Kris ("Un Sac de billes") : « Aujourd’hui, les scénaristes construisent les personnages différemment »

13 avril 2011 0 commentaire
  • {{Kris}} et {{Vincent Bailly}} vont adapter trois livres de l’écrivain {{Joseph Joffo}}, dont le premier, « {Un Sac de billes} », est paru récemment. Le scénariste breton, familier des récits historiques à la portée sociétale, s’est glissé avec aisance dans les ambiances et le vécu de l’écrivain. Membre du SNAC et ancien agitateur d’idée au sein du comité de pilotage du syndicat BD, Kris aborde également avec nous sa vision du métier….

Kris ("Un Sac de billes") : « Aujourd'hui, les scénaristes construisent les personnages différemment »Pourquoi avez-vous adapté le roman de Joseph Joffo, un Sac de billes ?

C’était l’un des romans préférés de ma jeunesse. J’ai toujours su que cette histoire méritait d’être racontée différemment, sur un autre support. En 2008, j’ai relu ce livre. Je ressentais le même plaisir de lecture qu’avant, et surtout la même nécessité à transposer cette histoire en BD. Ce roman a été du velours à adapter : Joseph Joffo l’a structuré avec une narration très elliptique, en chapitres très rythmés, c’était déjà presque un scénario de BD ! J’ai découpé cette première histoire en deux tomes. Le premier raconte la fuite d’une partie de la famille Joffo en Zone libre. J’ai fait très peu de coupes. Pour le deuxième, ce sera différent, il y aura plus de choix narratifs à faire. C’était la première fois que je réalisai une adaptation, et cela a été un vrai bonheur. D’autant plus que ce roman rejoignait les thématiques que j’avais déjà développées dans mes livres : Quelle forme prend l’enfance et « l’innocence » pour survivre dans la guerre.

N’est-il pas frustrant pour un raconteur d’histoire de se mettre ainsi au service de l’imaginaire – ou ici, du vécu – d’un autre ?

Non, mes histoires ne viennent jamais de nulle part. D’une manière générale, j’écris plutôt des récits historiques qui demandent certaines recherches, dans lesquelles je peux transmettre certaines valeurs. Ces histoires viennent de mon éducation, de mes recherches, de mes lectures (comme un Sac de billes). Ce livre m’a porté à un moment donné. C’est un juste retour des choses de faire en sorte que ce récit soit disponible sous une autre forme pour le faire connaître à des gamins, des adolescents ou des adultes qui ne l’auraient pas encore lu !

Extrait du T1 de "un Sac de billes"
(c) Joffo, Kris, Bailly & Futuropolis

Joseph Joffo nous a confié qu’il tenait à ce que l’ensemble de la trilogie soit adaptée en BD.

Oui. C’était sa seule exigence. Par contre, Il avait envie que l’on adapte ses romans dans l’ordre chronologique. Le Sac de billes se place au milieu de la trilogie si on suit cet ordre. Ce fût notre seule petite divergence car, là-dessus, je ne l’ai pas suivi. Pour une simple raison : Le Sac de billes est le roman le plus connu, et c’était la meilleure façon d’attirer le public afin de poursuivre avec les autres ensuite. En dehors de ces considérations commerciales, il y avait aussi une raison artistique : Il a écrit ces livres dans un certain ordre. Un Sac de billes fût le premier des trois. Après avoir lu ce premier livre, on comprend mieux certains aspects des autres, notamment dans la préquelle. Le père de Joseph Joffo est mort à Auschwitz. On sent dans un Sac de Billes un attachement particulier au père, mais cette relation est d’autant plus éclairée dans Agates et Calots qui se déroule avant, si on connaît l’aspect dramatique de la séparation puis de la mort du père de Joseph Joffo. On a donc préféré l’ordre de parution des romans. Il y aura un Sac de billes développé en deux tomes, puis Baby-foot et Agates et calots qui seront traités en un seul album chacun.

Vous aviez déjà signé « Coupures Irlandaises » avec Vincent Bailly. Comment décririez-vous le travail de ce dessinateur ?

