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The Nice House on the Lake : Genèse d’une apocalypse [INTERVIEW]

Par Sacha PUAUX le 13 février 2023                      Lien  
La fin du monde est là : pendant que certains s’amusent au bord du lac, le monde, lui, est au bord du gouffre… Rencontre avec James Tynion IV et Alvaro Martinez autour de leur dernier album, "The Nice House on the Lake" !

2023 commence sur les chapeaux de roue pour Urban Comics ! L’éditeur avait décidé de consacrer le premier mois de l’année (et l’un des plus importants dans le monde de la BD à cause d’un certain festival angoumoisin) au scénariste James Tynion IV. Auteur de plusieurs séries à succès aussi bien chez les super-héros (Batman Joker War) que du côté indie de la sphère comics (Something is killing the children, the Department of truth), sa mise à l’honneur s’est achevée en apothéose le 5 février dernier avec la parution du premier volume de son nouveau récit phare : The Nice House on the Lake.

Première moitié d’un diptyque déjà sacré par un Eisner Award outre-Atlantique, The Nice House on the Lake est un récit haletant à la croisée des genres. 10 individus se retrouvent conviés par un ami commun dans un luxueux manoir au bord d’un lac pour une semaine de détente. Mais les bagages sont à peine posés que la situation tourne au cauchemar. Des nouvelles de la fin du monde arrivent des quatre coins du globe, un cataclysme qui semble avoir décidé d’épargner nos vacanciers… Pourquoi ? Comment Walter, leur excentrique hôte, est-il si bien informé de ce qui se passe dans le monde ? Et surtout, quelle est cette force mystérieuse qui les garde prisonniers de la demeure paradisiaque ?

Beaucoup de mystère qu’éclairciront James Tynion et Alvaro Martinez (Batman Eternal, Justice League Dark), au fur et à mesure des pages de l’album. Nous les avons rencontrés au Festival d’Angoulême afin de découvrir leurs parcours et en apprendre plus sur la genèse de leur nouvelle apocalypse…

The Nice House on the Lake : Genèse d'une apocalypse [INTERVIEW]
Alvaro Martinez (gauche) et James Tynion IV (droite) posant fièrement avec leur dernière création

Bonjour, M. Tynion, bonjour M. Alvarez. Merci de nous recevoir ! Au moment où nos lecteurs liront cette interview, The Nice House on the Lake viendra tout juste de paraître. Nous aimerions en savoir plus sur ce projet. Ce n’est pas la première fois que vous collaborez ensemble, n’est-ce pas ?

Alvaro Martinez : ça fait déjà plusieurs années !

James Tynion IV : Nous avions déjà travaillé ensemble sur la série Batman Eternal, Batman et Robin Eternal, ainsi qu’un run de Detective Comics ! Et puis à partir de là, nous avons commencé Justice League Dark (JLD) ensemble, et c’est pendant que nous travaillions dessus que le projet de Nice House a commencé à naître…

On retrouve l’ambiance un peu fantastique et horrifique de Justice League Dark dans Nice House on the Lake, non ? Vous mentionnez dans l’introduction de Nightmare Country que Sandman était le livre qui vous avait motivé à faire carrière comme écrivain de comics.
On retrouve beaucoup de Sandman dans JLD, notamment chez l’antagoniste, L’Homme à l’envers. D’où vient le concept de ce personnage ?

J.T. : J’ai eu l’idée initiale de cette figure monstrueuse qui rentrerait dans les pièces en marchant sur le plafond, avec sa tête à l’envers qui vous regarde directement… Mais il y a eu beaucoup d’allers-retours entre Alvaro et moi sur la conception de cette série en particulier. Nous avons passé beaucoup de temps sur les designs, les concepts, pas seulement les personnages principaux, mais aussi tous les antagonistes de la série… On voulait qu’ils affectent l’histoire et la lecture. Tout le récit se repose sur l’histoire de l’horreur dans l’univers DC, et c’est pour cela que le casting que nous avons choisi vient des quatre coins de la magie DC. Man-Bat par exemple, représente plus le côté « science-fiction » de l’horreur, c’est le savant fou ! On voulait mettre à l’honneur ces horreurs et les confronter à un genre d’horreur beaucoup plus moderne, quelque chose plus inspiré du manga japonais comme on peut le voir chez Junji Ito… Il y a beaucoup d’influence, mais basiquement c’est l’horreur « classique » versus l’horreur « contemporaine ».

