Les intégrales de l’été - 3e partie : Le Lombard est en forme !

12 août 2019 0 commentaire
  • Souvent apparue comme l'outsider lunatique du marché de l'intégrale, la maison bruxelloise opère un brusque renversement de tendance, en éditant entre autres quelques-uns des plus beaux recueils de l'année !

Aux amateurs d’intégrale, les Editions du Lombard laissent souvent un sentiment d’inconstance : capable du meilleur comme du pire (Cubitus, Bob Morane, etc.), la maison qui détient globalement l’un des fonds les plus intéressants avec Dupuis (notamment grâce aux quarante années d’archives du Journal Tintin), continue d’aligner une stratégie en dents de scie. Tantôt au pinacle, grâce à un réel investissement dans la valorisation de son fonds, tantôt dans la débâcle, en publiant un ensemble de planches sans réelle valorisation, pourtant potentielle.

À chaque semestre, la parution de ces intégrales suscite l’appréhension pour l’amateur : la série qu’il a suivie et chérie (ou dont il a entendu parler en termes plus qu’élogieux) sera-t-elle taillée avec amour, telle une pierre qui brillait déjà de son éclat, et qui vient trouver la parure qui saura à jamais la distinguer de toute autre ? Ou ce même joyau subira-t-il le coup de marteau destiné à le fracturer en plusieurs fragments de moindre éclat, un travail brutal destiné à ce que Le Lombard rentre rapidement dans ses frais, histoire de passer à autre chose ?

Eh bien, cette fois, leur travail éditorial nous a laissés pantois !

Les intégrales de l'été - 3e partie : Le Lombard est en forme !
Sans attendre le niveau de son beau-frère, certaines planches de Coria valent le détour.

Un aventurier bien mal loti

Évacuons cependant d’entrée l’affaire qui fâche : Bob Morane. Certes les nouveaux volumes 11 et 12 prolongent l’adaptation dessinée des aventures du célèbre aventurier. Autant nous nous étions réjouis au début de la publcation cette nouvelle intégrale, de l’incorporation des récits publiés auparavant chez Michel Deligne puis chez Claude Lefrancq (voir nos articles précédents), autant nous continuons à nous désoler devant la fadeur des introductions faméliques.

De ces dossiers bouclés à la va-vite, nous étions résolus à ne plus parler, désespérant des thématiques convenues et des photos recyclées de la précédente intégrale. Nous attendions patiemment la publication des derniers albums dessinés par Coria, qui ne se sont pas retrouvés dans la précédente compilation finalisée il y a quinze ans, et dont les albums se vendent à prix d’or en seconde main. Pourtant, quelle est notre surprise en nous rendant compte que l’un des principaux avantages de cette intégrale, à savoir la publication chronologique des aventures dessinées, vient également de voler en éclats ?

Impossible de se plaindre que les couvertures du Journal Tintin manquent à l’appel, elles sont reproduites en pleine page... pour un dossier qui n’en comprend qu’une demi-douzaine !

En effet, le sommaire et la page de titre de ce douzième recueil dynamitent l’ordre de parution, en rejetant l’aventure intitulée Snake (dont la première édition date de janvier 1989) à la fin du volume, largement après trois autres titres pourtant publiés chronologiquement après celui-ci. S’agirait-il d’une confusion ? Ou d’un effet volontaire ? On se perdait en conjecture tout en continuant notre lecture, lorsque l’on s’aperçut que malgré que ce soit bien Le Tigre des lagunes (juillet 1987) qui soit annoncé sur la page de titre et le sommaire, ce récit a proprement été remplacé par une autre aventure dessinée plus tard par Coria : La Cité des rêves (décembre 1993) !

Ce qui devient proprement absurde, car ce sont bien la couverture et les informations du Tigre des lagunes qui introduisent cette toute autre aventure parue quelques années plus tard ! S’agit-il d’une simple inversion de fichiers ? Peut-être, car le dossier de ce douzième recueil ne parle pas du Tigre des lagunes… mais n’aborde pas non plus La Cité des rêves ! Bref, nous espérons que le prochain tome intègre cette aventure manquante, et ne nous réserve pas le même album dans deux différents ouvrages… Quoiqu’il en soit, cette nouvelle mésaventure fait la démonstration de l’amateurisme concernant l’intégrale de Bob Morane.

Même si les photos d’Henri Vernes sur site ne sont pas légion, il est dommage de reconditionner aussi ouvertement les documents de la précédente intégrale...

Une série à mille pieds des autres

Cet abcès crevé, intéressons-nous à ce qui s’avère comme l’un des plus magnifiques recueils de l’année : le premier tome de l’intégrale de Martin Milan. Mentionner que ce héros est pilote d’avion-taxi n’a finalement que peu d’intérêt, car son auteur, Christian Godard lui a donné cette profession pour mieux pouvoir changer d’univers à chaque récit, sans s’embarrasser de personnages secondaires ou d’autres freins à sa liberté de créer.

