Léonard T. 51 : Génie du crime – Par Zidrou et Turk – Le Lombard

22 mai 2020 1 commentaire
  • Après 51 titres et 4 hors-séries, la série « Léonard est une génie » créée par Bob De Groot et Turk est-elle usée jusqu’à la corde ? Non pas, car le dessin de Turk reste dynamique, inventif et impeccable ; et parce que son scénariste Zidrou s’amuse, cela se voit, et les lecteurs avec lui.

Vous le savez : quand on ajoute un cinquante et unième titre à une collection, l’appréhension est la répétition, prélude à un inévitable ennui, d’autant qu’il est difficile en termes de création d’être de qualité constante. Le macaron « Nouvel album » apposé sur l’ouvrage vient rappeler le danger de la routine.

Eh bien, cela n’a pas l’air d’être le cas pour Zidrou qui a repris la baguette de scénariste de la série Léonard en 2016, au numéro 47, à la suite de Bob De Groot. Avec davantage de second degré, un esprit d’escalier plus référentiel et des jeux de mots improbables qui n’étaient pas l’apanage de son prédécesseur, mais que l’on trouvait jadis chez le meilleur Tillieux.

Personnellement j’adore et je m’étonne chaque jour de la créativité d’un scénariste capable de passer apparemment sans difficulté de L’Élève Ducobu et des reprises de classiques comme Ric Hochet, à des séries au ton moderne comme Shi et des romans graphiques impressionnants comme Les Brûlures. Pas étonnant qu’il ait été distingué par le prestigieux Prix Jacques Lob du scénario au dernier Festival BD Boum de Blois.

Léonard T. 51 : Génie du crime – Par Zidrou et Turk – Le Lombard

Dans cet album de Léonard, on retrouve le duo comique du savant et de son disciple. Le rythme est percutant, l’invention verbale permanente et l’on pense quelquefois à la verve du meilleur Greg d’Achille talon. S’ajoute, comme toujours chez Zidrou, ce second degré permanent comme notamment quand il ironise sur la difficulté de se renouveler lorsque son disciple rappelle a l’oublieux Génie qu’il a déjà inventé un tas de choses qu’il n’est pas nécessaire de réinventer, et ceci dans des albums publiés à une époque où « la plupart de nos lecteurs n’étaient pas nés. »

« – Il faudra d’ailleurs que je songe à inventer les selfies de manière à ce que mes fans puissent me photographier en ma géniale compagnie. »

Les bilieux contempteurs de la BD classique pourront trouver cela ordinaire. Pour ma part, j’y vois juste le signe d’une belle modernité, compréhensible et respectueuse de tous les âges. Le fléau de notre époque est de voir nos spécialistes considérer qu’il est supérieur, et infiniment plus snob, de se pencher sur des productions confidentielles connues d’un petit cercle (volontairement) confiné pour en pas dire angoumoisin, que sur les œuvres populaires lues sans arrière-pensée.

Aussi suis-je agréablement surpris qu’après 2 500 pages accumulées avec les mêmes personnages, on puisse lire cette nouveauté sans ennui. Zidrou et Turk tiennent bien en mains leur génie.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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1 Message :
  • Zidrou est vraiment un scénariste important aux multiples talents et effectivement, il est le digne héritier de l’humour de De Groot, Greg et Tillieux, ce qui n’est pas rien.
    Je n’ai pas lu ce dernier album mais jusqu’ici Turk conserve un dessin de qualité sur Léonard, ce qui ne me semble plus être le cas pour Clifton par exemple mais il faut reconnaître qu’il a arrêté cette dernière série pendant longtemps et que les décors sont beaucoup plus complexes que ceux de Léonard

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