Julie Doucet honorée par le Festival Québec BD

12 avril 2021 62
  • Figure majeure de la bande dessinée underground, Julie Doucet a reçu le Prix hommage Albert-Chartier lors du Festival Québec BD 2021. Plusieurs années après avoir quitté le Neuvième art, l'autrice prépare son retour avec « Time Zone », un ouvrage illustré à paraître chez Drawn and Quarterly.

Pour la seconde année consécutive, le Festival Québec BD a remis ses prix Bédéis Causa lors d’une cérémonie virtuelle diffusée sur Facebook et YouTube. Ces prix visent à récompenser l’excellence en bande dessinée québécoise.


Les lauréats de cette 34e cérémonie sont...

Julie Doucet honorée par le Festival Québec BD Grand prix de la Ville de Québec (meilleur album de langue française publié au Québec par un auteur canadien) : Vous avez détruit la beauté du monde : le suicide scénarisé au Québec depuis 1763, par Isabelle Perreault, André Cellard, Patrice Corriveau et Christian Quesnel (Moelle Graphik).
- Prix Réal-Fillion (auteur canadien s’étant le plus illustré avec son premier album francophone professionnel) : Audrey Beaulé, La vingt (Mécanique générale).
- Prix Yvette-Lapointe (meilleur album jeunesse de langue française publié par un auteur canadien) : Mimose et Sam T3 : Mission hibernation par Cathon (Comme des géants).
- Prix Albéric-Bourgeois (meilleur album de langue française publié à l’étranger par un auteur canadien) : La bombe, par Denis Rodier, Alcante et Laurent-Frédéric Bollée (Glénat).
- Prix Maurice-Petitdidier (coup de cœur du jury pour un album francophone publié à l’étranger) : Carbone et silicium par Mathieu Bablet (Ankama).
- Prix Roberto-Wilson (coup de cœur du jury pour un album traduit en français) : L’Accident de chasse par Landis Blair et David L. Carlson (Sonatine).
- Prix Jacques-Hurtubise (bourse de création permettant à un jeune artiste d’autoéditer un projet) : Frédéric-Vivianne Auln, pour son projet Le livre des morts 2.0.

Hommage à une icône de la BD québécoise

Julie Doucet a remporté le Prix Albert-Chartier 2021, qui rend hommage à une personnalité ou un organisme ayant marqué la bande dessinée québécoise.
Image : courtoisie du Festival Québec BD.

Cette année, le Prix hommage Albert-Chartier a été remis à Julie Doucet, figure culte de la bande dessinée underground. Nul n’est prophète en son pays, et cet adage s’applique très bien à l’autrice de Dirty Plotte, L’Affaire Madame Paul ou encore My New York Diary. Si elle demeure l’une des bédéistes québécoises la plus connues à l’étranger, Julie Doucet demeure « malheureusement méconnue du grand public » québécois, comme le rappelle le directeur général du Festival Québec BD, Thomas-Louis Côté.

Soucieux de remettre les pendules à l’heure, le festival a invité une série de collaborateurs à lui rendre hommage : les auteurs Simon Bossé, Matti Hagelberg et John Porcellino, le fondateur des éditions Drawn and Quarterly Chris Oliveros, ainsi que Tracy Hurren, l’éditrice actuelle de Julie Doucet chez Drawn and Quarterly. Tracy Hurren a d’ailleurs profité de l’événement pour annoncer la publication prochaine de Time Zone, un nouvel ouvrage illustré de Julie Doucet. Cet opus portera sur une relation épistolaire amoureuse que l’autrice a entretenue lorsqu’elle avait 22 ans.

Julie Doucet, qui s’est remise au dessin après un passage par différentes formes artistiques (collage, sculpture, gravure, livre d’art, etc.), s’inspirera notamment d’extraits tirés de son journal intime de l’époque. Selon Tracy Hurren, cet ouvrage devrait également permettre à l’autrice de porter un regard critique sur sa place dans le milieu de la bande dessinée de l’époque, une industrie qui laissait alors peu de place aux femmes.

