Willem, le satirique burlesque

24 juillet 2020 2 commentaires
  • Willem est passé en coup de vent à la mi-juillet à Paris à la librairie Le Monte en l’air à Paris, dans le XXe arrondissement, pour le lancement de son nouvel album "Les Imbuvables" (Ed. Les Requins-Marteaux). De son regard unique, Willem commente l’actualité culturelle et politique française depuis plus de 50 ans. Le rencontrer est toujours un événement. Nous l’avons fait pour vous.

Nous aurions beaucoup à gagner à nous pencher sur l’histoire culturelle de la Hollande et son mélange étonnant de rationalité et de folie. La Hollande, c’est le posé Vermeer et l’intense Rembrandt, l’allumé Jan Toorop et Van Gogh le secoué, le rationnel Piet Mondrian et le mondain Kees Van Dongen, le subversif Theo Van Den Boogaard et Joost Swarte le maître d’école…

Et puis il y a Willem, nom de famille : Holtrop, un électron libre, qui sort du chaudron culturel des années 1960 où le mouvement Provo contemporain des Situationnistes croise le Comix Underground de Crumb qui, dans la librairie Lambiek de Kees Kouzemaker, la première librairie spécialisée en BD d’Europe, trouve un terreau fertile dont les rhizomes s’étendront de la Scandinavie à l’Espagne, de la Flandre à l’Allemagne.

Willem, le satirique burlesque
Photos : Cédric Munsch

« À Amsterdam, il y a Dieu, il y a les dames - J’ai vu les dames de mes yeux, j’ai pas vu Dieu, à Amsterdam… » chantait le poète. Le Dieu hollandais du dessin de presse était venu s’établir à Paris en 1968. Son humour surréaliste, ses textes à la syntaxe étrange et son acuité burlesque vont faire de lui, au fil des ans, un auteur culte, Grand Prix 2013 "scandaleux" du Festival d’Angoulême.

Nous le retrouvons aujourd’hui à Paris, échappé un instant de son île au large de la Bretagne. Il a maigri et porte un bouc, lui qui a toujours été seulement moustachu. D’où lui vient cette barbe de prophète ? Il nous apprend qu’en avril, il s’est fait opérer du bras droit à cause d’un tétanos provoqué par une morsure de chat : rapatriement d’urgence par bateau sur le continent. Il en réchappe de peu. À la suite de quoi, avec ce bras handicapé, pendant un temps, il ne pouvait plus se raser...

Mais tout va bien depuis et il a gardé ce bouc de mousquetaire. Cela ne l’a pas empêché de dessiner et de signer avec abnégation son dernier ouvrage "Les Imbuvables" aux Requins Marteaux, dont Frédéric Hojlo parle dans nos pages. Nous avons aussi eu l’occasion de le filmer brièvement. Voici le fruit de notre rencontre.


Un reportage de Didier Pasamonik, Jaime Bonkowski de Passos et Cédric Munsch.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

(par Cédric Munsch)

(par Jaime Bonkowski de Passos)

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