Mélanger les genres d’horreur, c’est aussi ce que vous avez fait avec The Nice House on the Lake ! C’est une histoire assez étrange, qui va mêler des influences post-apo avec de la SF, il y a un côté thriller aussi… Le coup du manoir gigantesque rempli de mystère, ça donne un goût de whodunnit au tout.
C’est une histoire très riche, pour vous, quel est le propos de The Nice House ?

J.Y. : C’est une bonne question. Je pense que l’idée centrale avec laquelle je voulais jouer, au tout début de la conception, c’est la tension qui existe entre le fait de vivre dans un monde qui s’écroule et de continuer à vivre son quotidien malgré tout. Le monde autour de nous tremble, chaque jour nous avons des nouvelles d’une tuerie de masse, ou je ne sais quel truc horrible à l’autre bout du pays ou du monde, et pourtant on continue à vivre notre petite vie. C’est la tension entre le genre de chamboulement que l’on vit et le choix du confort de notre existence, et surtout le charme pernicieux que ce confort prend quand l’on est confronté aux catastrophes. Lorsque cette histoire a commencé à paraître, beaucoup de gens pensaient que la pandémie avait servi de matrice à ce récit, mais en fait pas du tout ! On a commencé à travailler sur ce projet deux ans auparavant. Mais l’on s’est beaucoup appuyé dessus quand même, car d’un coup, rester prisonnier d’une maison avec plein de gens pendant que la fin du monde arrive est devenu plus facile à se représenter ahah. C’était le moment de sortir le récit et je n’avais pas vu beaucoup de récits d’horreur se plonger dans cette tension.

Et vous, comment réagiriez vous à la fin du monde ?
©Alvaro Martinez Bueno / Urban Comics

Dans cette histoire, vous nous présentez tout un groupe de personnages, chacun avec sa petite caractéristique… Dans le livre, vous nous les introduisez par un surnom et à l’aide d’un petit symbole au design très intelligent.
N’a-t-il pas été un peu difficile d’écrire et d’introduire aussi rapidement autant de personnages sans en faire des clichés ?

J.Y. : Je vais commencer et Alvaro continuera. Les personnages de l’album sont principalement basés sur beaucoup d’amis proches et moi. « L’antagoniste » de la série, Walter, est inspiré de moi, et c’est la même chose pour le reste du casting. Certains personnages sont l’amalgame de plusieurs amis. J’ai mis beaucoup de ma vie dans ce livre, c’est pour ça que les personnages sont aussi… vibrants, vivants, dans le sens où je sais comment sonne ce groupe quand ils sont ensemble dans une pièce, je sais qui est en colère contre qui, qui va se séparer du groupe et avoir une autre conversation avec qui. Disons que ça a créé un chouette raccourci d’écriture, mais il a fallu aller plus loin pendant le développement, je ne voulais pas juste être en train de faire une fanfiction de moi et mes amis ahah. On a passé à peu près trois mois sur les designs avant que commence le réel processus de création du comics. J’écrivais des paragraphes descriptifs sur les personnages, leurs personnalités, leurs histoires, comment ils interagissent entre eux, et les éléments visuels clefs, mais sans jamais montrer de vraies photos de mes amis…

A.M. :… Et c’est là que ça devient amusant. Certains personnages sont sacrément proches de leur équivalent dans la vraie vie ! C’est presque effrayant, ahah. Ça a été un sacré challenge pour moi. Quand on travaille sur des super-héros, il y a peu de connexion à la réalité, il est facile de rendre les personnages reconnaissables, car ils ont des accessoires, des capes ou des casques… Mais ces gens-là, ils s’habillent normalement, comme vous et moi. Ils viennent de milieux sociaux proches, ce n’est pas comme s’il y avait un redneck et un inuit côte à côte !

Ryan, dernière arrivée sur le lieu
©Alvaro Martinez Bueno / Urban Comics

Ils se ressemblent un peu ; d’ailleurs si je pouvais revenir en arrière, je pense que j’aimerais rendre les personnages plus distinguables ; parmi les retours qu’on a eus, certains reprochaient de se perdre entre les personnages.

J.Y. : C’est sûr, mais je pense que c’est quelque chose que j’aime dans l’ouvrage. C’est comme une tragédie contemporaine avec un vaste casting de personnages éclectiques, et je trouve qu’ils ont des atouts pour qu’on les identifie. Ryan, par exemple, ressort beaucoup. Et Walter évidemment, et pas seulement quand il est en mode « tornade de chair » ! Dans les premiers concepts, je crois que j’étais déjà parti pour les lunettes opaques ambiance anime japonais, pour qu’on ne sache jamais vraiment ce qu’il pense.