Julie Doucet n’a pu recevoir cet hommage en direct [1], mais celle-ci a fait parvenir un mot de remerciement à saveur féministe : « Tracy Hurren, connaissance plus récente, mais non la moindre. La seule femme du lot. Elle représente pour moi cette nouvelle génération de femmes qui prennent résolument leur place, de plus en plus nombreuses et indélogeables. Rien ne me touche plus, ne me bouleverse plus et me fait trop rougir que quand une femme vient me voir ou m’écrit pour me dire que mes bandes dessinées l’ont inspirée à prendre un crayon, à passer à l’action, enfin, à s’exprimer. Ça, ça donne un sens à mon travail. Je voudrais d’abord et avant tout remercier toutes celles qui continuent après moi. » Des paroles qui risquent de résonner auprès de nombreuses créatrices, éditrices et autres intervenantes du milieu de la bande dessinée.

Les lauréats des Prix Bédéis Causa 2021.
Image : courtoisie du Festival Québec BD.

La 34e remise des Prix Bédéis Causa a été diffusée le 9 avril 2021. Cette émission spéciale peut également être visionnée en différé sur les plateformes numériques du Festival Québec BD. Le festival se poursuit jusqu’au 13 juin 2021.

(par Marianne St-Jacques)

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62 Messages :
  • Mouais... pas besoin d’aller aussi loin, on en a plein ici dans ce style.

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    • Répondu le 12 avril à  07:22 :

      Elle avait commencé avant.

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      • Répondu le 12 avril à  09:45 :

        C’est pas une excuse. Et Chantal Montelier a commencé encore avant.

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        • Répondu le 12 avril à  11:18 :

          Pas du tout dans ce style-là. Vous citez Montellier seulement parce que c’est aussi une femme.

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        • Répondu par Milles Sabords le 12 avril à  12:15 :

          Il faudra que l’on m’explique quelque chose ; nos écoles d’art et de BD débordent de promotions de jeunes talents qui ne trouvent pas d’éditeurs, sans compter tous les talents qui postulent spontanément auprès des éditeurs. Le marché est en surproduction, et il faut encore accueillir toute la BD du Monde ? Des Canadiens, des Australiens, des Coréens/Japonais/Américains en masse, après la vague Italienne et Serbe, maintenant celle des pays Scandinave, pendant qu’Israël et l’Afrique toquent aux portes éditoriales de nos éditeurs, quant ce ne sont pas eux qui vont les chercher. Le marché francophone ne peut pas tout absorber. Et les lecteurs encore moins, leur nombre se réduit d’année en année et le pouvoir d’achat baisse aussi, surtout avec la Covid, et encore plus après la Covid avec le chômage. Les milliards distribués par les états ne seront pas gratuit. Je ne parle pas de protectionnisme, mais cette lubie d’un monde qui n’est qu’un vaste village, aura montrée ses limites. L’Internet n’empêche pas d’avoir un regard sur les horizons artistiques de cette planète, mais tout de même, on ne peut pas populariser tous les auteurs de chaque pays quant les nôtres crèvent la dalle. Foutue mondialisation qui permet d’embaucher en payant moins chère la matière grise... Que chacun développe dans sa contrée un marché de la BD solide et durable et après on verra pour les interactions.

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          • Répondu le 12 avril à  15:21 :

            Cette tirade protectionniste me semble ressortir d’une xénophobie assez douteuse. Et hors-sujet : Julie Doucet a été publiée en France par l’Association dès les années 90.

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            • Répondu le 12 avril à  15:37 :

              Vive la Bd du monde entier !

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              • Répondu le 12 avril à  17:57 :

                Les Japonais et les Américains ne sont des tendres et jouent à mort le protectionisme. Faut sortir un peu de sa grotte.

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            • Répondu le 12 avril à  16:16 :

              Milles Sabord ne déteste pas que les étrangers, il déteste aussi le roman graphique. Seul les premiers Alix semblent trouver grâce à ses yeux.

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              • Répondu le 14 avril à  19:56 :

                Visiblement, vous n’êtes pas un habitué de ce site. J’ai pu lire sur d’autres messages de Milles Sabords de nombreuses références de ses gouts en matière de roman-graphique. Ceci dit, il n’a pas complètement tort, le marché francophone arrive à saturation et ce n’est pas du racisme.

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                • Répondu le 15 avril à  00:14 :

                  C’est peut-être à lui de répondre mais d’après ce que j’ai lu de lui, la progression du roman graphique sur le marché est responsable de tous les maux de la bd contemporaine.