En dépit des années, la série n’a rien perdu de sa force, de sa sensibilité et de son humanité, car ces thématiques sont universelles, et intemporelles ! Elles parlent de rencontres, de familles, de défis et de valeurs. Un peu comme MacGyver avait bouleversé les codes du genre dans les années 1980, mais avec quinze ans d’avance, Martin Milan croit en un monde meilleur, porté par des actions quotidiennes. Il refuse de servir de mauvaises causes, et préfère gagner un ami que de toucher des gages indûment perçus (même si son avion a cruellement besoin de nouvelles pièces, à la vitesse où il les sème en vol).

Le dossier rappelle les précédentes séries de Christian Godard, dont celle qu’il a entamée dans le Journal Tintin avant Martin Milan.

Pas encore dans sa veine poétique, le personnage vit ses premières aventures dans ce premier recueil. Une déclaration somme toute logique, mais qui a son importance dans le monde de Martin Milan. En effet, s’il y a une série qui a été publié en dépit du bon sens, c’est bien celle-ci. Quatre ans après sa création dans le Journal Tintin, les premiers albums paraissent dès 1971 dans la peu qualitative collection Jeune Europe du Lombard : de petits albums brochés de trente pages, au format réduit et au pelliculage fragile. Il faut attendre 1978 pour qu’une nouvelle édition voit le jour avec, comme c’était encore le cas à l’époque, des albums cartonnés pour la France via Dargaud, tandis que Le Lombard persistait dans le format broché. Seul souci, le tandem d’éditeurs alterne les rééditions (avec de nouvelles couvertures !) et les nouvelles parutions : donc le tome 1 Milles ans pour une agonie réalisé en 1977, précède Les Clochards de la jungle dessinés sept ans plus tôt, tous deux suivis par le tome 3 Adeline au bout de la nuit (1978) et le tome 4 L’Émir aux 7 bédouins (1971). Les styles et les ambiances variant progressivement dans la série, cette nomenclature déstabilise les lecteurs qui suivent la numérotation et les nouvelles couvertures.

Les différentes couvertures et illustrations réalisées pour le Journal Tintin se retrouvent dans le dossier de Patrick Gaumer.

Comme c’était souvent le cas à l’époque, notre pilote d’avion-taxi avait connu moult aventures en courts récits, avant de réaliser son premier vol au long cours en 1969, Destination Guet-Apens, publié donc en 1971. Mais comme ce dernier ne fut pas réédité avant 1984, les amateurs de la série devaient composer avec la nouvelle et l’ancienne édition pour s’assurer d’avoir la publication complète de la série. Quant à ces fameuses histoires courtes, la colonne vertébrale de la série, l’éditeur en a rassemblé une partie dans un album de la nouvelle édition (Il s’appelait Jérôme), puis à la suite des premières aventures qui ne faisaient que trente pages, afin de boucler les rééditions de quarante-pages. Bref, de quoi en perdre son Milan ! Même si l’on apprécie retrouver enfin certaines perles restées longtemps inédites en album, dont par exemple la toute première aventure de Martin Milan qui a attendu près de vingt ans pour expliquer au lecteur d’où venait l’envie du héros de posséder un avion.

Le plus dur restait à venir… Avec la fin du Journal Tintin, Martin Milan sombre dans l’oubli. En 1988, Christian Godard décide de créer sa propre maison d’édition avec Julio Ribera, son compère sur Le Vagabond des Limbes : elle porte le label de Vaisseau d’Argent... mais il va malheureusement vite sombrer. En 1990, ils se lancent dans une grande phase de rééditions, avec entre autre presque tous les albums de Martin Milan déjà parus, cette fois en retirant toute numérotation mais en réalisant certaines nouvelles couvertures. Au dos de ces rééditions sur fond gris, une nouvelle aventure inédite de Martin Milan est annoncée : Le Cocon du désert. Les lecteurs complètent donc leur collection, en tentant de ne pas se tromper avec les nouvelles couvertures, et attendent la nouveauté… qui ne viendra pas !

En effet, Le Vaisseau d’Argent dépose le bilan en 1991. Dargaud reprend le fonds et continue de vendre les albums en apposant un autocollant au-dessus du nom de l’ancienne maison d’édition. Il faudra attendre 1995 pour que Dargaud publie la nouveauté tant attendue, Le Cocon du désert. Puis une autre (et dernière) aventure inédite en 1997, la Goule et le biologiste, avec une nouvelle maquette.

Afin d’aider les lecteurs, l’éditeur a pris soin de rassembler au dos de ce dernier album les treize tomes qui forment la collection complète des Martin Milan parus : quatre rescapés de la mouture Dargaud-Lombard de la fin des années 1970, toujours avec leur ancienne numérotation (3, 6, 9 et 11), suivis par sept albums du Vaisseau d’Argent réestampillés Dargaud, une nouveauté Dargaud, et le dernier paru avec la nouvelle maquette. Un sacré embrouillamini !

