CAB et Federica Di Meo auteurs du manga Oneira : « un mélange particulier entre médiéval, renaissance et steampunk. » [INTERVIEW]

  • De la Dark Fantasy qui rend les cauchemars réels et dangereux, c’est ce que nous propose le scénariste CAB et la dessinatrice Federica Di Meo dans "Oneira" édité chez Kana. Des planches sombres qui reflètent parfaitement l’ambiance de ce monde tout en illustrant le frisson causé par les monstres. Et au centre de l’intrigue, une relation mère-fille avec Arane, une guerrière aguerrie qui combat les cauchemars et protège en même temps son enfant. Petite particularité originale de l’œuvre : un album audio a spécialement été conçu pour le premier tome afin de mieux s’immerger dans l’univers. Rencontre avec leurs auteurs.

Comment est née votre collaboration ?

CAB : J’ai envoyé un dossier à Timothée Guedon [éditeur chez Kana. NDLR] avec qui j’ai accroché tout de suite et qui est devenu notre éditeur. Il voulait absolument faire Oneira et, de mon côté, j’avais envie de le faire avec lui car je l’ai senti bienveillant.

Puis, nous avons fait passer des essais à des dessinateurs et un jour nous avons reçu ceux de Federica. Avec Timothée, nous nous sommes appelés tout de suite en nous disant qu’il fallait que ce soit elle qui dessine. C’est venu de façon très naturelle. Je parlais tous les jours avec Federica qui a commencé à travailler sur les chara design, la conception des personnages, alors qu’on avait pas encore signé de contrat. On savait de toute façon qu’on allait travailler ensemble.

Federica Di Meo : Nous avons un travail vivant tous les deux. C’est pourquoi nous avons changé quelques parties de l’histoire au fur et à mesure comme la fin du tome 1 et des éléments du tome 2.

CAB : Oui, nous avons une sorte de symbiose qui permet cette collaboration organique. C’est venu dès le premier jour où nous avons commencé à parler.

Pouvez-vous nous parler de la création de Oneira  ?

CAB : L’histoire d’Oneira vient d’une très vieille musique française qui s’appelle Nature Boy ou Étrange garçon de Lucienne Delyle. Un jour je suis tombé aléatoirement sur une reprise de cette musique interprétée par la chanteuse Aurora que j’aime beaucoup. Dans cette version, il y a dès le début une espèce de morceau de violon très étalé dans le temps comme une sorte de coup de couteau ce qui m’a donné un frisson.

En fait, la chanson parle d’un étrange garçon plein de charme et de mystères et je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose dessus. À ce moment-là, je sortais d’une lecture de The Witcher, L’Épouvanteur, Elric le nécromancien et en même temps, je lisais des choses amérindiennes sur la capture des rêves. Je me suis dit que ce garçon dans la chanson me faisait peur comme un espèce de cauchemar. J’ai donc construit une histoire autour de ça.

Dans cet univers assez rude, entre la menace des cauchemars et les problèmes liés à l’Ordo-Sancti (l’église), on a Arane qui s’est imposée comme une combattante hors pair endurcie et, en même temps, qui est une mère aimante et protectrice avec sa fille. Comment a-t-elle été créée ? Est-ce qu’Arane a beaucoup évolué entre l’idée de base que vous aviez d’elle et sa version finale ?

CAB : Arane était déjà comme ça dans mon esprit. Je pense que je lui ai juste apporté un peu plus de tendresse et de romantisme après avoir vu le chara design que Federica avait fait. Je voulais que ce soit une femme qui, quand elle arrive dans une pièce, fait que tout s’arrête. Je la voyais extrêmement belle mais pas comme une beauté qu’on désire. Un peu comme Charlize Theron que je trouve magnifique mais qui me fait peur. Elle a une espèce de prestance et de charisme qui lui donne l’air d’être inaccessible comme si on la voyait d’en bas. Et je voulais que ce soit la même chose pour Arane. Qu’elle soit un personnage presque mythique dans sa beauté. Je trouve que Federica lui a donné un côté sauvage avec ses cheveux presque en bataille.

Federica Di Meo : Une beauté sauvage, dure et glaciale.