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                  • Répondu par Milles Sabords le 15 avril à  07:16 :

                    Je vais vous répondre : soit vous m’avez mal lu, soit vous m’avez mal compris, soit les deux. Je n’ai rien contre le roman-graphique et l’éclectisme de mes goûts pourrait vous surprendre ; d’ailleurs, je préfère Jigé à Martin et Vivès à Bienvenu, pour éclairer votre lanterne. Je dit juste que le roman-graphique est devenu un fourre-tout sans nom, où la qualité baisse, lorsque de nombreux auteurs et autrices dénoncent dans le roman-graphique un nivellement par le bas de leur condition de travail et de rémunération. Le forfait qui n’était pas un dogme dans la profession, devient la norme avec des effets très pervers. Sous couvert de s’acheter une légitimité littéraire avec le roman-graphique, d’être mieux perçue dans les médias, l’édition BD, une fois de plus, pénalise l’économie de ses artisans, les auteurs et autrices. La Ligue des Auteurs Professionnels le dénonce, ainsi que le SNAC, et ce ne sont pas les articles en ce sens qui manquent sur la toile. Pour finir avec le dernier post ; les chiffres de ventes de 2020 constituent un baromètre très corporatiste, ce fameux arbre qui cache la forêt. Cela fait maintenant 5 ans que le niveau des ventes moyennes de la BD recule. Certes, la BD marche mieux que d’autres secteurs du livre... et encore, seules les locomotives ! Ces derniers jours, des organismes d’études ont publiés les chiffres liés à la consommation du livre en France par toutes les couches de la population et ça n’est pas rassurant. Suffit juste de chercher sur la toile. Quant à me traiter de raciste, comme le dit un autre post, c’est de la démagogie, pour contourner les vraies questions du débat, alors que je n’ai rien contre Julie Doucet ou la migration artistique de cette planète.

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              • Répondu par Crobard le 15 avril à  05:40 :

                Et si Milles Sabords avais pris pour pseudo "One piece" vous auriez dit quoi ? Un pseudo ne détermine pas quelqu’un et ses goûts et vous tombez dans le même travers que vous dénoncez, le préjugé. Il ne fait pas de la politique migratoire, il pose un débat : jusqu’où le marché bd va t-il grossir ? Au point de s’asphyxier définitivement ? Personne ne va me faire croire que lorsqu’il va sur internet, il achète toute la bd publiée dans le monde... La démagogie n’est pas un argument. Nous faisons tous des choix dans nos achats au détriment de certains et au bénéfice d’autres. Et les aller-retour entre la Chine et l’Europe des éditeurs n’a pas pour but l’émancipation de la culture bd, de la pluralité ou de l’ouverture à l’autre, mais bien d’une industrialisation mercantile du médium bd.

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                • Répondu le 15 avril à  07:51 :

                  Je ne répondrai pas davantage à la place d’un autre. Je ne me basais pas sur le pseudo de Mille Sabords ou de qui que ce soit. Bien sûr que les éditeurs importent des bandes dessinées étrangères pour des raisons davantage commerciales que culturelles. Il y a aussi des nuances à apporter. Les éditions Cornélius par exemple qui prennent des risques importants pour faire connaître des auteurs japonais d’une grande importance dans l’histoire du manga mais qui n’étaient plus publiés au Japon.

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            • Répondu par Milles Sabords le 12 avril à  16:20 :

              Tout de suite les grands mots. Il est vrai que donner son avis à contre-courant de la pensée universelle, fait de vous la personne à abattre. Si vous cherchez un peu plus loin que la surface de mes propos, vous faites comment pour nourrir tout le monde ? Vous êtes éditeur, vous comptez publier toute la planète ? Et nous, les consommateurs, nous n’avons pas les finances extensibles. Cette surabondance de titres est préjudiciable pour la BD et ses principaux acteurs, les auteurs et autrices. Je ne boute personne hors de France, mais je m’interroge et les doléances que j’entends sur les festivals, me laissent à penser que le navire sombre mais que le capitaine regarde ailleurs.

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              • Répondu par Boca Nueva le 12 avril à  20:37 :

                nous, les consommateurs, nous n’avons pas les finances extensibles

                N’achetez donc pas de bd étrangères, c’est aussi simple que ça si elles ne vous plaisent pas.

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                • Répondu par a le 14 avril à  12:21 :

                  On ne vous parle pas d’achat de bd étrangères ou pas, mais d’un pouvoir d’achat qui s’effondre et qui n’a pas fini de s’effondrer. Elle arrive la grosse crise financière...

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                  • Répondu le 14 avril à  12:56 :

                    Difficile de juger des tendances de la consommation et du pouvoir d’achat pendant une pandémie. En France, la consommation a fortement chuté pendant les confinements en avril puis en novembre mais elle a explosé ensuite.