Il ne cherche jamais à faire le « beau » à travers son dessin. Il veut avant tout se mettre au service des intentions des personnages. Il avait admirablement réussi à le faire dans Coupures Irlandaises, et ce n’était pas simple, car c’était, en partie mon histoire. … Et puis bien sûr dans un Sac de Billes. Il a modifié son graphisme pour adapter le roman de Joffo. Il a été vers un dessin plus rond, plus « doux », car nous voulions tenir compte d’une partie du public du livre : les enfants et les jeunes adolescents. Humainement, Vincent est quelqu’un de réservé. J’espère que Coupures Irlandaises et Un sac de billes lui permettront de mieux se faire connaître car c’est tout simplement un grand auteur de bande dessinée.

Extrait du T1 de "un Sac de billes"
(c) Joffo, Kris, Bailly & Futuropolis

Vous avez participé à Destins, la dernière série conceptuelle de Frank Giroud. Était-ce un boulot de mercenaire ou une véritable création ?

Sûrement pas un travail de mercenaire, car je n’en ai pas besoin ! Et ce n’était pas non plus tout à fait un boulot de création entièrement personnel car il y avait des contraintes. J’ai dû tenir compte de la charte globale, mais aussi celle du récit qui précédait ou suivait le mien dans l’arborescence de la série. D’autant que dans cette arborescence, l’album que j’ai scénarisé, tout comme ceux de trois autres scénaristes, étaient des moments importants de l’aventure : la toile d’araignée était à son maximum et elle allait commencer à se refermer. Je devais tenir compte de cette situation.

À vrai dire, je ne pouvais pas dire non à ce défi, et à cette formidable expérience. Les récits de Frank Giroud ont particulièrement compté pour moi quand j’étais adolescent. En tant qu’auteur, je viens aussi de Louis La Guigne et d’Azrayen. Et puis, humainement, Frank est un homme engagé, qui fait partie du syndicat des auteurs de BD dont je fais également partie. Il y avait beaucoup de raisons pour que j’accepte sa proposition sans réfléchir. Et puis, voir travailler 13 scénaristes ensemble sur un même projet, cela me donnait envie ! Je souhaitais vivre cette aventure et voir si c’était de l’ordre de l’utopie ou du réalisable.

N’était-ce pas une expérience trop complexe et finalement difficilement compréhensible pour le lecteur ?

C’est un plaisir de scénaristes au départ. Nous nous sommes mis ensemble, à treize, pour développer ces destins possibles pour un même personnage. Mais derrière cela, il y a une vraie volonté d’aller vers le public. Je ne pense pas que le concept soit trop complexe. S’il l’est, c’est qu’au final, nous n’avons pas été assez bons.

On a essayé que chaque album colle à la personnalité du scénariste. C’était sans doute l’aspect le plus utopique du projet, car nous étions tous dépendants des livres qui précédaient ou suivaient le nôtre. Par exemple, Pierre Christin a choisi de situer l’action de sa BD en Afrique, de parler notamment des enfants-soldats. Ce n’était pas un thème avec lequel je me sentais à l’aise et j’aurais aimé me documenter, lire des livres pendant deux ou trois ans, puis laisser décanter cette thématique avant d’écrire la moindre ligne. Mais c’était impossible, nous avions des délais à tenir. J’ai donc dû me débrouiller. Au final, les albums de chaque auteur ne sont pas tout à fait le reflet de ce qu’ils auraient pu faire seuls !

Et puis, pour ma part, j’ai été confronté à autre problème : j’ai besoin de place pour développer la psychologie des personnages. Je me sentais un peu à l’étroit dans un 46 planches. Mais bon, avec chacun ses qualités et ses défauts, nous avons réussi à mener ce projet au bout et c’est déjà un petit exploit.

La bande dessinée n’est-elle pas plus dans l’aération aujourd’hui ? … Plus de pages, moins de cases, tout en prenant le soin de peaufiner la psychologie des personnages.

