Yslaire : « Chercher en permanence tout en respectant Baudelaire »

21 avril 2021 1
  • S'investir "corps et âme" aura rarement eu autant de sens lorsqu'on pense au travail d'Yslaire pour sa biographie de Baudelaire et de sa muse restée dans l'ombre. Une œuvre magnifique qui permet à l'auteur de franchir plusieurs caps d'un coup dans son évolution dans la bande dessinée.

Baudelaire vous accompagne depuis votre adolescence, mais comment est né ce projet en bande dessinée ?

Il est né avec le regretté Jean-Claude Carrière. Après Un Ciel au-dessus du Louvre, je lui avais demandé assez naturellement de faire ce livre avec moi, car j’avais envie de réaliser la biographie dessinée de Baudelaire, et qu’il était capable de citer certains de ses poèmes presque par cœur. Il était extraordinaire, et nous nous entendions si bien… Bref, nous avons été présenter le dossier auprès de plusieurs éditeurs, mais ce projet était resté dans le purgatoire pour des raisons que nous n’avons pas comprises.

Yslaire : « Chercher en permanence tout en respectant Baudelaire »
Jean-Claude Carrière et Bernar Yslaire à Bruxelles en décembre 2009
Photo : M. Di Salvia

En lisant Mademoiselle Baudelaire, on établit d’emblée un lien avec Le Ciel au-dessus du Louvre, dans l’atmosphère de certaines séquences et avec la peinture bien évidemment…

Pourtant, je dois avouer que Jean-Claude et moi n’avons eu qu’une vague conversation autour de ce projet à l’époque. Convenons alors que l’expérience de travail avec lui ne m’a pas laissé indemne, dans le bon sens du terme bien entendu. Le projet en était donc resté à ce stade, et tout d’un coup, José-Louis Bocquet revient vers moi en me disant : « Maintenant, c’est possible. Es-tu toujours partant ? ». Et à partir de cet instant, tout s’est magnifiquement agencé pour élaborer le livre qui vient de sortir, qui conserve d’ailleurs le squelette de notre premier avant-projet.

Baudelaire, c’est une œuvre et une figure qui vous inspirent depuis longtemps ?

À cet égard, il est certainement l’un des premiers poètes qui m’a enthousiasmé lorsque j’étais adolescent, période lors à laquelle j’entretenais un rapport à la poésie extrêmement fort. De Ronsard à Prévert, elle représentait à mes yeux le plus beau pan de la littérature. Le moment où la littérature ne raconte plus, où elle figure. J’étais fasciné par le fait que la poésie soit de l’art pour l’art. Cette expression extrême et esthétique de l’amour m’emportait. Très modestement, j’écrivais d’ailleurs à mes petites amies des poèmes assez nuls en général. Puis je dessinais aussi avec des poèmes, une passion qui s’est transformée un jour en Bidouille et Violette. Mes personnages s’essayaient également aux rimes.

Est-ce la partie figurative de l’écriture de Baudelaire qui vous plaît particulièrement ? Ces formes, ces idées, presque ces dessins qui naissent de sess mots ?

Oui, cette poésie en image reste vraiment le propre de Baudelaire. Des images concrètent qui se répondent, et où l’on mélange des sensations. Toutes les sensations d’ailleurs : Baudelaire est le poète de la sensation. Il crée de drôles d’analogies et de concordances, qui nous font effectivement entrer dans une autre vision, proche de la peinture selon moi. En effet, un poème ne possède pas vraiment un début ou une fin, c’est un tout qu’on relie par différents éléments. Comme un tableau dont personne ne sait par où on commence à le regarder : on peut promener son regard en partant de la chaussure, puis remonter et faire sa propre histoire. Il y a quelque chose qui vous englobe, qui vous hypnotise, que vous êtes capable de voir plusieurs fois ; comme les poèmes de Baudelaire qu’on lit et relit sans cesser de revivre cette émotion.

