Emmanuel Moynot : misère noire et aplats de gris

28 octobre 2019 17 commentaires
  • Il est auteur de bandes dessinées depuis trente-six ans. Jamais Emmanuel Moynot n’a eu autant de mal à boucler ses fins de mois. Parfois, les grands principes se heurtent à la dure réalité financière.

Emmanuel Moynot pousse la porte de son atelier. Un local étroit aux murs de béton, calé dans une ruelle du quartier St-Michel. Le quartier “prolo” de Bordeaux, comme l’appelle lui-même Moynot. Il s’avance dans la pièce, semble embarrassé du capharnaüm qui y règne. “Désolé. Je suis pas vraiment bien, psychologiquement... ça me motive pas à ranger.” Une barbe plus sel que poivre lui bouffe le bas du visage. Parfois, il s’arrête de parler, tire sur sa clope électronique. Toussote un peu. Derrière ses lunettes, ses yeux sont mélancoliques. Sur son bureau se chevauchent planches en vrac, matos à dessin, palettes et pinceaux, plusieurs de ses albums. Une réplique parfaite, mais inoffensive, du revolver de Nestor Burma, le célèbre détective privé que Moynot a repris des mains de Tardi pour cinq albums. Dans le fond de la pièce, une bibliothèque. Et une pile d’exemplaires de son dernier bouquin, No Direction. Le 37e album de ses 36 ans de carrière.

Emmanuel Moynot : misère noire et aplats de gris
Emmanuel Moynot en plein dessin
Photo : Pierre Garrigues.

Emmanuel Moynot fait partie d’une génération qui a connu les fanzines, qui a vu le marché de la BD évoluer, saturer, qui a vu les étals se surcharger d’albums, qui n’a jamais connu la fortune mais n’a jamais abandonné le dessin pour autant. Un autodidacte. Il a ses fans, ceux qui achètent ses originaux chez Daniel Maghen. Il a d’autres fans, ceux de Tardi, qui l’ont découvert quand il a repris Nestor Burma. Quand on succède à Tardi, c’est qu’on n’est pas n’importe qui. C’est qu’on a une longue carrière derrière soi.

En 1978, Emmanuel Moynot a dix-huit ans. “Cette foutue période d’avant le bac”, il s’en rappelle comme si c’était hier. Il hésitait, à l’époque. Il voulait devenir rockstar. Et puis, il s’est dit que c’était trop risqué. Qu’il n’y avait pas de rockstar en France. Alors, il a tablé sur son autre talent : dessiner des histoires. Et il est devenu auteur de bandes dessinées. Pas dessinateur, pas scénariste : auteur, il y tient. Il travaille deux ans pour des fanzines qui accueillent dans leurs pages Enki Bilal, Hugo Pratt et autres Frank Margerin. Ses parents l’aident financièrement, jusqu’en 1983, lorsque son premier album, L’Enfer du Jour, paraît chez Glénat.

Le style est jeune, incertain, mais déjà féroce, renforcé par les contrastes de noir et de blanc. Sa marque de fabrique. On dirait du Moebius. “C’est qu’à l’époque, je pensais qu’il fallait faire du Jean Giraud pour être publié”, confie Moynot en feuilletant l’album, sourire indulgent aux lèvres. Le jeune Emmanuel savait que devenir auteur serait compliqué, mais moins précaire que rockstar. Il était prêt à être un “mercenaire” de la BD, à accepter tous les projets pour gagner sa vie de sa passion. Le temps a passé, l’encre de Chine a coulé sous les ponts. Emmanuel est devenu Moynot, l’auteur des Vieux Fou !, du Temps des Bombes, de Qu’elle crève, la charogne. Des enquêtes de Burma. Il y a eu des hauts, des bas. Mais jamais il n’a connu une telle situation.