Le quatrième plat du dernier album publié par Dargaud, et la présentation chaotique de la série.
Le second recueil paraît dans quelques jours...

Tout ça pour vous expliquer à quel point il était nécessaire de réaliser une intégrale chronologique qui permette enfin au lecteur d’appréhender la totalité de la série et de la lire dans l’ordre pour percevoir son évolution. Voilà donc chose faite avec ce premier recueil qui rassemble huit histoires courtes, dont deux totalement inédites en album grand public, ainsi que trois récits plus longs : Destination Guet-apens, Les Clochards de la jungle et Églantine de ma jeunesse.

En suivant, récit par récit, la construction de note héros, le lecteur est capable de mieux comprendre la personnalité de Martin Milan et le cadre de la série. Ainsi, l’aviateur reste-t-il cantonné à son aérodrome d’attache pendant deux ans et six histoires courtes, avant de commencer à prendre le large, entre autre dans Destination guet-apens. De même, son côté pince-sans-rire si caractéristique n’est pas présent dans ces premiers courts récits : il est plutôt bravache, voire expansif. Le véritable tournant s’opère dans Les Clochards de la jungle où il présente résolument cette attitude faussement détachée qu’il va pratiquement conserver tout au long du reste de la série.

Un court récit inédit, où l’humour et l’action surtout mis à l’honneur.

À la mise en page respectueuse des couleurs et de la position des pages comme initialement construite par Christian Godard, se rajoute un superbe dossier de trente pages signés Patrick Gaumer. Le sérieux et la qualité reconnue de son rédacteur explique que l’on y retrouve les divers articles et couverture du Journal Tintin afférant à Martin Milan et son auteur. Le dossier se focalise surtout sur le parcours hors-norme de Christian Godard. En effet, rarement un héros de bande dessinée n’a autant emprunté à son auteur, dans sa psychologie et sa façon d’aborder la vie. Une différence qui se démontre par la distinction qui s’opère entre Martin Milan et les autres séries du Journal Tintin à l’époque : Comanche, Bruno Brazil, Bernard Prince, Alix, Tintin, Ric Hochet, Luc Orient, Dan Cooper, Michel Vaillant, et les autres héros réalistes servis par des graphismes qui ne le sont pas moins. Par rapport à ces surhommes qui courent au devant du danger, Martin Milan joue la carte de l’anti-conformisme. Ce qui ne l’empêche pas d’être non seulement accepté, mais également plébiscité par les lecteurs.

Pour être capable de traduire au mieux la personnalité de son auteur, il fallait donc une personne qui lui soit suffisamment proche afin percer la carapace de Christian Godard. Et d’amitié, il est justement question pour évoquer la création du personnage de Martin Milan, car c’est pour répondre à l’appel de son ami Greg que le Parisien Godard est venu compléter la rédaction bien belge du Journal Tintin. Son ami Patrick Gaumer lui rend donc un merveilleux hommage au travers de ce dossier, évitant de prendre une distance marquée ce qui aurait rendu cette introduction impersonnelle et hermétique. Rajoutons enfin que le rédacteur n’en oublie pas de faire les liens avec le monde de la bande dessinée, resituant le contexte de l’époque, sans oublier de faire le lien entre un court récit de Martin Milan et la série qu’il fera naître via cette thématique : Le Vagabond des limbes.

Comme pour l’intégrale de Sophie qui a bénéficié chez Dupuis du même nécessaire travail de compilation chronologique, ce premier recueil de Martin Milan démontre non seulement que la série n’a rien perdu de sa force et de son émotion, mais surtout que Le Lombard sait se donner la peine de rendre merveilleusement hommage à ces univers qui ont construit sa légende. À ne pas rater !

Un autre court récit, plus poétique et fantastique, qui achève la transmutation de notre héros, et prépare son auteur à l’écriture du Vagabond des Limbes.

Béret bas pour Benoît Brisefer… et (à nouveau) Patrick Gaumer !

L’année dernière, nous vous décrivions par le menu, le contenu des recueils 3 et 4 de l’intégrale de Benoît Brisefer, ce jeune garçon très très fort créé voilà près de soixante ans par Peyo, tout d’abord assisté par Will, suivi ensuite par Walthéry. Excepté une compilation chez Rombaldi, le jeune héros qui fut l’une des stars BD des années 1960 n’avait étrangement jamais connu les bonheurs d’une intégrale digne de ce nom. Dès lors, nous aurions pu craindre que cette édition en intégrale s’apparente à une compilation ramassée des divers albums, afin d’expédier le paquet vite et bien…

C’était sans compter sur la disponibilité d’IMPS (la société qui gère l’œuvre laissée par Peyo), la volonté du Lombard et le professionnalisme (eh oui, nous nous répétons) de Patrick Gaumer. L’auteur du Larousse de la BD a ouvert toutes les portes possibles, secoué tous les cahiers avec la patience (et l’obstination) d’un moine bénédictin, pour être sûr de n’avoir absolument rien oublié dans cette intégrale. La meilleure preuve demeure certainement le troisième recueil, composé en majeure partie de récits inconnus du grand public.