Même si le sujet principal reste Baudelaire et sa muse, vouliez-vous également décrire l’environnement dans lequel ce foyer artistique parisien évoluait ?

Je pense qu’il faut constamment réécrire l’Histoire. Car elle en dit plus sur le présent où on la raconte, que sur le passé en lui-même. Tout ce qui a rapport avec Baudelaire est lié aux contemporains qui ont parlé de lui et qui ont été logiquement influencés par leur époque. Avec des dimensions personnelles : par exemple, est-ce que les éléments rapportés par un proche sont authentiques ? Je ne doute pas de sa sincérité, mais peut-être est-il très jaloux ? Ou du moins a-t-il une considération plus orientée alors que l’approche devrait être plus vaste…

Avec mon âge et le temps que j’ai consacré à explorer le XIXe siècle pour Sambre, la remise dans le contexte s’est tout d’abord révélée un vrai défi. Moi qui n’ai jamais réalisé que de la fiction, je devais raconter une histoire où tout était déjà écrit…

Vous n’avez puisé qu’au sein d’éléments confirmés ?

À aucun moment, je n’ai inventé. J’ai essayé de comprendre ce qu’il y avait entre les lignes, mais sans changer les lignes, je n’ai pas rajouté de phrases. Mais je m’intéressais surtout au mystère que certaines phrases évoquaient dans mon esprit, et que j’essayais d’appréhender. Donc remettre dans le contexte pour comprendre ce que cela évoque avec cet éclairage. Par exemple, que représente la mise sous tutelle d’un jeune homme de 24 ans auprès d’un notaire ? On le prive de pouvoir jouir de son héritage paternel d’un côté…

Mais également de se marier !

Tout-à-fait : de l’autre côté, cette mise sous tutelle le prive justement de pouvoir librement se marier. Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre cet élément important, que j’évoque dès le titre, avec ce « Mademoiselle Baudelaire », car elle ne deviendra jamais Madame Baudelaire.

Comme elle ne s’est jamais mariée, on pourrait alors croire que Jeanne était forcément une prostituée. De nouveau, cette constatation est rapportée par la mère de Baudelaire. Or, tout tient dans cette découverte que j’ai faite : la mère a brûlé toutes les lettres de Jeanne. Car nous n’avons aucun écrit de sa part.

Pourtant, à force de lire et relire sur le sujet, car je ne comprenais pas bien la situation, je suis tombé sur cette petite phrase de Théodore de Banville ou de Ernest Prarond qui disait : « Elle était dans un coin. Elle était la secrétaire. » Cela signifiait qu’elle écrivait, et qu’elle a donc dû beaucoup écrire à Baudelaire. Mais lorsque le poète meurt dans les bras de sa mère, elle se retrouve en possession de tout son héritage, dont les lettres, on le savait, que Baudelaire conservait. Sa mère a donc fait le tri dans ce courrier, afin de construire la légende.

Une des dernières lettres qu’elle écrit après la mort de son fils se retrouve en début d’album : cette mère rejette tous ces maux et l’origine de la maladie qui a tué son fils, sur Jeanne. Et toutes les biographies de Baudelaire se sont fixées sur ces éléments que cette mère rapporte. Alors que ce qui était intéressant, c’était de déconstruire la statue et de se demander où se situait le vécu dans tout cela.

Vous vous êtes donc lancé à la recherche d’une autre vérité par le biais de Jeanne, la muse oubliée, qui devient narratrice...

Au-delà de la légende du poète maudit, pourquoi est-il maudit ? Prendre le regard de Jeanne était passionnant, car il permettait de se placer à l’extérieur et de regarder sans prétendre à l’objectivité. On se situe dès lors dans une biographie dramatisée, car Jeanne ne va parler que de ce qu’elle connaît et ce dont elle a envie de parler.