No Direction, le dernier album d'Emmanuel Moynot

No Direction a été achevé il y a trois mois. Depuis, Emmanuel Moynot est au chômage. Aucun projet, donc aucune avance sur droits, donc pas de quoi vivre. Il a grillé ses économies, principalement réalisées grâce aux Nestor Burma -des succès en librairie- il y a deux ans, lors de sa précédente période d’inactivité. Et de la maigre avance [1] qu’il a reçue pour No Direction, 15 000€ pour un an et demi de travail, il ne reste plus grand-chose. Comme 53% des auteurs de bandes dessinées en France, il doit vivre, chaque mois, avec une somme inférieure au Smic.
C’est pas tant l’argent, le problème”. Chantal est sa compagne depuis quinze ans. Elle est artiste-peintre. Les galères de fins de mois, elle connaît. “C’est plutôt l’estime de soi qui en prend un coup. Pour un artiste, l’argent est souvent la seule incarnation palpable de la reconnaissance.”

"No Direction" par Emmanuel Moynot - Ed. Sarbacane
© E. Moynot / Sarbacane
"No Direction" par Emmanuel Moynot - Ed. Sarbacane
© E. Moynot / Sarbacane

Moynot a recommencé à réaliser des travaux de commande -en l’occurrence, quelques illustrations pour Bayard jeunesse. Il n’en avait plus fait depuis douze ans. Ça paiera les factures. Et, pour la première fois en quarante ans, il s’est posé la question qu’il n’avait jamais osé se poser. “Est-ce qu’il faut que je prenne un second boulot ?” Il rit. De toute façon, il ne sait rien faire d’autre. Il n’a jamais rien appris d’autre. C’est volontaire. “Pour réussir dans ce métier, il faut pas avoir le choix. Dès le début, j’ai décidé de ne pas m’offrir de porte de sortie.”

Il est comme ça. Il a des principes, des grands, auxquels il ne déroge jamais. C’est peut-être, d’ailleurs, ce qui lui a coûté une plus grande réussite. Dieter relativise. “Quand on s’engage dans ce métier, on sait qu’on ne choisit pas le chemin de la fortune.” Dieter a 61 ans, a été scénariste une grande partie de sa carrière. Il a arrêté il y a douze ans. Maintenant, il pige, sous son vrai nom, Didier Teste. A son palmarès figure la plus longue collaboration qu’Emmanuel Moynot ait accepté : dix albums. “Emmanuel n’a pas fait un choix facile, c’est vrai. Pour un éditeur, l’idéal, c’est une série qui fonctionne, et progresse, sur laquelle il peut tabler.” Mais la spécialité de Moynot, c’est les one-shots. Les histoires en un, deux, maximum trois tomes.

L’autre spécialité de Moynot, c’est de renouveler son style de dessin, de colorisation, d’écriture à chaque nouvel album. Résultat : “Le lectorat a du mal à l’identifier. Il peut être déstabilisé par ce manque de routine.” Claude Gendrot travaille aux éditions Futuropolis, et s’est occupé de plusieurs des one-shots les plus personnels de Moynot. “Emmanuel refuse de tomber dans la routine. C’est un garçon singulier, exigeant, voire même parfois intransigeant”. “Ce qui est une qualité”, précise-t-il. Dieter et Gendrot, comme les autres, se rappellent de Moynot comme d’un auteur complet, qui refuse la contrainte de se voir imposer un scénario, même lorsqu’il mène deux, trois, quatre projets de front. Ce que l’intéressé revendique : “Je refuse de faire de ce métier si aléatoire un travail de fonctionnaire.”

Le type qui a repris Burma

Car ce métier “si aléatoire”, c’est sa catharsis. “Tous les auteurs ont des blessures à réparer”, croit-il. En tout cas, lui, oui. “Je suis nécrophobe”, énonce-t-il savamment, en redressant ses lunettes carrées. Une peur panique de la mort, qu’il combat en en remplissant ses albums. Cadavres, corps tuméfiés, meurtres. Armes blanches, aplats de noir et lavis de gris. Il se fait violence. C’est pour ça qu’il refuse la commande. Son travail est personnel. Sa toute première collaboration s’est très mal passée, une histoire d’avions, qu’il ne voulait pas dessiner. Depuis, il dessine ce qu’il veut.

