Matthieu Bonhomme : « Avec "Wanted Lucky Luke", je voulais réfléchir à la propriété d’un personnage »

16 avril 2021 9
  • Avec sa seconde adaptation de l'univers de Morris, Matthieu Bonhomme livre plus qu'un Lucky Luke ou un simple western, mais un savant équilibre entre une aventure destinée au grand public, un jeu sur les références de la série et du genre, ainsi qu'une réflexion sur l'appartenance du personnage. Analyse avec l'auteur...

Aviez-vous envie de ne pas vous arrêter lorsque vous avez réalisé L’Homme qui tua Lucky Luke ou cette idée d’un second opus ne vous a-t-elle titillée que par la suite ?

Un peu des deux. Alors que j’étais en train de réaliser le premier album, j’ai senti que j’allais être obligé de dire au revoir à Lucky Luke. Une affection s’était forgée pour le personnage, et il allait dur de le quitter. Malgré cette envie d’en faire un second, il a fallu attendre l’accueil du public. Heureusement, j’ai reçu un tel retour d’énergie des lecteurs que cet enthousiasme m’a inspiré de nouvelles pistes. Dix-huit mois après, j’ai été revoir l’éditeur avec ces nouvelles idées, et il m’a d’emblée suivi dans cette voie.

Le lecteur le remarquera, vous avez truffé ce second album de personnages qu’il reconnaîtra aisément…

Étant plus jeune, j’avais remarqué dans la série que Lucky Luke révélait plus de lui-même quand il était face aux personnages secondaires les plus emblématiques. La relation d’amitié nouée avec certains d’entre eux, leur permettait d’échanger, ce qui lui apportait de l’épaisseur tout en dépassant le stade de l’icône. Et ce sont justement ces aventures-là qui m’intéressaient le plus.

Matthieu Bonhomme : « Avec "Wanted Lucky Luke", je voulais réfléchir à la propriété d'un personnage »

Vous avez été rechercher les méchants les plus emblématiques ?

Assez vite, j’ai eu cette idée d’inverser les rôles, que cela soit Lucky Luke qui soit poursuivi par les gangsters, et j’ai effectivement été puiser parmi ceux qui me plaisaient le plus. J’ai d’ailleurs dû limiter mes choix, car je ne pouvais pas en rajouter en enfilade. J’avoue que j’ai ressenti un grand plaisir à dessiner Jack Palance, modèle de Phil Defer. Comme la fin de l’album consacré à Phil Defer laisse supposer qu’il est mort, je lui ai inventé un fils, dont la motivation est bien entendu de venger son père.

Ensuite, j’ai opté pour la Bande de Joss Jamon, qui a l’avantage d’être assez nombreuse, et de comporter le fameux Pete l’indécis, celui qui ressemble à René Goscinny.

Mais non, c'est Brad ! Brad Defer, arf, arf ?

Cette ressemblance vous permettait de rajouter un niveau complémentaire à votre récit ?

Il y a tout d’abord l’aventure elle-même, puis la tentation représentée par les femmes et la cigarette. Ensuite, je voulais réfléchir à la propriété d’un personnage. D’un bout à l’autre de l’album, tous les protagonistes veulent s’approprier Lucky Luke dans cet album, ce qui me permet de réaliser un aller-retour entre le personnage lui-même et la marque qu’il représente. En premier, on retrouve le désir des femmes, l’amour. D’autres courent surtout derrière l’argent et le pouvoir mystique qu’il représente. Enfin, les derniers visent le galon, c’est-à-dire l’avancement dans la carrière.

