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Manara : Passions femmes (Glénat)

  • Encore un nouvel artbook que Glénat dédie à Manara et, en dépit de l'imposante monographie que l'éditeur grenoblois a publiée l'année dernière, on se surprend à découvrir encore une majorité d'inédits, avec toujours autant de sensualité !

Glénat avait déjà frappé fort fin d’année dernière, en publiant conjointement une intégrale en grand format du Caravage, le chef d’œuvre de Milo Manara, ainsi qu’une imposante monographie de 512 pages intitulée "Sublimer le réel" ! On pensait donc avoir atteint la quintessence de la production du maître italien, et qu’il faudrait attendre quelques années avant qu’un tel ouvrage d’exception revoie le jour. Et, pourtant voici que paraît en cette fin d’année une nouvelle monographie intitulée assez logiquement Passion femmes, un titre que l’on comprend d’autant mieux en relisant notre interview de l’auteur, qui nous disait précédemment : « La femme possède un caractère sacré qu’il ne faut pas galvauder ».

Des peintures et des aquarelles de Milo Marana, on en a vu des centaines. On ne s’attendait donc pas à être surpris, ni à trouver beaucoup de nouveautés dans cet ouvrage paru pour nous trop tôt après Sublimer le réel, la somme publiée l’année dernière. Pourtant, dès les premières pages, nous sommes séduits par cette nouvelle compilation de son travail.

Manara : Passions femmes (Glénat)

Sans surprise, cet artbook de 320 pages se consacre uniquement aux femmes que Manara peint depuis des années. Chaque page ou double-page propose d’étudier en grand format une peinture qu’il a réalisée, rendant hommage à la femme dans sa pureté, sa sensualité, son charme ou son sex-appeal.

L’ouvrage mérite sa qualification d’artbook : face aux merveilleuses peintures de Manara, rien ne vient distraire le lecteur qui tombe inévitablement sous le charme de ces femmes de papier.

Manara ne se cantonne pas à la jeune femme sexy. Ce qui le touche avant tout : le charme !

Si ce livre comble très certainement la très grande majorité des lecteurs qui ont un jour "fondu" devant les dessins ou les peintures du maître italien, nous trouvons néanmoins très dommage de ne pas leur avoir consacré deux pages en toute fin d’ouvrage pour donner un mot d’explication sur chaque peinture. Cela aurait parachevé la réussite de l’ensemble.

Quant aux lecteurs fans de Manara qui pourraient se demander si cette nouvelle compilation n’est finalement pas qu’une redite des précédents ouvrages parus, nous avons établi un petit recensement, qui compense partiellement la rétention d’informations opérée par l’éditeur.

Une partie des illustrations de ce nouvel ouvrage avait été présentées précédemment dans des expositions et des ventes aux enchères.

On y trouve donc :
- des peintures réalisées pour illustrer un jeu de carte pour Red Light, ce qui nous ravit car certaines des illustrations qui nous avaient charmé pendant leur exposition, se retrouvent justement ici.
- des nouvelles couvertures au crayon pour la version "Artist Collection" réalisée par Panini en 2018 (édition italienne). Des illustrations très fines et qui tranchent avec les grandes peintures couleurs, donnant un beau rythme à l’ensemble de l’album.
- dans une proportion assez faible, on retrouve des sérigraphies réalisées il y a plus longtemps et que les amateurs connaissent bien comme l’hommage à son ami Pratt avec Bouche Dorée allongée. On regrette pourtant que le nom de Moebius ne soit pas crédité dans la reproduction de la sérigraphie qu’ils ont réalisée à quatre mains. L’auteur du Déclic rattrape cet écart de son éditeur en lui rendant hommage via un beau dessin au crayon.
- des réinterprétations des signes de zodiaque (sur fond bleu) (mais différents de ceux reproduits dans Sublimer le réel).
- des [tableaux réalisés dernièrement et mis en vente avec succès : notamment lors de la vente Christie’s de 2019
- des extraits d’anciens portfolios.
- quelques peintures réalisées pour Marvel et mettant en scène de super-héroïnes
- des dessins plus anciens, datant des années 2000.
- des illustrations réalisées pour des publicités : les calendriers Texa qu’il a réalisés treize années durant, les illustrations pour le producteur de café Lavazza, etc.
- des hommages à de grands peintres du Quattrocento.
- une petite partie du précédent ouvrage Memory paru chez Paquet (2001), notamment la couverture.
- des illustrations tirés d’autres artbooks épuisés comme Le Feu aux entrailles avec Almodovar ainsi que Vénus et Salomé.
- des peintures mettant en scène des stars du cinéma ou de la télévision (Game of thrones, Hunger Games, Star Wars, etc.), dont une partie de celles consacrées à Brigitte Bardot. Il reste encore des peintures consacrées à BB qui ne se retrouvent pas cet artbook ni dans Sublimer le réel. Seront-elles reproduites un jour ?...
- des illustrations réalisées dans les années 1980 pour Glamour international
- enfin, tout le dernier chapitre intitulé Héroïnes rassemble toutes les peintures réalisées par Manara en 2020 et vendues aux enchères pour soutenir les hôpitaux italiens (voir ci-dessous). Elles se retrouvent aussi dans le portfolio Lockdown Heroes.

Passions femme s’impose donc comme le parfait pendant du précédent "Sublimer le réel" car seuls un ou deux dessins s’y retrouvent de part et d’autre. Il conviendra à tous ceux qui apprécient le travail de Manara, y compris parmi les connaisseurs les plus pointus qui y retrouveront une grande quantité d’inédits. Que demander de plus ? (excepté des légendes...)

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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