Conan le Cimmérien T.9 : Les Mangeurs d’hommes de Zamboula - Par Gess, d’après l’œuvre de Robert E. Howard - Glénat

27 mars 2020 1 commentaire
  • Une nouvelle adaptation en BD des récits de "Conan le Cimmérien", cette fois-ci mise en scène par Gess ("Carmen Mc Callum", "Les Contes de la Pieuvre"). Ce récit est marqué par les clichés et stéréotypes de son temps...
Conan le Cimmérien T.9 : Les Mangeurs d'hommes de Zamboula - Par Gess, d'après l'œuvre de Robert E. Howard - Glénat
Conan le Cimmérien T. 9 : Les Mangeurs d’hommes de Zamboula version NB
Gess, d’après l’œuvre de Robert E. Howard © Glénat

Zamboula, mythique cité marchande du Désert oriental. Jadis simple oasis peuplé par des tribus nomades, Zamboula devint une riche et importante ville sous l’influence des Stygiens. Elle fut par la suite conquise par les envahisseurs de Turan, qui en firent l’avant-poste occidental de leur empire.

Aujourd’hui, Zamboula est une babel d’un millier de langues et de croyances, dirigée par le satrape [1] Jungir Khan, qui serait lui-même sous l’influence de sa maîtresse Nafertari.

C’est dans cette cité multi-ethnique que Conan a décidé de faire escale quelques jours. Il loge dans l’auberge d’Aram Baksh sans se douter du danger que représente son hôte... On raconte qu’Aram Baksh serait en réalité un démon ayant l’apparence humaine le jour pour duper les voyageurs qui s’arrêtent chez lui. Car la nuit, il recouvrirait sa forme réelle pour enlever les malheureux et les dévorer avec ses congénères dans le désert, à l’abri des regards. Averti à temps du piège dans lequel il s’est encore fourré, le Barbare se prépare donc en conséquence... Sa nuit promet d’être mouvementée !

Des Noirs tantôt cannibales sauvages tantôt serviteurs, une jeune femme gambadant entièrement nue durant -presque- tout l’album et sans raisons apparentes... Oui, ces clichés et stéréotypes sortis d’un autre temps, qui parsèment cette nouvelle aventure de Conan le Cimmérien nous ont fait tiquer ! Et pour cause, cette nouvelle était une œuvre de commande.

En 1935, Robert E. Howard se trouve dans une situation paradoxale. Après une interruption, l’auteur de Conan a repris l’écriture de ses nouvelles depuis 1933, marquant ainsi l’avènement d’une période faste. Il enchaînait les récits ambitieux dont le point culminant fut Au-delà de la rivière noire. Bien que ce récit représentait un tour de force scénaristique, son éditeur Weird Tales ne lui fit pas l’honneur de figurer sur la couverture du journal car cette nouvelle ne proposait pas de jeune femme dénudée pouvant servir à illustrer sa revue.

Cette décision fut vécue comme un revers par Howard. Afin d’inverser la tendance, il rédigea Les Mangeurs d’hommes de Zamboula, un récit qui exploite à dessein des clichés négrophobes et l’érotisme, afin de permettre notamment à son éditeur de siphonner l’audience de ses concurrents spicies (pulps érotiques) et shudder pulps (récits horrifiques et fantastiques), des styles de revues qui étaient ouvertes à toutes les outrances.

Malgré la piètre qualité scénaristique de cette nouvelle, Gess réussit néanmoins à nous proposer un album divertissant marqué par son trait qui magnifie la puissance physique du Cimmérien et de ses adversaires, et par le dynamisme de sa mise en scène.

Conan le Cimmérien T. 9 : Les Mangeurs d’hommes de Zamboula
Gess, d’après l’œuvre de Robert E. Howard © Glénat

Voir en ligne : Découvrez la série "Conan le Cimmérien" sur le site des éditions Glénat

(par Christian MISSIA DIO)

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Conan le Cimmérien T. 9 : Les Mangeurs d’hommes de Zamboula - Par Gess, d’après l’œuvre de Robert E. Howard - Glénat - collection Grafica. Album paru le 11 mars 2020. 64 pages, 14,95 euros.

Conan le Cimmérien T. 9 : Les Mangeurs d’hommes de Zamboula version NB - Par Gess, d’après l’œuvre de Robert E. Howard - Glénat - collection Grafica. Album paru le 18 mars 2020. 48 pages, 29,50 euros.

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[1Un satrape (du grec σατράπης / satrápês, lui-même adapté de l’iranien xšaθrapā, du vieux perse xšaθrapāvan, signifiant « protecteur du pouvoir [royaume] ») est le gouverneur d’une satrapie, c’est-à-dire une division administrative de l’empire achéménide (Perse), du Royaume de Macédoine et de l’empire séleucide. Il est le représentant direct du roi dans une province, où il exerce toutes les prérogatives royales (source : Wikipedia)

 
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1 Message :
  • J’ai pu me procurer cet album juste avant le confinement généralisé.
    J’ai beaucoup aimé ce titre. Un des meilleurs de la série.

    Certes, le scénario d’origine est maigrichon mais pas vilain pour autant et l’auteur s’en tire haut la main grâce à la technique des nombreux changements de plan. Les atmosphères de nuit récurrentes dans les nouvelles de Robert E.Howard sont ici bien rendues.
    Un dessin détaillé, un Conan convaincant, des décors issus du plus pur imaginaire fantastique, une mise en couleur violette pour la longue scène de nuit en contraste avec le début et la fin de l’histoire lumineuse, tout cela vous immerge dans ce monde howardien qui fait halte ici dans la cité de Zamboula .

    Une BD qui se regarde plus qu’elle ne se lit et où le plaisir réside donc dans la contemplation des planches, au style particulier de Gess.
    L’ envoûtement aurait été total et complet si les canons de beauté du personnage féminin avaient été plus en phase avec mes critères personnels. C’est un détail très subjectif et qui n’a opposé que peu d’ obstacle à ma grande satisfaction générale.
    Une très belle réussite donc. Bravo l’artiste !

    A noter à la fin de l’album et comme toujours, un sympathique dossier bonus sur l’ écrivain texan ainsi que quelques hommages de divers artistes.

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