Ce point de vue n’était pas le mien, mais celui de ce personnage fictionnel, cette femme que personne ne connaît, car on ignore quand elle est née ou morte, ce qu’elle écrivait ou ce qu’elle pensait. Le propos en devient alors assez féministe, car cette femme est invisibilisée par son époque.

Encore plus grisant, la tentation était forte de la mettre par moment en lumière, car si elle avait écrit, elle aurait pu dépasser le statut de secrétaire… Mais non, j’ai toujours conservé cette limite de ne pas dépasser le stade des informations que je détiens et qui ont été écrites par des contemporains.

J’ouvre la porte sur le fait qu’elle a peut-être influencé les poèmes de Baudelaire, ce qui me paraît assez évident. À cette époque, le créateur est seul maître à l’œuvre. Le peintre qui peint un modèle est le créateur. Quant à la modèle, elle pose, elle se met nue, elle est libre, indépendante et pas mariée : c’est forcément une prostituée. Cent ans après, Brigitte Bardot danse sur les tables sous la caméra de Vadim. Est-ce que « Et Dieu… créa la femme » n’est vraiment que le film de Vadim ? Ou est-ce celui de Bardot et Vadim ? Avec cette question, on se rend compte que le regard sur les femmes a changé, mais aussi celui sur la création. Comme celui de l’incidence du modèle sur le peintre, finalement d’une comédienne qui joue un rôle. Et lorsque je lis les commentaires de Théodore de Banville expliquant que Baudelaire rentrait le soir réciter ses poèmes à Jeanne, je me suis tout de suite mis dans la situation des Bijoux, un poème censuré en 1857…

Car jugé pornographique par Pinard, le procureur impérial !

Déclamer cet « outrage aux bonnes mœurs » démontrait à mes yeux le jeu érotique puissant qui devait se jouer entre Baudelaire et Jeanne. En restant honnête, on ne peut plus réellement préciser le rôle de Jeanne dans cette création : actrice, voire inspiratrice… Baudelaire n’aurait certainement jamais écrit ces poèmes en présence d’une autre femme. Ce qui n’enlève strictement rien au génie du poète.

Chercher en permanence tout en respectant ce qui avait été écrit, s’est révélé une expérience à la fois magique et enrichissante. En sortant de la fiction, je me suis senti obligé d’approfondir en permanence pour trouver les réponses aux questions que je posais sans pouvoir les inventer. J’ai passé mon temps sur l’écriture de l’album, c’est-à-dire sur le dessin car je n’ai pas eu le temps de l’écrire véritablement avant d’attaquer les planches. Et le dessin posait les questions et y répondait dans le même temps. Le simple fait de dessiner quelque chose qui est écrit, vous oblige à donner de la chair, à incarner le propos.

Vous vous êtes tout de même basé sur votre projet initial ?

Oui, ce squelette rapidement écrit sur les étapes importantes de sa vie tenait sur une page. Et il fallait que je le dessine. Prenons un exemple : j’avais une ligne écrite ainsi : « ils se rencontrent et ont une liaison. » C’est facile à écrire, mais encore faut-il dessiner cette nuit torride… « Torride » : un terme très édulcoré et qui prend tout son sens quand il faut le dessiner. Baudelaire mesurait 1m50 et Jeanne 1m80, ce qui change la perception de la sexualité. À quoi me référer pour parler alors de la sexualité de Baudelaire et de leur intimité ? Je reprends alors les poèmes, et je constate que c’est un solide voyeur, aussi un peu sado-maso. Puis, si son écriture est remplie d’images, c’est qu’il a certainement passé beaucoup de temps à regarder. Un constat qui se révèle être une mine d’or et qui prend toute sa cohérence en dessinant.

Bernard Yslaire
Photo : Charles-Louis Detournay

Votre dessin semble avoir acquis une nouvelle dimension de liberté avec cet album. Était-ce lié aux poèmes ou à votre rythme insensé de travail ? Car lorsque nous avons été contact il y a plusieurs mois, vous avez paru dans une urgence de bouclage incommensurable !