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                    • Répondu le 14 avril à  19:13 :

                      Les économistes parlent d’un chômage de masse sans précédent, les infectiologues d’une possible quatrième vague du virus dès septembre. Dans cette atmosphère certains achats deviendront superflus, comme le livre.

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                      • Répondu le 15 avril à  00:16 :

                        Ce sont des propos d’oiseaux de mauvaise augure ou de collapsologues. On verra bien mais en 2020, l’édition a fait une très belle année, meilleure que les précédentes.

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              • Répondu le 12 avril à  20:55 :

                Personne n’a jamais dit que les éditeurs français allaient publier davantage d’albums étrangers. Ce n’est pas dans l’article. L’avez-vous lu ? Il est question d’un prix qu’une auteur québécoise a reçu au Québec. En quoi ça vous dérange ? Et d’où sort ce couplet franchouillard ? La création n’a pas de frontières et c’est heureux.

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                • Répondu le 13 avril à  10:13 :

                  Sur internet la création n’a pas de frontières, mais dans la réalité c’est différent. Vous vivez dans un monde de bisounours.

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                  • Répondu le 13 avril à  16:15 :

                    Ah le fameux argument des Bisounours ! Vous manquez d’imagination. Et au passage, il existe des frontières sur internet. Allez essayer de surfer en Chine ou en Birmanie en ce moment. Par contre il est exact qu’il y a des artistes dans le monde entier. Plus ou moins précaires, plus ou moins diffusés, plus ou moins opprimés.

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              • Répondu le 15 avril à  10:32 :

                Avec tous les Mangas qui y a, c’est pas la peine d’en rajouter. Faut faire aussi le tri chez les éditeurs. Y en a trop.

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                • Répondu le 15 avril à  11:17 :

                  Il y a une surproduction disproportionnée par rapport au pouvoir d’achat des consommateurs, c’est certain. C’est valable autant pour les bds locales que pour les bds importées.

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                  • Répondu par O Tannenbaum le 16 avril à  15:14 :

                    Il y a une surproduction disproportionnée par rapport au pouvoir d’achat des consommateurs

                    C’est complètement idiot ce que vous écrivez, il y a juste un choix plus large pour trouver vraiment ce qu’on aime, ça ne fait pas acheter plus, mais acheter mieux. S’il ne sortait que 20 bd par mois on aurait moins de chance de trouver son bonheur.

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                    • Répondu le 17 avril à  09:23 :

                      Ce n’est pas si idiot. La plupart des nouveautés finissent au pilon. On produit trop de livres, souvent médiocres. Et on signe trop d’auteurs, souvent pas au niveau. Cette surproduction n’est pas absorbée par les consommateurs, elle provoque et augmente la précarité des auteurs et de plus produit énormément de CO2 pour rien et pollue la planète.

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                      • Répondu par O Tannenbaum le 17 avril à  15:51 :

                        Si c’est idiot, ce ne sont pas les livres les plus médiocres qui se retrouvent au pilon, ni les meilleurs qui se vendent, et ce que vous jugez médiocre ne l’est pas pour d’autres lecteurs et vice-versa. La pluralité c’est la liberté de choix.

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                        • Répondu par Milles Sabords le 18 avril à  06:48 :