Quant à ce cinquième et dernier ouvrage paru en début d’année, il parcourt les quinze dernières années de Benoît Brisefer, de 2002 à 2015, Patrik Gaumer continue d’appliquer la même détermination, pour notre plus grand plaisir. Comme expliqué dans l’analyse du quatrième recueil, rappelons que le regretté Pascal Garray assurait alors avec talent à la prolongation des aventures du jeune héros très fort lorsqu’il n’est pas enrhumé.

Les dessinateur Pascal Garray dessine Benoît Brisefer.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Pour bien contextualiser son propos, et donner l’ambiance des studios de Peyo dans ce début des années 2000, le rédacteur du dossier revient en détail sur les différentes priorités auxquelles était confrontée la société IMPS. En effet, si le jeune héros fait l’unanimité au sein des enfants Culliford et des employés, il faut souvent qu’il cède sa place aux prioritaires Schtroumpfs, car l’équipe connaissant bien l’œuvre de Peyo n’est pas extensible à souhait. En retraçant la vie du studio au plus près de ses différentes publications, Patrick Gaumer ouvre aux lecteurs une porte sur les coulisses de la création : comment une vingtaine de personnes seulement sont parvenues à gérer la vie de personnages universellement connus !

Malgré tout, et surtout grâce à la volonté des enfants de Peyo et de Pascal Garray, Benoît Brisefer continue ses aventures… Ce qui donne l’occasion au rédacteur de revenir en détail sur le parcours de Thierry Culliford, le fils de Peyo et co-scénariste des Schtroumpfs et de Benoît Brisefer. Le dossier retrace entre autres l’amitié qui le lie depuis les bancs du collège à un autre jeune garçon : un certain Frédéric Jannin, que les lecteurs connaissent bien pour sa série Germain et nous, ainsi que ses collaborations avec Franquin et son œuvre ! À la ville ou dans les planches de bandes dessinées, ces deux-là ont fait les 400 coups, que l’on a d’ailleurs retrouvés dans les pages du Journal Spirou, heureusement rassemblés dans cette intégrale !

Thierry Culliford et Frédéric Jannin ont d’ailleurs signé ensemble l’une des trois récits au long court repris dans cette intégrale : John-John. Jannin détaille également les quelques allusions disséminées dans le récit : « Quand nous étions plus jeunes, [Thierry et moi] nous amusions souvent à découvrir les clins d’œil que les grands anciens mettaient dans leurs bandes… Dans le genre, c’est Walthéry qui était le grand champion... »

Le film des Taxis Rouges : Benoît Brisefer est joué par Léopold Huet, Jules Dusifflard par Gérard Jugnot et l’infâme Poilonez par Jean Reno.
Photo : © Nicolas Reitzaum - © The Walt Disney Company France

Le fils de Peyo n’avait d’ailleurs pas oublié ces private jokes lorsqu’il a scénarisé Chocolats et coups fourrés avec Pascal Garray : le héros-victime du récit est un laborantin nommé Erlenmeyer, c’est-à-dire le nom d’un petit récipient qu’on utilise en laboratoire de chimie. Et il travaille pour la chocolaterie Montdargent, une allusion à peine déguisée à la fameuse marque belge Côte d’Or, vendue entretemps à un groupe étranger.

On retrouve aussi Frédéric Jannin dans un autre récit de trois pages concocté pour l’anniversaire des 50 ans de Benoît Brisefer célébrés dans les pages du Journal Spirou. Les deux autres histoires réalisées par l’occasion, par Walthéry, Dugomier & Krings ont bien entendu été reprises dans l’intégrale. Et Patrick Gaumer ne se limite pas à ces récits inédits : il revient également en détail sur la réalisation du film consacré à l’aventure des Taxis rouges : un film délicieusement désuet et qui se conclut par un bide commercial comme le supposait Thierry Culliford, ainsi qu’il l’explique dans le dossier.

Pour les 50 ans du héros, Walthéry dessine une planche anniversaire pour le Journal Spirou.
Le 14e album de Benoît Brisefer : Sur les traces du gorille blanc (Le Lombard)

Outre le dernier album de la série, Sur les Traces du gorille blanc dont la publication a sans doute échappé à une partie des fans de la série, le rédacteur pousse le détail à reproduire tous les éléments liés de près ou de loin à Benoît Brisefer : le cirque Bodoni à construire et dont le pop-up a été publié en son temps dans Le Journal Spirou, les autocollants et post-it vendus pour les besoins d’actions caritatives comme Cap 48, etc.