CAB : Oui on le ressent dans son design et dans ses yeux. Parmi les premières choses que j’ai dites à Federica c’est que je voulais qu’elle ai un regard qui soit comme de la glace et que sa fille Vénus ait les yeux de l’océan. Les deux devaient avoir les yeux bleus, que l’une soit l’océan et que l’autre soit la glace.

CAB et Federica Di Meo auteurs du manga Oneira : « un mélange particulier entre médiéval, renaissance et steampunk. » [INTERVIEW]
Oneira Arane Tome 1
© CAB/Federica Di Meo/Kana éditions

Mettre au centre d’un manga de Dark Fantasy une relation entre une mère est sa fille est intéressant. Pourquoi ce choix ? Comment est venue l’idée ?

CAB : C’est quelque chose de très peu vu et très compliqué à exploiter car je suis un garçon. Je trouve que les parents et les enfants ont toujours des relations conflictuelles et je ne voulais pas faire quelque chose entre le père et son fils car c’est un peu trop personnel. Je n’ai pas de problème avec ma mère de manière générale, donc c’était intéressant d’essayer de comprendre comment ça fonctionne.

Pour cela, je suis allé sur un forum où il y a des parents adoptants et des enfants adoptés qui peuvent discuter les uns avec les autres. En arrivant sur ce forum, j’ai expliqué que j’étais en train d’écrire un scénario et j’ai rencontré une mère et sa fille bénévoles sur le site. Nous avons beaucoup échangé et elles m’ont raconté leur relation sur Skype. Plus elles m’en parlaient et plus j’avais envie d’écrire dessus. C’était important pour moi de le retranscrire. C’est pourquoi, il y a beaucoup de dialogues dans Oneira qui sont inspirés de ça. Par exemple, dans le tome 3, il y a un dialogue qui retranscrit de façon quasi exacte une dispute qui a vraiment eu lieu.

Federica Di Meo : CAB m’a dit qu’il fallait que je sois précise dans le dessin car ces pages sont les plus importantes du tome 3 et de tous les tomes. Arane et Vénus avaient une relation compliquée et ce moment-là, peut-être la fin de leur relation.

CAB : Il y a une cassure entre les deux qui pourrait être fatale. C’était donc important que Federica la retranscrive bien.

Oneira Vénus Tome 1
© CAB/Federica Di Meo/Kana éditions

Votre œuvre introduit des concepts spécifiques autour des cauchemars avec un bestiaire assez riche qui peut rappeler à certain l’univers de The Witcher. Quelles ont été les inspirations pour les cauchemars ?

CAB : The Witcher a beaucoup joué. Nous avons inspiré la muse des harpies au niveaux du son et des sirènes. Il y a aussi une cinématique dans l’extension du jeu The Witcher Blood and Wine avec la strige qui a servi d’inspiration. Federica a également intégré le concept de robe de mariée blanche avec une espèce d’épine dans les cheveux de la muse.

Pareil pour les chérubins qui sont des cauchemars qui apparaissent dans le tome deux. C’est des espèces de petits anges modifiés que Federica a créés sans yeux, sans nez et avec un grand sourire plein de dents. Elle a aussi eu l’idée de s’inspirer des tableaux. D’ailleurs, elle a introduit un tableau avec une métaphore dans le tome 1. [SPOIL] Dans une des cases où on le voit, l’ange peint sur le tableau se trouve au-dessus de la coupable et la désigne. En termes d’inspiration, nous avons également pris à peu près tout ce qui est mythologie nordique.

Oneira Tableau Tome 1
© CAB/Federica Di Meo/Kana éditions

Federica Di Meo : Pour moi c’est vraiment amusant de mettre des petits liens et des indices dans les cases.

CAB : Elle le fait beaucoup et c’est super-intéressant. Il y a pleins de petites choses cachées à l’intérieur du tome qui, pour l’instant, n’ont pas encore été très vues par les gens.