                          Avec plus de 5000 titres par an, ce n’est plus de la pluralité, mais un Tsunami ! Tout le monde ne peut pas faire de la BD. Comme dans tous les métiers, il y a des gens médiocres qui n’ont rien a y faire et qui devraient attendre quelques années de formation BD avant de revenir avec un projet plus solide à soumettre à un éditeur. Là où s’insinue le vice, c’est que même la formation est dévoyée, puisque on n’inculque dans les écoles d’art plastiques que la destructuration du travail avant même d’attendre la maîtrise des bases de celui-ci ! Mais puisque la BD est devenue une ligne comptable à assouvir, que c’est la mode de publier à tour de bras, mode entretenue par le cout très faible de fabrication du roman-graphique par rapport au traditionnel 46 pages cartonné, le livre n’est qu’un consommable rentable, et non plus un livre. Je n’oppose ni l’un, ni l’autre des deux formats, mais je met dos à dos éditeurs et distributeurs dans leurs responsabilités à être plus professionnels dans leurs choix éditoriaux et la façon dont ils les travaillent. Le Lombard a drastiquement réduit sa production afin de mieux accompagner ses publications, en synergie avec leurs auteurs. Ce qui donne aussi une chance qu’un deuxième tome sorte si le premier n’a pas bien fonctionné. On évite ainsi l’hécatombe de ces auteurs que l’on ne revoit plus après un premier album, et accessoirement, un flux inutile de camions, de stockage, pour les retour-pillon d’invendus. Dans cette stratégie éditoriale plus raisonnée que les autres maisons d’édition, cela n’a pas empêché pour autant Le Lombard de publier des auteurs "étrangers". Autre parallèle, lorsque les radios ont décidés de réduire la part de programmation anglo-saxone pour laisser respirer la production francophone, personne n’a hurler à la xénophobie. Résultat, il y a eu un renouvellement de la scène française, tous genres confondus, qui a permit l’éclosion de nouveaux talents. Certes, certaines radios se sont plus spécialisés dans l’anglo-saxon, mais cela a apporter une véritable liberté créatrice à la chanson francophone. Même chose pour la BD, on m’a taxé d’intolérance haineuse envers les étrangers sans comprendre que la surabondance d’achat de licences étrangères, vient étrangler un marché en le saturant à outrance, tout en détruisant au passage les conditions de vies des auteurs. Ce qui ne favorise pas non plus, l’avènement de nouveaux talents. Plutôt que d’importer du Manga et du Comics en tonnes afin de céder à la facilité de la rentabilité, ne vaut-il pas mieux appliquer une sélection sur la fréquence et la qualité de ces productions, pour laisser de la place à d’autres courants BD venus de pays moins en vogue ? Quant à l’underground ou BD alternative, nous nous trouvons dans le même débat qu’avec l’art contemporain et traditionnel. L’exacerbation de tels débats ne vient que d’un seul fait ; la loi spéculative d’un marché devenue fou par son appétit féroce, au détriment d’espaces de coexistence entre les différentes chapelles.

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                          • Répondu par Milles Sabords le 18 avril à  11:13 :

                            Je sais, il y a des fautes, c’est parce-que je ne relis jamais mon texte... mea culpa.

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                          • Répondu par Auteur le 18 avril à  11:22 :

                            Une fois de plus vous tombez dans l’ornière. Vous aimeriez que ne soit publié que ce que vous aimez, vous jugez le reste inutile et médiocre, mais ce n’est que VOTRE goût.

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                            • Répondu par Milles Sabords le 18 avril à  13:16 :

                              Je ne juge pas, puisque je cite l’exemple du Lombard. Je ne parle pas de mes goût, je parle des mécanismes que l’édition met en place. D’ailleurs, vous pensez peut-être que les éditeurs publient tout ce qu’ils reçoivent comme projets ? Ils font aussi une sélection, et dans les rejets, il y a forcément des choses que vous aimeriez lire. Vous me faites un procès d’intention erroné...

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                          • Répondu le 18 avril à  11:39 :

                            Assez d’accord sur le fond. La surproduction est un désastre et il y a trop d’auteurs sur le marché, et du coup trop de précarité pour la plupart. Précision : un roman graphique ne coûte pas moins cher à produire qu’un 48 pages couleur traditionnel.

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                            • Répondu par Milles Sabords le 18 avril à  13:33 :

                              C’est très discutable... beaucoup de romans-graphiques ne comportent que deux couleurs maxi, quant ils ne sont pas en n&b, ce qui réduit l’investissement face à un album traditionnel en couleur. Le format des romans-graphiques est très souvent plus petit qu’un album quadri, ce qui réduit aussi le coût. Comme me le disait un ami libraire, c’est pas la pagination qui coûte chère, mais le cartonnage et le fait d’utiliser du papier glacé. Comme me l’on fait aussi remarquer les auteurs en salons : sur un album classique vous avez au moins trois personnes (scénariste, dessinateur, coloriste), sur un roman-graphique vous avez généralement une seule et même personne pour tous les postes, l’album classique est payé à la page/planche, le roman-graphique dans un forfait global. Encore des économies.

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                              • Répondu le 18 avril à  16:24 :

                                Ce sont des généralités. Il existe des romans graphiques et des BD imprimées sur n’importe quels papiers. La plupart des romans graphiques sont imprimés en quadri et de nos jours la couleur ne coûte pas beaucoup plus cher que le noir et blanc. Demandez un devis à un imprimeur et vous verrez. Ce qui distingue le roman graphique de l’album 48cc, c’est le tirage, généralement plus petit, et le prix de vente, généralement plus élevé, pour davantage de pages. Enfin, la très forte hausse de la production BD de ces dernières années n’est pas seulement due à la mode du roman graphique. Elle avait commencé avant.