Par rapport à toutes ces diverses motivations qui s’emparent d’un personnage, on est confronté à l’inéluctable conclusion qu’il ne s’appartient pas, ce qui s’incarne par son goût pour la solitude. Tout cela est d’ailleurs parti de la tristesse que j’ai ressentie lorsque j’avais fini le premier album. La seule réponse que Lucky Luke formule face aux diverses démarches des personnages tout au long de l’album, c’est à Pete l’indécis, c’est-à-dire à Goscinny, qu’il répond : « - Je suis à toi. » Ce qui signifie que si Lucky Luke appartient à quelqu’un, c’est seulement aux créateurs. Bien sûr, j’aurais pu également croquer Morris, mais j’ai craint que cet élément parodique que j’aurais rajouté ne casse l’esprit de l’aventure. Ce personnage de Pete l’indécis me permettait de jouer avec le symbolique via un personnage créé par les auteurs eux-mêmes. Voilà le propos que je voulais placer en sous-texte, pour étoffer un peu le discours de l’album.

Concernant l’aventure elle-même, vous semblez vous être autant référé aux albums de la série qu’aux icônes cinématographiques du genre ?

Puiser dans cette masse d’albums serait sans fin. J’avance donc avec des références triées sur le volet, qu’elles soient tirées des albums qui m’ont marqué, ou du cinéma, et j’ai tout englobé. Le lecteur pourra retrouver des références à quelques monuments du 7e art, mais de manière générale, je suis fasciné par tous les westerns, pourvu qu’il s’agisse d’un bon film. Par exemple, j’ai beaucoup apprécié comment Sam Peckinpah a revu le mythe de l’Ouest, autant que les films de Sergio Leone m’ont passionné dans leur esprit d’aventure et parfois burlesque. Et je reste avide d’en redécouvrir plein d’autres, car quand le film est bien écrit, ce plaisir de spectateur va beaucoup m’émouvoir.

J’ai donc glissé çà et là quelques références à ces films que j’évoque. Par exemple, l’envie de couper l’index du roi de la gâchette est tirée de Pat Garrett et Billy le Kid, même si la possession de ce genre de trophées était assez courante à l’époque. C’était une référence adéquate dans l’esprit du western, et je me suis amusé à la mettre en scène pour démontrer la cruauté du personnage.
J’ai maintenu le but ultime de réaliser avant tout un bon western, avec des codes à réévaluer et des incontournables. Comme pour le premier album que j’ai réalisé, je voulais donner au lecteur un rendez-vous comportant de l’aventure, ainsi qu’un côté ludique et romanesque.

"L’Homme qui tua Lucky Luke", la scène de la diligence et l’apparition du personnage féminin

Côté romanesque, évoquons les héroïnes qui prennent une grande place dans votre récit. Était-ce parti de cette rencontre avec une passagère dans l’attaque de la diligence du premier tome ?

Oui, il y avait effectivement ce point de départ intéressant qui m’a donné envie d’aller plus loin. Et surtout de réfléchir à la place de la femme dans le western. Dans les années 1930, 1940 et 1950, se met en place un cliché qui aura la vie dure : le fait qu’un vrai héros est un homme sans femme. Un cliché ringard, sexiste et daté. Souvent on plaçait les femmes dans des rôles subalternes et moins intéressants… Ce qui est faux ! Quand le film est bon, les rôles féminins sont alors extraordinaires, car elles possèdent ce surcroît de difficulté à affronter en plus des hommes : elles doivent souvent être mère et également assurer la sécurité de leurs proches. Il faut donc leur donner des rôles féminins importants.

Les trois héroïnes que vous mettez en scène se comportent d’ailleurs différemment face l’attitude de Lucky Luke. Vous fallait-il néanmoins de vraies femmes qui dépassent le cadre du cliché ?

Certainement ! D’un côté, je me suis justement inspiré de quelques grandes actrices de cinéma, comme Jane Fonda, Claudia Cardinale, et d’autres, que j’ai mélangées pour créer ces trois héroïnes, à la fois belles et très iconiques. Je souhaitais effectivement des femmes d’actions qui puissent mener le troupeau de vaches en pantalon et bottes, et qui, le moment venu, pouvaient les troquer contre des robes pour mener le spectacle. Je voulais conférer une véritable ampleur à leur dimension, car elles n’ont pas besoin qu’on leur tienne la porte. D’ailleurs, Lucky Luke les accompagnent plus qu’il ne les aide. Pourquoi les rendre alors belles ? Car je voulais qu’on puisse se demander comment Lucky Luke pouvait refuser les avances d’héroïnes aussi fortes en caractères que désirables.

