Florent Maudoux et Rebecca Morse ("Kim Traüma") : « On a eu l’arc épique avec Freaks’, là c’est un peu la pause-café, des moments bonus »

23 octobre 2020 5 commentaires
  • Partageant le même atelier, Florent Maudoux et Rebecca Morse ont déjà travaillé ensemble sur le deuxième tome de l'excellente série "Midnight Tales" et sur "Funérailles" (T. 6). Ils poussent la collaboration encore plus loin en se lançant dans "Kim Traüma", le nouveau spin-off de "Freaks' Squeele", série créée par Florent Maudoux en 2008.

Rebecca Morse et Florent Maudoux nous accueillent au Saloon, leur atelier, un grand espace avec mezzanine, décoré de manière baroque et très référencée BD, comprenant des espaces de travail dans chaque recoin, une bibliothèque commune et aux fenêtres des vitraux à la manière des quatre saisons de Mucha, mais représentant les héroïnes de Freaks. En ce moment l’atelier est à majorité féminine et accueille des artistes [1] qui travaillent dans la bande dessinée et/ou les jeux vidéo.

Florent Maudoux et Rebecca Morse ("Kim Traüma") : « On a eu l'arc épique avec Freaks', là c'est un peu la pause-café, des moments bonus »
Les fenêtre du Saloon décorées par Florent Maudoux

Après Funérailles et Vestigiales, voici un nouveau spin-off tiré de l’univers de Freaks’ Squeele. Notre rédacteur en chef Charles-Louis Detournay le qualifie de « nouveau cocktail de fun et de psychologie bien troussé ». Comment ce projet est-il né ?

RM : Florent avait déjà fait la première histoire (Patiente Zéro) il y a quelques années, puis il m’a demandé de le rejoindre sur le projet. Initialement, nous étions partis sur une idée de webcomic ou d’animation. On cherchait à expérimenter. Mais après avoir envisagé plusieurs possibilités, nous sommes revenus à un format classique.

FM : J’avais réalisé Patiente Zéro en 2017 sur mes fonds propres, pour tester l’histoire. La version numérique est assez intéressante, mais cela ne sert à rien d’avoir un prototype si on ne s’en sert pas. Il fallait sortir l’album et en finir avec les tergiversations autour du format, trouver un débouché économique réaliste.

Le Traüma Center, spécialisé dans les soins des super-héros

Florent, vous avez donc commencé à réfléchir à cette nouvelle série seul, qu’est-ce qui vous a donné envie d’en faire une collaboration ?

FM : C’est un plaisir pour moi de travailler en équipe. Une nouvelle personne amène un nouveau regard. Comme je partage l’atelier avec Rebecca, j’ai eu l’occasion de voir son travail et nous avions la possibilité de travailler côte à côte.

RM : Nous avions déjà collaboré sur Midnight Tales 2 et ça fonctionne super bien.

FM : Mais j’avais déjà l’intention de travailler avec toi avant Midnight Tales.

RM : Oui, on en parlait déjà à l’époque mais je ne sais plus si j’avais officiellement accepté de travailler sur Kim Traüma. Il fallait que je trouve le temps avec mes autres projets et que j’accepte le challenge.

Représentation du corps féminin et pulsions sexuelles soi-disant incontrôlables : Kim Traüma déconstruit les clichés

Rebecca Morse, vous avez déjà collaboré avec Florent Maudoux sur le sixième tome de Funérailles, en réalisant les portraits qui illustrent les nouvelles d’Isabelle Bauthian. Il y a une grande proximité avec le dessin de Florent, contrairement au spin-off Rouge dessiné par Sourya. Parlez-nous de votre méthode et de vos techniques.

Dragon & Poisons T. 1, par Rebecca Morse et Isabelle Bauthian

RM : J’adapte mon style en fonction du projet. Pour Alyssa il y avait un code graphique particulier car le trait était ensuite colorisé, il y avait un côté cartoon avec des personnages plutôt ronds. Quand j’ai fait le dossier pour Dragon & Poisons, j’ai adapté mon trait pour qu’il fasse plus adulte, avec un encrage plus noir. L’album est sorti en septembre 2019 chez Drakoo, j’ai pu faire partie du lancement de cette nouvelle collection menée par Arleston chez Bamboo.