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                              • Répondu le 18 avril à  16:28 :

                                Même les albums de 48 pages traditionnels sont payés au forfait. Le prix à la page ça existait dans la presse. C’est fini depuis longtemps, sauf pour les vieux auteurs et gros vendeurs à qui leurs éditeurs ne veulent pas faire de la peine.

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                                • Répondu par Autrice le 18 avril à  20:21 :

                                  Faux. Le pris à la page existe toujours, même pour un premier album.

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                                  • Répondu le 18 avril à  21:41 :

                                    Oui, enfin disons que c’est forfait divisé par le nombre de pages, ce qui revient au même.

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                                    • Répondu par Autrice le 19 avril à  07:49 :

                                      Pas du tout. Un prix de planche est un à-valoir qui se négocie, avec statut d’auteur et pourcentages sur les ventes. Le forfait est une somme globale définie à l’avance et rarement négociable. Le forfait n’accorde pas forcément de pourcentage sur les ventes, ni le statut d’auteur. Le forfait est plus commun au monde de la pub, c’est un travail d’exécutant, pour lequel la personne fera sa prestation avec facture à l’appui et n° de Siret.

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                                      • Répondu le 19 avril à  08:35 :

                                        Je négocie et signe des contrats d’auteur tous les ans sous la forme d’un forfait et ces contrats incluent mes droits sur les ventes, bien évidemment. Aucun contrat qu’il soit forfaitaire ou à la page ne vous accordera un statut d’auteur. Vous êtes un auteur si vous payez des cotisations sociales sur vos revenus et droits tirés de votre activité d’auteur. Ça n’a rien à voir avec le fait d’être payé au forfait ou à la page. Qu’est-ce que vous racontez ?

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                                      • Répondu le 19 avril à  09:59 :

                                        Les auteurs aussi ont un numéro de Siret. Ce sont vos cotisations qui vous donnent un statut d’auteur. Pas votre contrat, qu’il soit forfaitaire ou à la page. Avoir un contrat forfaitaire ne signifie pas qu’on est un exécutant, d’où sortez-bous ça ?

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                                        • Répondu par Autrice le 19 avril à  11:40 :

                                          Lorsque vous signez un contrat d’édition, vous êtes dénommé en tant "qu’Auteur" ou "Autrice" sur celui-ci et affilié sous ce statut à l’Urssaf. Le forfait n’est qu’un moyen de plus pour faire reculer le prix à la page ou à la planche. Bien sûr que des auteurs ont un numéro de Siret pour leurs activités annexes en dehors de la BD, mais il ne vous empêchera pas de signer un contrat d’édition si vous n’en possédez pas.

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                                          • Répondu le 19 avril à  12:38 :

                                            Encore une fois ce n’est pas la signature d’un contrat d’auteur qui fait de vous un auteur. C’est le paiement de vos cotisations sociales qui vous octroie ce statut. Vous avez raison sur ce point : la généralisation des forfaits a permis de faire baisser le montant de la rémunération des auteurs. Le succès des romans graphiques aussi. Sur un roman graphique, pour gagner sa vie, il faut dessiner plus vite. Adopter le rythme des dessinateurs de comics aux Usa, de fumettis en Italie, de mangas au Japon. C’est le prix à la page du monde franco-belge qui est en voie de disparition.

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                                            • Répondu le 20 avril à  04:59 :

                                              Le statut d’auteur vous l’avez dès la signature du contrat. Le versement de cotisations c’est pour votre couverture médicale et votre retraite.

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                                              • Répondu le 20 avril à  08:14 :

                                                Non un contrat c’est seulement un papier. C’est l’Etat qui vous accorde un statut.

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                                        • Répondu par auteur bd le 19 avril à  11:45 :

                                          De quelle planète vous tombez tous les deux ? L’à-valoir et le forfait n’ont rien à voir, absolument rien ! Si on vous arnaque, tant pis pour vous !!!

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                                          • Répondu le 19 avril à  14:29 :

                                            1. On n’a pas dit qu’ils avaient quelque chose à voir. 2. On n’a pas dit qu’on se faisait arnaquer. 3. Faut pas prendre les messages des autres pour ce que vous avez envie d’y lire.