Federica Di Meo : Pour moi, c’était vraiment difficile de dessiner les monstres parce que j’en ai vraiment peur. Quand on m’a proposé de travailler sur Oneira je me suis dit : pourquoi pas ? Je voulais vraiment ouvrir un autre aspect de mon travail. J’ai choisi de mettre toutes les choses qui me font vraiment peur dans les cauchemars. Par exemple, pour les chérubins, j’ai utilisé des anciennes poupées car elles me font peur. Je pense que j’avais besoin d’avoir peur pour transmettre cette peur aux lecteurs. Toutes les fois où CAB me donnait les descriptions j’avais peur. Mais je me dis que si moi ça me fait peur, alors ça fera peur aux autres.

Oneira Muse Tome 1
© CAB/Federica Di Meo/Kana éditions

Vous avez eu l’idée d’intégrer un album musical dans Oneira. D’où vous est venue l’idée de créer cet album pour votre manga ?

CAB : En septembre 2020, un ami de longue date, Alex, connu sous le pseudo de Amsø, est venu chez moi. Il fait beaucoup de productions pour des rappeurs et pour lui-même, entre autres. Et il m’a dit que ce serait drôle de faire une musique qui parle d’Oneira.

En général, quand on me propose ce genre de choses, je le prends très vite comme un challenge. Au début, c’était juste quelque chose de marrant, puis on a voulu par la suite le mettre dans un trailer et enfin l’idée a grandi. Amsø a commencé à nous envoyer des choses, il y a un an et demi. Au final, on s’est dit qu’on allait faire un album pour la série.

Pour nous aider, on a pris un échantillon de 22 personnes dont des gens de chez Kana et de nos amis pour lire des passages sélectionnés du projet. Les personnes devaient se « timer » à chaque fois, ce qui a donné des moyennes avec les « timecodes » de ces 22 personnes à la fin. Ensuite, avec Federica, on a choisi des instruments qu’on a transmis à Alex qui nous a renvoyé des essais.

On a également fait une playlist de musiques qui nous plaisaient à Federica et moi. Les time codes ont été envoyés à Alex pour qu’il compose grâce à ça en respectant le tracé de la musique. C’était donc important pour nous d’avoir cette espèce de « vibe » constante pour favoriser l’immersion.

Au départ, on pensait que les gens n’allaient pas y prêter d’attention mais on nous en parle à chaque fois, ce qui est très cool. Alex a fait un travail incroyable car on ne voulait pas seulement quelque chose d’orchestral et d’épique mais aussi quelque chose de moderne. C’est pour ça qu’il y a des sons très modernes.

Federica Di Meo  : Les sons se mélangent bien avec les dessins car mon inspiration ne vient pas seulement de la Dark Fantasy comme Berserk mais aussi d’œuvres qui sont plus seinen, plus noires, plus adultes et plus modernes.

Federica Di Meo vous avez réussi à transposer en dessin l’ambiance sombre de cet univers de Dark Fantasy. Comment travaillez-vous les dessins d’Oneira ? Quels matériaux utilisés vous ?

Federica Di Meo : J’utilise beaucoup ma connaissance de l’histoire de l’art car j’ai étudié pendant plusieurs années l’art médiéval, l’art classique et l’art de la Renaissance, entre autres.

Mais je suis aussi une grande lectrice de mangas. Chaque fois que je vois quelque chose qui m’inspire je le mets dans un board sur Pinterest que je partage avec CAB. Il est rempli de choses qui m’inspirent comme des coiffures, des décors ou encore des cases. J’ai vraiment beaucoup d’inspirations différentes. D’ailleurs, il y a un manga en particulier qui m’aide beaucoup et qui s’intitule Bungo Stray Dogs Beast. C’est un manga Dark qui utilise un effet sur la couleur noire qui a un côté gratté que j’aime beaucoup. Il s’agit d’une histoire de dark fantasy et de mafia mais plus citadine, plus moderne. J’aime bien mélanger le côté médiéval à la Berserk et ce que propose Bungo Stray Dogs Beast..

C’est pourquoi j’ai eu l’idée de mélanger le technologique à l’historique dans Oneira. C’est un mélange particulier entre médiéval, Renaissance et Steampunk. Par exemple, la voiture qu’on voit dans le tome 1 est une fusion de carrosse et de la première voiture de Léonard de Vinci. C’est la machine qu’il a faite avant les avions. Le véhicule fonctionne grâce aux cristaux qui ont de l’énergie et qui font offices de catalyseurs. Pour l’instant on ne voit pas encore beaucoup la technologie dans Oneira, car l’histoire évolue dans la campagne.