Oui. Et puis, les scénaristes construisent les personnages différemment. Les classiques d’il y vingt ou trente ans datent de cette époque. On aime les relire pour le plaisir. Les 7 vies de l’Épervier (de Juillard et Cothias) a été un chef d’œuvre des années 1980 et 1990. Mais les lecteurs auraient-ils le même intérêt pour ce récit aujourd’hui ? Entretemps, d’autres séries historiques sont apparues et ont amené une manière différente de traiter l’histoire, de mettre en scène des personnages réels ou imaginaires. Et c’est vrai, on accorde une plus grande importance à la psychologie des personnages. Et pour ça, il n’y a pas photo, il faut de la place. Si on est si attaché à Blueberry, c’est parce que Jean-Michel Charlier et Jean Giraud ont développé un cycle sur une dizaine de tomes. Des lecteurs m’ont dit qu’en 46 pages, Jean-Michel Charlier savait camper la psychologie de ses personnages. C’est faux. Il réalisait d’excellents récits d’aventure, mais il avait besoin de plus d’espace pour peaufiner cette psychologie. C’est qu’il a fait par exemple avec le cycle de Blueberry qui commence avec Balade pour un cercueil, et se termine avec Le Bout de la piste qui, pour moi, est sans doute son chef d’œuvre. Les petites saynètes de la vie quotidienne,qui permettent d’entrer dans les personnages, sont saupoudrées dans chacun des albums et c’est le tout ensemble qui fonctionne si bien. Mais aujourd’hui, c’est tout de même rare qu’on puisse annoncer, dès le départ, qu’on va développer une aventure et des personnages sur dix albums…

Projet pour un ex-libris pour "Notre mère la guerre"
(c) Maël, Kris & Futuropolis

Vous vous préparez à conclure également « Notre Mère la guerre » avec un troisième et dernier album…

Oui… Mais en fait non ! Cette histoire sera finalement développée en quatre tomes. L’été dernier, j’ai lu encore beaucoup de livres sur la Première Guerre mondiale. Les recherches historiques ont progressé ces dernières années et j’ai lu des documents qui m’ont inspirés. Notamment des thèses qui apportaient un nouveau regard sur les mutineries, celle d’André Loez par exemple. J’ai alors décidé de les inclure dans le récit. Ce dernier devait être développé à l’origine en deux albums. Et il le sera finalement en quatre !

Dessin de couverture pour le T1 de "Svoboda"
(c) Pendanx, Kris & Futuropolis.

Sébastien Gnaedig a déclaré qu’il n’y aurait pas de série chez Futuropolis. Pourtant, vous préparez « Svoboda, Carnet de guerre imaginaire d’un combattant de la Légion Tchèque en Russie », un projet assez ambitieux avec Jean-Denis Pendanx qui paraîtra au mois de juin. À l’origine ce projet devait être dessiné par Frank Bourgeron. Vous en parliez déjà en 2008.

Oui. Neuf tomes sont planifiés. Ce qui contredit donc totalement ce que j’ai dit plus haut au sujet de Blueberry ! Mais ce sujet est très particulier : j’ai d’abord pris du retard dans l’écriture du scénario et Frank n’était plus disponible pour l’illustrer. Puis, nous avons trouvé le dessinateur idéal en la personne de Jean-Denis Pendanx. Il fallait dénicher un dessinateur qui ait une envie d’exotisme, de dessiner les pays de l’Est, l’immensité de ces régions, et surtout les trains. Ses deux précédentes histoires parlaient de voyage. Il est lui-même assez nomade et visite souvent les pays étrangers. Et puis, c’est surtout un sacré dessinateur ! Pour mener à bien cette saga, il fallait un auteur motivé, pris par l’histoire, et dont on est certain qu’il n’allait pas nous lâcher en cours de route.

Neuf tomes, c’est presque une série…

C’est vrai que j’ai démarré en réalisant des récits complets chez Futuropolis. Et aujourd’hui, je m’oriente de plus en plus vers des récits plus longs. Mais, encore une fois, il me fallait de la place pour traiter un tel sujet.

Extrait du T1 de "Svoboda" (couleur non définitive)
(c) Pendanx, Kris & Futuropolis.

Aimeriez-vous réaliser une série au long court ?

