre les deux récits, si ce n’est les éléments géopolitiques. Allez-vous approfondir les cross-over avec une montée en puissance, ou préserver la singularité de chaque tome afin de ne pas perdre le lecteur ?

Sur les cinq tomes, l’identité de chaque album prévaut. En revanche, si Soleil souhaite une seconde saison (ce que j’espère, bien entendu), qui sait si nous ne fonctionnerons pas autrement ? C’est d’ailleurs dans cette idée que nous travaillons car le tome 5 s’ouvre sur cette possible suite.

L’univers très bien construit de la série

Plus spécifiquement, concernant ce premier tome consacré aux Elfes bleus que vous avez scénarisé, on peut apprécier l’installation de l’univers et les rebondissements distillés au sein des planches. Il fallait réussir ce premier one-shot ?

C’est Didier Crisse, qui m’a dit : « Une série, tu la mènes de front mais un one-shot, c’est comme un bijou que tu polis, que tu bichonnes... ». C’est ce que j’ai ressenti en travaillant Elfes. Pour être clair, j’ai pris beaucoup de plaisir à faire cet album et ce, pour plusieurs raisons. Déjà, c’est très rafraîchissant de construire autre chose qu’une longue série. Mais plus encore, mon coauteur Kyko Duarte est tellement professionnel et enthousiaste que j’étais comme dans un nid douillet lors de la production de ce titre.

le tome 4 : L’Elu des Semi-Elfes, par Corbeyran & JP Bordier

Justement, concernant le dessinateur de ce premier Elfes, vous avez choisi Kyko Duarte en découvrant son travail dans les Chroniques de la guerre des Fées ?

Absolument ! A la fin du diptyque sur la guerre des elfes, il me fallait un dessinateur de sa trempe, soit sur Merlin le prophète tome 3, soit sur Elfes. Ce fut Elfes

(par Charles-Louis Detournay)

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