Comme cet album est non fictionnel, je me suis mis comme obligation de sourcer toutes mes pages. Dans une scène de bistrot, je ne pouvais par exemple pas inventer de dialogues ou des décors. J’ai donc effectué des recherches, tant sur le spectacle du moment pour réaliser une affiche d’arrière-plan, qu’une représentation du café Momus de cette année-là. Puis, je reprends un témoignage de Nadar qui reprend une conversation avec Baudelaire, que j’utilise pour faire parler mes personnages, dans des dialogues que je n’aurais jamais pu inventer, et qui se révèlent tout à fait effarants. Dans cet échange du XIXe, cette discussion où ils parlent de sexe de manière rude et décomplexée vaut toutes les fictions du monde, car on comprend mieux l’époque et comment les rapports hommes-femmes se construisent.

Cette documentation livre certains éléments très précieux, et d’autres qui vous manquent bien entendu, ce qui génère des ellipses obligatoires. Au-delà de la fiction où l’on peut tout décider, j’ai donc été dépendant des éléments trouvés d’un côté, et de l’autre fasciné par la nouvelle compréhension qu’ils généraient. Jusqu’au bout de l’histoire, j’ai été passionné et j’ai inventé…

Quand vous dites que vous avez inventé, vous insinuez que vous trouviez de nouveaux liens entre ces éléments pour combler les trous de sa biographie ?

Comme je me suis lancé dans le dessin sans tout écrire directement, j’ai dû régler le problème de la mise en scène, puisque je ne connais pas toute l’histoire. Je me suis basé sur une structure semblable à celle du poète, à savoir les rimes. Si je réalise une page avec trois cases au-dessus, une case centrale, et deux en-dessous, je vais alors construire la page en regard de la même façon, ou à l’inverse. À un moment donné, je découvre des poèmes de Baudelaire qui sortent de ce cadre. Et de cette même façon, les pages liées à la drogue ne peuvent plus respecter un cadre trop serré, alors je laisse parler l’expression graphique et l’excitation.

Vous avez aussi joué sur la finition de votre dessin, parfois en le laissant esquissé, parfois en le fignolant ?

C’est venu progressivement, poussé aussi par la dimension que prenait l’album. Nous étions d’accord pour un livre de cent pages, maximum 120. Mais j’ai débordé, et heureusement mon éditeur, José-Louis, m’a appuyé et incité à continuer. J’arrive donc à 146 pages, alors qu’il me reste peu de temps….

Depuis le début, avec l’héritage de Baudelaire, je n’ai jamais cherché à jouer sur l’esthétique. Je me suis donc focalisé sur la narration tout en voulant rester le plus proche du propos. Le dessin possède ceci de formidable, qu’il évite d’écrire des choses mais il suggère souvent tellement plus que les mots. À cet égard, cet alliage de la bande dessinée peut se révéler redoutable, car beaucoup de gens peuvent réaliser des biographies de Baudelaire, mais que peuvent-ils écrire de plus ? Le dessin vous oblige à inventer en apportant une dimension complémentaire. Prenons l’exemple d’une scène biographique au cinéma : tournée par des acteurs et des réalisateurs différents, nous obtiendrons des vies différentes. Le dessin confère cette même dimension.