CAB : C’est important pour nous car ça donne quelque chose de très identitaire. Le Steampunk, ça a déjà été vu, le gothique aussi, le gothique mélangé à de la Renaissance aussi et le médiéval, c’est vu et revu. Pour le véhicule dans Oneira, le carrosse fait très médiéval et la voiture de Léonard de Vinci fait au contraire Steampunk.

Oneira Véhicule Tome 1
© CAB/Federica Di Meo/Kana éditions

Est-ce que vous avez connu des difficultés particulières liées à ce projet ?

CAB : Non. En fait, on a reçu beaucoup de soutien de la part des éditions Kana.

Federica Di Meo : C’était vraiment facile. Les éditions Kana ont aimé l’histoire.

CAB : Pour la couverture du premier tome on la voulait blanche et Kana nous a dit que ça ne faisait pas très Dark Fantasy. C’est pourquoi, on est reparti de zéro et Federica a créé la couverture actuelle.

Federica Di Meo : Toutes les couvertures des quatre tomes sont liées avec les couleurs.

CAB : En effet, par exemple, pour la couverture du tome 1, le rouge est la couleur majeure et le bleu la couleur mineure et pour la couverture du tome 2 le bleu est majeur et le vert mineur. La couleur qui est mineure sur une couverture devient la couleur majeure sur le tome suivant. Les éditions Kana étaient d’accord avec cette idée.

Federica Di Meo : Aussi les éditions ont eu l’idée d’intégrer des surbrillances sur les couvertures ce qui est un bon moyen pour voir la magie.

CAB : Ils ont donné leur aval sur pleins de choses tout en nous poussant plus loin et en nous réfrénant sur certains éléments car ça aurait été trop. Et non, on n’a pas eu de difficulté sur la construction du projet.

Federica Di Meo : Quand je travaille sur différents projets, j’ai vraiment plusieurs corrections à faire, mais quand je donne mes planches pour Oneira, on me dit que c’est parfait.

CAB : Il y a eu seulement des petites corrections sur le premier tome mais sur les quatre tomes, la maison d’édition n’a pas touché au scénario, il n’y a eu aucun changement.

Federica Di Meo : Je pense que c’est une question de confiance mais c’est aussi dû au fait que j’ai pu voir les scènes avant de les dessiner. Le scénario est tellement bien écrit que j’ai pu voir chaque moment.

CAB : Comme je travaille en découpant avec des angles et des plans si le storyboard a été validé en amont par l’éditeur, une fois que Federica le retranscrit dans les pages, c’est rare que l’éditeur demande une reprise puisqu’il l’a déjà validé.

Federica Di Meo : Le storyboard c’est le vrai moment de la création de l’histoire. Je travaille en numérique et j’ai travaillé en analogie pendant dix années ; mais le numérique m’ouvre une autre possibilité de travailler.

CAB : Et c’est plus facile pour faire des corrections.

Après Oneira que prévoyez-vous par la suite ?

CAB : Oneira. On aimerait bien faire une suite. Pour nous, les quatre tomes sont une introduction. Federica connait l’histoire dans sa quasi intégralité. C’est vraiment un long projet.

Federica Di Meo : Je pense que personne ne peut voir à quel point c’est vraiment bien structuré, mais si nous avions mis trop de choses dans cet arc, cela aurait été trop.

CAB : Il n’était pas possible de tout mettre dans cet arc. On a fait quelque chose de très intimiste. C’est un monde très grand, mais on ne le voit pas dans ces tomes. On aurait pu montrer pleins de choses mais au bout de cet arc vous auriez été frustrés car ça n’aurait été qu’une surface. Il y aurait eu tellement de choses à gratter que ça aurait donné quelque chose de vide. Donc on a décidé de faire ça à une échelle plus petite pour parler d’une histoire plus intime. Il y a un antagoniste mais il ne menace pas la chute du monde. C’est une bonne introduction et c’est un super moyen de découvrir les personnages.

(par Malgorzata Natanek)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782505086307

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Source : Datalib
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