Je suis en train de passer au tout numérique : je suis passée à la tablette et à la Cintiq pendant mon dernier album. Pour ce nouveau projet, je me suis approprié la technique de Florent, qui réalise même les storyboards en numérique. Je travaillais avec les albums en référence pour rester au plus proche de son style.

FM : Nous avons voulu qu’au début, les styles soient proches pour que la transition soit plus fluide auprès des lecteurs. Petit à petit Rebecca va s’approprier l’univers et apporter sa touche personnelle. Rebecca est capable de s’adapter énormément. Je le savais car j’ai vu son travail sur Yessica Voyance, qui est assez différent. Je l’ai vu aussi faire plein d’essais graphiques pour Dragon et Poisons. Rebecca a un style très polymorphe : selon les situations, les personnages peuvent devenir très cartoon ou très sérieux. Je n’avais aucun doute qu’elle saurait s’adapter.

Décor : la salle d’attente de la clinique

Concrètement, par souci d’efficacité et dans l’optique de faire un webcomic, j’avais dessiné les décors-clés en amont. C’est le même processus que dans un dessin animé : les personnages et les décors sont deux productions différentes. C’est un peu comme les décors dans les sit-coms. Dans Silicon Carne, Rebecca a réalisé le dessin et l’encrage, moi j’ai fait le scénario.

RM : Honnêtement, c’est un très gros bébé que tu m’as refilé. L’univers de Freaks’ a un public de fans très fidèles. Florent est extrêmement doué pour les scènes d’actions, la pure "badassitude", il a un sens de l’anatomie incroyable. J’essaie de m’adapter à son niveau de dessin, c’est un vrai challenge.

Sur ce premier tome, quelle a été la part de Rebecca ?

Chelimni & Fils, une nouvelle d’Isabelle Bauthian dans l’univers de Kim Traüma

FM : J’ai déjà eu l’occasion de travailler avec Rebecca et Isabelle Bauthian, la scénariste et écrivaine qui a écrit la nouvelle Chelimni & Fils. Elles m’ont toutes les deux beaucoup aidé sur l’écriture du scénario de Funérailles T. 6.

Quand Rebecca a rejoint le projet, j’avais déjà dessiné la première histoire et le scénario de Silicon Carne était déjà quasiment bouclé. Je les ai fait lire à Rebecca et j’ai pris en compte ses réactions. Même dans le non-dit, j’ai senti certaines hésitations et je me suis dit que là, y avait quelque chose à retravailler. On a aussi beaucoup de discussions sur le féminisme à l’atelier, j’ai moi-même pas mal évolué. Rebecca, qui est engagée au sein du Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme, est super calée sur ces questions éthiques. C’est précieux pour moi de savoir que Rebecca est là avec son œil critique et le courage de me signaler quand il y a des schémas toxiques.

La parité et la diversité des corps représentés sont des caractéristiques de Freak’s dès le début de la série.

FM : Oui, c’est vraiment ce que je souhaitais. Le personnage de Mammouth est un modèle féminin qui change.

RM : J’étais fan de Freaks’ à la base et une des premières choses que j’ai dite à Florent, en tant que lectrice j’appréciais le travail sur les différentes physiologies, avec toutes ces filles qui étaient sexys à leur manière et pas selon le modèle standard. Elles ont toutes aussi une personnalité.

FM : Kim est similaire à l’archétype féminin de Mammouth. Elle devient sexy quand elle devient ronde. Pendant les combats, on voit des vues sur sa culotte, c’est un clin d’œil aux clichés du manga, mais ce n’est pas gratuit : c’est là car c’est le moment où elle devient sexy et forte.

Thérapie de Fei Long pour maîtriser les pulsions de son "dragon"

RM : Lorsque tu construis une narration et que tu ne veux pas perpétuer quelque chose de toxique, il faut se poser la question de la différence entre l’archétype et le stéréotype. Quand tu crées une œuvre qui appartient à un genre, tu as envie de jouer avec les codes. Mais après être passé par certaines analyses, tu comprends que certains schémas sont nuisibles. Il faut les reprendre, jouer avec mais les déconstruire. Un autre exemple est celui du mec obsédé. Dans les mangas, c’est présenté comme un défaut du personnage masculin mais qui en fait n’en est pas un. Dans Silicon Carne, c’est vraiment un problème pour le personnage.