Ainsi, Gaumer va-t-il jusqu’au bout du concept de l’intégrale : réunir tous les travaux liés à un personnage ! Bien entendu, il est toujours possible que l’un ou l’autre élément ait échappé aux radars de l’éditeur, d’IMPS… ou au nôtre ! Mais à nos yeux, les membres de cette équipe ont réellement apporté la dernière pierre à l’édifice réalisé en hommage à Benoît Brisefer… avant (on l’espère) une prochaine aventure !

Thierry Culliford, entouré des Schtroumpfs, sous le portrait bienveillant de son père.
Photo : CL Detournay

Enfin, Face de Lune !

La vraie surprise de la ssaison provient d’une série mythique au destin maudit : Face de Lune ! Mythique car elle réunit deux monstres du neuvième art : le génial, fantasque et théâtral Jodorowsky au talentueux et investi François Boucq. Maudite, car son destin éditorial qui s’annonçait sous les meilleurs auspices s’est finie piteusement.

Le premier tome sort en 1992 chez Casterman. Près de cent pages d’un récit baroque et messianique, tel que la collaboration entre ces deux artistes pouvait le laissait supposer. Cinq ans plus tard, sort le second tome de ce qui est désormais annoncé comme une trilogie. Certes, cet album cartonné suit un premier opus broché, mais le récit tient toutes ses promesses : la critique du dogme, la force des formes-pensées de Boucq, l’architecture organique, etc.

Pourtant, le lecteur doit encore faire preuve de patience pour bénéficier de la conclusion. Et ô surprise, en 2003, Casterman décide de tirer parti de la fin de la série prévue pour l’année qui suit : l’éditeur tournaisien scinde le premier tome en deux, qu’il renumérote 1 et 2, puis fait de même avec le tome 2, qu’il transforme en tome 3 et 4, ces quatre albums bénéficiant de nouveaux titres.

Si Casterman a voulu attirer de nouveaux lecteurs, ils ont surtout désarçonné les fans de la première heure. Ces derniers ont-ils achetés le "nouveau" tome 3 par erreur, ou ont-ils été déstabilisés par l’avalanche de parutions en quelques mois ? Quoiqu’il en soit, la véritable conclusion de la série, à savoir le tome 5 selon cette nouvelle numérotation, loupe son public. Les ventes sont largement en-deçà de celles des deux premiers tomes "historiques" : grosse déception pour l’éditeur... puis pour les lecteurs qui se rendent compte, trop tard, d’avoir raté cette sortie.

Malgré les demandes, Casterman (qui a sans doute pilonné ses invendus) ne réédite pas, décidé à arrêter les frais une bonne fois pour toutes. Résultat : la loi de l’offre et la demande s’applique, et les frustrés font monter la cote de l’album devenu introuvable, jusqu’à 120 euros.

Même si on peut maintenant trouver l’album pour environ 50 €, le fait que François Boucq continue de republier tous ses albums au Lombard donne l’occasion à l’éditeur bruxellois de réaliser l’intégrale de Face de Lune, finalement dans un format qui se rapproche de la première édition chez Casterman. Le premier recueil de cette intégrale reprend donc le premier tome "historique" enrichi d’un dossier inédit d’une vingtaine de pages. Même maquette pour le second recueil qui vient de paraître, reprenant cette fois les tomes 2 et 3 de la numérotation originelles, ou 3, 4 et 5 de la dernière mouture de Casterman.

Dans ses dossier d’introduction (en particulier dans le second), Antoine Maurel fait preuve d’une jolie éloquence. Son analyse du récit est tout à tour psychanalytique, symbolique et sociologique.

Nous conseillons pourtant au lecteur de ne pas débuter par ce texte, certes éclairant, mais de s’atteler tout de suite au récit lui-même, vierge de toute vision, de toute proposition. On peut ainsi se faire sa propre perception de son histoire, s’imprégner du récit brut pour saisir comment il fait écho à son propre vécu, son ressenti personnel.

Ensuite, effet Kiss Cool, confronter son interprétation à celle de l’érudit Maurel qui nous ouvre de nouvelles pistes de réflexion, tout en permettant de prendre du recul par rapport à d’autres. Faire preuve d’esprit critique demeure l’une des leçons de Face de Lune, mieux vaut l’appliquer d’entrée de jeu.

En effet, explique le journaliste : « Face de Lune est une immense invitation à se méfier de la mystification qui entoure la foi et le pouvoir. » Certes, mais le récit est également une ode à la confiance en soi, face à la démarche aveugle des masses populaires. Plus philosophique qu’axé sur la bande dessinée, le dossier se fourvoie d’ailleurs un peu dans la carrière de Jodo. On regrette que le travail graphique ou le jeu de la couleur narrative qui apporte du sens tout en jouant sur la lisibilité, soient passés sous silence. Toutefois, le dossier est l’image de François Boucq, un auteur toujours à la recherche de sens.

Critique contre la foi aveugle et toute forme de domination, Face de Lune représente surtout une belle quête symbolique pleine d’actions et de références. Merci au Lombard pour avoir ainsi rendu cette vibrante histoire aux lecteurs, dans un format valorisant. Certainement l’une des sorties marquantes de l’année pour l’éditeur bruxellois !

