Les sélectionnés pour la première édition des "Galons de la BD"

29 décembre 2020 9
  • Ce 5 octobre dernier se tenait l'inauguration à l'Hôtel des Invalides des "Galons de la BD", une nouvelle distinction du 9e art, présentée par rien moins que deux ministres : Florence Parly, Ministre des Armées et Geneviève Darrieussecq, Ministre déléguée à la Mémoire et aux Anciens Combattants, à l'instigation de Gilles Ciment. Cette première édition a trouvé sa sélection : sur 84 œuvres envoyées par les éditeurs, découvrons aujourd'hui les 20 titres sélectionnés.

Pourquoi un galon pour la BD ? Les deux ministres nous avaient longuement expliqué l’importance de ce nouveau prix dans une interview donnée en octobre dernier. C’est ce lien fragile entre la Nation et ses citoyens et le fait militaire qui est la principale motivation. On le sait, la bande dessinée joue un rôle important dans la construction des imaginaires. La défense des valeurs de la Nation appelle à un nécessaire travail de mémoire. À l’occasion de BD 2020, celui que l’on a découvert être le "deuxième acteur culturel de l’État" avec ses nombreux musées, centres de documentations, etc, a donc décidé de mettre en lumière et de récompenser les créations originales en lien avec le militaire.

Les sélectionnés pour la première édition des "Galons de la BD"
La Ministre Florence Parly, lundi 5 octobre 2020.
Photo : D. Pasmaonik (L’Agence BD)

Les maisons d’édition avaient jusqu’au 30 novembre pour soumettre leur candidature et c’est 37 d’entre elles qui ont répondu à l’appel proposant 84 titres au total. Le comité de pré-sélection composé de représentants des trois armées, de l’état-major des armées, de la Direction des patrimoines, de la mémoire et des archives, ainsi que de la Délégation à l’information et à la communication, a sélectionné les 20 premiers titres. C’est seulement le 14 janvier prochain qu’on connaitra les six finalistes pour désigner le grand gagnant en mars 2021 !

Le ministère, aux côtés de l’ECPAD et des autres services de l’État, compte bien apporter sa contribution pour soutenir le 9e Art et accompagner la création artistique avec des aides à l’écriture, à la documentation ou à la coédition d’œuvres historiques.

Les deux Prix seront donc dotés : une bonne chose pour les auteurs en échange du petit coup de pub pour redorer le blason de l’armée. Le Premier prix récompensera à hauteur de 6 000€ une œuvre liée aux armées, au fait militaire et à la défense, tandis que le second prix "Histoire" récompensera de 3 000€ un ouvrage traitant d’un conflit où l’armée française a été impliquée.

Sans plus attendre, voici les ouvrages en lice pour ces prix :

- À Mains nues de Leïla Slimani et Clément Oubrerie (Les Arènes BD)
- Les Anges d’Auschwitz de Stephen Desberg et Emilio Van der Zuiden (Paquet)
- Le Banquier du Reich T. 1 de Pierre Boisserie, Philippe Guillaume et Cyrille Ternon (Glénat)
- Beate et Serge Klarsfeld de Pascal Bresson et Sylvain Dorange (La Boîte à bulles)
- La Bombe de Laurent Frédéric Bollé, Alcante et Denis Rodier (Glénat)
- Bruxelles 43 de Patrick Weber et Baudoin Deville (Anspach)
- China Li de Maryse et Jean-François Charles (Casterman)
- Les Compagnons de la Libération : Romain Gary de Catherine Valenti et Claude Plumail (Bamboo)
- Les Croix de bois de Jean-David Morvan (d’après Roland Dortgelès) et Facundo Portio (Albin Michel)
- Les Damnés de la Commune T. 3 : Les orphelins de l’Histoire de Raphaël Meyssan (Delcourt)
- Des Bombes et des hommes d’Estelle Dumas et Julie Ricossé (Futuropolis)
- Les Guerres d’Albert Einstein T. 2 d’Eric Corbeyran, François de Closets et Eric Chabbert (Robinson)
- Hitler est mort T. 1 de Jean-Christophe Brisard et Alberto Pagliaro (Glénat)
- L’Homme qui tua Chris Kyle, une légende américaine de Fabien Nury et Brüno (Dargaud)
- Léna T. 3 : Léna dans le brasier de Pierre Christin et André Juillard (Dargaud)
- Le Merlu T. 1 : Les Routes de la défaite de Thierry Dubois et Jérôme Phalippou (Paquet)
- Napoléon doit mourir de Jean-Baptiste Bourgeois (Sarbacane)
- Les oiseaux ne se retournent pas de Nadia Nakhlé (Delcourt)
- Puisqu’il faut des hommes de Joseph de Philippe Pelaez et Víctor L. Pinel (Grand Angle)
- Seules à Berlin de Nicolas Junker (Casterman)

Une jolie sélection, très diversifiée, qui sort des chemins battus des sélections de prix habituelles.