Nestor Burma - Le soleil nait derrière le Louvre -Emmanuel Moynot-Casterman

Même lorsqu’il reprend Nestor Burma, ce privé dont il admire tant l’indépendance, il refuse de copier Tardi. “Je pense qu’Emmanuel avait dans l’idée de tirer le personnage à lui, imaginant pouvoir revendiquer ses Burma comme étant des albums de Moynot à part entière.” exprime Nicolas Barral qui a repris Burma après les trois premiers albums de Moynot. “Personnellement, je me suis efforcé de rester dans les pas de Tardi. De ne pas casser ses jouets. Je n’ai pas tenu compte du travail d’Emmanuel sur Burma.” Il s’en fiche, Emmanuel. Son pire cauchemar serait de n’être plus que “celui qui a repris Burma”. Il se souvient de ce type, à une séance de dédicaces de son dernier album, qui lui avait tendu un Burma, paru des années avant. “Après trois albums de Burma, le poids était difficilement supportable”, reconnaît-il. N’empêche, il rempile sept ans après pour deux nouveaux tomes. Beaucoup plus personnels. Il se brouille “un peu” avec Tardi. Il ne dessinera plus de Burma. Tant pis. Mais quand même : ces deux derniers albums de Burma, c’était à chaque fois 35000€ en avance de droits, et 17000€ de droits dérivés. Le dernier, c’était en 2017.

C’est compliqué, Emmanuel, soupire Claude Gendrot. On peut pas dire, hélas, qu’en dehors de Nestor Burma, qui est une série créée par un autre que lui, il ait réellement connu le succès. Et pourtant, ça fait de nombreuses années qu’il est un talentueux, talentueux auteur.” Un vrai pro, qui est là depuis 36 ans, mais qui, malgré un nom de famille si reconnaissable que certains pensent y voir un pseudo, reste dans l’ombre de Tardi. L’album dont il est le plus fier, Qu’elle crève, la charogne, s’est écoulé à moins de 1000 exemplaires en librairie. Son plus grand succès, hors Burma, c’est Pourquoi les baleines bleues viennent elles s’échouer Sur nos rivages ?, avec 8000 exemplaires.

Le plus grand succès en librairie de Moynot

C’est un peu désolant”, sourit Moynot. Mais il se rassure : “Je veux pas me comparer à lui, hein, mais Van Gogh n’a rien vendu de son vivant.”

Alors il continue de sourire sous sa barbe lorsqu’il s’installe à sa table de dessin, pousse le matos et la peinture, attaque une nouvelle planche. D’habitude, il travaille en musique : là, ça fait quelques semaines qu’il n’est “pas vraiment d’humeur”. Parfois, il dessine sans arrêter pendant des heures. Parfois, il n’y arrive pas. Il ne force pas. Ces dernières semaines, il n’a pas forcé. Le silence de l’atelier n’est pas pesant. C’est celui de la création, seulement brisé par les coups de feutre. Puis de crayon. Puis de pinceau, puis encore de feutre. Puis, du “Dudum !” de Messenger.

Il se redresse. C’est un ami dessinateur, qui lui transmet une proposition d’illustration. Le visage de Moynot s’illumine : “Il reste encore de la solidarité dans ce métier !”

Et s’il pouvait remonter le temps ? Revenir dans le temps de cette foutue période d’avant le bac, se rencontrer plus jeune, quand il voulait être rockstar ? S’ordonnerait-il de fuir la BD, ses galères, ses peines, ses incertitudes ? Il a un sourire malicieux. “Non, bien sûr. Et puis, de toute façon, je ne m’écouterais pas.

"Propos recueillis par Pierre Garrigues"

(par Pierre GARRIGUES)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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No Direction - Par Emmanuel Moynot - Sarbacane. 2 octobre 2019. 182 pages. 24€

Concernant Emmanuel Moynot, lire également :
- Une précédente interview : "Dans certaines histoires, les scènes explicites sont nécessaires !"
- Notre Une consacrée à son adaptation de Vautrin, avec L’Homme qui assassinait sa vie
- Les chroniques de ses précédents albums :

- Les adaptations de Nestor Burma : Le soleil naît derrière le Louvre et L’envahissant cadavre de la plaine Monceau
- une autre interview : "Dans certaines histoires, les scènes explicites sont nécessaires !"
- sans oublier l’autre passion d’Emmanuel Moynot, la musique !