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                                          • Répondu le 19 avril à  21:17 :

                                            Y a pas d’arnaque. L’a-valoir sur les droits est versé pour financer l’auteur pendant qu’il travaille. Que l’a valoir soit forfaitaire ou calculé à la page importe peu. Ça représente une petite somme pour survivre en travaillant et rien de plus. Évidemment s’il vous faut trois semaines pour faire une planche, vous ne pouvez pas en vivre. Et pour finir, le statut d’auteur ne donne pas droit à une indemnité chômage entre deux albums. Y a pas d’arnaque mais c’est un mode de vie précaire. Mais le sujet initial était Julie Doucet. Dans l’underground américain, elle doit en savoir long sur la précarité.

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                              • Répondu par Auteur le 18 avril à  17:41 :

                                Encore une fois vous vous trompez. La différence de coût entre une impression couleur et une n&B est minime, ça ne rentre pas en compte dans le coût final du livre. Un roman graphique est plus petit mais il y a plus de page, donc ça revient au même et il y a plein de 48 pages couleur sans co-auteur, des auteurs complets qui font leurs couleurs il y en a plein, et des romans graphiques avec plusieurs auteurs il y en a plein aussi (même des lettreurs souvent).

                                Bref, plus ça va plus on constate que vous savez vraiment pas de quoi vous parlez (et vous faites systématiquement une faute à Mille, qui est invariable).

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                                • Répondu le 19 avril à  11:51 :

                                  Nan, bien sûr, un album tout en couleur sur du papier glacé avec un bon grammage, cartonnage grand format, pour 50 pages, c’est forcément le même pris qu’un plus petit format en noir et blanc, couverture souple et 180 pages sur du papier recyclé mat... waouw, donnez-moi vite l’adresse de votre imprimeur !

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                                  • Répondu le 19 avril à  14:33 :

                                    Aucun problème. C’est le tirage qui fait la différence en impression. Par ailleurs le terme « papier glacé » n’existe pas dans le métier.

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                                  • Répondu le 19 avril à  21:19 :

                                    On n’a pas dit ça. Le papier ça compte et le tirage aussi. Ce qui n’est plus très différent de nos jours, c’est le prix de l’impression quadri par rapport au noir et blanc.

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                                    • Répondu par Milles Sabords le 20 avril à  05:18 :

                                      Pour en revenir au sujet de la tribune, jamais la bd underground ou alternative n’ont constituées des secteurs de ventes florissants. Avant on appelait ces genres du fanzinat, aujourd’hui on appelle ça du roman-graphique. Maintenant, est-ce vraiment nécessaire d’importer plus de BD de l’étranger alors que les maisons d’éditions croulent sous les dossiers de candidatures, le débat reste lancé et la surproduction aussi...

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                                      • Répondu le 20 avril à  08:11 :

                                        Et c’est repartii, Sauf qu’en dehors des comics et des manga les gros éditeurs importent très peu de BD étrangères. Et l’histoire de la BD underground, notamment américaine, dépasse largement le cadre du fanzinat. Quand au roman graphique, décidément une obsession, il n’a rien à y voir. C’est une invention des gros éditeurs.

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                                        • Répondu par auteur indépendant le 20 avril à  09:42 :

                                          Je fais de la bd dite "alternative ou underground", comme vous voulez, depuis les années 80. Avant les fanzines, personne n’avait jamais entendu parler des Graphics Novels, l’équivalent de nos romans-graphiques. Ce ne sont pas des éditeurs qui ont lancés le genre mais des auteurs. Dans les années 90, après la crise bd du marché des années 80, des éditeurs, Dargaud entre autre, ont trouvés dans le roman-graphique le moyen de publier à moindre frais mais avec une rentabilité plus grande que le franco-belge, des auteurs dont personne ne voulait. Le soi-disant élargissement du médium vers des formats et des sujets plus "adulte", n’était qu’une façade vers la révolution des fusions-acquisitions dans le monde de l’édition pour les actionnaires. Il faut bien reconnaître qu’au départ, la qualité n’était pas la valeur fondamentale du roman-graphique, même si des progrès ont été fait depuis. Les livres qui étaient publiés à compte d’auteur par des étudiants aux beaux-arts, loin des canons de la bd et s’adressant à un public d’initiés, très souvent rangés au fond d’une libraire, sont devenus du jour au lendemain publiables. L’appétit des éditeurs ne les empêchent pas de retourner leurs vestes. En attendant, pour nous autres, les "alternatifs", les choses ont empirés et nous devenons petit à petit, non plus la cinquième roue du carrosse, mais la sixième ! Grand respect pour Doucet et son parcours, car je suis bien placé pour savoir combien on en bave dès que l’on produit des travaux qui sortent des "cases" éditoriales consensuelles.