Vous confrontez Lucky Luke à bien des envies. Est-ce pour provoquer ces moments de doute ou pour lui conférer plus d’épaisseur ?

Au-delà d’un simple personnage, si je considère qu’au contraire Lucky Luke est un être humain doté de sa propre épaisseur, je devais alors me demander pourquoi il a choisi d’arrêter de fumer de son propre chef, ou pourquoi il décide de repartir à chaque fois à l’aventure. J’ai donc essayé de mettre le doigt sur une zone d’ombre, un élément qui reste difficile dans son passé, et qui est mis en lumière par des tiraillements qu’il peut ressentir. Il a donc fait des choix par le passé, et ce qui se déroule dans cet album est alors révélateur de ces choix. Bien entendu, comme tout être humain, la destinée qu’il s’est alors choisie lui ferme d’autres voies.

Une histoire de coeur pour un ex cow-boy solitaire ?

Vous faites passer beaucoup de ces informations par les chansons dans cet album ?

Et pourtant, une partie est fortuite. Avec ce cowboy qui chante tout le temps, lorsque la question de la première case s’est posée, je me suis dit que je devais le faire chanter au début, une façon de mettre les codes de la série un peu à l’envers. Puis, ma première planche provenait de mon envie de me placer dans les yeux du tueur, alors que Lucky Luke chevauche vers le soleil couchant en fin d’aventure. Pour marquer ce rappel, je commence donc là où les autres albums se terminent, alors que Luke a le soleil dans les yeux, ce qui avantage alors le tueur.

Puis, c’est en cours de réalisation de l’album que j’ai découvert le second couplet de cette chanson d’ « I am a poor lonesome cowboy », qui cadrait parfaitement avec mon album, et que je place d’ailleurs en fin de récit. Je me suis dit en le découvrant : « Ce n’est pas possible ! Ces paroles retracent exactement mon histoire ! » C’est ça qui est incroyable avec l’écriture, il y a toujours des surprises. Par la suite, je me suis rendu que Guy Vidal avait déjà employé ce second couplet dans La Fiancée de Lucky Luke, ce qui n’est finalement pas illogique, car les deux albums tournent autour d’un thème commun.

Les chansons restent donc importantes dans le récit, notamment dans le trio improvisé au débotté en fin d’album, où mes héroïnes adaptent une chanson tirée de Johnny Guitare, en changeant le nom par celui de Lucky Luke. C’est un clin d’œil à une femme forte qui sait gérer les mecs, mais qui tombe finalement amoureuse et se sent affaiblie à cause de cela. Même si la conclusion de mon album est heureuse, bien entendu.

La première planche de "Wanted Lucky Luke"

En comparant vos deux Lucky Luke, on ressent un grand travail sur ce second opus au niveau de la mise en scène et des couleurs. Un héritage de Charlotte impératrice ?

En effet, j’ai réalisé les deux premiers tomes de Charlotte impératrice entretemps, ce qui a généré un gros travail sur le choix des plans et la mise en scène. Travailler le storyboard de ces albums avec Fabien Nury m’a obligé à aller plus loin dans mon travail, notamment concernant l’intensité des cases. Wanted Lucky Luke représente sans doute le fruit de mes progrès, grâce à Fabien, et l’assurance que j’ai acquise dans le choix des plans.

Quant aux couleurs, elles sont le reflet de l’atmosphère de l’album. Le premier était mouillé et froid. Le second est sec et chaud. Puis, je voulais donner l’impression d’un album plus radical, avec des séquences bien rythmée. Je me suis donc appuyé sur la technique de Morris qui continuait à dire que le dessin reste avant du graphisme. J’ai donc fait attention aux couleurs en fonction de l’ambiance. Laisser la même couleur jaune de chemise à Lucky Luke pendant tout l’album ne revêt ainsi aucun intérêt, cela dessert même le propos. Au contraire, il faut que cette couleur change, en fonction du soleil, ou si la séquence se déroule de nuit. Le travail sur les couleurs me permet également de hiérarchiser les plans, de simplifier les cases. Puis, ce choix de teintes plus radicales donnent également le ton par rapport à d’autres éléments, comme la sensation de poussière par exemple.