FM : Pour Fei Long, son tatouage totem de dragon est envahissant, c’est une puissance destructrice.

Les tatouages sont très importants dans l’univers de Freaks’. Jusque-là il y avait les tatouages totems, qui se révèlent au personnage. Ici aussi ce n’est pas le patient qui choisit, c’est Kim qui le dessine.

FM : C’est le même mécanisme. Il y aura petit à petit des révélations qui vont renforcer la cohérence de l’univers. Il y avait déjà des indices dans Vestigiales par rapport au rôle qui Kim va avoir sur le tatouage. Je vais peut-être faire un épisode de Kim Traüma sur ce qu’il se passe dans Vestigiales. Ce tome était volontairement nébuleux, dans la série Kim, ce sera expliqué différemment. Et ce sera marrant de voir ce que fait Kim pendant le rêve de Xiong Mao et d’Ombre.

Le ton sera-t-il aussi érotique, comme dans Vestigiales ?

FM : Ce ne sera pas érotique, car je veux que chaque série ait son ton particulier. Chaque spin-off est destiné à un public particulier, qui n’est pas forcément celui des autres séries.

Val et Castor & Pollux accueillent leurs nouveaux patients

Quel est le public-cible de Kim Traüma ?

FM : Comme pour Freaks’, c’est destiné à un public ado-adulte. Mais ce n’est pas le même regard. Freaks’ c’est une aventure au long cours, tu peux être frustré en attendant la suite à la fin d’un tome. Dans Kim, ce sont des histoires courtes, des tranches de vie. Avec Rebecca, on partage l’amour des mangas de Rumiko Takahashi (Ranma 1/2). Sa spécialité ce sont les histoires courtes avec des personnages qui évoluent très peu. Ils sont cristallisés à un moment de leur vie qui leur crée des complexes et cela fait des personnages hauts en couleurs. Dans Ranma 1/2, il y a les personnages principaux, mais ensuite il va y avoir plein de personnages secondaires qui viennent se greffer, avec leurs enjeux.

RM : On a eu l’arc épique avec Freaks’, là c’est un peu la pause-café. Ce sont des histoires intimes, un peu comme des bonus. L’occasion de développer des personnages qui n’ont pas eu leur moment de gloire. Cela se rapproche de la fanfiction.

FM : Dans Kim, la temporalité est très différente de Freaks’, mais le public est toujours ado-adulte. Les ados vont s’identifier plutôt aux patients, tandis que les adultes vont s’identifier aux soignants, qui sont parfois dépassés par les problèmes des ados.

Écoute bienveillante mais musclée des tourments adolescents

Il y a une dimension didactique dans Kim Traüma, qui traite des problématiques des adolescents et jeunes adultes.

FM : Le plus intéressant c’est toujours les meurtrissures internes plutôt qu’externes. L’avant-propos de Marion Haza, psychologue clinicienne, est important pour donner le ton et préparer le lecteur à Kim. Marion a écrit un livre [2] consacré aux problèmes des adolescents, notamment avec les réseaux sociaux. Pour Vegan, l’héroïne de Patiente Zéro, il s’agit plutôt des problèmes universels. Elle est inspirée de personnes que j’ai pu rencontrer dans mon entourage, qui me rappelaient mes propres doutes et mes propres problèmes. C’est aussi une manière de me confronter à ma propre violence, par le biais de celle de Kim : ce sont des personnes que j’avais parfois envie de secouer. C’est là que j’ai dû récrire des passages, car au début Kim était très violente envers Vegan.

Pollux aussi a une forme de violence.

FM : Pollux est un personnage intéressant car il n’a pas de filtres. Mais il n’est pas notre voix, comme aucun des autres personnages d’ailleurs. Ce ne sont pas nous, ils ont tous leur personnalité.

Florent Maudoux devant les premières planches de Funérailles 7
Un été voluptueux vu par Florent Maudoux

Comment avez-vous déterminé qui serait le personnel soignant ? On découvre Kim et on retrouve Val et Castor & Pollux.