On est peut-être un peu perdu au début, mais cela aide le lecteur à rentrer dans la peau du personnage principal, Ryan. Elle est l’outsider, la seule à ne connaître personne et c’est pareil pour nous ! Au début de chaque chapitre, il y a un petit monologue d’un personnage. Cela aide ! Ça donne le sentiment que le lecteur fait partie intégrante de l’équipe, qu’on est dans ce manoir et qu’on apprend à connaitre ses habitants. Mais c’est sûr qu’il ne faut pas être allergique aux débuts troublants…

J.T. : J’aime l’idée que le livre soit un peu exigeant. Le livre a été bien reçu, le meilleur démarrage de ma carrière ! On a des lecteurs tout autour du monde, et on leur présente cette situation initiale sans rien expliquer, et à partir de là c’est surtout de la conversation humaine, et les réactions à ce qui se passe. Ça nous fait nous demander comment NOUS, on réagirait dans leur situation, et nos propres groupes d’amis… Il y a une chose que j’ai remarquée ces dernières années, surtout depuis que j’ai bifurqué des super-héros, c’est qu’il y a un réel appétit chez le public comics pour ce genre de fiction plus exigeante et qui représente le réel. Et cela fait un moment qu’on s’est éloigné de cela…

Le mode "tornade de chair" de Walter, qui ne semble pas apprécié les coups de matraque de ses amis
©Alvaro Martinez Bueno / Urban Comics

Dans vos carrières respectives, le genre super-héroïque occupe une grande place, mais vous avez beaucoup évolué. Vous Alvaro, votre découpage, les encrages et les textures que vous développez sont vraiment saisissants ! Ça donne un résultat complètement différent de ce qu’on pouvait voir dans vos autres travaux, c’est presque comme découvrir un nouvel artiste !
Ce livre représente une étape dans votre carrière ? Est-ce que vous expérimentiez ou était-ce quelque chose que vous vouliez essayer depuis longtemps ?

A.M. : Quand James m’a parlé du projet, je lui ai tout de suite dit que je voulais essayer une approche différente. Je voulais faire mon propre encrage, ce que je ne faisais pas d’habitude. Et j’ai décidé de passer complètement au dessin digital. Avant ça que je travaillais avec les méthodes traditionnelles et j’ai dû tout réapprendre. James était partant, nos éditeurs aussi, donc j’ai commencé à dessiner pour trouver la bonne approche… mais j’ai paniqué ! J’ai vraiment eu une crise d’angoisse, car je n’arrivais pas au résultat que je voulais. Travailler avec du digital c’est vraiment différent ! Il y a tout un panel d’outils et je me suis perdu dans les processus initiaux. Ça m’a pris des jours pour faire quelques cases, je les ai envoyées à l’équipe en leur disant « Écoutez, je n’ai absolument aucune idée de ce que je suis en train de faire, mais si vous n’aimez pas ce que je vous ai envoyé, on se met à chercher un encreur parce que je ne pense pas en être capable ». Mais ils ont aimé ! C’était l’impulsion dont j’avais besoin, j’ai gagné en confiance. Avant de travailler dans le comics, je faisais de la peinture, j’ai fait les beaux-arts, je travaillais sur des posters ou des couvertures d’albums de musique. J’ai fait beaucoup de choses et j’avais mis tout ça de côté quand j’ai commencé le comics en cherchant un trait plus « super-héros » classique et tout ça m’est revenu subitement pour ce projet, d’où l’aspect un peu « peinture » et les compositions plus recherchées. C’est devenu plus comme moi !

Et vous James ? Ces dernières années, vous avez pris une direction différente : était-ce parce que le genre stagnait, ou parce qu’il ne vous permettait pas de raconter les histoires que vous souhaitiez ?

J.T. : C’est surtout ça. Il y a une joie créative certaine au fait de trouver comment raconter quelque chose de réel, profond et sensible au travers du comics de super-héros, mais l’on ne peut jamais en parler directement, il faut utiliser le langage du genre, et l’on arrive toujours au moment où des personnages en costumes tabassent d’autres personnages en costumes. De temps en temps, on peut fonctionner différemment et s’en sortir, ça passe pour une petite excentricité, mais ça ne peut pas être systématique. Mais pouvoir faire le récit que l’on veut directement, puiser dans les émotions qui nous animent en tant qu’écrivains et créateurs et ne pas avoir à les réfracter au travers des tropes du super-héros… Aussi le fait de devoir argumenter avec les éditeurs de DC pour qu’ils me laissent raconter mon histoire au lieu de juste foncer avec un collaborateur auquel je fais confiance. Je veux pouvoir faire ça, puiser dans ce qui me met viscéralement mal à l’aise et l’explorer sur la page, c’est pour ça que j’aime l’horreur !