Pour résumer, j’ai essayé de rester le plus simple possible, car lorsqu’on met trop de couleurs, on neutralise finalement les séquences les uns par rapport aux autres. Or je souhaitais particulièrement soigner le rythme dans ce cas-ci.

La couverture alternative pour l’édition spéciale de l’éditeur Black White.
© Lucky Comics, Matthieu Bonhomme.

J’imagine qu’il est déjà trop tôt pour se prononcer, mais auriez-vous envie de rempiler avec un troisième album, en incorporant par exemple les Dalton ? Vous semblez vouloir vous rapprocher d’eux ?

En effet, avec Dick dans ce second tome, je continue à tourner autour des Dalton. Mais j’avoue qu’ils représentent un véritable défi graphique ; j’ai du mal à me les accaparer. Quoiqu’il en soit, je ressens le sentiment d’avoir déjà bien fait le tour de la question concernant Lucky Luke : j’ai réussi à placer dans ces deux albums tout ce que je voulais mettre. Bien sûr, j’ai mis de côté quelques idées initiales qui n’auraient finalement qu’alourdi le récit, mais je ne sais pas si c’est suffisant pour un suivi. Quand vous réfléchissez à un album, vous plantez plein d’idées dans le sol et le temps fait son œuvre. Puis, comme un potager, vous récoltez celles qui sont mures au bon moment. Quant aux autres, c’est que ce n’était pas le bon album pour les exploiter.

De plus, j’ai actuellement pas mal d’autres projets personnels sur le feu, dont un autre western ! J’ai déjà réalisé deux Texas Cowboys avec Lewis Trondheim et de deux Lucky Luke, j’ai maintenant envie d’un récit plus dur, plus sombre et plus personnel. Sans oublier la suite de Charlotte Impératrice sur laquelle je travaille actuellement. Ce qui est finalement assez drôle, car Charlotte et Lucky Luke se déroule à la même époque, à quelques kilomètres l’un de l’autre.

Matth
Photo : Charles-Louis Detournay.

Propos recueillis par Charles-Louis Detournay.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Commander cet album:

BDFugue FNAC Amazon

Wanted Lucky Luke - Par Matthieu Bonhomme - Lucky Comics.

Concernant le même album, lire également notre article concernant le lancement de de cet album : "Wanted Lucky Luke" : le "lucky-mythe" du western revu par Matthieu Bonhomme

Sur le même sujet, lire également nos précédents articles :
- "Wanted, Lucky Luke ! " de Matthieu Bonhomme, des images en rafale
- Un deuxième album de Lucky Luke par Matthieu Bonhomme
- En 2016, la première adaptation de Matthieu Bonhomme avec L’Homme qui tua Lucky Luke, ainsi que son interview : « Lucky Luke est ma référence fondatrice, la série qui m’a guidé vers le western. »

Tous les visuels sont © Lucky Comics.
Logo de survol et en médaillon : CL Detournay.

 
Participez à la discussion
9 Messages :
  • Quid d’Esteban ? Le retrouverons-nous, devenu adulte, un jour ?

    Répondre à ce message

    • Répondu par Milles Sabords le 18 avril à  07:05 :

      Même si cette reprise de Lucky Luke est une très belle réussite, elle est à l’image de ce qui se passe dans l’édition depuis trop longtemps maintenant : elle a peur de prendre des risques financiers avec de nouvelles productions et préfère appliquer le système "hibernatus" en ramenant à la vie des anciennes licences de la BD. Alors, en effet, qu’en est-il d’Esteban, du Marquis d’Anaon et de Messire Guillaume ?

