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Reckless T. 1 - Par Ed Brubaker & Sean Philips - Delcourt Comics

  • Ed Brubaker et Sean Phillips reviennent avec un nouveau anti-héros au passé trouble suite à une mission d’infiltration pour le FBI. Devenu agent spécial indépendant et anonyme, il était loin de s’imaginer que son passé ressurgirait avec tant de force et de fracas…

Tout commence comme dans un bon film : les auteurs plantent leur nouveau personnage, ensanglanté, dans une grange face à un individu patibulaire qui résume qui et comment joindre Reckless en cas de problème : un numéro anonyme à contacter, laisser un message avec la description du cas à résoudre, la prime éventuelle et il suffit d’attendre que l’agent spécial vous recontacte.

Nous sommes en 1981. C’est le point culminant de l’intrigue de ce premier tome dédié à Reckless. Face à lui, un cambrioleur qui a fait fortune en faisant de bons placements avec ses gains. Un cambrioleur qui a aussi arnaqué ses complices de l’époque, dont Rainy… l’ex petite amie de notre anti-héros !

Rien ne préparait Reckless à replonger dans le passé et pourtant… Ethan Reckless est un ancien agent du FBI qui travaillait dans les infiltrations de groupuscules d’étudiants terroristes dans les années 1960/70 aux États-Unis. Sa dernière mission consistait à démanteler un groupe revendiquant la fin de la guerre au Vietnam, n’hésitant pas à se faire entendre à grands coups d’explosifs… C’est d’ailleurs lorsqu’une bombe explosa dans une maison occupée par ces radicaux que la mission de Reckless s’acheva, ne laissant que l’agent comme unique survivant, non sans blessures sérieuses.

Cette mission ayant été un fiasco aux yeux de sa hiérarchie à bien des égards, et son état étant critique avec perte de mémoire à court terme, Ethan a été purement et simplement remercié avec une petite prime de départ pour, malgré tout, bons et loyaux services. Une de ses erreurs fut de se lier un peu trop avec Rainy, sœur du chef des étudiants rebelles. Une erreur qui pourrait lui en faire commettre d’autre à en juger de son état en début d’ouvrage.

Encore une fois, Ed Brubaker et son acolyte de toujours Sean Phillips frappent fort avec un scénario cohérent ! Rien n’est laissé au hasard pour conduire Reckless d’agent du FBI infiltré à pseudo détective privé anonyme. Quant au graphisme, difficile de ne pas reconnaître la patte du maître : sombre même au plus fort de la journée, le trait épais, les couleurs de Jacob Phillips suffisamment glauques pour accompagner la trame.

Un premier tome qui donne assez de matière au lecteur pour apprécier ce nouvel anti-héros et trop peu pour le combler d’entrée de jeu. De quoi donner envie de découvrir les deux prochains ouvrages normalement dédié à Reckless.

Reckless T. 1 - Par Ed Brubaker & Sean Philips - Delcourt Comics
©Sean Phillips / Delcourt Comics

(par Marc Vandermeer)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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6 Messages :
  • Ed Brubaker & Sean Philips, l’usine à comics.
    25 octobre 08:01, par Capitaine Kérosène

    A peine a-t-on refermé un album du duo Brubaker/Phillips qu’un nouveau est déjà en vente dans les rayons.
    On comprend mieux la vitesse d’exécution du dessinateur quand on regarde la planche présentée : un décalque pur et simple de la photo sur tablette graphique et une mise en couleurs numérique avec une palette restreinte qui ne s’embarrasse pas de nuances par le fiston pour aboutir ainsi à une production industrielle qui dépasse en quantité celle de Hermann père, se lit en un instant et offre de moins en moins d’intérêt graphique.
    Pour ma part, j’ai décidé de ne plus suivre les séries de ce duo et de placer mon argent dans des albums plus qualitatifs.

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  • Ed Brubaker & Sean Philips, l’usine à comics 2
    25 octobre 08:06, par Capitaine Kérosène

    … et j’ai oublié de préciser que le tome 2 de Reckless est déjà sorti aux Etats-Unis !

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    • Répondu le 25 octobre à  18:33 :

      Sean Philipps utilise des photos mais ça ne l’empêche pas d’être un bon.

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      • Répondu le 25 octobre à  19:10 :

        Il est surtout meilleur depuis qu’il utilise des photos. C’est aussi ce qui était arrivé à Mike Mignola et John Paul Léon. Ils ont utilisé des photos le temps d’apprendre à maîtriser l’ombre et la lumière et ensuite ils ont su s’en défaire. Contrairement à ce qu’on croit, utiliser des photos peut faire perdre du temps au lieu d’en gagner. Et il faut savoir dépasser la photo d’origine.

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        • Répondu par Capitaine Kérosène le 26 octobre à  11:39 :

          Eh non justement. Phillips utilise la photo depuis toujours (ainsi que des poupées articulées), sauf quand il dessinait des BD pour la presse ado en Angleterre quand il faisait ses premières armes.
          Son passage au tout numérique a fait qu’il n’a même plus besoin de passer par l’étape de la table lumineuse qui l’obligeait à encrer et à faire des choix graphiques. Là, il redessine directement par dessus la photo sur sa tablette. Il ne "dépasse plus la photo d’origine" pour reprendre votre remarque. Je soupçonne que ce soit pour maintenir son rendement (car Vives y arrive très bien, lui).
          Son dessin s’est dévitalisé et l’expression des personnages pour être comprise doit devenir outrée et grimaçante, ce qui créer un hiatus avec le réalisme du dessin. On retrouve ce travers chez tous les dessinateurs qui décalquent sur tablette numérique. Par contre, ses illustrations sont splendides, bien que souvent réalisées également en tout numérique (mais il faut bien regarder pour s’en rendre compte).
          Enfin, tout cela pour conclure que cet artiste ne m’intéresse plus beaucoup désormais. J’espère qu’il se lassera de sa tablette un jour et que je prendrai de nouveau du plaisir à admirer son talent.

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          • Répondu le 26 octobre à  20:22 :

            A ses débuts en effet, il n’y avait pas de photos et son dessin était assez maladroit. D’accord avec vous sur l’usage de la tablette qui commence à lasser beaucoup de monde et à paraître un peu datée à mesure que le dessin de ceux qui l’utilisent perd de la vie et se ramollit. C’est très vrai de Bastien Vivés par exemple. Il serait temps en effet de passer à autre chose. Mais le problème c’est que la tablette permet d’aller vraiment plus vite, et comme on est très mal payé…

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