Angoulême 2022 : féminisme au poing

  • « Cette année, le Grand Prix du Festival d'Angoulême récompensera une autrice » proclame fièrement un communiqué du Festival International de la BD d’Angoulême (FIBD). « Il n’a en effet échappé à personne que les trois finalistes en lice - Pénélope Bagieu, Julie Doucet et Catherine Meurisse - étaient trois femmes. Incontestablement c’est un signe des temps et une reconnaissance de la place des femmes dans un univers de la bande dessinée qui fut longtemps trop exclusivement masculin. » Et de souligner que la visibilité féminine se joue aussi dans l’autoreprésentation de ces femmes dans leurs bandes dessinées. La programmation du Festival, qui démarre la semaine prochaine, reflète cette tendance qui concerne les trois nominées.

Ainsi Catherine Meurisse, qui donne une Masterclass le jeudi 17 à l’espace Franquin. Entre La Légèreté, son album-résilience qui a suivi les attentats de Charlie Hebdo, Les Grands Espaces qui racontait son enfance à la campagne et La Jeune Femme et la mer qui raconte sa rencontre avec le Japon, c’est son rapport à l’art qui construit son discours et sa personnalité.

Angoulême 2022 : féminisme au poing
Catherine Meurisse
© Dargaud Rita Scaglia

Ainsi, Pénélope Bagieu qui, sous le pseudo de Pénélope Jolicoeur, racontait dans un blog sa vie « tout à fait fascinante », après quelques succès d’œuvres dédiées à la cause des femmes, revient à l’autobiographie avec Les Strates (Gallimard BD, 2021) ; elle dialoguera dans une masterclass au Vaisseau Moebius le samedi 19, avec sa collègue Florence Dupré Latour qui, dans Pucelle T. 2 : Confirmée (Dargaud, 2021) raconte la découverte de sa sexualité entre l’Argentine, la Guadeloupe et la métropole dans un famille rigoriste.

Pénélope Bagieu et Florence Dupré Latour

Ainsi, Julie Doucet, représenté par son éditeur Jean-Christophe Menu, un des pionniers français de l’autobiographie en bande dessinée (Livret de phamille, Couacs au Mont vérité) qui dans une masterclass le vendredi 18 mars à l’auditorium du Conservatoire d’Angoulême, évoquera outre ses propres travaux, la dessinatrice canadienne qu’il avait publiée et dont le travail a été réuni dans Maxiplotte (L’Association, 2021), concourant pour le Prix du patrimoine.

Ainsi l’exposition Sous la plume d’Aude Picault sur la mezzanine du Vaisseau Moebius qui, De Moi jeAmalia, arpège les gammes de l’intime, avec élégance et subtilité.

Aude Picault
Photo : DR

Ainsi les autrices Jessica Campbell, Anneli Furmark et Élodie Font qui dans Rave (Drawn & Quarterly), Walk me to the corner(Çà et Là) et Coming in (Payot graphic / Arte), évoquent chacune à leur manière la découverte de leur homosexualité.

Ainsi la rencontre avec la dessinatrice argentine Sole Otero qui, dans Naphtaline (Çà et Là), retrace les questionnements d’une jeune femme qui tente de tirer des leçons de son histoire familiale.

Ainsi Mia Oberländer qui, dans une rencontre au Forum du Nouveau Monde, évoque sa BD Anna, récit de trois parcours atypiques inspirés de sa propre famille.

Désormais, au Festival d’Angoulême, les femmes ont droit de cité. Le FIBD qui avait il y a quelques années à se faire pardonner, peut aujourd’hui s’en glorifier.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Code EAN :

- SOUS LA PLUME D’AUDE PICAULT
EXPOSITION — Du 17 au 20 mars 2022— Vaisseau Moebius mezzanine
MASTERCLASS —Vendredi 18 mars —10h30 - 11h15 —Conservatoire – Auditorium

- CATHERINE MEURISSE
MASTER CLASS — Jeudi 17 mars, 17h30 - 18h30
Espace Franquin - Espace Buñuel

