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Seul le silence, par Fabrice Colin et Richard Guérineau, d’après R.J. Ellory : un thriller glaçant

  • Roger Jon Ellory, dit R.J. Ellory, est un auteur britannique qui a reçu le Prix du Roman Noir Nouvel Observateur/Biblios en 2009 pour « Seul le silence », que l’on peut rattacher au genre du thriller et du polar noir. Nous suivons l'histoire de Joseph Vaughan, un écrivain qui raconte une série de meurtres d’enfants qui ont traumatisé son patelin, dans l’État de Géorgie, entre la fin des années 1930 et les années 1960. Alors que des meurtres inexplicables et atroces ont lieu dans le voisinage, le jeune homme va faire preuve d’un incroyable acharnement pour tenter de coincer le coupable, ce qui va l'amener dans une spirale infernale convoquant le passé et le présent...

Sortie en octobre, l’adaptation en BD de Seul le silence a été publiée aux éditions Philéas, habituée des romans graphiques de genre, et ce sont le scénariste Fabrice Colin (La Brigade chimérique chez L’Atalante, Chicagoland chez Delcourt...) et le dessinateur Richard Guérineau (Le Chant des Stryges et Charly 9 chez Delcourt...) qui s’en chargent. Un pari ambitieux et même réussi, une combinaison pas toujours évidente.

En effet, le récit est très froid et dénué de toute morale, à réserver à un public averti. On y retrouve pas mal d’éléments attendus du polar : atmosphère plombée, scènes de crime décrites avec force détails, un peu de sexe et une galerie de personnages dont le lecteur cherche à pourfendre l’alibi.

Mais la grande force de cette adaptation, au suspense qui va crescendo, est de s’attarder sur le portrait psychologique de ce Joseph Vaughan, un homme simple, sans héroïsme, et qui semble presque déranger en remuant le passé.

Seul le silence, par Fabrice Colin et Richard Guérineau, d'après R.J. Ellory : un thriller glaçant

Heureusement, la BD ne dérive jamais vers les explications tordues et les procédures policières, on a plutôt affaire à un drame personnel, la tragédie d’un homme face à un monde qui semble devenir un peu plus cruel et inexplicable chaque jour ; le dessin dur dans des tons sépias participe de cette atmosphère fataliste de Grande Dépression.

Si vous aimez les thrillers bien ficelés à la Seven, Zodiac, Memories of Murder ou en BD, Blacksad, par exemple, vous allez adorer Seul le silence.

(par Auxence DELION)

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