I.R.$. : thriller effréné

Décidé à puiser dans son fonds ou exhumer des trésors mal distribués précédemment, Le Lombard n’en oublie pas ses choix éditoriaux plus récents, histoire de valoriser ses valeurs fortes. Ainsi, I.R.$. reste l’une des séries marquantes de la maison. Tant pour les lecteurs qui seraient passés à côté que pour appuyer sa franchise, l’éditeur a donc décidé de publier en intégrale les sept tomes d’une de ses rares expériences multi-dessinateurs : I.R.$. – All Watcher.

Pour ceux qui auraient oublié cette série lancée il y a dix ans, ce spin-off d’I.R.$. met en scène l’inaltérable Larry Max à la fin du dixième tome de la série. "Il n’existe aucune collection de récit complet, en un ou deux albums, où le thriller puisse trouver sa place, nous expliquait le scénariste Stephen Desberg. "Les one-shots permettent de donner une orientation différente à certains thrillers ou récits policiers, comme c’est le cas dans un roman. Il est impossible, par exemple, dans une série, de transformer le méchant de l’histoire en narrateur. IR$ me permettait de combler cette envie car il y a des histoires, dans le monde de la finance, qui peuvent s’inscrire dans cet angle."

Une belle galerie de personnages, mais derrière quelle personnalité se cache le mystérieux All Watcher ?

C’est ainsi qu’est née All Watcher, qui met en scène un super-méchant de la finance internationale, connaissant tous les rouages du système et engloutissant des centaines de millions de dollars par an : un véritable « trou noir » au cœur des marchés financiers. Larry Max s’est ainsi trouvé un ennemi implacable qui le définit d’autant mieux. Le récit débute dans la Ville éternelle : 23 ans et un peu larguée, Antonia bascule lorsque son père lui révèle qu’il n’était pas fonctionnaire mais tueur à gages pour la fameuse [Loge des Assassins (voir IR$).

Entre manipulation et pression constante, la jeune femme doit vérifier si le goût du sang est héréditaire. Et sa première cible est loin de nous être inconnue, puisqu’il s’agit d’un certain agent de l’IR$ qui a osé compromettre les intérêts liés au Vatican.

All Watcher T1 : argent sale et les problèmes qui en découlent, le tout saupoudré de sensualité
© Queireix/Desberg/Le Lombard

Au scénario, Stephen Desberg est assisté de quatre dessinateurs : Marc Bourgne, [Mutti, (Section Financière, le Syndrome de Caïn et autre SAS), Daniel Köller (Mayam) etAlain Queireix. Dans le premier récit, ce dernier parvient à coller au style du dessinateur de la série-mère Bernard Vrancken, sans y perdre son identité. Il réalise le démarrage idéal pour lancer cette série dérivée : son héroïne légèrement dépassée par les événements, est tour-à-tour lascive et entreprenante, naïve et surprenante. Larry Max, qui tient d’ailleurs un rôle plus important qu’on ne l’aurait cru, est également parfaitement à sa place, tant graphiquement que scénaristiquement.

Après Rome, notre héros se rend à Paris, sur les traces d’un escroc international, le seul homme à avoir jamais contrarié All Watcher sans en payer le prix. On suit donc les pérégrinations de Larry Max, mais également d’un autre protagoniste qui nous décrit sa vie à la première personne. C’est sans doute le point fort de la série : pénétrer au cœur du destin spécial de ces aventuriers qui vivent en dehors des sentiers battus.

© Koller/Desberg/Le Lombard.
Un court dossier de trois pages introduit ce premier recueil

Malgré quelques effets dont le lecteur ne comprendra le sens que dans le deuxième et dernier recueil qui paraîtra déjà dans quelques semaines, le récit est très bien agencé, réservant ses scènes d’action et d’explication de coups économiques juteux. Et même si certains dessinateurs ont parfois du mal à aborder les visages des personnages (l’une des difficultés des séries multi-dessinateurs), leurs dessins réalistes représentent un bel atout dans la narration de cette course-poursuite. C’est l’avantage de la formule de l’intégrale qui permet de ne pas être frustré par les cliffhangers judicieusement amené à chaque fin de récit.