©Alvaro Martinez Bueno / Urban Comics

Parlons-en de ce goût pour l’horreur ! Si on regarde un peu votre bibliographie, on voit beaucoup de thrillers fantastiques. Vous avez écrit Something is Killing the Children, où l’on voit une société secrète combattre une menace invisible. Ensuite The Department of Truth, où l’on explore les théories du complot… Même dans vos comics de super-héros ; dans votre Batman Infinite il y a une grande emphase sur l’emprise du gouvernement et la société de surveillance. Comment épier et contrôler les citoyens… Et maintenant dans The Nice House on the Lake, on parle fin du monde et aliens.
Toutes vos histoires transpirent de secrets, de mystères, et d’horreurs indicibles. Ce sont des composants importants pour vous n’est-ce pas ?

J.T. : C’est une très bonne observation. Il y a plusieurs manières d’aborder la question. J’ai toujours été fasciné par l’horreur. Quand j’étais enfant, j’étais absolument terrifié par ce genre, je ne voulais pas regarder de film d’horreur DU TOUT ! Mais j’aimais bien le frisson, donc j’allais au vidéoclub parfois me balader dans les rayons horreurs, mais en prenant garde de ne pas avoir de contact visuel avec les jaquettes sinon je faisais des cauchemars pendant des semaines ! Puis il s’est avéré au lycée que les histoires que j’échafaudais dans ma tête étaient beaucoup plus effrayantes ; et à la fac, je me suis rendu compte que si j’écrivais ces histoires et que je les peaufinais un peu, j’en tirerais de bons récits. J’aime me penser comme quelqu’un de sensible, et mon travail s’appuie sur mon inconfort, j’aime la laideur que je vois en moi et dans le monde qui m’entoure. Vous savez, beaucoup de mes derniers travaux sont à propos du fait que nous vivons dans un monde dont les systèmes s’écroulent, mais où nous devons toujours continuer notre train-train. Ces systèmes tentent de s’imposer à nous, de nous contrôler pour que nous restions civilisés, mais nos instincts eux nous disent de protéger nos proches. C’est ce mouvement d’aller-retour, ce déchirement qui est au centre de tout, et qui je pense mène au conflit et au conspirationnisme. Je suis devenu adulte dans les années 2000, vous pouvez voir des influences de la série Lost dans The Nice House, ou des comics Wild Storm dans tout ce que je fais. Ils ont été mes points d’entrée dans les récits de genre, ils m’ont donné envie de jouer avec ces codes ! Maintenant que j’ai une voix plus considérée dans le comics, je retourne à des formes de narrations qui sont celles qui me parlent et je les utilise pour évoquer ce que le monde me fait ressentir. Ça se centre toujours sur mes peurs et mes insécurités, car je pense que si l’on n’est pas prêt à prendre la partie la plus profonde, la plus sombre de soi et la mettre sur la page, quel est l’intérêt de l’art ? Et l’horreur fait cela avec tellement d’élégance !

Vous avez eu l’occasion de transformer une version transposée de vous-même en monstre ahah...

J.T. : C’était le challenge dans l’écriture. Je voulais qu’il soit dur de détester Walter ; dans l’histoire il a fait des choses horribles, mais il les a faites pour protéger ses amis, et oui il est égoïste, et il ne comprend pas que tous les gens dans la maison soient morts d’inquiétudes pour leurs proches, il essaye juste de leur montrer qu’il tient à eux. C’est une forme très paternaliste d’affection pour autrui, et ce sont des instincts que j’ai en moi et qui m’ont déjà causé du souci. C’est ça que j’ai voulu explorer.

Alvaro, vous êtes amateur d’horreur ?

A.M. : Pas vraiment ahah. Ce n’est pas mon genre de prédilection, mais j’apprends à l’aimer ! Et puis The Nice House on the Lake c’est aussi une histoire de science-fiction, et j’adore la SF. Mais surtout, c’est une histoire sur les relations humaines, c’est une histoire d’amitié, et c’est ça qui m’a plu en premier lieu quand James m’a pitché l’histoire. C’est un groupe d’ami qui s’est disloqué, et à l’époque c’est ce qui m’arrivait aussi avec mon groupe d’amis. Certains avaient des enfants, d’autres ont déménagé, moi j’ai changé de ville… On a commencé à se séparer et ce sont ces émotions qui m’ont attiré, plus que l’horreur.