- Voir également un documentaire concernant Emmanuel Moynot tourné en 2009 : Emmanuel Moynot, désirs noirs

Concernant la reprise de Nestor Burma, lire aussi Après Moynot, Barral reprend l’adaptation de Nestor Burma initiée par Tardi.

Photo : DR.

[1En France, la rémunération des auteurs de bande dessinée s’opère dans une large majorité des cas en deux temps : d’abord, avec une avance sur droits, que l’auteur négocie avant de commencer l’album en fonction de ses besoins. S’il estime avoir besoin d’un an de travail, et de 1000€ par mois pour vivre correctement, il demandera 12000€. Ensuite, il touchera une partie des revenus dégagés par la vente des albums : en général, 8 à 12% du prix de l’album. Ces chiffres varient grandement en fonction du pouvoir de négociation, lié à la célébrité de l’auteur.

 
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17 Messages :
  • Je suis pleinement d’accord avec la situation décrite par Monsieur Moynot. Mon contexte n’est pas plus reluisant que le sien, alors que le graphisme réaliste demande des délais d’exécution très long. Le phénomène "Roman-Graphique" à précipité cette tendance dans l’édition vers des délais de plus en plus court. Avec ces deux contraintes ; un délai très court (8 mois max) + une rémunération faible à la planche, autant dire que la réalisation d’un album réaliste (de qualité !) est devenue un défi plus qu’un métier. Et si on bosse à côté pour s’en sortir financièrement, c’est impossible d’être dans les clous pour un contrat. Je ne suis pas d’accord avec ce serpent de mer qui consiste à dire que les éditeurs recherchent des séries. Si je propose à un éditeur un projet prévu sur plusieurs tomes (disons 10 pour être raisonnable), c’est porte clause assurée ! La préférence va plutôt vers des diptyque ou des trilogies. Et encore, tout s’arrête si le premier tome ne tient pas ses promesses commerciales !

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  • « Papier »passionnant,nouvel éclairage sur l’evolution d’un monde,d’un métier.L’enthousiasme,le courage,l’obstination comme issues ;et conserver une part de joie en soi.c’est aussi à désespérer .Emmanuel Moynot m’accorochera toujours autant qu’il me cueille,comme Males,Baru...

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  • « Comme 53% des auteurs de bandes dessinées en France, il doit vivre, chaque mois, avec une somme inférieure au Smic. »

    Quelles sont vos sources ?
    Car avec plus de 3.000 auteurs, j’aurais tendance à croire que près de 80% vivent chichement.

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  • Précision
    29 octobre 08:59, par un auteur

    la note de fin d’article est trompeuse car elle laisse croire que les auteurs touchent non seulement une avance mais également un pourcentage sur les ventes. Dans l’immense majorité des cas, ce n’est plus le cas ! Comme son nom l’indique, l’avance est... une avance ! Et l’auteur doit la rembourser à l’editeur avec ce qu’il touche sur les ventes. Si celles ci ne sont pas suffisantes pour rembourser entièrement l’avance, l’auteur ne touchera pas un centime de plus, ce qui est devenu le cas le plus courant.

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    • Répondu le 29 octobre à  18:35 :

      Les auteurs qui ont une longue carrière et donc des albums dans les catalogues des éditeurs touchent chaque année des droits d’auteur sur la vente de ces albums (dont l’avance a été depuis longtemps récupérée sur les premières ventes), c’est aussi pour ça qu’ils sortent régulièrement de nouveaux albums de leurs séries, car ça relance la vente des anciens épisodes.

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      • Répondu le 30 octobre à  10:23 :

        Les auteurs qui ont une longue carrière n’ont pas tous remboursés les avances de tous leurs ouvrages. Les auteurs sont tous des cas particuliers. C’est ce qui les définit, d’ailleurs.

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  • Emmanuel Moynot : misère noire et aplats de gris
    30 octobre 13:35, par Nono Billy

    Salutations à Manu !
    je ne suis pas auteur BD, mais je me reconnais fortement dans l’état d’esprit dans lequel se trouve Emmanuel Moynot. A plus de 50 piges, la galère est toujours là, accrochée à la peau. L’enthousiasme a besoin de plus de carburant, faut le chercher toujours plus loin. Mais on s’accroche, on avance toujours. Notre parcours dans la vie n’est pas si mal. Certes la réussite matérielle n’est pas là, mais quand on refuse les concessions, c’est ainsi. Par contre, on est en accord avec soi, et cela n’a pas de prix.
    Tiens bon Manu, on est un paquet comme toi, voire pire.