Bref, du rythme, du suspense, des personnages bien campés. Un bon cru pour ce premier recueil ! Seul petit regret : l’absence des huit planches inédites en album. Desberg et Koller les avaient réalisées pour assurer la promotion de la série à son lancement. Quelques dessins de ce court récit et une partie de ses récitatifs ont été recyclés pour former les trois pages d’introduction de ce premier recueil. Peut-être la seconde partie de cette intégrale reprendra-t-elle ces huit planches en fin de récit, en guise de bonus ? Du moins, on l’espère…

Une des pages du court récit de huit planches encore actuellement inédit en album...
© DESBERG & KOLLER/EDITIONS DU LOMBARD (Dargaud-Lombard s.a.) - 2009

Andreas : l’évidence

Une couverture en noir et blanc pour représenter le choix éditorial de présenter les planches sans leurs couleurs
Capricorne intégrale, 1er recueil

Autre série anthologique au destin contrarié, Capricorne a déjà les honneurs d’une intégrale au Lombard. « Déjà », car la série des vingt tomes ne s’est conclue qu’il y a deux ans, et que les éditeurs préfèrent normalement tirer dans leur fonds avant d’exploiter le potentiel d’une intégrale. Le Lombard démontre ainsi sa persévérance dans le jeu de construction établi par Andreas, et sa volonté d’en faire profiter un maximum de lecteurs.

Et le résultat est juste superbe, à la hauteur de l’investissement de l’auteur : la série de vingt tomes est divisée en quatre volumes, dans un somptueux noir et blanc, agrémenté d’illustrations inédites. Chaque recueil comprend donc l’équivalent de cinq albums complétés par un dossier, et est vendu au prix très attractif de 29 € : un véritable effort conjoint de la part de l’éditeur et de l’auteur pour toucher un lectorat qui serait rebuté par la longueur de la série. Dix-neuf tomes à 12,45 €/p et un album à vingt euros représentent effectivement un gros investissement pour profiter de Capricorne dans sa totalité.

Une double-page, dont la construction apparaît encore plus nettement en noir et blanc.

Le découpage en quatre volumes a été très bien pensé par l’éditeur. En effet, les cinq premiers tomes de la série forment une entité thématique à eux-seuls. Ils expliquent tout d’abord qui est Capricone, un personnage énigmatique issu de la série Rork qui résout des énigmes paranormales, face à une sorte de Moriarty démoniaque. Dès les premières pages, le ton est donné : Capricorne reçoit la mission de protéger New York, devant oublier jusqu’à son nom, et ne recevant pour toute compensation que six cartes à jouer, symbolisant son destin.

En réalité, Andreas est un fan absolu du planting, cette méthode qui vise à laisser des éléments apparemment accessoires dans un récit, afin de mieux les réutiliser plus tard. Car si l’auteur a une vague idée de la direction de sa série, il n’en connaît pas tous les détails. Écrire vingt tomes pour ensuite s’ennuyer vingt ans à les dessiner, c’est impensable ! Aussi aime-t-il se laisser des indices par-ci par-là, afin de pouvoir les intégrer à un moment ou un autre dans la suite, tel un puzzle dont il aurait lui-même créé les pièces sans savoir ni où, ni comment elles devaient s’imbriquer.

Cette méthode du planting préside d’ailleurs au début de Capricorne. Dans le cinquième tome de Rork, intitulé judicieusement Capricorne, une introduction présentait déjà les thèmes des quatre premières aventures de ce nouvel héros, dix ans avant leur publication. Andreas a donc juste profité de ces courts récits imaginés précédemment, quasiment des synopsis, pour mieux les développer plus tard. Dès le cinquième tome, le rythme augmente : les événements de Rork se déroulaient en parallèle des quatre premiers tomes de Capricorne, ce qui en explique bien des points.

Vers la fin du deuxième recueil, un court récit de huit pages est réalisé au crayon.

Outre le développement des trames écrites en filigrane dans Rork, ces cinq premiers tomes instituent également le monde de Capricorne : qui il est (ou justement ce qu’il n’est pas ou plus), ses amis, sa ville de New-York (un personnage à part entière), ses relations, ses capacités ou pouvoirs, ses doutes, ainsi que ses ennemis, à commencer par sa principale Némésis dont le cycle entier de cinq tomes explique les motivations, les développements, avant une vraie conclusion.

Entamer la lecture de Capricorne par ce premier recueil prend donc tout son sens. Certes, si vous n’avez pas lu Rork auparavant, certains liens vont vous échapper. Mais quoiqu’il arrive, lire Andreas implique d’accepter une certaone perte de contrôle et de faire confiance à l’auteur dans un jeu qu’il conduit de main de maître.

Pourtant, ce premier cycle d’aventures pourrait vous déstabiliser. En suivant la construction des tomes qu’il s’est donnée dix ans auparavant, Andreas confère malgré tout un rythme un peu convenu à ses quatre premières aventures : un problème = une solution. Ce rythme est toujours lié à cette méthode de planting : Andreas profite des éléments laissés dans Rork pour réaliser ces premiers tomes de Capricorne, et dans le même temps, il y sème toute une série de nouveaux éléments qu’il utilisera (beaucoup) plus tard dans la suite de son histoire, et dont on ne comprend donc pas bien l’utilité à ce niveau.

L’une des pages de dossier d’introduction

Si vous n’avez donc jamais lu Capricorne, que vous êtes aventurier et désirez commencer par le meilleur, quitte à être déstabilisé par des éléments qui vous manqueraient, alors nous vous conseillons d’opter directement pour le second recueil de cette intégrale, qui vient de paraître.