On a parlé de votre passage du super-héros à l’indie ; vous envisager de retourner faire du récit super-héroïque après cela ?

J.T. : Je n’ai pas l’intention de recommencer de sitôt. J’ai la sensation que je produis mon meilleur travail en dehors de ce genre-là, et heureusement maintenant j’ai la chance d’avoir suffisamment de succès pour me le permettre. Mais c’est la partie chouette de ce moment de ma carrière, si j’ai une idée qui collerait bien au récit de super-héros je peux y retourner ! Si je dois y retourner, j’aimerais que ce soit pour cette raison, pas parce que j’ai envie de parler de X Y ou Z et que le seul moyen d’en vivre soit de trouver un moyen pour rendre ça super-héroïque.

A.M. : On a encore du travail sur cette série, j’ai du temps avant de me poser la question. C’est un peu un mystère de savoir comment mon style va évoluer en appliquant ce que je fais en ce moment au super-héros !

Avant de nous quitter, Walter soumet tous ses amis à la même question. Je me permets de vous y soumettre à votre tour : Vous, la fin du monde, vous la voyez comment ?

A.M. : Pour moi, je ne sais plus où j’ai lu ce concept, je crois que ça s’appelle la « soft-apocalypse ». C’est l’idée qu’on est déjà en train de la vivre, James expliquera surement ça mieux que moi ahah !

J.T. : C’est comme cela que Ryan répond dans le chapitre d’introduction. C’est l’idée que nous vivons déjà une apocalypse, c’est entrevoir la chute de beaucoup d’aspects de nos sociétés contemporaines, mais ça ne signifie pas la fin de tout. Dans 200 ans, il y aura probablement encore quelque chose proche de la France, ou des USA.

A.M. : L’Espagne aura coulé.

J.T. : L’Espagne aura coulé ahah ce sera la nouvelle Atlantide. Le fait que le monde change est la seule constante, et l’on a construit un système qui résiste au changement, et l’on se brise contre lui, et ultimement il y aura un virage. Vous savez, le terme d’apocalypse, ça vient d’une idée de « révélation », l’idée qu’on dévoile un nouveau moment et je pense que ce virage dans ce nouveau moment nous le verrons de notre vivant. Pour beaucoup de monde, cela prendra des airs de fin du monde, mais je pense que c’est nécessaire pour accéder à la prochaine étape !

La couverture du Tome 2, à paraitre en mars.
©Alvaro Martinez Bueno / Urban Comics

Extinction de l’humanité, amitié, monstre et lunettes opaques, le menu s’annonce rempli ! Urban Comics édite ce récit dans leur grand format, assurant une jouissance complète des planches d’Alvaro Martinez que les lecteurs américains ne peuvent que nous jalouser ! Et s’il vous manquait des raisons de vous jeter sur ce bijou d’anticipation, sachez que ce premier et imposant volume est vendu au prix imbattable de 15 € et que le second tome conclusif est programmé pour le 31 mars !

Alors, vous, vous l’imaginez comment la fin du monde ?

(par Sacha PUAUX)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9791026827887

The Nice House on the Lake, James Tynion IV et Alvaro Martinez-Bueno, Urban Comics, 03/02/2023, 15€

Pour aller plus loin :
 Justice League Dark
 Batman Joker war
 Batman Infinite
 Batman Eternal
 Batman et Robin Eternal
 Sandman - Nightmare Country
 Something is killing the children
 Junji Ito au FIBD 2023

The Nice House on the Lake Urban Comics ✍ James Tynion IV ✏️ Alvaro Martinez Bueno 🎨 Jordie Bellaire 🏆 Eisner Award
 
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2 Messages :
  • Super interview, questions pointues et réponses passionnantes. Tynion est un grand, lucide, sensible et inventif à la fois. Quant à Alvaro, il signe ici des compos toujours impeccables, parfois même sublimes. Et il ne faut pas oublier les couleurs de Jordie Bellaire, qui donnent chair à tout ça. Quel bel album.

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    • Répondu par Sacha PUAUX le 14 février 2023 à  08:24 :

      Complètement, Jordie Bellaire est une grand coloriste et c’est toujours un plaisir de lire son nom dans un album ! Merci de corriger cet honteux oubli !

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