Ah, oui ! Je viens de la littérature populaire et du feuilleton. On me prend aujourd’hui pour un scénariste de one-shots. Mais, comme je l’ai dit, j’ai été un fan absolu de Blueberry et de toutes les séries de Jean-Michel Charlier.
Je vais par exemple réaliser Uchronia (titre provisoire car déjà pris par un jeu vidéo malheureusement !), une série avec Bruno Duhamel aux éditions Dupuis. Le projet a mis du temps à se monter car un premier dessinateur a finalement renoncé en cours de route. Le style graphique de Duhamel est très franco-belge, à la Willy Lambil, Conrad, etc. Je peux ainsi donner une tonalité différente à l’histoire qui conviendra aux adolescents. Ce récit sera dans la lignée de Seuls, Soda ou d’autres séries comme Théodore Poussin, qui permettent de faire un lien entre les adolescents et les adultes. J’aimerais écrire d’autres histoires dans ce genre, avec des héros récurrents.

Vous avez fait un long voyage l’année dernière en Russie. Celui-ci a-t-il nourri le récit de Svoboda ?

Oui, j’ai voyagé dans le Transsibérien entre Moscou et Vladivostok pendant trois semaines. Ce voyage ne reflète bien entendu pas les conditions de l’époque, mais cela m’a permis de connaître la vie quotidienne dans le train. J’ai réalisé ce voyage en compagnie d’autres auteurs et de personnes que je ne connaissais pas. Nous avons vraiment vécu la vraie vie en communauté ! On est tous capable de faire des concessions pendant un certain temps. Mais là, il fallait en faire en permanence pendant des semaines. Ce n’est pas si facile que cela. Et puis, cette vie en communauté crée une solidarité, car il faut faire attention aux autres en permanence. Mes personnages, eux, ont vécu dans ce climat pendant trois ans. Ils étaient plongés dans la guerre civile et étaient éloignés de chez eux. Ce confinement devait créer un climat de solidarité. Ce que je ressentais rejoignait les éléments découverts dans ma documentation. Ils étaient extrêmement soudés, forts et disciplinés.

Ce voyage avait aussi un aspect symbolique : je traversais les paysages que mes personnages ont eux-mêmes vus.

Extrait du T1 de "Ukronia" (titre provisoire)
(c) Bruno Duhamel, Kris & Dupuis

Quels sont vos projets ?

Maintenant que les Archives nationales sont ouvertes concernant les événements que nous avons racontés dans Un Homme est mort, nous allons réaliser un petit livre intitulé Contre la mort, contre l’oubli. Il contiendra une partie documentaire, une douzaine de pages de BD, et peut-être un DVD. Tout cela est encore en gestation, je ne peux pas vous en dire plus.

« Politique Qualité », un documentaire sur une troupe de théâtre composée de femmes ouvrières, paraîtra également au printemps 2012, avec Sébastien Vassant aux pinceaux.

Et, en ce moment, je prépare « En novembre quand elle viendra », un récit en deux tomes sur la naissance du Rock & Roll avec Thierry Martin. Il y a également trois autres projets que je peaufine actuellement : l’un sur les écrivains pendant l’occupation allemande. Un autre, véritable somme documentaire sur Verdun, se prépare pour l’horizon 2016... Enfin, le dernier est une histoire plus personnelle, qui mélange mes racines, ma famille et la « Grande Histoire », mais vue par le petit bout de l’intime malgré tout. Ce récit s’intitulerait : « Mon arrière-grand-père, mes grands-pères, De Gaulle et moi  »…

Vous n’êtes pas issu d’une famille communiste ?

Si, entre autres. Mais mon arrière-grand-père était très gaulliste. Pour une raison assez simple : il avait rejoint le Général en Angleterre dès le 20 juin 1940. Il a participé à la plupart de ses campagnes. Mon grand-père, son fils, est devenu pendant ce temps résistant communiste en France. J’ai trouvé dernièrement des documents qui m’ont éclairé sur le parcours de ces aïeux et j’ai compris à quel point je venais de là. D’où le « et moi » final dans le titre.

Vous semblez ne pas avoir de difficulté à placer un projet. Quel est votre secret ?