(par Klara LESSARD)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
9 Messages :
  • C’est pour se donner bonne concience puisque la france vend des armes au plus offrant arabie saoudite ,egypte (derniérement passé sous silence médiatique).
    Rien que des pays tres démocratique et de liberté.
    Une vrai masquarade ce truc

    Répondre à ce message

    • Répondu par kyle william le 30 décembre 2020 à  19:02 :

      Les ventes d’armes à l’Egypte ne font pas l’objet d’un silence médiatique. Le maréchal Sissi a même été reçu à l’Elysée et a obtenu la légion d’honneur.

      Répondre à ce message

      • Répondu par Milles Sabords le 2 janvier à  08:43 :

        C’est une sélection d’albums plutôt sympa, qui fait la part belle à l’éclectisme de la bd. Pour une fois qu’un prix brasse large au niveau graphisme, on ne va pas s’en plaindre. Ce n’est pas la bd qui pourra dénoncer les manoeuvres géopolitiques, laissons-là à ce qu’elle sait faire, nous compter des récits.

        Répondre à ce message

        • Répondu par Toledano le 2 janvier à  18:09 :

          Ce n’est pas la bd qui pourra dénoncer les manoeuvres géopolitiques

          Vous ne lisez pas les bonnes BD apparemment. C’est étonnant vu votre pseudo, car Hergé dans Tintin justement dénonçait les manoeuvres géopolitiques, comme quoi...

          Répondre à ce message

          • Répondu par Milles Sabords le 2 janvier à  20:11 :

            Un auteur m’expliquait dernièrement que l’un de ces projets n’était pas passé : son éditeur faisant parti d’un grand groupe, certains sujets à forte tendance géopolitique sont jugés trop sensibles. Forcément, si on ne publie pas les bonnes BD, je ne peux pas les avoir lu...

            Répondre à ce message

            • Répondu par Toledano le 2 janvier à  22:27 :

              Si le projet avait été bon il aurait été publié (mais les auteurs refusés trouvent toujours de bonnes "autres" raisons).

              si on ne publie pas les bonnes BD, je ne peux pas les avoir lu

              Tintin est toujours publié, et lisez les BD de Tardi, Nury, Velhman, Davodeau, Kris, Lupano et beaucoup d’autres, ce sera édifiant pour votre culture.

              Répondre à ce message

              • Répondu par Mille Sabords le 3 janvier à  07:25 :

                La vôtre de culture, oublie une chose essentielle : dans l’édition, comme dans tous les secteurs économiques, il y aura toujours du politiquement correct et certains sujets seront invariablement éludés. Rien à voir avec la qualité d’un dossier. Tout est mondialisé, ne froissons pas les actionnaires.

                Répondre à ce message

                • Répondu par Toledano le 3 janvier à  08:48 :

                  S’il y a un truc qui n’est pas mondialisé, c’est bien la bande-dessinée franco-belge. Les éditeurs le regrettent d’ailleurs.

                  Répondre à ce message

                  • Répondu par Milles Sabords le 3 janvier à  10:40 :

                    Visiblement vous êtes trop pote avec les éditeurs. J’ai pas mal voyagé et je peux vous garantir que l’impact du franco-belge au-delà de nos frontières est loin d’être négligeable. Nos éditeurs ont trop attendu en dormant sur les lauriers de TinTin et Astérix. Maintenant, ils en sont réduits à adopter les méthodes éditoriales qui viennent d’ailleurs pour attraper le train en marche, plutôt que de lancer les modes. Nous avons les talents, mais notre faiblesse franco-française et nos petits arrangements entre amis nous plombent. On adore débattre, donner des leçons au monde entier, pendant que nos artistes s’enlisent. En attendant, le reste du monde avance.

                    Répondre à ce message