Pour reprendre l’analogie au roman, lorsqu’on décrit une scène, on insiste tout d’abord sur le décor pour poser l’ambiance, puis les personnages parlent. De même, pour la bande dessinée, je ne vais pas répéter à chaque case que le décor était sordide, car cela ne revêt plus le même intérêt. Je n’ai donc mis l’accent que sur ce que je voulais vraiment faire passer. Je me suis alors senti libre de souligner l’importance de tel ou tel détail. Comme démontrer la différence entre Courbet et Baudelaire, le réalisme de l’un avec son Origine du monde, tandis que chez le poète, tout est sublimé et métaphorisé. Comme cette fleur que je dessine poussant entre les cuisses de Jeanne, reprenant cette idée de l’Origine du monde tout en représentant Les Fleurs du mal. Et ce symbole nécessite du modelé, un contexte pornographique sans être graveleux. D’un autre côté, lorsque Jeanne est nue dans le lit au petit matin, il n’y a aucun besoin d’accentuer son dessin car l’intérêt n’est pas dans la séduction de l’autre, mais dans leur dialogue. Mettre l’accent sur ce qui m’a paru important s’est donc révélé être une vraie libération par rapport à tout ce que j’avais réalisé auparavant.

Par rapport à des albums aux graphismes maîtrisés, où vous sembliez très investi, vous donnez ici le sentiment d’avoir laissé s’exprimer l’exaltation de Baudelaire, au service de son œuvre, en bâtissant un canal direct vers le lecteur, très narratif !

Exactement, le fil rouge reste l’émotion que je dois faire passer au lecteur. En réalité, j’ai toujours rêvé de faire ça. Pourquoi je n’ai jamais osé ? Parce qu’Hergé disait qu’on commençait avec la Ligne claire, et qu’on devait terminer avec la Ligne claire. Mais moi, je suis un baroque ! Et le baroque, c’est cette expression, sans doute excessive de temps en temps, des fulgurances suivies de moment de calme. Mais, c’est moi : je ne peux pas faire mieux ou moins bien.

On retrouve d’ailleurs toute votre subjectivité dans Mademoiselle Baudelaire, avec beaucoup de regards, et beaucoup d’yeux. Ces codes qui vous sont propres, les rajoutez-vous consciemment ?

Honnêtement, je n’ai pas eu le temps de réfléchir à cela. 146 pages réalistes réalisées en 14 mois, avec le scénario et la documentation, c’était un rythme de fou. Le temps vous oblige à opérer des choix, et heureusement, cela s’est magiquement bien déroulé, surtout grâce à un éditeur qui me soutenait et me comprenait. Et au-delà, tout Dupuis me soutenait car ils ont cru à ce livre depuis le début.

Une page des Cahiers

Les trois cahiers de prépublication vous ont-ils permis de lâcher votre dessin ?

Oui, cela m’obligeait à sortir les planches. Et même si je n’étais pas satisfait de leur état, José-Louis me disait : « C’est un making-of, tout est possible ». Au sein de la version finalisée, il m’a tout de même proposé de placer un trait plus cerné parfois. Ce qui m’a aidé à avancer et à me laisser guider par la narration pour identifier ce qui était important. La bande dessinée m’a appris que le plus important reste ce qu’on montre au lecteur. Et donc ce que j’ai choisi de montrer. D’où cette réflexion face à la littérature que j’évoquais, à savoir que je n’étais pas obligé de répéter le décor cher à l’école classique de Bruxelles, ce qui m’a libéré.

Puis, l’avantage de l’informatique, c’est qu’on peut revenir en arrière. On peut alors mieux travailler les rimes pour apporter plus de cohérence à l’ensemble. Jusqu’au bout, je ne me suis jamais autant amusé sur un livre. Jusqu’à la dernière planche que j’ai réalisée, alors que Baudelaire meurt, je me suis demandé ce que j’allais mettre comme décor, et j’ai pensé aux deux peintures de Manet qui étaient dans sa chambre d’après les témoignages, à savoir le portrait de Jeanne et le Pot de fleurs. J’ai aimé l’idée que la peinture de ces fleurs opérait une mise en abyme des Fleurs du mal tout en me demandant ce qui était réel et fictionnel, ce qui est mort et qui est vivant. Tout cela m’a galvanisé, et je me suis dit : « C’est formidable de dessiner ! Quel métier incroyable je fais ! »

Propos recueillis par Charles-Louis Detournay.

(par Charles-Louis Detournay)

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