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                                          • Répondu le 20 avril à  11:15 :

                                            L’underground et les indépendants n’ont pas inventé le roman graphique. C’est Hugo Pratt qui l’a inventé dans les années 60, suivi par Will Eisner aux Usa dans les années 70.

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                                        • Répondu par Milles Sabords le 20 avril à  10:22 :

                                          Ce n’est pas une obsession mais un parallèle.

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                                      • Répondu par Auteur le 20 avril à  10:06 :

                                        jamais la bd underground ou alternative n’ont constituées des secteurs de ventes florissants.

                                        Seulement parce que quand ça marche ce n’est plus underground ou alternative ! Parlez-en à Marjane Satrapi, Riad Sattouf ou Fabcaro, c’est du underground ou alternatif qui a vendu des centaines de milliers d’exemplaires.

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            • Répondu par Jean-Noël Lafargue le 18 avril à  16:59 :

              Par l’Association, oui, et ce n’est pas tout ! Julie Doucet était publiée avant ça dans "Chacal Puant", le fanzine de Blanquet, et dans "Weirdo" (revue de Crumb) dès le tout début 1990s. Et encore avant ça par Drawn & Quarterly, qui reprenait son fanzine Dirty Plotte qui datait de la fin de 1980s, auto publié...
              On est quand même en train de parler de quelqu’un qui a surpris le monde de la bande dessinée il y a trente ans, et qui l’a attristée en cessant tout travail dans le genre quinze ans plus tard. Elles est une figure historique de la bande dessinée alternative mondiale.

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              • Répondu le 18 avril à  20:24 :

                Alternative c’est pas de la BD, juste un laboratoire. C’est comme pour le courant !

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  • Julie Doucet honorée par le Festival Québec BD
    16 avril 18:04, par L.L. de Mars

    J’essaie d’imaginer une conversation aussi absurde dans un autre champ disciplinaire.
    Et franchement, je ne vois même pas comment ça pourrait arriver.
    Des lecteurs de romans évaluant la légitimité d’une publication ici à l’aune de la nationalité de son auteur ? Des mélomanes découpant aux ciseaux nationaux les territoires sonores ? "On va pas traduire Gertrud Stein ici alors qu’on a du bon Cendrars, quand même !" ; qui a besoin de lire des poètes tchouvaches en France, franchement ? C’est vrai, pourquoi traduire Aïgui quand on a Jérôme Game ? A quelle sorte de créature bornée ça ne parait pas complètement absurde ? Faut pas s’étonner que notre biotope soit regardé si souvent avec pitié ou mépris par les autres secteurs de la création : la misère de nos lectorats ne peut que les stupéfier.
    Visiblement, l’inculture satisfaite (bin oui, moins on en sait, plus on a l’ivresse d’un empereur sur son tout petit territoire) de certains ne leur permet pas de considérer le travail de Doucet, qui fait pourtant partie des fondamentaux de pas mal de lecteurs et d’auteurs depuis des décennies, à sa juste valeur (j’imagine qu’il s’agit une fois de plus de ce fameux goût statistique si affuté, celui qui évalue les oeuvres au tonnage de papier investi pour les imprimer). Ce détail est sans importance, il en a toujours été ainsi, et pour le coup, dans tous les domaines de l’art (la complainte répétitive des aveugles d’un siècle est le brouillon de la louange du siècle suivant ; leurs arrières-petits enfants feront des mausolées pour l’objet d’exécration de leurs ancêtres tout en crachant sur leurs contemporains etc. etc.) Mais cette vigueur chauvine cachée derrière des arguments économiques farfelus et même sanitaire est vraiment ce qui fait le plus pitié... La lecture de quelques pages de Dirty plotte pourrait favorablement décrasser quelques cervelles que l’aigreur faisande.

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    • Répondu le 17 avril à  16:05 :

      Vous aimez les graphismes biscornus, c’est votre droit, mais pas la peine de vous croire au-dessus de la mêlée en éclaboussant tout le monde d’une tirade aussi pédante que mal embouchée, ça ne vous grandit pas pour autant.

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