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    • Répondu par Moynot le 30 octobre à  15:21 :

      Merci. Je sais que nous sommes nombreux et nombreuses dans mon cas et pire. C’est précisément pourquoi je voulais en témoigner :)

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  • La situation actuelle de M.Moynot est difficile, c’est un fait, et je trouve ça inacceptable que les pouvoirs publics n’encadre pas mieux le métier d’auteur de BD. M.Moynot est entier dans son travail, et on peut simplifier la chose en disant qu’il n’en fait "qu’à sa tête" vu son parcours. C’est tout à son honneur. Mais tous les auteurs ne se voient pas confier un personnage aussi intéressant que Burma, passer après un monstre de la bd impose peut-être plus de retenu dans ses choix. Je veux dire par là qu’il pouvait peut-être répondre plus au "cahier des charges" de l’éditeur et de l’auteur emblématique de la série, tout en amenant sa touche personnelle. Là, visiblement, ça n’a pas été le cas. Et il pouvait, en parallèle de cette série phare et rémunératrice, proposer des travaux plus personnel en alternance. C’était un choix de sa part, avec une grande part de risque. Là, le risque n’a pas payé. Bonne chance pour la suite à ce grand auteur entier, certainement, buté, peut-être un peu aussi.

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    • Répondu par Thomas le 2 novembre à  13:08 :

      Monsieur Gorot,
      malgré la finesse de votre analyse, peut-être n’avez-vous pas perçu que le cas de monsieur Moynot n’était pas isolé. Réduire sa situation à un choix personnel est de ce fait quelque peu réducteur. Peut-être.

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      • Répondu par Gorot le 2 novembre à  18:14 :

        Tout à fait, vous avez raison, mais tous les auteurs ne se retrouvent pas avec Nestor Burma entre les mains.

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        • Répondu par Henri Khanan le 2 novembre à  22:00 :

          Oui, c’est encore pire pour les autres qui n’ont pas eu cette chance (coup de projo+ ventes assurées).
          La situation est grâve, mais les pouvoirs publics n’ont pas à intervenir, il me semble que l’édition BD relève du privé, et sa dure loi : Marche ou crêve ! Le public des lecteurs tient ton destin dans ses mains. Donc soit l’auteur se plie à ses contraintes et il gagne correctement sa vie (beaucoup de BD médiocres d’un point de vue artistique se vendent bien), soit il décide de rester lui-même, avec les risques que cela comporte.

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          • Répondu par F.Gorot le 3 novembre à  13:10 :

            Non, je ne suis pas d’accord, les pouvoirs publics doivent intervenir pour sauvegarder ce pan entier de notre culture, on voit bien les ravages du marché sur la création bd contemporaine. Dissocier vente et création sauverait de nombreux artistes, M. Moynot en premier, qui pourrait créer comme bon lui semble, à sa façon, sans avoir à se soucier du niveau de ventes de ces albums, sous certaines conditions évidemment. Ca serait faisable et bien plus sain pour l’ensemble de cette profession qui ne fait que subir les aléas d’un marché du livre incertain et aléatoire.

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            • Répondu par jv le 4 novembre à  10:28 :

              allez, une idée : revenu universel (sans blague, ce truc rendrait les "métiers" liés à la culture plus envisageables... mais j’ai dans l’idée que c’est pas pour tout de suite malheureusement)

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              • Répondu par BAD le 4 novembre à  22:58 :

                Vous n’êtes pas le premier à y avoir pensé. Cette idée d’un "revenu universel" circule parmi les auteurs depuis pas mal de temps. Il me semble même, qu’en ce moment, l’Irlande expérimente quelque chose dans ce genre, pour mieux soutenir ses artistes. Mais que dirait les autres domaines artistiques, pas mieux loti, si une telle mesure venait à l’aide de la BD ? Et le reste de la population, qui souffre aussi ?

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