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Philippe Francq et Éric Giacometti envoient largo Winch dans l’espace

  • Hier soir a été lancé à Paris le 12e diptyque de "Largo Winch" avec le 23e titre de la série : "La Frontière de la nuit". Nous y étions. La chose se passait au Planétarium de la Cité des Sciences à Paris, comme pour marquer le revirement technologique et économique du Groupe Winch. Cette fois, Largo Winch s’envoie en l’air -en tout bien, tout honneur !- et opère une modernisation à marche forcée de son groupe : plus humaniste, plus solidaire, plus responsable… Ce qui n’empêche pas l’aventure de pointer son museau au détour des pages…
Philippe Francq et Éric Giacometti envoient largo Winch dans l'espace
Largo Winch au Planétarium de la Cité des Sciences à Paris, hier soir.

C’était une de ces soirées très parisiennes que l’on fait aux grandes occasions. On y invite les représentants de l’éditeur, des libraires importants et tout le staff des éditions Dupuis pour marquer un des moments forts de l’année. Tirée à plus de 300 000 exemplaires, cette sortie est un enjeu majeur pour la maison carolorégienne, une publication quelque peu menacée par la pénurie de papier causée par le contexte mondial (le redémarrage de l’économie, en particulier en Chine, qui met la pression sur les fournitures d’emballage et sur le papier-carton) et le contexte particulier de la sortie d’un Astérix qui « assèche » les fournitures de papier. Heureusement, Largo est imprimé depuis le mois d’août, précisément pour éviter cette rupture de stock.

Quels changements depuis que Largo a été repris en main par Philippe Francq et Éric Giacometti à la suite de l’arrêt de Jean Van Hamme au scénario ! L’enjeu est de le faire entrer dans le XXIe siècle. En effet, le Groupe Winch était plutôt conservateur en termes de business : pas d’investissement dans les activités émergentes, ignorance totale des nouveaux médias et des nouvelles technologies.

© E. Giacometti et P. Francq / Dupuis

Déjà dans le précédent diptyque, la révolution était en marche : le Groupe Winch avait décidé d’être plus éthique (il paie désormais des impôts aux USA, mais on ne nous dit pas si c’est dans le Delaware...), plus éco-responsable et moins « masculiniste », plus présent dans les technologies de pointe, alors que le Largo de Van Hamme était un peu « old school ».

© E. Giacometti et P. Francq / Dupuis

On aborde notamment le business des satellites et un métier inédit : le nettoyage des déchets en orbite. Largo va faire la rencontre de Jarod et Demetria Manskind, de jeunes startupeurs géniaux et donc un peu décoiffants pour le brushing impeccable de notre beau Largo. Le dragueur Simon y est de plus en plus ridicule, humilié par une activiste #MeToo et, si l’on couche quand même pas mal dans cet épisode, Largo fait preuve de bout en bout d’une tempérance de séminariste.

Alors quel est le thème de cette nouvelle aventure ? Quasiment visionnaire. Conçue il y a quatre ans, cette histoire envisage, à l’instar d’Elon Musk, de Jeff Bezos et de Richard Branson, d’envoyer son sympathique milliardaire conquérir l’espace ! Oh, pas trop loin : à une centaine de kilomètres du sol, dans l’atmosphère, à la « frontière de la nuit ».

Prise de conscience sociale et écologique

Dès les premières pages du livre, Largo, alerté par un de ses amis journalistes, fait l’audit d’une de ses filiales en Indonésie et en vire sans ménagement le patron parce qu’il employait des enfants dans sa mine d’étain. Un métal au passage qui fait partie des "métaux rares", composants essentiels pour nos smartphones.

© E. Giacometti et P. Francq / Dupuis

Largo ne tarde pas à faire la rencontre de Jarod et Demetria, jeunes milliardaires des nouvelles technologies, devenus aussi riches que lui en seulement quelques années, et qui vont envoyer Largo en orbite. Mais, sans quoi il n’y aurait pas d’aventure, dans l’ombre, de mystérieux ennemis vont jouer leur carte, et tenter de faire de ce périple un voyage sans retour. On sait depuis Alien que dans l’espace, on ne vous entend pas crier.

C’est toujours dessiné de façon spectaculaire par Philippe Francq, et c’est un grand et excellent album de Largo qui, décidément, n’arrête pas de nous passionner.

Art Strips

Évidemment, une telle nouveauté entraîne une cohorte d’initiatives annexes et notamment une exposition à la Galerie Huberty-Breyne à Bruxelles (du 9 au 23 novembre 2021) autour d’une production singulière : les Art Strips.

Il s’agit d’images choisies et parfois retouchées de scènes iconiques des aventures de Largo Winch produites à tirage limité. Les Largo Winch Art Strips sont édités avec un certificat d’authenticité signé par Philippe Francq. Il s’agit d’une impression sur aluminium-dibond magnifiquement réalisée, à 30 exemplaires seulement, leur prix est assez élevé (entre 1100 et 4400 € selon les options et les formats), mais les Strip Box comportant la suite complète de ces images sur des tirages papiers se limitent, selon les options, entre 250 et 350 €. Pour les amateurs, le lien pour acheter les Art Strips est ICI.

Par ailleurs, rappelons que la grande exposition Largo Winch, Aventurier de l’économie, est toujours en cours chez Citéco à Paris jusque fin décembre. Tous les renseignements sont SUR CE LIEN. Hier soir, M. Philippe Gineste, le Directeur de Citéco nous a susurré à l’oreille que l’entrée serait gratuite du 1er au 3 décembre 2021. Chut !

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Largo Winch T. 23 : La Frontière de La Nuit – Par Éric Giacometti (scénario) et Philippe Francq (dessin) – Dupuis - Sortie le 05/11/2021 - 23 x 31 cm - 48 pages couleur - 14,95€

© Dupuis

 
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