Aucune idée. Si je le savais, je donnerais la recette à tout le monde ! Cela se passe effectivement bien pour l’instant mais j’ai conscience que tout cela peut s’écrouler très vite. Je reste vigilant. Pendant dix ans, j’ai eu d’autres professions. Une partie de moi-même reste disponible pour travailler dans d’autres domaines, s’il le fallait. Que cela soit par nécessité économique ou tout simplement si la bande dessinée ne me satisfaisait plus. Notre métier est très difficile et exigeant, quoique l’on en pense. Cela peut être génial quand tout se passe bien, et horrible quand cela tourne mal. Je suis conscient, qu’un jour, je n’aurai peut-être plus rien à raconter.

Cette vigilance de tous les instants permet actuellement que cette aventure dure. C’est pour cette raison que j’accorde une importance particulière à chaque album, à mes relations avec mes coauteurs, mes éditeurs, etc.
Après, il y a la part de chance : la possibilité de rencontrer le public au bon moment. Peut-être que si Un Homme est mort était sorti dix ans avant, ce livre n’aurait pas eu le même succès.

Quand on regarde l’histoire de la bande dessinée, on remarque que des auteurs ont été extrêmement importants et ont marqué la bande dessinée. Dix ans ou vingt ans après, ils sont parfois relativement oubliés par le public et les professionnels. Pourtant ils continuent à produire d’excellents albums. Cela fait réfléchir, non ? Tout ce que l’on peut faire, c’est vivre intensément le moment présent …

Extrait de "En novembre, quand elle viendra."
(c) T. Martin, Kris & Futuropolis

Quel est votre principal combat au niveau du SNAC, le syndicat des auteurs de BD ?

Cela reste encore et toujours les droits numériques ! Cette problématique des droits numériques entraine beaucoup de questions. Et c’est une manière de mettre à plat les rapports entre les auteurs, les éditeurs et le public.
Depuis le milieu de l’année dernière, je fais plus partie du comité de pilotage du SNAC. J’ai intensément participé à cette aventure pendant trois ans et j’ai, du coup, accumulé beaucoup de retard dans mon travail. Bref, je ne pouvais pas continuer à financer mon bénévolat militant par des à-valoir sur des livres non-écrits... Pour l’instant, j’ai donc pris du recul par rapport au SNAC. Mais si je ne vous parle pas en leur nom, je les soutiens toujours totalement !

À titre personnel, seriez-vous pour une durée limitée et définie pour les contrats d’édition tant au point de vue de l’édition numérique que traditionnelle ?

Oui. Il y a une vraie réflexion à avoir à ce sujet. L’éditeur dispose des droits cédés par l’auteur pour l’intégralité de la propriété littéraire. Cette dernière a été mise en place POUR les auteurs. Ils ont des droits sur leurs livres jusqu’à 70 ans après leur décès. Or, ce n’est pas parce qu’ils cèdent leurs droits de reproduction à un éditeur que la durée doit forcément être équivalente à celle de la propriété littéraire. D’autant plus, qu’en bande dessinée, la grande majorité de l’exploitation de l’œuvre se fait dans les dix-vingt ans, au maximum, après sa réalisation. Voire, malheureusement, dans les dix-vingt mois aujourd’hui…

Le débat actuel doit donc remettre cela à plat car il est légitimé de façon encore plus évidente par les caractéristiques propres à l’univers numérique et notamment l’évolution extrêmement rapide des technologies de reproduction de l’œuvre. Comment un éditeur peut-il nous garantir aujourd’hui la façon dont nos œuvres seront exploitées numériquement dans une centaine d’années ?!
Évidemment, les éditeurs ne veulent pas du tout entendre ce questionnement. Les discussions sont donc longues et difficiles, mais on peut espérer qu’à un moment, on arrivera à trouver un terrain d’entente. De toute manière, s’interroger sur l’avenir de son métier n’est jamais mauvais. À condition que chacun garde la raison et ne joue pas les boutefeux. De ce fait, nous traversons donc une période finalement assez intéressante…

(par Nicolas Anspach)

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Photo : (c) Nicolas Anspach

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