      Répondre à ce message

      • Répondu par Eric B ; le 18 avril à  12:02 :

        Oui et non... Les retours de Ric Hochet et de Bob Morane auront été des feux de paille. Je crois qu’en la matière, il n’y a pas vraiment de règles. Le fond du problème est que les albums de BD font trop dans le luxe et coûtent bien trop cher pour les jeunes lecteurs. Les ventes d’albums de BD ont donc du mal à cibler en dessous de la quarantaine. Le 9ème art se tire une balle dans el pied, c’est un art qui se meurt d’une manière générale... même s’il y aura toujours des auteurs pour arriver à tirer leur épingle du jeu. je pense que Matthieu Bonhomme y est arrivé !!! Bravo à lui.

        Répondre à ce message

        • Répondu le 18 avril à  20:17 :

          C’était pas mal la reprise de Ric Hochet. Évidemment, comme vous dites, ça ne s’adresse pas à de jeunes lecteurs. La BD ne se meurt pas mais en matière franco-belge, le lectorat vieillit et c’est un peu logique. Mais les jeunes générations lisent massivement des mangas. C’est une BD populaire florissante, même si son fonctionnement industriel rend la vie très dure et très compétitive aux auteurs.

          Répondre à ce message

      • Répondu le 18 avril à  12:10 :

        Ben justement, Esteban et le Marquis d’Anaon sont de vieilles séries. Mathieu Bonhomme va de l’avant. Il fait un Lucky Luke mais il ne fait pas que ça.

        Répondre à ce message

        • Répondu par Milles Sabords le 19 avril à  05:16 :

          Du moment qu’une série fonctionne toujours auprès du public, ça n’est pas une vieille série. Sinon que dire d’Astérix & Obélix, Blake & Mortimer.

          Répondre à ce message

  • Cet album est exceptionnel !
    Une réussite au point de vue dessin, scénario et couleurs.
    Matthieu Bonhomme arrive à renouveler le mythe de Lucky Luke ainsi que l’avait fait Chaland pour Spirou dans les années 80.
    Comme le père du jeune Albert, Bonhomme réussit son pari par la force spéciale de son dessin.
    C’est sur ce point que je voudrai insister.
    La ligne claire de Bonhomme est si limpide et élégante graphiquement qu’elle s’impose à notre regard en nous donnant à voir ce que nous ne percevions pas si facilement dans le Lucky Luke de Morris.
    C’est par la capacité incroyable à définir les attitudes corporelles très précises des personnages qu’une lecture de la psychologie de ceux-ci se redéfinit et nous permet de mieux comprendre leur caractère. Chaque geste compte, chaque mouvement est placé avec beaucoup de justesse. Du coup Lucky Luke nous semble plus accessible intérieurement et cela change profondément la connaissance que nous avons du Lonesome cow-boy. Et on peut dire de même pour Jolly Jumper !!
    Du coup, je me retrouve à relire les albums de Morris et Goscinny avec un autre œil !
    C’est vraiment très très fort de réussir ce coup-là !
    On en redemande.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 20 avril à  08:30 :

      C’est très bien mais Morris était quand même plus fort à sa grande époque. Par ailleurs, Bonhomme ce n’est pas de la ligne claire.

      Répondre à ce message

    • Répondu par Milles Sabords le 2 mai à  09:58 :

      Comme pour le Blueberry de Sfar et Blain, malgré l’immense talent de Bonhomme, toutes ces reprises "vu par" donne l’impression que les éditeurs tournent en rond. Les comités de lecture ne manquent pourtant pas de projets ambitieux, il y aurait de quoi lancer de nouvelles séries prometteuses. Que fait l’édition BD ? Ce n’est pas avec toutes ces recettes commerciales à court terme que la relève va arriver... Pendant que le Manga et le Comics se ré-inventent en permanence, l’édition francophone s’ankylose. Ce n’est pas vraiment une situation enthousiasmante pour la liberté de création et "on en redemande" pas de toutes reprises marketing, heureuses ou malheureuses. Crénom de bondiou, que les éditeurs se bougent, plutôt que de compter leurs biffetons !

      Répondre à ce message