FM : Kim a été prévue tôt mais a été très longue à dessiner. Elle est passée par plein de looks différents, elle a été rousse à un moment... J’aimais bien l’idée d’un psy fou avec son frère jumeau dégénéré. C’est en sachant que Castor & Pollux apparaîtraient dans Kim que je les ai intégrés à Funérailles. Je me suis rendu compte que Val n’avait pas encore eu d’arc à elle. Un jour, je vais faire Magical Val, j’en ai envie depuis le tout-début de Freaks’. Mais ça ne s’est pas encore présenté.

Concernant les patients, il y a aussi de nouveaux personnages et d’autres connus. Quels seront les prochains patients ?

RM : Pour le tome deux, cela va suivre ce schéma : de nouveaux personnages vont être introduits, mais il y aura aussi une histoire centrée sur des héros de Freaks’.

FM : L’idée c’est à chaque fois de présenter des personnages. Le tome 2 s’appellera L’Étalon de Wall Street et il y aura une histoire consacrée à Scipio. Scénaristiquement, on va s’arranger pour que l’histoire fasse un tout, pour que tout le monde puisse comprendre qui il est même sans connaître l’univers de Freaks’. C’est complexe car c’est un personnage touffu, son passé n’a pas encore été entièrement révélé. Il y a aussi des éléments de son histoire qui sont dans le deuxième tome du roman, qui n’est pas encore paru. On cherche le moment opportun pour le sortir.

Rebecca Morse à l’atelier

Quels sont vos prochains projets ?

FM : Je vais me mettre à la suite de Kim. Là je suis en train de faire Funérailles 7. J’ai aussi un projet avec Run, cela s’appellera Le Dahlia noir. Et je vais faire un DoggyBags avec de jeunes auteurs.

RM : Je continue la série Dragon & Poisons avec Isabelle Bauthian. J’ai aussi un projet de webcomic que j’ai commencé il y a douze ans et qui me tient à cœur. Cela s’appelle Girls Next Door, qui est ciblé sur la colocation de personnages de fiction. Petit à petit, je me suis axée davantage sur les personnages féminins. C’est devenu ce que font de jeunes filles dégourdies face aux clichés toxiques des histoires dans lesquelles elles évoluent. Je me suis attaquée à Twilight, à plein de monuments de la pop culture. Je voulais déconstruire les clichés au départ, mais avec le temps, je me suis rendue compte que j’ai une vraie histoire à raconter. Je tiens à la terminer.

Le piano abrite les oeuvres des artistes de l’atelier ainsi que leurs portraits réalisés à l’ancienne par Flora Fanzutti

(par Lise LAMARCHE)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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À lire sur ActuaBD, les précédentes interviews de Florent Maudoux :
- « Dans "Rouge", nous sommes quasiment dans du journal intime »
- « Quand je crée des références, j’essaie toujours de revenir aux mythes fondateurs »
- « Je voulais surprendre les lecteurs, utiliser les codes du genre, les renverser, les retourner, et les prendre violemment par derrière ! »

Lire également nos articles :
- Le spin-off de Kim Traüma
- le spin-off de Vestigiales
- le spin-off de Funérailles avec le lancement de la série : Funérailles : "Freaks’ Squeele" du côté obscur !, ainsi que les chroniques du tomes 5 et du tome 6 un fantastique final pour "Funérailles"
- La rentrée 2013 d’Ankama : un recentrage sur les gros titres
- "Freaks’ Squeele" : en couleurs et en spin-off !
- DoggyBags : "Trois histoires, trois tueries !"
- les chroniques des tome 2, tome 3 et tome 6 de Freaks’ Squeele

[1Cyrielle (Tokyo Home, Les Petites Cartes Secrètes)
Flora Fanzutti (photographe)
Elisabeth Jammes (Spartiate)
Florent Maudoux (Freaks’ Squeele)
Rebecca Morse (Dragon & Poisons)
Nathalie Vessilier (Blanche-Neige), qui a illustré la nouvelle d’Isabelle Bauthian dans Kim Traüma.

[2Pubertaire dans la culture, par Marion Haza

 
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5 Messages :
  • Schémas toxiques, clichés toxiques, schémas nuisibles, archétype et stéréotype... Houla, PAN PAN : que de jolies formules, dignes du prédicateur télévangéliste américain le plus habité qui soi ! Ha, théories anglo-saxones suaves quand vous nous tenez, si fort, jusqu’à les réciter !