Car il forme la quintessence de la série en terme d’action. Bien loin des récits fantastiques initiaux, qui ne touchaient que quelques personnages, ce deuxième recueil débute avec l’attaque du Concept, une organisation militaire décidée à mettre le monde au pas ! Du jour au lendemain, par une opération éclair, bien des gouvernants du monde sont renversés. De plus, le Concept recherche et emprisonne tous les individus doués d’une quelconque capacité psychique. Capricorne entre donc en résistance, tout en continuant d’être confronté à des entités malveillantes, dont le célèbre Dahmaloch, mis en sommeil à la fin de Rork. Ce cycle se termine dans un neuvième album double où bien des réponses sont données : l’origine du concept, l’identité de Capricorne, ainsi que la mort de son "ennemi". Trois des six cartes du destin révèlent leurs secrets.

Le troisième des quatre recueils sort dans quelques jours...
Capricorne intégrale, troisième recueil

Ce deuxième recueil ne regroupe donc "que" les tomes 6 à 9, car le neuvième opus était un album double, complété par un court récit de huit planches, pour un total de cent pages ! Bref, un deuxième recueil un peu plus dense que le premier, même s’il ne regroupe que quatre albums. Et surtout, un passionnant cycle retraçant un bouleversement politique mondial, ce qui fait écho à des événements passés de manière assez interpellante. Un must !

Au-delà des thématiques de la série, les pages en noires et blanches sont juste somptueuses. Même si les couleurs jouaient leur rôle dans l’architecture de chaque album, découvrir la totalité des pages de cette façon leur confère une puissance et une envergure impressionnantes. On comprend ainsi mieux la construction qu’Andreas a voulu donner pour chaque planche, dans sa mise en page, tout en soignant l’équilibre. La force de son trait et le soin apporté à chaque détail confère beaucoup de réalisme à cet univers intriguant. Et que dire d’un système de hachures qui sidère jusqu’à l’hypnose !

Les dossiers introductifs d’Alain Maurel, en revanche, nous ont laissé dubitatifs. Certes, la première introduction revient en détail sur l’univers de Rork, un lien fondamental et incontournable car Capricorne est initialement un personnage de cette précédente série dont Andreas a voulu prolonger les expérimentations initiales. Dans le second dossier, le journaliste se laisse une nouvelle fois happer par l’aspect psychologique de l’œuvre, laissant d’autres parties résumées par des explications parfois raccourcies. Ainsi évoque-t-il à raison l’expérience de Milgram pour contextualiser le principe du Concept, mais son explication docte génère plutôt la confusion auprès du lecteur qui ne connait pas cette expérience.

Par ailleurs, le journaliste élude complètement l’expérimentation éditoriale recherchée par Andreas, son concept éditorial-même, réalisé avec passion et brio dans le fameux tome 9, double récit agencé autour d’une courte histoire, pivot central du livre, voire de la série elle-même. Enfin, il fait totalement abstraction du trait d’Andreas, oubli consternant, car si l’on peut suivre les développements psychanalytiques qu’il propose, il faut pas oublier la puissance graphique de la série ! Heureusement, les dossiers sont enrichis de grands dessins de l’auteur, qui apportent par eux-mêmes ce complément si évident…

Au final, ces petits bémols ne retirent rien à la réussite de cette intégrale. Le rendu des pages est magnifique, et l’on ressent la réelle volonté de l’éditeur de donner une nouvelle impulsion à cette série, qui demeure marquante pour la bande dessinée franco-belge. Deux recueils incontournables pour tous les amateurs qui n’aurait pas encore découvert Capricorne dans sa totalité, surtout que le troisième recueil paraît déjà dans quelques semaines !

Les dossiers comprennent heureusement de magnifiques illustrations pleine page signées Andreas !

Avec ces sorties, Le Lombard nous a convaincus du soin qu’il était capable d’appliquer dans la réalisation d’intégrales dignes de ce nom, qu’il s’agisse de séries nées il y a plus cinquante ans, ou qui viennent juste de se terminer. Les prochains mois devraient lui permettre de continuer sur cette lancée, avec le deuxième de l’intégrale de Martin Milan (qui contiendra quatre aventures), le troisième tome de Capricorne et le second recueil d’IR$ - All Watcher !

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Des intégrales de l’été 2019, lire nos précédents articles :
- Les figures tutélaires de Dargaud
- Inondation de Fluide

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Concernant Andreas, lire nos articles précédents :
- Angoulême 2013 - Andreas sort de l’ombre et l’interview qu’il nous a accordée : "J’aimerais faire des albums en 200 ou 300 planches"
- Andreas booste Le Lombard
- notre article expliquant la remise en question concernant Capricorne
- la vision globale de la série via le volume 14.
- nos chroniques des tomes précédents : 12, 13, 15, 16 et 17
- Andreas : passé, présent et futur

Tous les visuels sont : (c) Le Lombard.

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