- JEAN-CHRISTOPHE MENU
MASTERCLASS — Vendredi 18 mars, 15h30
Auditorium du Conservatoire

- RACONTER L’ADOLESCENCE : PÉNÉLOPE BAGIEU ET FLORENCE DUPRÉ LATOUR
RENCONTRE — Samedi 19 mars, 14h - 15h
Vaisseau Moebius, salle Némo

- COMING IN, COMING OUT : JESSICA CAMPBELL, ANNELI FURMARK ET ÉLODIE FONT
Samedi 19 mars, 12h - 13h
Théâtre d’Angoulême - Studio

- « NAPHTALINE » : SOLE OTERO
RENCONTRE - Jeudi 17 mars, 18h
Forum du nouveau monde

- « ANNA » : MIA OBERLÄNDER
RENCONTRE — Vendredi 18 mars, 14h
Forum du nouveau monde

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Source : Datalib
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10 Messages :
  • Angoulême 2022 : féminisme au poing
    5 mars 13:45, par Aurélienne

    C’est déjà beaucoup mieux qu’avant mais les femmes auront gagné quand les éditeurs les laisseront publier des livres qui parlent d’autre chose que de la condition féminine. Imaginez un monde dans lequel les hommes n’écriraient que des livres sur ce que c’est d’être un mec..

    Répondre à ce message

    • Répondu par Auteurice le 5 mars à  18:35 :

      C’était longtemps le cas, en étant un pilote d’avion, un cow-boy, un détective, un aventurier, autant de rôles hautement virilistes. Il a fallu les années 70 pour avoir d’autres choses.

      Répondre à ce message

  • Passons de la misogynie à la misandrie, quelle belle évolution.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 5 mars à  22:28 :

      Le féminisme n’est pas de la misandrie.

      Répondre à ce message

      • Répondu le 6 mars à  08:30 :

        Alors pourquoi se réjouir de l’exclusion des hommes ?

        Répondre à ce message

      • Répondu le 6 mars à  10:44 :

        Certaines féministes sont misandres. Pas toutes.

        Ce qui est pratique pour le festival avec l’argument féministe, c’est quand opposant femmes et hommes, il détourne l’opposition auteurs/éditeurs. À la trappe les revendications économiques du dernier festival ambiance rapport Racine.

        Répondre à ce message

        • Répondu par amraa le 6 mars à  13:23 :

          1) il ne s’agit pas juste de faire une opposition femmes/hommes mais bien de décerner des prix à celles et ceux qui le méritent. Il s’agit donc aussi de normaliser les prix décernés aux femmes, que ce ne soit plus vu comme inhabituel, ce qui est un comportement sexiste. Si vous percevez l’attribution d’un prix à une femme comme uniquement une campagne publicitaire, une tendance, ou de la misandrie, votre comportement encourage cette opposition de genres.

          2) quand bien même il y a opposition femmes/hommes, ce n’est pas incompatible avec une opposition auteurs/éditeurs. Ça n’a rien à voir. Le combat du féminisme peut se jouer sur tous les fronts. Une lutte n’empêche pas l’autre. Croire le contraire est estimer qu’il y a une hiérarchie des luttes.

          3) bonne journée

          Répondre à ce message

  • Angoulême 2022 : féminisme au poing
    5 mars 22:36, par aimraa

    Eh bah j’espère que le Festival ne fait pas ça juste "pour se faire pardonner", comme si l’égalité était momentané et qu’après la promotion du féminisme on reviendrait "à la normale" d’une sous-représentation des femmes ; une fois la faute pardonnée il ne faut pas la re-commettre. Mais j’espère surtout voir un futur où la question du genre ne sera plus abordée car inutile - on croise les doigts

    Répondre à ce message

  • Les derniers livres de Catherine Meurisse ne me semblent pas parler de la conditions féminine. Et si la question du genre était bien au coeur d’Idéal standard, d’Aude Picault, elle ne l’est pas spécialement dans Amalia.

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  • Angoulême 2022 : féminisme au poing
    6 mars 21:20, par patrick

    Et les non binaires, on en parle ?

    Répondre à ce message

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