    Pas le meilleur moyen de jouer avec les codes, les déconstruire. Même avec la cancel culture ou la call-out culture, qui bien sûr ne sont pas des schémas toxiques et nuisibles ?

    Le problème d’un atelier, mini réseau social en gros, c’est que c’est le même air qui circule, en boucle. Jusqu’à devenir... toxique ? Une vraie question éthiques, quand on y pense, après être passé par certaines analyses.

    Joli monde qu’on nous promet.

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    • Répondu par Lise LAMARCHE le 24 octobre à  09:54 :

      Bonjour,
      Je ne comprends pas en quoi analyser les représentations problématiques (puisque vous n’aimez pas le mot « toxique ») et proposer de nouveaux modèles vous dérange.
      Vous parlez de cancel culture, je ne vois pas le lien avec les propos des artistes interviewé·e·s. Loin de renier la culture dans laquelle iels ont baigné, iels multiplient les références de manière jubilatoire. Comme toute nouvelle génération d’auteurices, iels s’enrichissent du passé et proposent de nouvelles représentations. La lecture de leurs œuvres vous éclairerait sans doute sur le contenu de cet entretien.
      C’est un joli monde qu’iels nous construisent.

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      • Répondu par Pascal Aggabi le 25 octobre à  11:44 :

        Bonjour, aussi.
        "Toute nouvelle génération d’auteur-rices" ? Il ne faut pas exagérer, sans se montrer désobligeant :-). L’argument devient fragile.

        "Analyser les représentations problématiques (...) et proposer de nouveaux modèles" : jolie formule encore, le monde est-il destiné à devenir ou se résumer à un seul slogan, publicitaire ? Un slogan auquel tout le monde devrait se conformer, sous peine d’être considéré comme comme nuisible ou toxique ? Là encore, l’argument des nouveaux modèles, on peine à y croire. Surtout que, lui aussi, il sent le recyclé.

        Merci mais je suis persuadé qu’on va arriver à penser par nous-même, sans les doctrines activistes anglo-saxonnes, qui ne représentent qu’elles. Même si on envie aux anglo-saxons leurs très ouverts et inclusifs Brexit et Donald Trump.

        Le problème avec les idéologies, même arrondies par des formules de com et surtout relayées par des idéologues de seconde main, qui respirent le même air, recyclé en boucle, c’est que très vite elles cherchent des responsables, puis très vite des coupables. Alors on voudrait lever le pied, si possible. Paix sur la (planète) Terre aux hommes et femmes de bonne volonté, il y a suffisamment d’incendies comme ça. Non ?

        Les coupables dans les pays anglo-saxons, les toxiques, les nuisibles, ce sont les profs d’université qui ne peuvent plus faire cours, à coups de cancel culture ou call-out culture imposées par les idéologues de seconde main, et qui ne peuvent plus parler de rien. Si on pouvait, un peu, retarder le moment ou on va importer ces belles manières.

        Vous l’avez sans doute remarqué, on a nos propres problèmes - que justement les pays anglo-saxons ont bien dû mal à comprendre et dont ils font la recension d’une manière assez scandaleuse (ho, on a décapité un prof !).

        Vous l’avez compris, quitte à passer pour toxique, nuisible ou cliché, voire ancien monde ou quoi que ce soit d’autre comme modèle, on demande juste un peu d’air frais.

        Oui, une simple BD, une simple interview peuvent nous amener aussi loin et réfléchir à tout ca, je pense.

        Parce que c’est un joli monde qu’on nous promet.

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        • Répondu par Florent Maudoux le 25 octobre à  14:04 :

          Je pense sincèrement qu’il faudrait lire notre BD (ce que Lise a fait et plutot bien aux vues des qualités de ses questions) avant de porter un.quelconque jugement sur notre démarche artistique. À l’ateliel’nous avons une conscience aiguë des dégâts que peut occasionner la cancel culture. Pour autant cela ne doit pas nous faire peur de revendiquer notre féminisme quitte à être taxés de féminazis.
          Voilà, j’ai fait mon travail de pédagogie.

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          • Répondu par Pascal Aggabi le 25 octobre à  15:43 :

            Ce féminisme, je le revendique aussi. C’est d’ailleurs la principale raison de mes interventions.

            Mon propre travail de pédagogie.

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